Treks de Jiri à Lukla + trek des trois cols + Vallée du Rolwaling par le Tashi Lapsha
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Treks de Jiri à Lukla + trek des trois cols + Vallée du Rolwaling par le Tashi Lapsha
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General

activities

frequentation: crowded

condition_rating: good

quality: great

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Location

Rating

PD     III 
T3 

heights

elevation min/max : 1500 m / 5700 m

participants

hedera, Munch

route_description

Shivalaya - Namche Bazar - Col du Renjo la - Gokyo - Col du Cho la - Kala Patthar - Col du Kongma la - Namche Bazar - Col du Trashi Lapscha - Simigaon

weather and conditions


Globalement un temps typique de mousson: en général, le temps se voilait en mi-journée pour donner quelques précipitations (sans gros cumuls toutefois).
Sur les 21 jours de marche, nous avons eu seulement 4 jours de grand beau (ndlr: du matin au soir).


Sentiers plutôt bons de partout, sauf certains tronçons entre Ringmu et Lukla lié au grand nombre de mules passant par là. Le sentier du col du Cho la est peu aménagé et en mauvais état contrairement aux deux autres cols (Renjo et Kongma).
Le col du Tashi Lapsha, côté Rolwaling, nécessite d'emprunter le glacier de Trakarding, infâme !

avalanches

Avalanches quasi quotidiennes dans les versant (vraiment) très raides.

timing

21 jours de marche, du 12/04 au 03/05

personal comments

Préambule

Jamais un voyage n'a été aussi peu préparé que celui-ci. Le mois précédent le départ, hedera a régulièrement été en contact avec un ami d'un ami, guide népalais, afin d'organiser initialement le passage du col du Tash Lapsha, reliant Khumbu et Rolwaling. Au fur et à mesure des échanges, tout se complique: tant au niveau de l'organisation que des compétences requises ou encore des conditions de la course, on sent que du côté népalais l'affaire semble compliquée... Devant une telle inertie, nous nous démotivons et cherchons à changer de plan pour aller au Manaslu. Et là rebelotte: guide, porteur, cook (parce qu'on voulait des variantes sans lodge) auxquels il faut ajouter toute une ribambelle de permis (Manaslu, Annapurna, Tsum valley...), bref, on arrête là l'organisation à distance...
La veille de partir, nous décidons de nous baser sur le très bon récit trouvé sur le site Caminaire: nous rajoutons donc tente, piolet, crampons et popote aux affaires, en prévision des quelques jours pour passer le Tashi Lapsha.

Arrivée à Kathmandu: prends ton manteau on s'en va !

L'arrivée à Kathmandu en milieu de journée nous laisse le temps de faire le permis de trek (TIMS) et d'envisager un départ pour le lendemain. Nous prenons le bus de 8h et laissons cette ville poussiéreuse à ses motos et ses camions pour prendre la direction de Jiri. Le tarif est imbattable: 500 roupies (moins de 5€) pour 11 heures de bus et...190 km. Le taux horaire cependant bien moindre que l'avion (155€ pour 45 minutes de vol).
Au cours du trajet, nous apprenons que le bus va jusqu'à Shivalaya (1h après Jiri = 1/2 journée de marche de gagnée). A Shivalaya, au crépuscule, nous récupérons nos sacs couverts de poussière: avis aux amateurs, il faut préférer le toit plutôt que le coffre pour le transport des bagages dans les bus !

