Traversée Realp >> Gadmen: J5 - Fünffingerstöck : Traversée S>>W par l'Uratgletscher
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Information

activities
event_type: avalanche

elevation: 1600

nb_participants: 4

avalanche_level: level_3

avalanche_slope: slope_40_45

severity: severity_no

author: Thomas Guiblain

quality: medium

participants

Location

Licence

description

Une journée qui commence en montagne
Des groupes s'affairent déjà dans les pentes et les nuages bas se dissipent quand nous dévorons le petit déj' (fabuleux par ailleurs, et en musique!) à l'hôtel steingletscher. On se prépare pour notre dernier jour de raid, à priori sans soucis... Nos sacs sont plus légers et on grimpe vite dans le versant S du Funffingerstock, qui ne voit qu'assez tard le soleil à cause des aiguilles qui le dominent au SE. La montée est très esthétique et permet d'admirer de face le Steigletscher et ses sommets. On arrive au sommet à 9h30 avec, j'en suis convaincu, largement assez d'avance pour descendre en sécurité et prendre le bus à Obermaad.

La dernière descente de la semaine
10h00. Ça coule légèrement dans la paroi du Gadmerflue. Il est temps de quitter notre promontoire! Nous avons 2 options possibles pour la descente. Soit revenir par le S via de belles pentes transformées jusqu'à Steingletscher, puis sur la route du Sustenpass. Soit une descente plus technique et sauvage par l'Uratgletscher, sans déchaussage jusqu'à Obermaad d'après ce que nous pouvons voir d'en haut. J'émets quelques réserves sur la qualité de la neige qui sera sûrement croutée en face N, mais finalement on choisit cette dernière option, plus esthétique.
Le début de la descente se déroule sur un billard bien regelé, mais je ne sais pas pourquoi, je flippe de perdre un ski... Et bam, je me prends une tôle dans la croûte à la seconde qui suit. Ouf, les skis sont toujours là, mais... méfiance! On négocie alors nos virages avec pudeur, jusqu'à ce que la neige soit plus molle, molle au point qu'on croirait skier dans 60cm de poudreuse. Même les boules d'avalanches sont soft et faciles à skier... En face, dans l'immense falaise du Gadmerflue les petites purges continuent d'animer la montagne. Ça tombe toutes les minutes, et à chaque fois c'est le même grondement, la même surprise, on lève la tête de peur, pour n'apercevoir qu'un pipi de chat qui s'arrête bien loin au dessus de nos têtes. Les grosses coulées sont déjà passées...
On remet les peaux pour éviter le ravin du Wendenwasser en passant par Wendenläger. Il commence à faire chaud mais l'atmosphère est très calme. Comme je ne suis pas bien farté, j'envoie Cédric devant tracer sur la route entrecoupée de nombreuses vieilles coulées,
En contrebas il y a des traces qui descendent dans une petite gorge en aval de la route. Seb me le fait observer en grognant, mais je lui dis que ces traces sont vieilles, que la neige est pourrie et que je préfère suivre la route car au moins on est sûr de l'itinéraire. Et puis les traversées de 'ponts de neige sur torrents' ne me font plus très envie après avoir assisté à un dramatique accident il y a une dizaine d'années. La conversation s'arrête là, et je me retiens de dire: « on prend tout de même un petit risque à passer sur la route. » On traverse une dizaine de coulées, assez vite malgré les boules car la neige est molle. Toujours dans l'ordre Cédric, Moi, Seb et Flo. Cédric traverse la dernière coulée et s'arrête pour prendre une photo. Je la traverse également, et par réflexe je regarde vers le haut avant de traverser, comme au passage piéton... en me disant que c'est un peu stupide. L'atmosphère est vraiment très calme, c'est la fin des difficultés et il n'y a plus qu'à suivre la route enneigée jusqu'au village qu'on devine juste en bas.
C'est là qu'elle arrive.

