Pic de Bure : traversée versant NW >> Combe Ratin
{{ '2011-02-19' | amDateFormat:"dddd Do MMMM YYYY" }}

Information

activities
event_type: avalanche

elevation: 2050

nb_participants: 8

nb_impacted: 1

avalanche_level: level_3

avalanche_slope: slope_30_35

severity: severity_no

author: Frédéric Bunoz

quality: medium

participants

Location

Licence

description

Loïc

Préparation de la sortie

Le jeudi soir, sans trop regarder les conditions, on prévoit de monter au Pic de Bure par la combe Ratin, puis d'aller faire un aller-retour dans la combe de Mai et de redescendre par le Combe Ratin.
Le vendredi matin, après avoir lu le BRA, on ne sent pas la combe Ratin, exposée NE-N. On décide de monter au plateau par un itinéraire bis à l'W de la station. Dans l'après-midi, on voit passer un CR sur skitour qui indique que la combe Ratin a été faite ce vendredi. On hésite, mais le soir, on reste sur notre idée de monter par un itinéraire plus sur pour aller faire l'AR dans la combe de Mai (qui reste notre objectif).

Avant l'avalanche

Montée sans problème par notre itinéraire bis. En traversant une pente NE > 30°, dans le vallon de la Truie, on se dit que certaines pentes de ce type, plus chargées peuvent être dangereuses.
Arrivés sur le plateau, nous allons voir le départ de la Combe de Mai, mais elle nous semble assez peu enneigée : on voit des zones de cailloux. On abandonne notre idée initiale. On croise pas mal de personnes sur le plateau, la plupart venant de la combe Ratin. Au vu de la fréquentation, on se laisse finalement tenter par cette belle combe.
Il y a déjà de nombreuses traces, que l'on suit prudemment. La neige est bonne, ça fait plaisir de retrouver de la poudreuse, et petit-à-petit (sentiment perso), on diminue notre vigilance.
Arrivés au-dessus de l'étroiture à l'W de la Plate Longe, on décide de passer à l'E de la Corne, plutôt que dans le vallon de la Corne. Pour cela, il faut soit traverser une zone raide sous la Plate Longe, soit descendre jusqu'au point 1964, puis remonter légèrement ensuite. Bubu fait la traversée, les 7 autres descendent jusqu'au replat, pus ou moins loin, et commencent à repeauter.

L'avalanche

Un groupe de 8 arrive au même passage, et certains commencent à s'engager dans la même traversée que Bubu (il y a d'autres traces de passages dans cette traversée, au moins 5). Une plaque se décroche au moins 20m au-dessus d'eux, en emportant toute la pente : 50m de large, cassure de 40-50cm. Deux personnes sont emportées. Certains d'entre nous voient la plaque partir, d'autres sont juste alertés par les cris des personnes du groupe de 8 restées au-dessus. On voit l'avalanche arriver sur nous, mais empêtrés dans les manips de peaux, on met du temps à réagir. L'avalanche s'arrête juste au-dessus de nous au début du replat. Seul Domi se retrouve dans 50 cm de neige.
Pour le groupe au-dessus, une personne a de la neige jusqu'à mi-hauteur, mais une autre est ensevelie, avec juste un bout de sac qui dépasse. Ses coéquipiers, qui l'ont suivi des yeux et voient le sac dépasser, réagissent très rapidement et viennent le dégager.
Situés plus bas, nous mettons plus de temps à réagir (le temps de repeauter,...). Bubu nous rejoint en demandant au groupe s'ils n'ont pas besoin d'aide. La personne ensevelie est presque dégagée.

Après l'avalanche

On aide d'abord Domi à retrouver son matériel (skis et bâtons enfouis), puis nous remontons voir l'autre groupe qui a dégagé la personne ensevelie, indemne mais choquée. Il lui manque un ski. Pendant près d'1h, on cherche le ski en creusant sur une hauteur de 1m à 1m50 (hauteur du dépôt), mais sans succès.
Fin de la descente par le Vallon de la Corne.

