Face N du Barrhorn
{{ '2002-06-14' | amDateFormat:"dddd Do MMMM YYYY" }}

Information

activities
event_type: avalanche

elevation: 3400

nb_participants: 2

nb_impacted: 1

rescue: yes

avalanche_level: level_na

avalanche_slope: slope_40_45

severity: 1d_to_3d

author: Julien Vallet

quality: fine

participants

Location

Licence

description

Avalanche de plaque de neige de printemps en face N du Barrhorn a 7.30 le matin durant la montée en crampon de la face

Parti pour 2 jours de pentes raides dans le coin, on se décide pour se chauffer par la face N du Barrhorn. On pensait pas que ca chaufferait autant...
Parti de nuit du bas, arrivée vers 7:00 au pied de la face N. regel moyen en bas, mais ensuite dans la face, la croute est dure, belle neige de printemps beton. Arrivé sur le leger replat au dessus des seracs, on met les lunettes de soleil et on continue encordés, ski sur le sac pour le mur final. Je suis en tete et Yves est 20m derrière. aux milieu du mur, on a vu que la croute commencait a percer mais elle était relativement epaisse (5-6cm). Faudra pas trainer! Quelques metre plus haut, je commence a sentir vibrer sous mes pied et je m'arrete...trop tard, Voum massif et tout craque 30m au dessus de mois, une plaque de 200m de large et 30-40cm d'épaisseur commence glisser.
Je reagis à l'instinct et me mets a courrir vers le haut pour me rapprocher de la cassure. Yves me suit, mais pas le temps d'arriver en haut avant fragmentation. C'est alors parti pour la grande glissade et sachant ce qu'il y a en dessous, je ne me fait plus trop d'illusion sur notre sort...mais ce jour la la montagne a été plus que clémente. L'avalanche s'engage sur la rive droite du glacier et converge sous une aiguille rocheuse avec une zone presque plate dans un goulet avant le grand saut (serac, goulottes)! dans la glissade, j'ai eu la chance de rester en surface et me retrouve posé sur l'avalanche qui glisse de plus en plus lentement dans le goulet. Impossible de me lever car je suis encordé et cette dernière me cloue au sol car elle part sous la neige. Le haut de la coulée ou nous sommes s'arretera 10m avant le grand saut...
Apres l'arret, je sors le couteau de mon sac resté sur mon dos (mais plus de ski), pour couper la corde et partir a la recherche de Yves qui est dessous. D'abord j'appelle, et finalement, pas eu besoin de sortir l'arva car son pied sort de la neige. Il a la tete en bas mais est conscient et arrive presque a parler. Je le degage au plus vite partiellement a la main car il est en T-shirt et je veux pas rsiquer de lui foutre un coup de pelle. en 15min, il est dehors. Semble OK, pas de blessure apparente a part la peau des bras bien rapée. Son sac a dos a disparu et je lui donne mes vetements pour se mettre au chaud. Je m'approche du bord de la goulotte et trouve son sac ski encore sur le toit planter à l'envers quasi enseveli.
On degage le sac, et on recupere notre matos (mes skis etaient eparpillés sur la coulée). On etudie alors le moyen de redescendre par nos propre moyens mais on se rend vite compte que c'est mal barré: la pente rive gauche ou on est monté avant a fissuré de partout et la goulotte en dessous est desromais en glace nue, l'avanlanche ayant tout décapé. il nous reste 3 vis a glace, 7m de corde qu'on a reussi a sortir et 3 piolets pour 2. Yves commence egalement, l'adrenaline baissant, a avoir des douleurs au dos et jambes. On decide d'appeler les secours mais dans ce trou, pas de réseau. Décision est rapidement prise, on remonte dans l'avanlanche jusqu'au col donnant sur le Mattertal et on verra si on trouve du reseau. On elabore que si on ne trouve pas de réseau, on bivouaquera au col pour laisser la neige regeler et le lendemain matin, je descendrai rive gauche a ski pour appelr les secours depuis la cabane.
Heureusement, pas eu besoin du bivouac. 20 min apres, Air Zermatt arrive et peu meme atterir au petit col. Check du medecin, on embarque dans l'ecureuil.
Apres avoir pu appeler les secours, la "baisse" du stress et de l'adrenaline ont vite rappelé les douleurs a Yves, qui s'est bien au final bien fait malaxer dans la coulée.
Air Zermatt nous depose à la voiture en bas apres avoir vu que Yves n'avait pas de blessures graves. Mais son dos et son genou l'on fait souffrir durant 3 mois au moins.
Au debut le pilote et le guide avaient pas compris qu'on avait été pris dans la coulée. Ils pensaient qu'on avait déclencher a distance et qu'on osait plus bouger!
Retour à la maison quelques heures après...

