Chute au Couloir Avalon, Roc dels Isards
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Information

activities
event_type: avalanche

elevation: 2500

nb_participants: 1

nb_impacted: 1

rescue: yes

avalanche_level: level_2

avalanche_slope: slope_gt_45

severity: more_than_3m

author: Crupillouze

quality: medium

participants

Location

Licence

description

La voie fait 200 mètres. L'accident s'est produit juste au milieu du parcours, dans la 2e pente après le verrou rocheux (bloc coincé).

Il faisait beaucoup trop chaud. J'étais en nage, en face Nord. Un guide d'Ax, Baptiste Sicre, m'a dit après coup qu'il avait senti un très soudain redoux, qui ne lui avait inspiré rien de bon. Il a tout de suite viré à gauche au sommet de la première pente, dans une rampe qui conduit à une arête ; là, il savait être à l'abri. Moi, je brassais dans la poudreuse, dans 45 à 60° de pente, et je n'ai pas senti ce redoux, car j'étais déjà en nage.

Dans la 2e pente, alors que j'arrivai à son sommet pour entamer la 2e partie de la course, je me suis pris la coulée, probablement partie du haut. Coulée à déclenchement spontané, dû à la chaleur et aux 20 cm tombés la nuit, sans vent ; mais peut-être aussi (d'après le guide) par les vibrations de l'ascension sur le manteau neigeux.

Je n'ai rien vu ni entendu venir. À cet endroit, il y a une rupture de pente, laquelle se couche plus haut vers le sommet. J'étais à 10 mètres sous cette rupture. Je regardais où placer mon pied gauche, quand j'ai senti d'abord une énorme boule de neige s'écraser sur ma tête, puis un bref spin-drift, puis la masse de la coulée m'a emporté ; et tout cela en 2 ou 3 dixièmes de seconde. J'ai été éjecté directement, et je crois que j'ai aussitôt lâché les piolets (qui sont encore dans la voie). J'ai ensuite roulé jusqu'en bas en mode essorage de machine à laver. Je n'ai dû toucher le rocher qu'une fois, ce qui m'a brisé la cheville ; ensuite, j'ai rebondi à plusieurs reprises sur la pente de neige, et si j'ai retapé le rocher, je devais être protégé par un cocon de neige, car à part la fracture de la cheville, je n'ai que des hématomes. J'ai dû être enseveli totalement durant 1 à 2 secondes (j'avais la bouche remplie de neige), mais la vitesse et un rebond m'ont expulsé. La fin de la chute a été une glissade (trentaine de mètres) à la surface de la neige dans le couloir, sur le dos, tête en bas (ce qui était heureux, car cela a évité à la fracture de se propager).

Aucune douleur durant la chute (adrénaline ?), mais douleur violente (8-9 sur 10) quand tout s'est arrêté.

Dans la 2e partie de la chute, au niveau de la première pente, il semblerait que j'ai déclenché une 2e coulée. Il restait encore 1 cordée de 3 à cet endroit (le guide et les 3 autres avaient déjà atteint la rampe de gauche et étaient donc protégés) ; ils ont été emportés, et se sont arrêtés à peu près à mon niveau, mais ont pu se dégager seuls, aussitôt - aucun blessé.

Le guide est aussitôt redescendu avec ses clients, tout en appelant les secours. L'hélico de la CRS de Perpignan est arrivé 1h30 plus tard. Un médecin a été hélitreuillé avec 2 secouristes. Dose de morphine pour calmer la douleur, barquette, hélitreuillage et transfert sur l'hôpital de Cerdagne dans la foulée.

place

Roc dels Isards

route_study

  • Topo C2C : Roc del Isards, Couloir Avalon
  • Livre "Les Pyrénées du levant", Thomas Dulac et Pascal Testas, 2008. Pp 418-420

conditions study

  • BERA niveau 3 le vendredi soir, pour pentes de Nord-Ouest à Nord et Est. Passé en niveau 2 le samedi matin, pour les mêmes pentes.
  • Neige et pluie durant la semaine qui précédait. Isotherme 1800.
  • Nuit d'avant : 20 cm tombés au-dessus de 2000 m.
  • Limite pluie/neige la nuit d'avant et le matin : 1800 m. Neige éparse, quelques flocons au-dessus.
  • 3°C positifs à 2000 mètres au départ du parking, à 9h15.

