Avalanche à Vars
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Information

activities
event_type: avalanche

elevation: 2050

nb_participants: 2

nb_impacted: 1

rescue: yes

avalanche_level: level_3

severity: severity_no

author: Martin Gerbaux

quality: medium

participants

Location

Licence

description

Présentation, approche, coffrage, décoffrage, épilogue.
Chacun y trouvera des manques de ma part ou des détails utiles à rappeler lors de sorties rando ou freeride!!... Chaque récit sert de rappel à la lecture de la neige. Bon ski

Je voudrais vous raconter une petite histoire d’avalanche qui nous est arrivée avec un ami ce dimanche 14 février 2016 à Vars.
Ces derniers temps Je ski beaucoup essentiellement dans les alpes du nord en rando journée. Je me suis habitué à consulter TOUS les jours le BRA et les météos afin de suivre les prévisions, les évolutions et surprises de dernière minute…..
On se retrouve avec mes amis la veille sur place, les conditions sont bonnes, il a neigé 20 cm ce samedi et 20 autres au cours de la semaine. Le BRA pour la journée du samedi indiquait un risque 3…..la route, les retrouvailles et l’ambiance station font que je ne consulterai pas celui prévu pour le dimanche ( ??) .
Au matin du 14/02, nous essayons de glaner des infos par tel à des amis sur place mais pas de réponses à nos appels…. C’est quand même parti pour du bord de piste puis droit dans la pente en forêt. Le sommet de la station est fermée, ça déclenche…
Première descente en forêt face Ouest. Neige tassée et lourde mais agréable à skier, plus lourde vers 1900m…Les 50 derniers mètres présentent une rupture de pente qui peut laisser présager un risque de glissement, l’épaisseur ne dépasse pas 50cm, on y va tout doux, on rejoint le ruisseau de la Chagne, on peaute et traverse facilement les ponts de neige pour rejoindre la première remontée de la station.
Première descente sympa mais on veut trouver mieux sur d’autres expositions. Depuis TSK Peynier2 on se laisse glisser en forêt sur la face Est vers le Torrent du Vallon pour ceux qui connaissent. Là on trouve une neige plus abondante et agréable puis profonde et tassée…. Courbes à droite, à gauche c’est le top !! la foret est dense et au grès d’un creux je m’enterre debout jusqu’aux fesses, pas moyen de sortir !!….c’est avec la pelle que je déblai mes skis et c’est reparti, on ski espacé et droit vers le fond du Vallon.
L’appétit de JS l’emmène rapidement au fond du Vallon d’où il faudra certainement peauter pour s’échapper….Je m’arrête 50m au-dessus du cours d’eau que je vois couler à travers les ponts de neige puis on se consulte à distance pour décider de la suite mais c’est sans surprise qu’il faudra peauter….
Je traverse vers l’aval afin d’échapper momentanément au fond du vallon, la foret s’éclaircit subitement devant moi et me laisse bientôt voir une pente plus forte. Je me tâte et m’engage au ralenti, le bruit d’un craquement me mets immédiatement en alerte, je tourne la tête de côté et découvre 3 mètres au-dessus la rupture de la plaque sur laquelle je stagne…Je gueule « putain ça part », je me jette sur la poignée de mon ABS, je suis entrainé dans la pente la tête en avant. Je tente de discerner si je vais me manger un arbre dans la trajectoire mais seule une paire de sapinettes de 50cm sont sur ma trajectoire. Mon cerveau se met en mode off. Ca secoue puis plus rien… Je me retrouve allongé en croix sur le dos, coffré sous 1 à 2 mètres de neige, la tête par chance vers le haut sous l’effet du ballon je présume…
Seconde 1 – je regarde !! Cerveau ON
Seconde 2 à 5 – je me rends compte de ce que veut dire « coffré », rien ne bouge, seuls les doigts de ma main gauche qui semblent pointer vers le haut…
Seconde 6 à 60 – coup de stress, je suis vivant mais c’est fini je vais crever, je tente de bouger, j’appelle JS sans savoir si il est dans ou hors de l’avalanche, seuls mes doigts bougent pas la main !!
Minute 2 à 10 – respirer devient compliqué, c’est la merde !! je commence à hyper ventiler, je tente de me concentrer sur ma respiration, mon téléphone sonne dans ma poche inaccessible !! J’appréhende sur la fin toute proche. Aucun signe extérieur.
Par bonheur JS se démène en surface avec son ARVA, la zone de recherche est restreinte (5m x 5m) mais bien chargée.
Minute 11 à 12 – Un coup de pelle dans la main gauche me prévient de sa présence, je remue les doigts, je suis sauvé….merde pas encore je respire toujours pas et ça urge. Rapidement ma tête est dégagée tout au moins le visage, c’est gagné ! J’explose, pression trop forte, je n’arrête pas de parler mais je peux toujours pas bouger…
Entre temps JS passe à travers un pont de neige à proximité, fini dans la rivière, son téléphone aussi !!
Faudra 20 mn à mon sauveur pour me dégager, ma main droite est coincée sous le bâton que je n’ai pas lâché, je n’ai pourtant pas de dragonnes ! et l’épaule en hyper extension. Vient ensuite le buste une fois démontées les sangles du sac à dos. Mon téléphone devient accessible, on prévient une amie restée en station et vu l’état des troupes on décide de déclencher les secours….Merde
Puis le tour des jambes, la droite est rapidement libre, le leash Plum a rompu et le ski disparu. La jambe gauche prend plus de temps, elle plonge profond avec le ski encore au pied…en position walk!! Me voilà dehors, hilare, je saute dans les bras de mon pote, héro, sauveur, je l’aime..
Bientôt fini !!....non pas tout à fait, entre temps le froid m’a envahi totalement,je me change avec du sec, bienvenus à la doudoune et aux gants chauds, la tête est restée au chaud avec beuff, masque et casque pour la première fois !!....riche idée.
Mon abs Millet/Allpride est dégonflé sans avoir actionné la valve!! Paradoxalement l'espace libéré par le dégonflage au cours du coffrage m'a peut-être permis de patienter autant!!????
Je retrouve un bâton haut dans la pente, l’autre enfoui ainsi qu’un des skis, le second sera retrouvé dernier carat grâce à la sonde moins d’un mètre de là.
L’hélicoptère nous survole, fait son approche et treuille 2 pisteurs puis nous évacuent. Treuillé le premier, je m’assois dans l’hélico en stationnement à proximité de la zone de cassure, nette, profonde de 30 cm et longue d’environ 5 mètres.
Retour à la DZ, médecin, ambulance et passage en caisse : 3800€, voilà vous savez tout.

Non, le BERA était à 3 et 4 pour la station de Vars le dimanche 14/02 et le message reçu pendant le coffrage était de ma fille, celui-ci disait « Cc papa ça va »

Merci

place

Géoref à préciser

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