Accident à la Tresenta
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Information

activities
event_type: person_fall, roped_fall

elevation: 3609

nb_participants: 6

nb_impacted: 2

rescue: yes

severity: 1m_to_3m

author: Charlene

quality: draft

participants

Location

Licence

description

Une cordée de deux débutants a dévissé juste avant la pointe sommitale de la Tresenta.
La pente était faible (environ 30°), mais la couche de neige n'était pas homogène. La cordée a buté sur une plaque de verglas et a dévissé sur environ 50mn.
Leur chute a été arrêtée par un replas, sur des cailloux.
L'une des victimes s'en est sortie avec des égratignures, l'autre a eu une double entorse au pied.
Les deux victimes ont été hélitroyées.

La sortie avait lieu dans le cadre d'un rassemblement FSGT dans le Val Veny.
Une quarantaine de grimpeurs et montagnards de différents clubs de la région parisienne se sont retrouvés pour 10 jours du 8 au 17 juillet.
Se groupe se composait 25 débutants et 12 encadrants dont je faisais partie.
Avec Jean-Baptiste, un autre encadrant, nous avons choisi une première sortie dans Parc du Grand Paradis, avec 4 débutants : Cécile, Amélie, Nordine et Sylvie.
Je connaissais un peu Jean-Baptiste, nous venions de passer 4 jours de formation ensemble en mai.
Mais nous ne connaissions pas les débutants. Nous savions juste que c'était leur première course et que deux d'entre eux marchaient lentement.

Après une marche d'approche jusqu'au Refuge Vittorio Emanuele II le premier jour, nous souhaitions réaliser deux courses :
- la Tresenta le 2nd jour : un sommet débonnaire à 3600m. Une course côté F, sur un névé, sans difficultés apparentes, l'idéal pour s'acclimater.
- le Grand Paradis, le 3ème jour : un 4000m, côté F.

Le 1er jour :
La montée au Refuge se passe bien. On a le temps de discuter de la course du lendemain, de parler des manips de cordes, des cordées.
Mais nous ne faisons pas d'école de neige, pour la simple et bonne raison qu'il n'y a pas de neige autour du refuge.
J'avais proposé de faire 2 cordées : Jean-Baptiste et moi en tête de 2 cordées avec 2 débutants sur chaque corde.
Jean-Baptiste a suggéré d'en faire 3 : Jean-Baptiste et une débutante plus lente (Sylvie), moi avec une autre débutante plus lente (Amélie) et une cordée de 2 débutants plus endurants (Nordine et Cécile).
Les courses étaient côté F, nous étions dans une démarche d'autonomie (et d'amener les débutants vers l'autonomie), j'accepte donc cette proposition.

Le 2ème jour :
Nous montons sans difficultés dans la moraine, en face ouest. A l'ombre donc. Le vent fort de la nuit est tombé, il ne fait pas froid en marchant.
Le terrain est conforme à l'idée que nous nous en étions faite, à une nuance près : il y a encore moins de neige que ce que le gardien nous avait annoncé.
Nous ne pouvons donc pas passé par le col au Nord de la Tresenta (et suivre ensuite le fil de l'arrête NW), et décidons d'emprunter la voie en neige, sous le sommet, légèrement à gauche de la voie normale, en face W.
On a le temps de parler de l'itinéraire avec les débutants.
Par manque de neige, on chausse les crampons tardivement, à 3200m environ.
Le premier cramponnage est long et Cécile a froid (on apprendra ensuite qu'elle a le syndrome de Raynaud).
Elle propose de partir devant avec Nordine, en attendant que Sylvie finisse de mettre ses crampons.

La cordée autonome marche très bien et rejoint rapidement une trace bien marquée dans la neige.
Amélie et moi les suivons de près.
Lorsque la pente se raidit un peu, Nordine et Cécile prennent de l'avance. On apprendra plus tard que Cécile avait toujours froid et qu'elle préfère avancer.
La neige est friable, avec quelques passages sur des plaques de verglas recouverts par une fine couche de neige.
Amélie commence à montrer des signes de fatigue, s'essouffle et a du mal à cramponner.
La cordée autonome nous devance de 40m et s'engage dans la dernière longueur sous la pointe sommitale.
Jean-Baptiste propose de ne pas suivre la cordée autonome et de remonter légèrement à leur gauche. Ca nous semble moins raide. Et comme Sylvie et Amélie se fatiguent, ça nous semble mieux.

La cordée autonome avance d'un bon pas et ne présente aucun signe de fatigue, jusqu'à ce qu'ils buttent sur une plaque de verglas. Nordine, qui est en tête, s'arrête, plante son piolet et propose à Cécile de passer devant. Au moment de passer en tête, Cécile zippe et emporte Nordine avec elle.
Nordine n'a pas de piolet (il est resté planté). Cécile n'arrive pas à se retourner pour planter le sien. Nordine lui demande de le lui donner. Ils prennent de la vitesse.
Et c'est un replat sur un tas de cailloux qui les arrête, 50m plus bas, juste avant une barre rocheuse haute de 15-20m.