training

  • Condition physique suffisante sans être grandiose. Monté plutôt vite au pied de la voie (40 mn), en raquettes dans bonne trace.
  • Niveau technique en neige/glace TD, pour une voie AD. Donc niveau technique suffisant.

motivations

Trop motivé. Trop peu de sorties en neige-glace durant cet hiver pourri, et après un été gâché par un lumbago. Je voulais absolument en faire une avant le Printemps (ce 20 mars était le 1e jour du Printemps). Donc motivation "négative" (besoin dangereux de "revanche" sur le temps), car poussant à nier le danger (risque d'avalanche).

group_management

J'étais en solo. Mais si j'avais été seul au départ de la voie, j'aurais vite abandonné, car ça brassait trop, et il faisait trop chaud. Mais il y avait un groupe sur place, du CAF d'Albi, avec 2 encadrants, et 1 guide de haute-montagne. Ce dernier est monté seul sur 50-60 mètres pour voir si ça passait. Il pensait que ça passait. Cela m'a redonné confiance. S'il n'avait pas été là, je ne serais jamais monté. Sauf que lui connaissait parfaitement la voie et avait prévu un plan B : échappatoire par la rampe pour rejoindre la sécurité de l'arête en cas de doute. Je n'avais pas étudié cette possibilité. Erreur de ma part.

risk

Faisant la trace, sous déjà une météo chaude, je n'ai pas senti le soudain redoux qu'a ressenti le guide. J'ai clairement été moins vigilant que lui.

time_management

Je tenais l'horaire. La gestion du temps n'a eu aucun impact sur l'accident. Si j'étais parti 2 heures plus tôt, j'aurais probablement déclenché la coulée en arrivant dans la pente d'où elle est partie spontanément.

safety

Aucune manip d'assurage mise en oeuvre, j'étais en solo dans la voie.

increase_impact

Néant.

reduce_impact

Le fait qu'il y ait eu un guide m'a probablement sauvé de graves complications (la plus "bénigne" étant l'hypothermie) ; car personne ne m'aurait récupéré avant la nuit (j'avais prévenu un groupe d'amis partis en ski de rando non loin, sur la voie parcourue et mon horaire prévu de retour ; nous devions nous retrouver au bar vers 16h00). Mais si le groupe/guide n'avaient pas été là, je ne serais pas monté.

Encore une fois, la coulée qui a été à l'origine de l'accident en a aussi atténué les conséquences : le couloir était étroit, et si j'avais chuté seul, sans coulée, j'aurais forcément heurté le rocher à plusieurs reprises, et je ne sais pas dans quel état je serais arrivé en bas.

modifications

  • Non : je continuerai ce type d'activité (alpinisme en couloir neige/glace/mixte, été comme hiver).
  • Oui : je ne repartirai plus en solo.
  • Oui : j'écouterai davantage les alertes (trop chaud au corps, dans une course de neige, vent chaud, temps chaud en hiver)
  • Oui : je ne chercherai plus à faire une course "malgré tout", après une saison (voire juste quelques semaines) frustrante.

other_comments

  • "fracture complexe de la maléole droite et du pilon tibial" sur rapport du chirurgien.
  • 2 plaques et 11 vis dans la cheville/tibia.
  • Matériel : ai LAISSÉ 2 PIOLETS (QUARK) DANS LA VOIE. Si vous les retrouvez, merci de faire signe.

  • UN IMMENSE MERCI À BAPTISTE SICRE, LE GUIDE, ET À BENOÎT GINESTET, PRÉSIDENT DU CAF D'ALBI EN SORTIE AVEC LE GUIDE, QUI SE SONT OCCUPÉS DE MOI AVEC UN GRAND PROFESSIONNALISME, TANT TECHNIQUE QUE PSYCHOLOGIQUE. MERCI ET CHAPEAU BAS !

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