Pierre et mutisme au couloir du Goûter
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Information

activities
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elevation: 3350

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author: Nicolas H.

quality: fine

participants

Location

Licence

description

28 juin 2012. Jour glorieux. Pour la première fois, je réussis à emmener ma compagne au sommet du Mont Blanc, après deux tentatives infructueuses en deux années. Pour moi en plus, c'est une première en tête, fût-ce sur la modeste voie normale et aujourd'hui dans des conditions d'engagement minimales. Plein soleil, douceur, pas de vent. Plus bas, va et vient continuel de l'hélicoptère ravitaillant le chantier du nouveau refuge du Goûter. Pour ajouter à la pollution mais au folklore, décidément digne d'une carte postale de Samivel, un Hawker Hunter suisse fait un gracieux passage dos au-dessus de la cime et dégringole dans le Val Ferret. Tandis que d'autres "sommeteurs" se prennent en photo en vitesse et se jettent dans la descente pour ne pas manquer la benne ou le tramway (nous, nous n'avons d'autre projet que de retourner tranquillement bivouaquer à Tête Rousse), nous passons près d'une heure à pique-niquer comme deux promeneurs en contemplant l'immensité - bon sang, le Viso, monter ici et ne voir que lui !… Une prochaine étape...

A la redescente, nous nous apprêtons à franchir le couloir du Goûter. Devant nous, dans la trace, une femme est en train de traverser, nous attendons notre tour, rien ne presse. Une chute de pierres dans le couloir, pas très grosse mais retentissante, je ne crie même pas "Pierre !" pour ne pas ajouter au stress de la femme qui aura forcément entendu et vu. L'instant d'après, sans qu'elle ait changé son allure ni même tourné la tête, une pierre grosse comme sa tête frappe le sommet de son sac à dos. Elle n'en a même pas trébuché, mais à 30 cm près, elle aurait été tuée net.

Je n'avais pas crié parce que cela me semblait inutile. Je n'avais pas non plus crié parce que je n'aime pas, moins encore en montagne et moins encore dans une montagne où il y a déjà bien assez de foule et de braillards. Mais cette personne a failli être tuée sous mes yeux (avec, certes, cette surprenante absence de réaction de sa part) et cela m'aurait empoisonné bien plus qu'une splendide journée de montagne. Mais il faut reconnaître aussi qu'il y a quelque chose qui cloche, dans mon mutisme : il se serait agi de quelqu'un de mon groupe, j'aurais quand même crié, forcément. Alors ?……

place

Saint-Gervais, couloir du Goûter

reduce_impact

La chance. Rien d'autre.

modifications

1° Maintenant, je crie "Pierre !!", même si cela a toujours du mal à sortir de mon gosier, que ce soit dans un itinéraire d'apparence déserte, ou qu'il semble y avoir bien assez de plus forts gueulards que moi.

2° Quand vient mon tour de passer un tel obstacle, je me fais violence pour surveiller l'amont, quitte à constamment et "bêtement" avoir la tête qui oscille de la trace à la pente. Car j'ai aussi constaté et vécu cela : même en voulant être attentif et en marchant doucement, exprès, on a vite fait d'avoir 5 secondes de focalisation de l'attention sur la trace, c'est assez pour qu'une pierre surgisse et frappe, et ce même accaparement par la trace peut aussi faire qu'on n'entende pas les cris d'alerte. On peut se laisser abuser par ce qu'on croit être sa concentration.

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