But à la Petite face nord, Grande casse
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Information

activities
event_type: physical_failure

elevation: 3600

nb_participants: 2

nb_impacted: 1

rescue: yes

severity: severity_no

author: thedude

quality: medium

participants

Licence

description

Parti pour faire la Petite face nord de la grande casse et être ma première fois la haut, tout la haut, je m'engage avec mon camarade de cordée pour faire la petite face nord qui est encore en condition ce jour la.
Tout d'abord, une montée en refuge assez facile, 2 heures en s'arrêtant à de nombreuses reprises, en prenant vraiment notre temps.
On arrive au refuge, on mange, on discute de notre entreprise avec un guide que je connais bien (je suis un local). Bref, on va se coucher tranquillement et on verra le lendemain.
Pas dormi de la nuit après que tout le monde est brassé toute la nuit dans le refuge avec aucun respect des gens qui se lèvent tôt. Je tiens à remercier la personne qui a allumé un poêle à pétrole sans savoir s'en servir en pleine nuit alors que la température était vraiment agréable dans l'ancien refuge de Felix Faure (17 degrés sans le poêle!). Résultat sirène anti-fumée et Monoxyde de carbone pendant la nuit. De plus, des personnes ont divagué dans la salle hors sac du nouveau refuge, éclairant très bien notre chambre.
Donc premier point négatif, une nuit blanche. 30 minutes de sommeil au mieux.
Néanmoins, avec la forme de mon camarade et de moi-même, nous nous réveillons à 3 heures et nous déjeunons, sûrs de notre capacité à sortir cette course sans prendre de risques inutiles.
Deuxième point négatif, on m'a volé ma montre Suunto la nuit, qui se trouvait dans mon sac, qui était à 3 mètres de moi, [u]dans la chambre.[/u]
Je suis donc parti noir de colère le matin.
On part et on monte tranquillement et on atteint le col de la Grande Casse vers 5h50 en marchant tranquillement. On mange et on boit, puis on s'engage dans la traversée puis dans la voie à proprement dite. On s'arrête après un bout de ressaut vers 3555 mètres pour remanger et boire. Mais quelque chose ne va pas dans mon corps, je me sens mal. Ma tête commence à bourdonner et je n'arrive pas à manger car j'ai la nausée.
Il est donc 7h25, et nous sommes à moins de 150 mètres de dénivelé de l'arête nous menant ensuite au sommet.
Mon camarade repart en tête et je suis très en difficulté, je n'ai plus les idées claires et je me sens faible.
Rapidement, la neige devient mauvaise et il devient difficile de monter, il est presque 8h30 et nous n'avons fait que 65 mètres, je me sens complétement épuisé et j'ai la tête dans un étau, j'ai très mal, je suis faible, je ne peux plus grimper de façon normal, chaque pas devient un calvaire et chaque fois que je plante la lame de mes piolets devient un supplice.
C'est à ce moment la que nous avons fait le point avec mon camarade, je lui donne le matos que j'ai et il va tenter de faire des longueurs assurées pour pouvoir nous faire sortir à l'arête et aviser après.
Malheureusement, je suis totalement hors de moi et même si le mental subsiste, le corps ne veut plus y aller.
Il appelle donc les secours à 8h45 et nous sommes évacués à 9h15
Nous sommes redescendus sur Pralognan avec une légère hypoglycémie et MAM, d'où les violents maux de tête et la fatigue généralisée
Abandonner de cette manière, moi qui suis fils de secouriste/guide m'a vraiment fendu le cœur, ainsi qu'à mon collègue qui est aussi fils de secouriste/guide.

Je pense que nous avons fait un choix correcte dans notre course et que nous avions le niveau largement suffisant pour s'en sortir, on grimpait vite et en sécurité, jamais sans se mettre la pression et étant tranquille. Malheureusement, j'ai été idiot dans mon alimentation, pas assez manger, pas bien, et pas assez fréquemment
Le manque de sommeil m'a plombé.
Le vol de ma montre m'a gonflé.
Deux jours de congés gâchés.
Les secours appelés mais je préfère appeler les secours pour une situation comme celle la plutôt que d'être [b][u]mort[/u][/b]

Je suis très entamé mentalement par cet échec et je doute d'avoir le courage de retourner en montagne cette année tellement j'ai été marqué par cet événement. Je pensais être assez solide pour pouvoir sortir mais malheureusement pour moi, j'ai eu la réponse jetée en pleine figure (en plus de la glace).

Si des personnes veulent des renseignements encore plus profonds, je suis à votre écoute et si certaines personnes souhaitent me contacter pour discuter de cet événement pour pouvoir tout simplement comprendre pourquoi/comment, je suis à votre écoute et ma porte est toujours ouverte.

Pour "finir", je voudrais remercier mon camarade qui a été plus à l'écoute de moi même que moi ainsi que Marc et Serge (sympa de connaître ces secouristes!) et l'équipage de l'hélicoptère, qui a été fantastique tout du long de l'évacuation.

Dernière chose, pour ceux qui m'accuserait d'avoir appelé les secouristes et de leur avoir fait prendre des risques inutiles, parce qu'il y a des gens comme ça, je préfère être ici à écrire plutôt que d'être dans un sac plastique ou dans un lit d’hôpital

PS : oui, c'est ma cordée qui est passé dans le dauphiné aujourd'hui

place

Grande Casse : Petite face Nord

route_study

Itinéraire suivi correctement

conditions study

Un peu de glace, face majoritairement en neige

training

Condition physique bonne, pic de forme atteint fin juillet en général

motivations

Ça aurait été une première ascension de ce sommet que je vois tous les jours, comme un objectif obligatoire

time_management

Horaire tenu jusque 7h30, ensuite, il a été explosé

modifications

Faudra que je sois plus à l'écoute de mon cœur et de mon estomac. Des erreurs stupides peuvent avoir des conséquences gravissimes.

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