Paroi des Sources : Le Rêve d'Aïcha - Retour express et intense à Taghia

16 - {{ '2017-06-18' | amDateFormat:"Do MMMM YYYY" }}

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quality: fine

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Lulu002, Léo, Mélissa, Omar

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weather and conditions


Chaud chaud chaud, pour ça qu'on est là !

timing

Qui s'en soucie ici ?
Omar a juste fait en sorte de rentrer tout pile pour la rupture du jeûne !

hut_comment

Ahhhh, l'accueil berbère… Je pourrais en parler longtemps ! (et je n'm'en prive pas !)

personal comments

Bon, c'est d'la triche, je n'ai pas grimpé la voie, je les ai juste accompagnés au pied (ce qui est déjà une formidable balade en béquilles !)…
Mais eux ont eu le temps de parcourir les deux premières longueurs et sont revenus avec la banane, alors c'est l'occas' de raconter la suite de l'épopée !

Après un départ quelque peu précipité la dernière fois, il me fallait revenir.
J'n'avais pas bien eu le temps de leur dire au-revoir, il était urgent d'y remédier !

Cette journée, qui aurait pu (dû ?) tourner au cauchemar mais s'est transformée en doux rêve, a eu le mérite de me permettre de me poser, de penser la suite…

Une mobilisation inespérée des grimpeurs d'ici et d'ailleurs m'a vu regrouper bien plus de matos qu'attendu : de quoi permettre à quelques grimpeurs locaux de profiter de ces parois fantastiques !
Un appel aux bonnes énergies pour me suivre dans ce délire constitue une bonne petite équipe ! Une belle rencontre avec Mel qui n'a peur de rien et envie de découverte, et Léo qui me traîne dans les calanques se laisse convaincre par ce petit inconnu : la team est en place, yapluka !

Vendredi 16 juin

14h20
Arrivée à Marrakech, 47°C au compteur. Le taxi sensé nous réceptionner ne semble pas encore là ; nous nous posons devant l'aéroport, nous laissant happer par une douce léthargie.
En cette période de ramadan, nous observons tous ces chauffeurs de taxi épuisés, éteints, et ne faisons pas grand effort pour chercher le notre, anéantis par le soleil.
Une tempête de sable du désert nous fait triper, le temps passe sans nous atteindre.

16h
Un sursaut de mobilisation, je vais chercher un taxi, on a dû mal se coordonner. Il suffit d'avoir bougé pour que Icham, qui, comme nous, comatait depuis deux heures, vienne à nous : en route pour Zaouiat, chouette !

19h47
Rupture du jeûn, on s'arrête là où on est, où qu'on soit !
En l'occurrence ce sera sur le bord de la route : les victuailles sont prêtes, le jus de fruit nous est servi avant qu'ils ne se jettent dessus, un beau moment de partage.

21h
Après avoir fait la course avec un dromadaire déchaîné, arrivée à Zaouiat. Partage du tajine avec Mohamed, le fils de Youssef, qui revient sur l'épopée du mois dernier.
Tandis que je vante leur énergie, il évoque ma force, alors que je me suis sentie si faible et impuissante… "T'aurais pu faire une crise mais t'as tenu bon sans râler" qu'il dit. En effet, mais nous tombons d'accord sur le fait qu'il n'aurait servi à rien de se lamenter : "c'est le destin" répètent-ils.
"T'as pas forcément envie que les choses t'arrivent, mais elles sont là, alors tu fais avec."
Une philosophie de vie, la leur, qui me fait percevoir un peu plus pourquoi je les aime tant.

Samedi 17 juin

Départ pour Taghia, les mules sont chargées de tout notre matos, et y en a même une spéciale pour moi, grand luxe !
Si j'attaque à une patte et à béquilles la piste, au 1er crux, ils me font monter : ce sera parti pour mon initiation à l'équitation locale.
Moins fatigant, et surtout tellement agréable de me laisser porter et de profiter autrement de ce chemin, pendant que les yeux des copains brillent avec la découverte de ces paysages.

La suite, c'est juste que du partage d'émotions suite à cette expérience partagée. Chaque villageois croisé a participé de près ou de loin à mon rapatriement : leur bienveillance, leur accueil, leur chaleur sont, comme d'habitude parfaites, évidentes.

Anecdote précieuse : Youssef feuillette l'album photo / récit du sauvetage, se le fait piquer par son fils Mohammed, puis son frère Ahmed. Ils parcourent les photos, quand Ahmed repère qu'il est sous le "cercueil", le brancard aménagé pour me porter : "Ah regarde regarde c'est moi, je te portais." Tout fier !
Émue et contente…
Puis il échange avec son frère Youssef, en berbère, et Youssef me traduit une phrase qui restera gravée : Ahmed dit qu'il est vraiment content de te voir, il avait peur que tu ne veuilles plus jamais revoir ce village, et nous.
Pfiouu, ben voilà pourquoi je suis revenue, juste pour ça… Pour qu'ils sachent que je leur suis éternellement reconnaissante, que j'ai la banane et qu'ils font partie de ma vie, c'est tout !

Youssef, découvrant le matos amené, regrette de n'avoir pu faire venir les acteurs de cette aventure : c'est ramadan, tout le monde n'est pas mobilisable… Je lui fais confiance sur la distribution !

Partage avec la familia du temps de rupture du jeun, puis d'un début de nuit convivial, où j'en apprends davantage sur les coulisses de l'exploit : c'est loin d'être une première, l'organisation Rezki a déjà dû se mettre en branle à de nombreuses reprises…
Quand la gendarmerie locale tente bien de secourir les blessés, mais est totalement inefficace devant ce monde décalé, Youssef prend bénévolement le relais.
Une technique rodée donc, où il guide et où chacun sait ce qu'il a à faire et se lance, toujours avec le sourire, toujours dans une efficacité optimale malgré l'apparente désorganisation.
Je rappelle l'inquiétude des collègues grimpeurs à me laisser dans les bras des berbères, Youssef l'a également constatée, mais explique : "tu sais, je n'ai pas envoyé n'importe qui, tous ceux qui étaient avec toi, c'est qu'ils ont ma confiance"… Un 2ème père, vous dis-je !
Une chose est sûre : l'engagement n'est pas si important qu'imaginé, à Taghia, car l'équipe Rezki and co veille sur vous !!!

La nuit en leur compagnie pourrait se prolonger indéfiniment, mais nous n'avons pas leurs capacités de digestion nocturne et abandonnons après le 3ème repas !

Lundi 18 juin

Départ de Taghia.
Arrivés avec 70kg de bagages, nous repartons avec 4 kg… Taghia, tu y arrives chargé, tu en repars léger : l'image me plaît !

Descente hardue quand je découvre que 3h de mule la veille, ça laisse des séquelles : z'ont pas encore inventé les selles moelleuses !
Mais c'est encore le temps de laisser vaquer son esprit, de se souvenir que ce petit sentier a été parcouru par mes gaillards épuisés à deux de front, et de l'appréhender de haut, de m'imprégner de ces lieux, qui ont encore tout à nous offrir !

A Zaouiat, final en béquilles pour délasser…
Un au-revoir émouvant, mais pas triste : je reviendrai, ils seront là !…
Et la prochaine fois, retour avec les chaussons ! Inch'Allah…

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