Trek time

J1 - Shivalaya - Kinja
Nuit dans le lodge "Ama Dablam": le nom est un peu prétentieux au vu du bâtiment et puis L'Ama Dablam, c'est pas encore là ! Le propriétaire est patibulaire (mais presque) et sa femme répugnante à se racler la gorge toutes les trente secondes... On a quand même droit à un "bucket shower" gratuit mais, au moment de partir, notre bienveillant propriétaire de lodge prendra bien soin de nous emmener au checkpost où s'achète le droit d'entrée de la réserve du Gaurishankar (2000 NPR). C'est là qu'on se rend compte que le népalais peut être sournois quand il veut car le tracé de la réserve longe sur deux kilomètres seulement le sentier que nous allons emprunter.
La journée commence ensuite par une montée assez rude jusqu'à un col à près de 3000 (Deurali la) puis d'une descente moins raide dans les pâtures subtropicales de Bandhar. Peu après Bandhar, un sentier balcon permet de s'éviter une descente en fond de vallée pour remonter ensuite sur Kinja. Le village de Kinja est un des plus tristes que nous ayons traversés : lodges fermées, maisons détruites par le seisme et restées en l'état... Nous resterons cependant dans ce village, Munch est fatigué: les premiers signes de tourista apparaissent déjà :)

J2 - Kinja - Junbesi
Et c'est parti pour 1900 m de montée jusqu'au Lamjura la, à 3500m d'altitude. Avec près de 20kg sur le dos, c'est rude, surtout quand on se dit que cette étape revient à se farcir les Rouies depuis le parking du Gioberney (et surtout quand monsieur profite de son transit accéléré pour négocier le transfert de 2-3 kg de son sac vers le mien) ! La végétation change régulièrement, des bananiers en bas jusqu'aux rhododendrons géants en fleurs plus haut.
La descente sur Junbesi est splendide et le lodge dans lequel nous nous arrêtons abrite une excellente cuisinière qui nous préparera les meilleurs tibetan breads et Apple pie du séjour !

J3 - Junbesi - Jubing
Journée avec assez peu de dénivelée, qui commence avec un très beau sentier balcon jusqu'à Ringmu. À l'occasion d'une pause dans ce village, nous croisons un népalais parlant bien français, et on comprend pourquoi, car il travaille en été au refuge du Parmelan, au dessus d'Annecy...
La suite du sentier est moins sympathique, car nous rejoignons celui provenant de Salieri, qui nous apporte ses convois de mules qui ne nous lâcherons plus jusqu'à Namche Bazar (avec le lot de merdes et de pisse qui va avec!). Nous constatons au passage que la piste arrive bientôt au village de Nunthala, piste d’ailleurs construite en dépit du bon sens (pentes fortes, pas de drainage adequat: on se demande combien de saisons ça va tenir...).
La tourista de Munch engendre une "error 503 service not available" qui nous oblige à stopper à Jubhing, village sans grand charme...

J4 - Jubing - Surke
Un bon orage se produit pendant la nuit, il pleut encore légèrement au moment du petit déjeuner mais cela se calme rapidement. Au-dessus de 3500, la neige a fait son apparition.
L'étape du jour nous impose une montée rude jusqu'à Poyan puis une descente jusqu'à Surke, situé en contrebas de Lukla.
La traversée de Karikhola est plaisante, le village et ses abords sont beaux: cela nous fait regretter de nous être arrêtés à Jubhing.
A Poyan nous prenons la pause déjeuner à l'Apple Pie Lodge, qui ne paye vraiment pas de mine, mais qui nous avait été conseillé par des américains croisés quelques heures auparavant. Nous ne serons pas déçu du détour: une petite mamie nous présente une vieille feuille A4 toute grasse comme seul menu, avec des prix défiant toute concurrence pour la zone. Nous prenons un Dal baht et un apple pie, tous deux très bons. Au moment de payer nous sommes chargés nous même de faire l'addition et de dire à la brave vieille dame combien de monnaie elle doit nous rendre sur nos billets: de tout évidence, elle ne sait pas lire les chiffres arabes de son vieux menu aux prix inchangés depuis des années...
L'arrivée au village de Surke marque la fin de la journée: nous nous arrêtons au premier lodge rencontré, celui qui est passé à deux doigts de se faire embarquer par un glissement de terrain à la dernière saison des pluies ! D'aspect extérieur très soigné, l’intérieur est quant à lui plus classique (comprendre médiocre).

