Chute sur névé
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Information

activities
event_type: person_fall

elevation: 2550

nb_participants: 3

nb_impacted: 1

rescue: yes

severity: 4d_to_1m

author: Franck Mazas

quality: medium

participants

Location

Licence

description

En ce radieux mois de septembre 2015, nous partons à 3 pour réaliser un itinéraire de rocher assez facile, en 4a : On dirait le Sud, à l'Aiguille d'Olle. Nous sommes équipés de grosses (Nepal Evo pour ma part) et du matériel de rocheux ; pas de matos neige et glace.
La grimpe se fait sans encombre dans cette face sud, les 2/3 supérieurs de la voie se faisant au soleil.
Au sommet, nous choisissons de descendre, après un premier rappel, par le couloir sud entre l'aiguille d'Olle et l'aiguille St-Phalle. La première longueur de la voie se fait d'ailleurs sur la rive gauche de ce couloir, avant de partir franchement dans la face. Il s'agit d'un couloir assez scabreux, très "terrain montagne", avec de nombreuses désescalades délicates, quelques rappels pour passer des petits ressauts, le tout sur 300 m de dénivelée, ce qui est relativement long.
Nous descendons prudemment et finissons par arriver en haut de la première longueur du jour, un petit éperon en II/III, non protégeable. En bas du couloir, un névé a survécu au torride été 2015, malgré son exposition Sud. Patrick, le leader de course, propose alors de réaliser une petite traversée pour rejoindre le haut du névé et éviter cette dernière longueur. Ayant ma claque des désescalades scabreuses, j'estime que c'est une bonne idée, et nous suivons (désencordés).
Rejoindre le névé s'avère un peu délicat : traversée de dalle sur petites réglettes, puis petit saut (1 m) pour rejoindre le haut du névé. Je me retrouve avec le leader, le 3ème étant encore sur le rocher.
Nous nous rendons alors compte que malgré l'exposition sud et l'heure (16 h), le névé n'a pas dégelé, ou à peine : il est en condition "moquette rase", et sous le centimètre amolli la neige est très dure. De plus, nous nous apercevons à présent que le haut du névé présente une sorte de ressaut raide, avec un très léger replat à la base (comme s'il y avait une rimaye), avant de continuer avec une pente un peu plus douce.
Nous nous rendons alors compte que ce n'était pas la bonne option, mais tenter de revenir sur le rocher parait plus dangereux : sauter 1 m pour atterrir sur des petites réglettes risquerait de nous faire nous retrouver coincé quelques mètres plus bas entre rocher et névé.
Patrick décide de partir en ramasse : avec sa très bonne technique, il réussit à rester debout quelques mètres avant de tomber. Il réussit néanmoins à s'arrêter sur le replat. Pas de chance pour lui : son bras a tapé un caillou qui trainait là et il a une belle entaille sur l'avant-bras gauche.
Pour ma part, je réfléchis à mes options et n'en vois guère de satisfaisante. Pas de piolet ni de bâtons, rien pour freiner la chute qui s'annonce. La ramasse me parait trop hasardeuse. Je décide de partir face au vide, les fesses à ras du sol, en plantant très fort les talons de mes grosses.
Peine perdue : dès que je m'engage dans la pente, je ripe et me retrouve sur les fesses. Je saute le replat et fais le toboggan jusqu'au pierrier 30 à 50 m plus loin.
Je m'arrête, le gros choc redouté n'a pas eu lieu. Ma cuisse droite a cependant bien frotté : le pantalon est complètement déchiré, et j'ai une vive douleur à la jambe, mas rien de cassé.
Le troisième, ayant vu les deux chutes et n'étant pas encore sur le névé, décide de terminer en désescalade sur le rocher. Il met 10 mn à descendre 10 m estimés à 5b, sans protection, mais il rejoint le pierrier sans encombres.
Nous faisons le bilan : un bras et une jambe amochés, mais pas trop. Pour moi c'est l'équivalent d'une énorme béquille derrière la cuisse. Nous nettoyons les plaies et décidons de descendre vers le parking du Glandon.
La progression dans le pierrier est difficile : je ne peux pas du tout plier la jambe et nous n'avons pas de bâtons.
Après une demi-heure, alors qu'il me semblait aller mieux, je ressens soudainement une grande fatigue et demande à m'asseoir : je fais en fait un malaise (malaise vagal, probablement), en tout cas une chute brutale de tension, et manque de tomber dans les pommes. Tremblements, grosse sensation de froid, je n'arrive même plus à parler. Je me sens vraiment au fond du trou. Le thé chaud de Patrick me fait du bien, mais je ne me vois plus mettre un pied devant l'autre.
L'heure tournant et la nuit approchant, nous décidons finalement d'appeler le PGHM, qui finira par venir me prendre et me déposer au parking.

place

Aiguille d'Olle (massif de Belledonne), face Sud.
Plus précisément en bas du couloir S entre l'Aiguille d'Olle et l'Aiguille de St-Phalle.

route_study

Nous avons suivi le topo.
La seule différence a été de vouloir contourner la dernière difficulté de descente en passant par le névé...

conditions study

Grand beau temps, très bonnes conditions.
Nous avons cependant mal évalué les conditions du névé : en fin d'après-midi de septembre, face sud, nous n'avons pas anticipé la dureté du névé et pensions qu'il serait pratiquable.

training

Niveau technique des participants OK.
Bémol physique pour ma part : je sortais de 2 déplacements successifs au Liban et en Espagne, et étais fatigué. J'avais cependant profité du samedi pour bien me reposer.
Je suppose que cette "fatigue de fond" a joué un rôle dans le déclenchement du malaise.

motivations

Belle sortie proposée, à mon niveau technique voire en-deça, pas trop longue.
Parfaite pour profiter du temps magnifique.

group_management

Bonne dans l'ensemble, confiance envers le leader, tout en gardant un bon niveau d'échanges entre nous.
Nous avons adhéré à la proposition de changement d'itinéraire vers le névé, sans toutefois beaucoup en discuter.

risk

Evaluation insuffisante du névé. Nous n'avons pas vu le ressaut du haut, et pas tenté de jeter des cailloux dessus pour tester sa dureté.

time_management

Nous étions dans les temps.
Cependant, le 20 septembre, manque de marge par rapport à la tombée de la nuit, ce qui a joué dans notre décision d'appeler les secours après le malaise.

safety

Pas d'assurage possible en l'absence de piolet ou crampons.

increase_impact

Pas de matériel de neige

reduce_impact

J'ai réussi à maintenir ma position assise, tête en haut, chaussures en avant pour freiner avec les talons.
Je n'ai pas basculé tête en bas, ou déporté sur le côté.
En théorie pure, j'aurais du être sur le ventre, en freinant avec les chaussures et les coudes, mais je pense que cela n'aurait rien changé à la vitesse de glissade et m'aurait fait risquer une blessure aux coudes.

modifications

Plus de vigilance sur les névés.
On a beau être en fin d'été, en expo sud, l'après-midi, avec des grosses : pas forcément suffisant.
A l'avenir j'évaluerai avec attention l'état du névé et ferai attention à ne pas m'y retrouver bloqué sans possibilité de demi-tour.

other_comments

Hématome derrière la cuisse courant du genou à la fesse, avec poche de la taille du poing.
Deux semaines pour résorber, trois mois après il en reste toujours une trace.

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