Jean-Baptiste, Syvlie, Amélie et moi assistons à toute la dégringolade. On leur crie de planter le piolet, mais ils ont pris trop de vitesse.
La vue de la barre rocheuse sous le replat est terrifiante. Et le soulagement énorme lorsque nous les voyons s'arrêter dans les rochers... et surtout s'animer quelques secondes après la chute.

Nous les rejoignons. Nordine est égratigné et son avant-bras saigne.
Cécile est bien sonnée et ne peut se relever, et encore moins se mettre sur les pieds.
Jean-Baptiste reste avec les 4 débutants, dont les 2 victimes, des couvertures de survie, des bonnets, de l'eau et des graines.
Aucun téléphone ne capte. Je redescends donc au refuge quatre à quatre pour prévenir les secours.

L'hélico arrive rapidement et emporte les 2 victimes à l'hôpital d'Aoste.
Jean-Baptiste redescend avec Sylvie et Amélie.
Notre périple se termine. On redescend tous en vallée pour rejoindre nos deux camarades à l'hôpital.

route_study

Bonne étude du terrain avec Jean-Baptiste.
Renseignements pris auprès du gardien : nous pouvons aller jusqu'au col au Nord du sommet pour suivre l'arrête NW.
Le terrain est conforme à ce que nous attendions, mais avec encore moins de neige que prévu (et qu'annoncé par le gardien).
Nous devons donc adapter l'itinéraire en cours de route.
La voie normale ne nous plaît pas : c'est un éboulis de caillou, qui parait peu stable
Nous décidons de monter au sommet par la pente de neige, à gauche de la voie normale.

Nous apprendrons par la suite qu'un chemin d'été sillonne dans l'éboulis de caillou et que l'itinéraire est bon.

conditions study

Depuis le refuge, le manque de neige était évident.
Sur le terrain, nous observons une couche de neige très fine, friable. Comme une couche neige givrée. Ca tient, mais ce n'est pas très agréable.
A quelques endroits, il faut faire un pas sur de petites plaques de verglas.

training

Le groupe était très disparate : 2 débutants endurants et 2 débutants plus lents et essoufflés.

motivations

Nous avions pour objectif d'aller au sommet de la Tresenta, pour s'acclimater et mieux profiter ensuite du Grand Paradis à 4000m.
La veille, Jean-Baptiste et moi avions calculé le temps de montée nécessaire.
Nous avions expliqué aux 4 novices qu'en montagne, il était important de tenir son horaire.
Pendant la course, nous étions dans les temps et nous avions envie d'emmener l'équipée au sommet.

group_management

Le groupe n'était pas homogène : il fallait donc à la fois gérer la difficulté d'avancer de 2 débutants, tout en gardant un oeil attentif et en conseillant la cordée autonome plus rapide.

risk

Nous avions en tête que cette course était facile, nous n'avons peut-être pas suffisamment pris en compte la difficulté du terrain, lié à une neige pourrie, cramponnable, mais friable et peu homogène. Ce n'était pas le terrain rêvé pour faire évoluer des débutants.

time_management

Bonne gestion de l'horaire.
Mais nous y étions tellement attachés, que nous n'avons pas pensé (ni en amont, ni pendant la course) à nous arrêter dès les premières pentes de neige pour faire une école de neige et s’entraîner à enrayer une chute avec piolet.

safety

La veille au refuge, nous avions eu le temps de rappeler une technique d'encordement, de préparer le matériel et les sacs.
Pendant la course, nous avons rappelé le rôle du leader de cordée et la nécessité de s'encorder court (avec la corde tendue) lorsque la pente se raidit.
La chute est arrivée à un moment où Cécile et Nordine n'étaient plus corde tendue, puisque Nordine était en train de céder sa place de leader.
Avait-il lui-même vraiment en tête qu'il était "leader", je ne suis pas sure.

increase_impact

  • nous n'avons pas fait d'école de neige avant d'emmener les débutants
  • nous avons proposé une cordée autonome de 2 débutants, qui ne savaient donc pas s'arrêter avec un piolet
  • Nordine avait une capuche pendant toute la sortie et nous n'avons pas vu qu'il ne portait pas de casque (mais qu'il était dans le fond de son sac)
  • nous avons laissé passer la cordée autonome devant, à portée de voix certes, mais qui ouvrait quand même la voie. Nous n'avons donc pas pu voir la plaque de verglas sur laquelle ils ont buté. A leur place, nous aurions peut-être fait demi-tour, ou rejoint la voie normale sur les rochers.
  • nous avons continué d'avancer avec des débutants malgré l’occurrence de petites plaques de verglas

reduce_impact

  • la cordée qui a zippé n'a pas emporté les deux autres cordées, qui étaient légèrement sur leur gauche
  • si nous avions été encordés à 3, aurai-je été capable d'arrêter la chute de 2 personnes ?

modifications

Cécile a été rapatriée à Paris, mais les 3 autres débutants ont refait une ou plusieurs courses d'alpi pendant leur séjour.

other_comments

Cécile a donc eu une entorse à la cheville droite et une cheville gauche foulée.

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