Tentative d'analyse

Pas évident de faire une analyse encore à chaud, mais je pense que nous avons commis quelques erreurs. L'accident aurait plus être plus grave, par exemple si l'avalanche avait été plus importante.
- Alors qu'on avait conscience que cette combe était propice aux plaques (puisque nous avions d'abord décidé de ne pas y aller), devant la fréquentation, et peut-être aussi par frustration de pas avoir pu skier la combe de Mai, on y va quand même.
- Au début on se méfie des plaques, et on reste dans les traces, mais peu à peu, on est moins méfiant
- Lorsqu'on s'arrête pour repeauter, certains d'entre nous descendent assez bas, d'autres pas suffisamment, mais personne ne s'inquiète vraiment du reste du groupe (chacun fait un peu ce qu'il veut).
- Manque de réactions quand l'avalanche arrive
- Pas assez réactifs à l'arrêt de l'avalanche, pour aller aider l'autre groupe si besoin

Pour ma part, préoccupé par mon repeautage, je n'ai rien vu du départ de la plaque. Heureusement j'ai été alerté par les cris des personnes de l'autre groupe, c'est juste ça qui m'a fait levé la tête, alors que l'avalanche était déjà à mi-hauteur.

Quelques enseignements (perso) à tirer :
- savoir résister à "l'effet mouton", et tenir compte de ses 1ères intuitions/analyses
- avoir une vraie prise de décision du groupe en tenant compte des différents avis (dans notre cas, Domi n'était pas chaud pour descendre par la combe Ratin)
- une fois engagés, se mettre d'accord sur le meilleur itinéraire à suivre et sur les points de regroupement, en essayant de garder la cohésion du groupe
- quand le problème survient, penser à alerter (en criant par exemple) : l'avalanche peut être peu sonore
- une fois l'avalanche terminée, essayer de donner des consignes pour augmenter la réactivité du groupe

Sandrine

Tout a fait d'accord avec l'analyse de Loïc, notamment sur la baisse de vigilance liée aux facteurs qu'il a énumérés alors même que nous atteignions l'endroit le plus craignos.
Pour ma part, j'ai vu la plaque partir, étant a l'arrêt et dans le bon sens, prête à déchausser pour repeauter (juste à la limite en dessous de l'arret de la coulée, c'est a dire sans doute pas assez bas / à l'abri). J'ai vu le déclenchement, j'ai vu les deux gars emportés, suis restée quelques secondes de trop scotchée à me demander ce qu'il fallait faire avant de décider qu'il fallait se sortir de là et très vite... Je skie 50m plus bas en me demandant comment allaient faire Domi qui avait enlevé ses skis et Lio qui avait encore ses peaux, juste au dessus de moi... Peut-être un bon réflexe que de se dégager, mais peut-être pas car pendant que je descendais j'ai perdu de vue les deux gars emportés. Lorsque je me suis retournée vers la coulée de nouveau, elle s'était arretée de descendre, juste au dessus de Lionel et au niveau de Domi. On voyait un peu de l'un des deux gars emportés qui dépassait et ses amis qui étaient restés plus haut étaient déjà en train de le dégager. Gros questionnement sur ce qu'était devenu l'autre. Je me suis dit que s'ils étaient tous la c'est sans doute que l'autre avait pu se relever tout seul (en tout cas c'est ce que j'espérais). Mais pendant tout ce temps à regarder ce qu'il se passe la-haut, je reste plantée et ne pense même pas à me dépécher de repeauter pour aller les aider. Je voyais que tout le monde de notre groupe était sain et sauf, et que dans l'autre groupe tout le monde (ils étaient 8 eux aussi) s'occupait de la personne en détresse, et du coup j'ai eu un moment trop long d'immobilité.
[u]Ce que j'en retiens[/u]: il est vraiment primordial de suivre des yeux les personnes emportées afin de les localiser au plus vite, de savoir combien on en cherche, et de ne pas détacher le regard d'elles. C'est important de se dégager de la trajectoire certes, mais essayer de garder un oeil sur eux et sur "où est chaque bonhomme présent dans la combe" l'est aussi. Deuxième leçon, être plus rapide: même si on le sait, on arrive quand même a rester scotché trop longtemps et à ne pas démarrer tout de suite pour aller porter secours, parce qu'on est "soulagé" que les notres soient tous dehors et qu'on a l'impression que la situation est maitrisée dans l'autre groupe, ce qui est très regrettable. On aurait du remonter jusqu'à eux plus vite, même si ce n'était que pour s'assurer que tout allait bien.

Nicolas

J'ai ajouté mes photos sur Picasa ainsi qu'un schéma explicatif de l'avalanche.
Commentaires personnels à venir.