J5 - Surke - Namche bazar
Longue étape. Le beau temps est propice à la circulation des avions et hélicoptères pour Lukla: ce ballet incessant est insupportable. Sur le chemin, nous dépassons Pawel, un Polonais parti pour sensiblement le même tour que nous, mais avec tout le materiel possible et imaginable ! Il avait près de 35kg sur lui... Fervent catholique, il nous souhaitera à plusieurs reprise de joyeuses Pâques. Nous lui souhaitons bon courage, et comme on dit, chacun porte sa croix !
Nous rejoignons l'autoroute Lukla-Namche et hedera découvre enfin les porteurs d'agences, qui trimbalent en général deux sacs de 80 litres + leur sac perso: le poids doit bien avoisiner les 40/50 kg. Elle râle devant mon manque d'empathie, mais je lui réponds que c'est mon troisième voyage au Népal et qu'on finit par s'habituer à tout.
Sur le trajet, nous découvrons le "tourist price" et la "tourist attitude" des Népalais: au moment de payer un dal bat dans un restaurant à porteurs, la cuisinière réfléchit deux secondes avant de nous donner un prix carrément en dehors des clous... Oulà, le reste des vacances risque d'être pénible si c'est comme ça partout au-dessus ! Nous laissons finalement un montant qui nous semble plus juste.
La fin de journée se termine par les 600m de montée à Namche, juste après la fameuse double passerelle.
La saison bat son plein à Namche, nous devons faire un ou deux hôtels avant de trouver une chambre. C'est également là que l'on découvre les recharges de batterie payantes!

J6 - Namche bazar - Thame
C'est le début de la boucle pour le trek des trois cols, nous laissons en conséquence à Namche tout ce qui ne nous servira pas: tente, piolet, short et tshirt à manches courtes. L'étape vers Thame est courte et monte peu, c'est pourquoi elle justifie que nous ne fassions pas de journée d'acclimatation à Namche (ce qui se pratique souvent lorsqu'on est en agence, et que Munch voulait faire, mais même le passage à la pâtisserie ne me feront pas changer d'avis, ni d'envie d'aller voir un peu plus loin) . Un Nepal plus sauvage se dessine, les Yacks ont remplacé les mules, le sol est jonché de petits iris, et de genévriers et rhodos odorants.
A Thame, nous faisons halte au lodge "everest summiter", probablement nommé comme ça en l'honneur du propriétaire qui arbore fièrement aux murs ses records du monde du nombre d'Everest (21 fois !). Le soir au lodge, nous croisons une expedition autrichienne, initialement partie pour faire l'everest depuis le Rolwaling "by fair means", c'est à dire sans vol interieur et en utilisant yacks et mules comme porteurs. Le pari venait d'être doublement perdu car après être montés à Na avec une équipe de porteurs, c'est finalement en hélicoptère qu'ils ont passé le col du Tashi Lapsha rendu difficile en raison des chutes de neige d'il y a deux jours.
Hedera trouve la force de monter au monastère de Thame, plus haut, qu'elle trouvera cependant portes closes.

J6 - Thame - Lumde
Encore une petite étape, les paysages deviennent vraiment désertiques. Un premier lodge crasseux à Lumde nous force à poursuivre jusqu'au prochain, beaucoup plus propre et accueillant. Nous y croiserons plusieurs personnes revenant du trek des trois cols (qui s'effectue en général dans le sens opposé du nôtre).
Le soir, Munch commande une pizza au thon parce que le Dal Bhat ça va cinq minutes... Quelle erreur ! Il a eu droit à une espèce de crêpe au ketchup avec la moitié d'une conserve de thon versée dessus: le verdict ne s'est pas fait attendre longtemps avec un retour à l'envoyeur.

J7 - Lumde
Journée acclimatation et digestion de pizza au thon. Une montée sur le chemin du col (jusqu'au lac) permettra de repérer le chemin et de s'acclimater un peu.

