Chute en installant une couenne et rappel trop court
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activities
event_type: person_fall, other

nb_impacted: 1

severity: 1m_to_3m

author: Thierry Lafue

quality: fine

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Si tu es distrait en installant une couenne, au sol tu iras.

Samedi 26 mai 2018, Falaise de Cormot en Bourgogne. Sortie de couenne entre amis et en familles. Vers 17h, le secteur Kim étant un peu chargé, on décide avec un ami de faire les petites couennes qui se trouvent sur le secteur de gauche et sur lesquelles il n’y a personnes. Ces voies, contrairement aux autres du site, ont peu d’ampleur. La configuration est un peu spéciale. Elles sont composées de deux murs d’une dizaine de mètres, l’un au-dessus de l’autre avec une terrasse végétale au milieu. Difficile d’enchainer les deux « longueurs », il faut faire relai sur la terrasse. On grimpe rapidement le premier mur sans intérêt, on fait relai sur la terrasse à 10 mètres du sol, puis on s’attaque au second ressaut plus raide. Je pars en tête. Arrivé en haut je me vache et j’installe la moulinette pour mon ami.
A ce moment mon ami entre en discussion avec sa femme, qui s’apprête à quitter la falaise pour rentrer au camping. Afin de libérer son attention et de le laisser tranquillement gérer les questions d’intendance sans avoir à m’assurer, je décide de ne pas descendre en moulinette mais de tirer un rappel jusqu’à lui. Arrivé à ses côtés au relai intermédiaire je me vache. Notre corde fait 70 mètres, afin de ne pas avoir à trop ravaler, je n’ai pas fait le rappel en milieu de corde, mais j’ai juste tiré les 10 à 12 mètres de corde qui me permettaient de le rejoindre au relai intermédiaire. Le reste de la corde est posé à nos pieds. Je m’apprête à retirer mon descendeur et à lui passer le brin court pour l’assurer en moulinette. Mais la discussion prend une autre tournure. On a déjà bien grimpé aujourd’hui et après quelques instants il décide de rentrer avec femmes et enfants au camping pour profiter de la piscine et ne grimpera donc pas sur la moulinette que je viens d’installer. Pas de problème, je continue le rappel jusqu’en bas. Je me dévache et je repars.
SAUF QUE, comme un gros imbécile, le temps passant et distrait pas nos discussions, j’ai totalement oublié que je n’avais pas tiré toute la corde, mais juste assez pour la moule que je venais d’installer. Au bout de 2 mètres : plus de corde. Je pars pour une chute libre d’environ 8 mètres avec retour au sol. Par chance je frappe la falaise à plusieurs reprises, ce qui ralenti la chute et j’atterris sur une des rares zones terreuses dépourvues de blocs rocheux.
La douleur est intense et suis dans l’incapacité de bouger, mais je n’ai pas perdu connaissance et une amie médecin qui grimpait avec nous me fait rapidement un premier bilan qui montre que les vertèbres sont intactes. Mon sauvetage n’a pas été des plus simple (treuillage en haut de la falaise puis hélico jusqu’aux urgences). Encore merci aux Pompiers de Cormot, au SMUR et au SAMU et au GRIMPE de Dijon et de Beaune.
Au final le bilan est miraculeux : 6 fractures dont 5 côtes (pas grave) et un poignet (merde fait chier !). Après les premières semaines qui piquaient un peu je me suis rapidement remis et j’ai repris la course à pied en juillet, la grimpe en aout et l’alpi en septembre.
Si j’ai choisi de publier sur C2C cette farce grotesque dont mon amour propre ne ressort pas vraiment grandi, c’est qu’à la réflexion les origines de l’accident me semblent présenter un intérêt certain.
Je n’ai jamais été ce qu’on peut appeler un bon grimpeur, par contre, en 30 ans de pratique je pense avoir acquis une certaine expérience des grandes voies de tous types (rocher équipé ou non, neige, glace, cascade, mixte), souvent avec des compagnons plus jeunes et donc moins expérimentés que moi, souvent en haute montagne dans des environnements où l’attention est constamment sollicitée.
C’est en cela que je trouve l’origine de mon étourderie : un lieu sécurisé sans engagement (couenne équipée), des compagnons de grimpe très expérimentés, une manip banale effectuée des centaines de fois (équipement d’une moulinette), une ambiance familiale et détendue, sont autant d’éléments qui ont généré l’absence des stimuli habituellement à l‘origine de ma concentration.
Et pan!
PS pour ceux qui douteraient de l’utilité du casque en couenne : l’état du mien après la chute me laisse à croire que sans j’aurais hérité d’une septième fracture. Plus grave celle-ci …

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