Bubu

Avant l'avalanche

Durant la descente avant la zone de l'avalanche, j'avais bien vu que c'était plaqué sur la majorité des pentes : poudre assez tassée sur gobelets. Mais souvent 5 à 15cm de poudre et pentes < 35°, concaves.
Dans le raidillon avant la traversée de la plaque, ça devenait convexe, à 35°, j'hésite. Je regarde les traces précédentes : il y en a assez qui ont traversé la poudre en entier, je vise une zone où les traces se recoupent et je descend dedans : ça ne peut pas partir en entier, au pire juste l'intérieur d'une godille.
Puis il faut traverser. Au début j'hésite car je n'ai pas compris ce que mes coéquipiers font : nous nous étions dit que nous passions le col 2048m, mais ils sont descendus sur le replat et doivent donc repeauter s'ils veulent atteindre le col 2048m, mais peut être qu'ils ont changé d'avis et qu'ils veulent descendre par l'autre combe... Bon je traverse quand même, au moins pour jeter un oeil (mais je n'avais pas envie de descendre de l'autre côté sans être sûr qu'ils aient compris que j'y allais).
Il y a déjà des traces dans la traversée, du jour et/ou de la veille. Mais comme la plupart des traces de traversée lors d'une descente, les skieurs n'ont pas su tenir leur horizontal et ont perdu plein de déniv, du coup ils ont dû remonter en escalier d'au moins 10m pour atteindre le col 2048m. Je sais traverser à l'horizontal (ou presque : finesse de 20 à 50), donc je vais éviter la montée en escalier.
Je traverse donc plus haut que toutes les autres traces. Je me rend compte en plantant le bâton que la couche de poudre tassée est plus épaisse qu'ailleurs : au moins 40cm, avec toujours des gobelets en dessous, normal nous sommes plein N. De plus la pente est autour de 35°, et convexe sur la largeur à cause d'une bosse rocheuse un peu au-dessous. Je me dit que si je traversais la couche de poudre avec les skis, soit je déclencherais la couche fragile, soit je casserais les ancrages, mais en tout cas je déclencherais une plaque. Mais j'ai des fat et j'enfonce de moins de 10cm, pas de problème.
Sur la suite de ma traversée, dans des pentes plus faibles, je suis préoccupé par la tenue de l'horizontal, et je me demande si c'est rentable d'allonger les bâtons vu que dans cette neige ce n'est pas rentable de pousser fort : on traverse tout au lieu de garder la rondelle dans les 20 premiers cm. Il ne m'est pas venu à l'idée que si un autre skieur suivait ma trace et qu'il enfonçait plus que moi, il déclencherait une grosse plaque.

L'avalanche

J'entends des cris. Pfff, encore des skieurs incapable de faire 3 godilles dans la peuf sans crier, nous sommes dans le Dévoluy, le rocher est fragile, faut pas crier comme ça ! (désolé mais c'est plus ou moins ce que j'ai pensé à ce moment là). Je me retourne pour juger les godilles en question.
Ah tiens, un hectare en mouvement, oups... Bon un exercice d'arva en perspective.... Ah ben non, tout le monde reste visible, trop facile. J'ai suivi continuellement des yeux les skieurs emporté jusqu'à l'arrêt de l'avalanche.
Masse estimée de l'avalanche : 1500 tonnes (en fait entre 1000 et 3000 tonnes).

Après l'avalanche

2 skieurs emporté : un est resté debout et se dégage en 10s (juste 1 jambe avec de la neige juste au genou, aucun ski n'a déchaussé), un autre a été couché rapidement après le début de l'avalanche, et un bout dépasse (ski ou sac). L'autre skieur commence à le dégager, les 6 autres du même groupe de 8 viennent l'aider.
J'estime que je ne serais pas utile immédiatement si je m'ajoutais aux 7 personnes qui s'occupe de la victime. Et le skieur de mon groupe qui a essayé d'éviter l'avalanche en sautant pour qu'elle lui passe dessous (je déconne, mais à sa place je me serais mis en boule : c'est mieux de sauter pour se retrouver au-dessus de la coulée, mais il faut arriver à sauter quand on a les pied dans de la poudre tassée !) a juste de la neige jusqu'aux genou, pas d'urgence, je peux prendre des photos et les rejoindre sans me presser.
Un peu plus tard, un skieur du groupe de 8 nous a reproché notre manque d'attention et de réactivité vis-à-vis du skieur enseveli. En ce qui me concerne, j'ai demandé si on avait besoin de moi lorsque je suis passé près du groupe, on m'a répondu que non. Et j'avais bien vu qu'il n'y avait pas de problème grave pour le skieur enseveli (ensevelissement de moins d'une minute sous 50cm). Faut bien comprendre que sachant ça, si j'étais intervenu sur le secours, j'en aurais profité pour simuler un secours plus important. C'est à dire que si en arrivant je n'avais pas vu de coordination du secours, j'aurais pris la direction du secours et il aurait fallu m'obéir sans broncher. Juste histoire de tester l'efficacité d'une méthode "militaire" (quand on connait les histoire entre les militaires et les avalanches, on peut douter d'une méthode militaire, donc c'est pas mal de tester). Comme il y avait des italophones dans le groupe, il y avait trop de risque d'incompréhension, du coup je n'ai même essayé d'intervenir. De toute façon il y aurait eu de grande chance que ça se finisse en foutant sur la gueule, pas que ça à faire.