J8 - Lumde - Renjo la - Gokyo
Départ tôt (6h00) pour gagner au maximum de visibilité dans la journée sachant que la nébulosité a tendance à se former très tôt, parfois en milieu de matinée. C'est le cas aujourd’hui également... Sur le replat vers 5000m d'altitude, nous sommes poursuivis par le brouillard qui ne parviendra pas cependant à nous atteindre. Cette fois-ci c'est hedera qui se récupère l'erreur 503 et l'arrivée au col est pour elle un calvaire. La vue du col est magnifique mais provisoire car tout se bâche assez vite: nous verrons l'everest 5 minutes seulement.
La descente sur Gokyo est très rapide (dénivelé et distance moindres). Nous faisons halte au Namaste lodge de Gokyo: crade mais à la nourriture excellente. Il y a du monde, on sent que nous sommes revenus sur les chemins fréquentés !

J8 - Gokyo - Gokyo Ri + Thonak tsho - Dragnag
Montée au Gokyo Ri le matin, le temps est splendide, mais comme à son habitude, le temps se dégrade: une importante masse de brouillard remonte la vallée pour venir nous englober. Plus en amont, en direction du Cho Oyu, les nuages semblent moins présents et nous décidons d'aller dans le secteur, jusqu'au premier lac du Thonak Tsho. L'endroit est sauvage et totalement vide...
De retour à Gokyo, nous reprenons les affaire puis filons direction Dragnag, au pied du col du Cho-la qui sera notre étape du lendemain. Nous traversons le glacier caillouteux qui coule en fond de vallée puis rejoignons sous la neige notre lodge.
Le soir nous apprenons à jouer à un jeu de carte avec Victor, un russe solitaire réalisant depuis quelques jours les mêmes étapes que nous. Le jeu en question s'appelle le "stupide", il faut se débarrasser de ses cartes sur un adversaire et le dernier à finir est le "stupide".

J9 - Dragnag - Col du Cho la - Dzongla
La neige tombée la veille (env 5 cm) a blanchi les sols et un froid vif nous cueille à la sortie du lodge. Nous partons sur les coups de 7h, c'est déjà tard... Le sentier remonte un vallon puis débouche sur une large vallée glaciaire au pied du col.
Hedera n'est pas en grande forme, et c'est finalement l'erreur 503 au pied d'un rocher... Nous continuons en direction du col désormais bien visible et décidons de quitter la trace pour tirer tout droit afin de franchir une ancienne moraine plutôt que de contourner longuement cette dernière avec la trace. C'est la qu'un guide et ses deux clientes américaines n'arrêteront pas de nous crier que la trace n'est pas là, qu'on se trompe et que c'est "very danger" d'aller par là. Nous insistons un peu puis finissons par céder... Nous perdons finalement un temps fou à rejoindre la trace qui finalement était toute aussi merdique que l'endroit où nous étions et surtout plus longue. Hedera, déjà excédée par son état de santé du jour, se lachâ lorsque nous rattrapâmes nos bergers qui nous remirent dans le droit chemin: "what do you know about mountain? The way we used was correct! You are a silly useless piece of shit!". Bon, elle n'a bien sûr pas dit la dernière phrase, mais elle en était pas loin !
La montée au col est assez merdique, 10 cm de neige fraîche recouvrent des blocs, aucun chemin bien taillé n'existe à cet endroit. Nous atteignons cependant le col dans une meilleure humeur qu'une heure auparavant. C'est dommage, le col n'offre pas de vue car il est encaissé entre des versants assez proches et qui plus est les nuages arrivent. Un glacier est present versant Est mais ne présente pas de difficulté.
A la descente, nous croisons de nombreuses personnes qui montaient difficilement. Une femme paniquée par un ressaut d'1m50 s'accroche à Munch pour de l'aide et manque de le déséquilibrer, n'étant pas prêt sur ses appuis... Plus tard, deux asiatiques montaient difficilement dont un qui avait besoin que son partenaire lui tienne la main sur un sentier un peu chahuté. En voyant tant de désespoir dans cette situation, Munch les avertit que la descente de l'autre côté est plus scabreuse encore, mais ils continueront quand même.
Nous arriverons à Dzongla et la neige se remit à tomber peu après (il est environ 13h...): nous avons alors une petite pensée pour les nombreux débutants en pleine neige au col...
Au lodge, nous prenons soin de réserver la prochaine nuit à Gorakshep, près du camp de base de l'everest, en raison de la grande affluence du lieu.

