Aiguille de Bionnassay - arête sud. But à la déscente, méforme.
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Information

activities
event_type: physical_failure

elevation: 4050

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author: Base accidents

quality: fine

Location

Licence

description

Sortie avortée dans la descente, en raison d'une méforme importante. Grosse fatigue nerveuse et musculaire, qui le 2e jour ne m'ont pas permis de terminer la course.

Il semblerait qu'en ces temps de Coupe du Monde, il soit normal de se prendre des buts. Sincèrement, j'aurais aimé passer à travers les mailles du filet. Surtout pour une sortie tant attendue comme celle-ci. Hélas je n'y ai pas échappé !
Après des tergiversations à n'en plus finir avec mon compagnon de cordée, nous trouvons un terrain d'entente intéressant : la Bionnassay par l'arête sud. Le choix du départ par le village de Bionnassay plutôt que par la Gruvaz est également plaisant, avec un retour en boucle et non en aller-retour, en passant par le Piton de Italiens, le Dôme du Goûter, Refuge du Goûter, Tête Rousse, Nid d'Aigle, et arrivée au parking. Grosse bambée en perspective.
Des pépins de santé (et surtout de sommeil) m'avaient laissé dans un état physique assez moyen jusqu'à la veille du départ. Rien d'inédit étant donné l'ancienneté de ces aléas de forme, mais leur importance à ce moment là laissaient planer le doute.
Déterminés, nous partons donc de Bionnassay, et atteignons le refuge de Plan Glacier avec 45 min d'avance sur l'horaire annoncé. Les temps sont bons, mais la forme n'y est pas. Peu de temps avant le col de Tricot, mes jambes, dures comme de la pierre montrent des signes de fatigue. Avant même Plan Glacier, les crampes me gagnent aux deux quadriceps, et me contraignent à des pauses tous les 10 mètres. Ca s'annonce mal. J'avertis Benoit. Nous prenons une pause conséquente à Plan Glacier. Nous repartons direction Durier, à un rythme correct, la fatigue et les douleurs aux jambes semblent s'être estompées. Pour le moment. La montée à Durier est longue est pénible. Nous arrivons au bout de 3h45. Pas si long, mais mes jambes sont raides. Dur d'avancer.
Nous nous mettons d'accord : Si demain la forme n'est pas là, nous rebrousserons chemin.
La nuit passe, belle mais blanche. L'excitation et la motivation font oublier l'absence totale de forme, et nous partons à 5h. Là encore, nous avançons à un rythme normal mais je commence vraiment à souffrir, et le mot est faible. Depuis la veille, ça fait beaucoup. Benoit est en forme mais adapte son rythme au mien, et nous atteignons l'arête. Je pars en tête sur le rocher, l'euphorie est là, la douleur est oubliée, l'escalade est superbe, l'ambiance incroyable, il neige, et bien qu'une cordée devant nous nous oblige à rester plantés sur le fil pendant au moins 20 minutes, c'est le pied. Une fois sortis du rocher, la neige reprend, et les jambes ne répondent plus, chaque pas est infernal, mon énergie est partie en vacances et m'a laissé sur le carreau. Nous descendons méticuleusement l'arête. Mais la remontée au Pitons des Italiens et impossible. Je suis cuit. Impossible de lever les jambes, les muscles sont bétons, j'ai l'impression d'avoir couru deux marathons, je n'ai plus de jus. Nous appelons le PGHM, qui faute de beau temps pour venir, nous conseille de faire une pause, et d'avancer progressivement tout en se tenant au courant, au cas où une éclaircie ferait son apparition. La suite est simple, nous montons au Pitons des Italiens, puis nous commençons la montée du Dôme du Goûter, mais c'est déjà beaucoup trop. Jambes mortes, fracture du moral, plus aucune énergie. L'idée de terminer les 200m jusqu'au Dôme pour redescendre au refuge est une perspective infernale, bien qu'il soit encore tôt, et qu'une arrivée avant 19h soit possible. Il y a une éclaircie, le PGHM peut venir, nous les attendons, la mort dans l'âme, mais j'y suis résolu. Encore un grand merci à eux pour leur professionnalisme.
Voilà donc pour cette aventure, qui contrairement à ce que les lignes précédemment écrites peuvent laisser penser, fut aussi incroyable, magnifique, pleine d'émotions, dans un décor qui touche parfois à l'irréel, à l'ineffable. Mais cette expérience m'amène à tirer un enseignement principal : le renoncement est certes un droit, mais devrait parfois être un devoir. A posteriori, dès mon arrivée à Plan Glacier et étant donné l'état de ma forme, nous aurions dû faire demi-tour, voire faire la voie en aller-retour, ce qui aurait été un itinéraire plus court que la boucle envisagée. Facile à dire, alors que cette sortie fut imaginée, rêvée, fantasmée même, et que par loyauté et sens du devoir, je ne souhaitais pas que mon compagnon de cordée, motivé et avec la caisse, fasse les frais de ma méforme, fusse-t-elle inhabituelle et d'autant plus frustrante.
La culpabilité de faire intervenir le PGHM, pour un motif comme celui-ci, est assez dure à accepter, mais en me replongeant dans le contexte, je ne le regrette pas. C'était trop. Malheureux concours de circonstances mais riche en enseignements. Heureux malgré tout d'avoir pu faire ce sommet et cet enchaînement superbe. On ne sera pas allé au Goûter, tant pis. En même temps j'avais pas faim.

place

Aiguille de Bionnassay, arête sud

conditions study

Beau temps le premier jour, alternance d'éclaircies et de neige le deuxième jour.

training

Bonne condition physique habituellement. Activité sportive quotidienne (ou presque). Méforme due à de soucis de sommeil chaque nuit de la semaine précédent la sortie.

motivations

Ce choix de sortie s'est fait afin de concilier les envies de mon compagnon de cordée et de moi même. Lui ayant un fort intérêt pour les courses de neige, longues et en altitude. Moi souhaitant faire une grande voie ou une course d'arête (rocheuse). La situation du sommet et les différentes difficultés qu'il présente, ainsi que les conditions optimales nous ont incité à y aller.

risk

Les risques ont été réévalués en permanence, dès le début des soucis physiques, avec une remise en question de la course et de mes capacités à avancer

time_management

Dans la globalité, l'horaire a été tenu. Bien que mes soucis de forme m'aient affectés, nous étions dans les temps, y compris lorsque le PGHM est venu nous récupérer, nous avions encore le temps de descendre au refuge avant 19H. Nous n'étions pas contraints par l'horaire.

increase_impact

Une fatigue très importante et une récupération musculaire quasi-nulle, ne m'ayant pas permis d'être apte à grimper correctement.

reduce_impact

Connaissance des lieux, nous permettant d'envisager un arrêt soit à Vallot soit au refuge du Goûter.

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