Mais un peu plus tard, nous avons cherché le ski perdu par la victime. Après qq tests de sondage à la pelle ou sonde, nous avons cherché systématiquement en dégageant toute l'épaisseur du dépot (1m à 1,5m) jusqu'à la croute dure datant du dernier redoux et non abimée par l'avalanche. Forcément nous n'avons dégagé que 50m2, mais nous en avons profité pour s'entrainer à des dégagements en V dans un vrai dépot frais. Un conseil lors de ce genre d'exercice : changez la pelle de sens (main gauche/main droite), car aujourd'hui j'ai des courbatures (normal), mais asymétriques, et ça c'est pas bien du tout.

Mes erreurs

Mes méthodes pour éviter que je sois emporté par une avalanche sont au point, pas de problème.
Par contre la prise en compte des autres personnes qui sont soit en dessous de moi, soit susceptibles de me suivre, est très insuffisante. Si je continue comme ça je vis finir par tuer qqun, ça devient grave.

Domi

Suite à la lecture du CR sur C2C voici ma version de la sortie.

En ce qui me concerne les causes sont à peu près claires : étant un acteur à par entière de la sortie j’y ai ma part de responsabilité.
- Construction d'un groupe jeudi soir à la réunion du club sans véritable rencontre : le copain du copain du copain.....J’en suis l’initiateur car c’est moi qui fait une proposition de sortie à Loïc.
- A l’arrivée, le groupe était hétérogène dans ses objectifs et ses niveaux de « performances » : en fait sans le savoir deux mini groupes dans un pseudo groupe apparent.
Avec plusieurs « leader / organisateurs » à taux d’identification variable.
Prise en compte du BRA manifestement négligée sous l’effet de l’envie par certain membres.
Copie de mél :
Mél de préparation Domi / Proposition d'iti de Domi
Parking col du festre 1436 m .direction nord est à travers le bois de chagier, au pied des rochers blanc viser le la combe en pente douce qui amène au pied du téléski . remonter à vue à la cabane de la tête des casses. courbe de niveau jusqu'au chouroum des serres 1982m. remonter le vallon de la truie sous la tête de pied gros. atteindre le sommet des pistes . l'itinéraire semble d'après la carte être du « assez sauvage de proximité ».
une fois au sommet des pistes trouver le câble et le suivre jusqu'au plateau. puis atteindre le sommet. retour par le même itinéraire ou par les pistes.
Mél de X : Au vu du BRA et de la sortie du 17 février aux aiguilles de la Rama, il ne m'apparait pas opportun de s'engager dans la combe du Ratin du Pic de Bure.
Mél de Y : Des news de la combe Ratin :

http://www.skitour.fr/sorties/pic-de-bure,32501.html#sortie
Ca passe, 20-40cm de fraîche.

Je vais pas en rajouter, mais combien de fois ai-je vu sur des CR de sorties « ça passe ». Sous entendu on a joué à la roulette russe et j’ai pas pris la balle dans la tronche !!!

Finalement la raison l’emporte et on passe par l’itinéraire choisi avec, au vu de la position de nos voitures, un retour obligatoire par le même itinéraire. Cette option est en pente moyenne la moins risqué, elle n’exclue pas quelque erreurs sur le terrain. Je signale que me sentant initiateur et/ou organisateur de cette sortie ( rôle pas clair !) et estimant qu’une partie était risquée j’avais pris soin d’emmener une corde pour sécuriser le passage de retour au niveau du câble. Tout aurait donc du se dérouler comme prévu !!!!

C’est arrivé sur le sur le plateau, que les avis divergent sensiblement. Certains veulent faire un AR dans une belle combe reconnue comme skiante (en ce qui me concerne, j’ai faim et je préfèrerai aller au véritable sommet). Le manque de neige fera que tout le monde ira manger au pied des antennes. Il fait beau on se repose. La perspective d’aller faire du « ski de fond » sur le plateau pour atteindre le sommet ne semble pas être une option honorable. Et la phrase ( finalement pas anodine) « la vue au sommet est la même qu’ici » finie d’enterrer définitivement la perspective d’y aller. A cet instant il y a donc manifestement (analysé avec le recul mais c’est imperceptible dans l’action) une perte de (la faible) cohésion et un nouveau déplacement des attentes.
Il se met donc en place pour certain une frustration de ne pas avoir pu faire du « beau ski » , j’assume aussi ma part de ce sentiment car j’aime bien skier. Néanmoins je dis sur un ton humoristique que je m’en fiche car je suis un « summiter » et que la satisfaction dans ce cas serait d’aller au pic. Peut être à cause de l’age (je suis le doyen du groupe), suis-je moins assoiffé que d’autres par un glorieux palmarès es-glisse et que je sais résister à la frustration.