L'avalanche
11h45. Tout se déroule derrière Cédric et Moi.
Seb et Flo traversent l'avant-dernière coulée large de 50mètres, remplie de gros blocs de neige, cailloux, boules. Flo galère un peu et peste contre ses skis.
Un bruit. Seb lève la tête et hurle: « Flo dépêche-toi !! »
Nous, 200m devant, on n'entend rien du tout et on se dit que ça ne viendra pas jusque là... Mais on observe attentivement Flo traverser les tas de neige à grandes enjambées, le souffle court. Elle sort à peine de la coulée quand un aérosol apparaît au dessus des arbres, puis un torrent de neige en furie à une vitesse que j'estime à 80km/h. L'avalanche suit exactement le couloir qui lui est réservé et n'en sort pas d'un cheveux. Le bruit est celui de centaines de chevaux au galop. C'est un bruit doux et puissant... sournois! Le monstre envoie ses tonnes de neige pendant environ 2 minutes, en ralentissant régulièrement jusqu'à l'arrêt total.

Mon analyse
Cela faisait 4 jours que l'isotherme 0°C passait la barre des 3500mètres... On savait qu'il fallait partir tôt. Dans les pentes que nous avons parcourus je n'ai pas eu l'impression de prendre de risque et je trouvais que nous étions dans le timing. Tous les couloirs étaient remplis de coulées et semblaient purgés; l'herbe apparaissait sur des surfaces importantes. Mais l'avalanche est partie de tout en haut, vers 3000m pour atteindre la route à 1500m, et finir sa course dans la gorge, vers 1400m. Cette même gorge qui avait été empruntée par d'autres personnes auparavant et que nous avons regardé du coin de l'œil... (par ailleurs, elle était très mal remplie et des ponts de neige avaient cédé). Même s'il y avait des signes d'activité avalancheuse, nous avons été surpris par l'ampleur de la coulée. Cela faisait 3 jours que nous faisions face à cette paroi et que nous observions les coulées, de taille généralement petites à moyennes. Nous avons été surpris par le faible bruit de l'avalanche, tandis que des petites purges grondaient fortement dans la montagne et s'entendaient de loin. Je pense après coup que nous aurions pu partir une heure plus tôt par mesure de sécurité, compte-tenu des conditions du jour. Sinon, nous avons pris l'option de la route qui a été salvatrice et nous étions bien espacés durant les traversées.
J'estime que nous avons eu à la fois de la chance et pas de chance dans cette histoire. Chance d'être tous rentrés, mais aussi malchance que la plus volumineuse avalanche du secteur tombe pile au moment où nous passons... On aurait dit qu'un petit diable a tiré la chasse-d'eau en nous voyant arriver!!
Cet événement a mis en relief la place de l'effet Papillon dans nos vies. Comment tout se joue à quelques secondes! Le temps de mettre la crème solaire, quelques photos supplémentaires au sommet, une envie de pisser, un oubli dans le dortoir du refuge...

A quelques secondes près...
La vie continue et on prend le temps d'apprécier notre chance! On file vite sur Obermaad où le car postal nous attend. Je crois que Cédric a dû répéter 100 fois « Putain c'te chance » durant le trajet en bus jusqu'à Innertkirchen. Entre 2 trains Seb a décidé de gouter les eaux froides d'Interlaken tandis qu'on buvait des bières pour fêter la fin du raid... fêter la vie!

place

Couloir d'avalanche sous le Wendenstöcke

route_study

Consultation de la carte depuis le refuge la veille. itinéraire peu long et sans difficulté majeure.
Marge horaire calculée pour être à 12h à la voiture.

conditions study

Conditions de printemps avec regel moyen et isotherme très haut (environ 4000m.)

training

Fin de raid confortable avec sacs légers = on est au TOP !

group_management

Petit groupe habitué à sortir en toutes conditions.

other_comments

Pas de conséquences physiques mais une grosse frayeur pour tous.

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