J10 - Dzongla - Gorakshep
C'est reparti pour un tour, cette fois-ci la neige commence dès 9h du matin. Nous partons quand même car l'étape est plate et il y a peu de risque de se perdre. Cette fois-ci c'est Munch qui fait des siennes avec un mal de crâne mais ça ira mieux après la pause thé à Lobuche. Au passage, ce village n'est vraiment pas beau, avec ses abords crades et ses lodges en chantier... Il n'y a d'ailleurs que ça, des lodges...
Le sentier continue en direction de Gorakshep, la vue n'est pas transcendante car le tracé est encaissé entre la moraine latérale du glacier et le versant.
Peu avant Gorakshep, nous croisons un vieil homme avançant lentement et accompagné d'un guide: c'était Min Bahadur Sherchan, le népalais de 85 ans qui voulait tenter un second everest. Son guide nous propose quelques photos avec lui et nous dit qu'il aura quand même mis 6h pour faire Lobuche - Gorakshep, ce qui est énorme... Nous apprendrons plus tard comme beaucoup de monde que Min décédera au camp de base dans sa tentative du sommet.
Le lodge de Gorakshep est plein et la plupart des tables réservées pour les agences: celles "libres" sont prises d'assaut et nous sommes vivement invités à déguerpir une fois le repas fini pour laisser la place aux autres.
Nous aurons eu toutefois le temps de croiser et échanger avec un couple de chambériens partis faire deux des trois cols mais à bon rythme car leur voyage devait tenir dans les deux semaines des vacances de pâques.

J11 - Gorakshep - Kala Patthar - Pyramid
Départ tôt (4h30) pour tenter d'avoir une bonne luminosité pour les photos mais on s'aperçoit que c'est déjà peine perdue: le ciel est voilé. Ce n'est pas "tant pire" car ceux présents la veille n'ont rien pu voir en raison de la neige. De toutes manières, on se dit qu'on fera avec, car l'idée de rester une journée de plus dans la fourmilière de Gorakshep (surnomée Gorakshit, par un espagnol avec qui nous avions discuté) ne nous enchante guère.
Hedera coule une bielle dans la montée car elle n'a pas eu son petit déj avant de partir. Quelques "coconut biscuits" permettent de redémarrer. En haut c'est l'onglée: il fait froid sans faire froid, mais quand même: la sécheresse de l'air est trompeuse...
Nous redescendons en baskets sur les rochers saupoudrés et glissants, avalons rapidement un petit déjeuner puis rejoignons Pyramid via un sentier balcon panoramique très beau.
Nous avions décidé de prendre une pause à Pyramid, le centre de recherche italien près de Lobuche, qui ouvre une partie de ses facilités aux touristes. Le tarif de 4000 NPR / pers (env 35€) inclut deux repas, un petit déjeuner, le thé à volonté, la charge et l'internet illimités, la douche... Bref, un petit luxe au milieu du séjour.
Le gérant du laboratoire nous fait visiter les lieux et la première chose que l'on ressent est l'abandon du site par les européens, qui semblent d’ailleurs peu pressés de payer les locaux népalais... La motivation ne semble plus trop là et les quelques employés du site sont plus occupés à regarder la TV que de faire la maintenance élémentaire des installations (ex: douches bouchées). C'est dommage d'avoir la meilleure installation de la vallée et de la laisser se dégrader ainsi...
Nous passons une excellente nuit, dans un endroit très calme (par exemple, on n'entend pas le voisin de chambre ronfler à travers la cloison ;-) )