Nous sommes donc à un carrefour décisionnel.
Là soudain tout bascule.
Un groupe franco italien arrive de la combe de Ratin en disant texto « attention y a des plaques, mais ça passe ». Cela veut dire qu’ils avaient déjà pris beaucoup de risque et en payeront d’ailleurs le prix. L’idée de descendre pour en skier une partie (pour amoindrir la frustration) et de remonter puis de revenir par l’itinéraire de montée germe dans certains esprits. Je dirais à titre personnel : d’abord dans les neurones des « torpilles ».
Quelque part dans mon esprit une partie de ma décision initiale s’est dissipée.
Effet de groupe 7 Domi 1.

Une (trop) charmante quadragénaire blonde souriante du groupe franco italien nous propose gentiment de ramener les chauffeurs à la Joue du loup.
Cette proposition permettant un retour qu’on aurait jamais mis en œuvre scellera définitivement la prise de la mauvaise décision.

On se soude à eux dans une pseudo solidarité (on ne sait même pas exactement combien ils sont et la réciproque est vraie.)
En fait on est 16 dans une zone à risque!!!
A peine le temps de dire ouf qu’on dévale la pente centrale du vallon. C’est vrai c’est plutôt pas mal au niveau « skiabilité ».
Arrive le passage clé et « bingo » une partie du groupe parcours l’itinéraire central.
Les autres la zone à éviter déjà fragilisée par diverses traces. Effet d’attirance le second groupe décide de passer d’une manière équivalente !.
Le fragilisation est maximale et c’est fini.
Je vois la face me foncer dessus, je suis effrayé et fasciné par la beauté « fatale » du spectacle (incroyable mais vrai !). En une fraction de seconde j’ai vu que des rochers au travers de la pente allaient offrir une légère zone de scission de la coulée et comme je suis pile poil dans l’axe je décide de ne pas bouger me sentant protégé ! Je décide de sauter en avant afin que si un déséquilibre se produit je reste le plus debout possible et ne soit pas projeté en arrière. Quand la vague arrive à 1m de moi , gros stress indescriptible, je saute et j’espère ….. Je suis bousculé, mais je reste debout mes pieds sont instantanément pris dans du béton. Tout s’arrête, tout est blanc autour de moi . Je suis là . Je suis heureux. Le reste devient moins important….

Je ressens clairement à ce moment, et continu de penser, que la perception de cet accident par l’ensemble des gens présent à cet instant est très différent. Victime plus ou moins marquées et personnes indemnes ont des comportements différents. Pour certain le ski disparu de la personne ensevelie et plus important que la personne elle-même. Pour d’autres cet événement semble être anecdotique ! Dans mon cerveau tout est un peu embrouillé…

Sommes nous bien placés dans notre zone d’arrêt ? C’est discutable. Pour gagner 10 m d’effort je ne suis pas descendu assez bas. Si j’avais été le premier du groupe aurais-je finalement aussi participé au cisaillement de la zone risquée ? Difficile à dire. Et loin de moi l’idée de me sentir dégagé d’une responsabilité dans cette histoire.

Pour conclure, cet accident tel que décrit n’est que la conséquence de la modification graduelle d’un organigramme décisionnel pour les raisons évoquées ci-dessus et n’est en rien le fait d’une fatalité.

Dernier point: quand je vois certaines remarques qui sont faites sur la sortie (même si par endroit elles sont nuancées par le qualificatif d’erreur) je suis subjugué par l’irresponsabilité de ce genre de propos.
Un coup à finir dans une tombe ou en prison !

Maintenant à chacun de méditer.

DomiM qui ne voulait pas aller dans cette combe et s’y est retrouvé !

route_study

Voir description

conditions study

Voir description

training

RAS

group_management

Voir description

Associated routes

Associated articles

Associated outings

Comments

No thread yet?

Log in to post the first comment

No thread yet?

Log in to post the first comment

{{::post['created_at'] | amUtc | amLocal | amTimeAgo}}
  • en
  • it
  • es
  • eu
  • ca
  • de