Chutes de pierres à l'arête W de la Dent Blanche
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Information

activities
event_type: stone_fall

elevation: 3700

nb_participants: 2

rescue: yes

severity: severity_no

author: Frédéric Bunoz

quality: fine

participants

Location

Licence

description

Premier "but" sévère en 15 ans d'alpinisme et d'escalade... ce qui motive ma première contribution écrite à C2C.

Samedi matin à 6.30h on commence à grimper l'arête de Ferpècle. Vers 8.00 on butte contre le grand gendarme pourri; là le topo C2C nous indique qu'on peut le "contourner par la gauche"... alors on y va. Et là on se retrouve dans la face Nord de l'arête dans du rocher ultra-pourri et mouillé. Les blocs de gneiss nous restent dans les mains. A chaque fois qu'on pose un friend et qu'on tire doucement pour verifier, la fissure s'élargit... La face est par moments à 70-80 degrés, quasi-impossible à protéger. 3 heures plus tard, je réussis à sortir du merdier par le haut en y laissant un peu de matos... y compris une broche à glace coincée dans une fissure pourrie. On rejoint l'arête plus haut, le rocher devient meilleur, donc on continue sur le faîte. Puis le rocher redevient pourri... le topo C2C nous indique que l'ensemble des gendarmes restants "se contourne par la droite", ce qu'on fait, et là... on se retrouve tout près d'une allée de bowling, les rochers qui dévalent depuis le sommet chauffé par l'isotherme zero à 4500m. On voit une énorme cascade d'eau se former à 200m à notre droite... Temps d'appeler les secours.

A ce moment-là, je pense à ce qu'un pote guide m'a dit une fois: "Quand il y a un doute, il n'y a PAS de doute" (MERCI Rémi!). A ce moment-là, j'ai un doute quant à notre sécurité vitale. Donc, je n'ai plus de doute... Alors on remonte illico-presto sur le faîte de l'arête et on decide d'alerter les secours. Il est 16 heures, dieu merci je capte le réseau avec mon portable. J'appelle Air Glaciers. Ils arrivent rapidement avec leur petit Lama 315, nous font signe qu'ils vont revenir après un autre sauvetage sur l'arête Nord. Heureusement, le vent souffle doucement, et les cumulus restent à distance sur la frontière italo-suisse. 30 minutes plus tard, on est héli-treuillé sans pépin et sans rien laisser derrière.

Etrange sentiment de soulagement et de calme lorsque nous pendons dans nos baudriers en plein ciel. Une fois posés sur le glacier 1000m plus bas, on parle avec le guide et les pilotes. Ils nous rassurent en disant qu'on a fait le bon choix de les appeler TÔT. Un énorme merci aux pilotes et au sauveteur d'Air Glaciers, tellement doués et pros.

Ils nous disent que l'année passée en septembre ils ont secouru une cordée au meme endroit... Le guide-sauveteur nous explique que puisqu'une partie de l'arête s'est effondrée il n'y pas si longtemps, plus personne ne fait l'intégale de l'arête... Les gardiens du refuge confirment aussi que l'intégrale de l'arête ne se fait plus depuis quelque temps... Sur la terrasse du refuge, un guide d'un certain age nous reconfirme ceci, et dit qu'il faut soit monter la goulotte face NW et rejoindre l'arête très haut, soit remonter le glacier à la base de la face W puis grimper dans la caillasse pour rejoindre l'arête très haut. Ces deux itinéraires sont suggérés dans le topo du CAS. En gros, ce n'est plus une "course d'arête".

Puis un jeune aspi guide valaisan, arrogant et con avant l'age, nous sort des reflexions genre "Alors on ne lit pas le topo" et "Vous n'aviez pas envie de faire le sommet?!" On a ri jaune sur le moment, mais j'aimerais lui dire: attends de voir si tu es encore vivant dans 10 ans... et on reparlera. Je lui souhaite toutefois bonne santé, longue vie et de devenir moins con avec l'age et l'expérience :o)

modifications

Les leçons qu'on en tire sont:

  • quand le topo C2C est minimaliste et qu'il y a très peu de sorties récentes, il y a une bonne raison = MEFIANCE!

  • quand il y a très peu de sorties récentes sur C2C, toujours appeler le bureau des guides du coin pour se renseigner

  • TOUJOURS comparer le topo C2C avec les autres topos et se poser de sérieuses questions lorsqu'elles divergent

  • quand les topos mentionnent du rocher "délité" et "délicat", toujours consulter qq'un qui a récemment fait la course, de preference un guide...

  • lorsqu'on voit un isotherme zero à 4500m, être à 100% sûr de la capacité de sortir de la voie tôt (ce qui implique être à 100% sûr des conditions du terrain et du cheminement)

  • si besoin, appeler les secours plutôt tôt que tard

  • toujours avoir de quoi survivre une nuit en altitude (couverture de survie, un peu de gaz, réchaud léger, grosse doudounne), meme si ça alourdit le sac

  • avoir une balise de détresse genre SPOT3 au cas où on aurait pas de réseau téléphonique

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