Rétrospectivement, en analysant la meteo des 15 jours antérieur (chute de neige 2 semaines avant) et la disposition de la face (nid à plaque dans le haut de la face), combiné a un mauvais regel, il y avait pas mal de facteur risque, mais on est toujours plus malin après. Grosse croute de regel et neige de printemps ne sont pas systématiquement des gages de sécurité au final et ce sera la premiere des 2 fois ou on rencontrera ce probleme somme toute atypique (au dire de ceux du SLF).
L'histoire se termine bien, mais on a grillé un bon joker sur ce coup la. Beaucoup de facteurs "chances" ont joué en notre faveur: Yves a perdu le sac a dos tres vite (pas de ventrale attachée) et est passé dessous car plus bas sur la plaque. Par chance, les attaches de mes porte-ski ont peté et j'ai gardé mon sac sur le dos. J'ai eu la chance de pas passer dessous et d'etre valide pour degager Yves. On a eu un bol monstre d'etre en haut de la plaque (courir vers le haut a été le bon reflexe) car je pense que 30m plus bas, on aurait sauté les goulottes et la bye-bye...

place

Face N-NE, sommet quasi plat propice a un transport de neige du vent d'ouest. le haut du glacier de la face N a vraiment une forme de dépot (congère geante sous le bord parfois corniché)
Ancienne plaque de neige de printemps posée sur un fond dur. neige humide en profondeur entre la croute de regel et le fond

route_study

A priori, itinéraire safe par conditions de neige de printemps dure...mais propice aux plaques à vent

conditions study

Regel moyen en bas de la face, mais température normale pour une mi juin. Pas d'analyse de bulletin car pas de bulletin, ni meme de communication. Analyse rétrospective uniquement, mais ca aide pas avant!
On a vu que c'etait craignos 3 secondes avant le declenchement. en revanche, on etait conscient que le soleil arrivait sur la face et qu'il fallait pas trainer pour decsendre mais on etait 50m sous le haut de la face

training

Bien entrainé

motivations

Faire cette jolie face que j'avais repéré le 20 mai depuis la Pipjilucke

group_management

on etait en phase sur la conduite a tenir

risk

Attentif, mais surtout pressé de sortir pour pas trainer

time_management

A mon avis correct. on etait presque en haut de la face et le soleil touchait depuis 30min donc pas critique. je pense que 1h plus tot, ca aurait été pareil.

safety

DVA, pelle, mais pas eu besoin du DVA.

increase_impact

ventrale du sac non bouclée. C'est dire la force de l'avalanche car une des bretelles du sac a ete arrachée...

reduce_impact

Position sur l'avalanche (en haut), configuration du terrain. Une personne est restée sur l'avalanche (celle la plus haut placée et qui a gardé son sac a dos (effet airbag mini))...et coup de bol. Neige humide, lourde, gros blocs. certes ca malaxe mais il reste pas mal de cavités d'air ce qui a permis a yves de pouvoir respirer a peu pres avant que je le degage.

modifications

Suis resté pendant plusieurs années avec plus aucune confiance dans mon évaluation du risque, Et meme apres 15 ans, je reste tres peu confiant dans mon jugement...

other_comments

Yves s'en sort bien avec quelques mois de physio. Rien de mon coté sauf une partie plus psychologique. vraiment du bol. Pour moi, on a cramé un Joker et j'imagine qu'on a pas des tonnes des comme ca!
Informations transmises au SLF le lendemain meme!

Associated routes

Associated articles

Associated outings

Comments

No thread yet?

Log in to post the first comment

No thread yet?

Log in to post the first comment

{{::post['created_at'] | amUtc | amLocal | amTimeAgo}}
  • en
  • it
  • es
  • eu
  • ca
  • de