J12 - Pyramid - Kongma la - Chukung
Attention, troisième journée entière de beau temps, c'est exceptionnel! Tant mieux, cela tombe pour le dernier et plus haut col: le kongma la (5550 m). On traverse le chaotique glacier du Khumbu, via une ancienne trace qui nous emmènera vers des trous d'eau et une bédière entourés de blocs de granit instables... On finit par s'en sortir et démarrer la montée au col, plus longue qu'elle n'y parait, surtout en raison de l'altitude qui nous ralentit. Du monde au col et, comme à notre habitude, personne de croisé sur la descente puisque nous sommes dans le sens inverse du circuit classique. D'ailleurs tant mieux, car la descente du col se fit en permanence face à la magnifique Ama Dablam !
Nous avions prévu ce jour un peu juste pour l'étape avec seulement un petit paquet de coconut biscuits, ce qui nous a fait arriver un peu sur les rotules à Chuckung... Nous arrivons au premier lodge trouvé: le Yak Land hotel: propre, la nuit gratuite... mais une jeune femme complètement neurasthénique pour préparer boissons et nourriture ! Il faut demander jusqu'à quatre fois pour avoir un thé et préciser que c'est pour tout de suite: du grand n'importe quoi !
Dans la soirée, un porteur arrive exténué et avec une bonne bronchite du camp de base de l'Island peak: il avait fait l'aller retour car son agence ne lui fournissait pas de duvet pour dormir là haut et attendre le retour des clients. Un Israélien lui paiera sa chambre, nous lui offrirons quant à nous médicaments et thé au miel.

J13 - Chukung - Namche
Départ pour le Chukung Ri, mais après 20 min de marche nous sentons déjà la fatigue. On se regarde avec Hedera et on se dit qu'on en a un peu marre...
On décide donc de faire demi tour et de rentrer à Namche. Sur la descente, un arrêt à Dingboche nous permettra de déguster la meilleure forêt noire de la vallée: crémeuse, fraîche et sucréecomme il faut: bien différente de celles sèches qu'on peut trouver ailleurs...
Nous ferons halte également au village de Pagboche, qui est tout simplement magnifique niché plein Sud au milieu de sa forêt de genévriers... Pour la suite nous avons opté pour le retour via le village, tout aussi beau, de Phortse. Le sentier balcon qui y conduit est très beau et très peu fréquenté à l'opposé de celui qui dessert Tengboche.
Nous croisons une horde de Thars (sorte de bouquetins) que l'on peut voir également sur certains billets de 50 roupies.

Après Phortse, la suite est déprimante: descente de 200m pour franchir la rivière de Gokyo puis remontée de 400m jusqu'au Mong la... Amis Népalais, pourquoi tant de haine ? Tout ça pour redescendre ensuite sur Namche...
Bilan de la journée: 26 km, 1300m de D- mais globalement plus en cumulé.

J14 - Namche
Journée de préparation pour le passage du Tashi Lapsha: achat de Gaz, nourriture, pain et corde. On en profite également pour manger une vraie pizza et non pas un chapati au Ketchup comme cela peut être d'usage dans la vallée...

J15 - Namche -Thamé - Thyangbo (4300m)
C'est reparti ! Nous avons récupéré tente, piolets, popote et nourriture: les sacs pèsent lourd ! Toutefois, nous sommes auto-satisfaits de notre rythme de montée en direction de Thamé que nous trouvons plus rapide qu'il y a dix jours, bien que plus chargés. Sur la route, hedera insiste pour visiter des monastères: c'est ce que nous ferons à Thamo et Thamé.
Nous nous engageons ensuite dans la vallée de Thyangbo et là le temps se gâte rapidement. Nous payons les égarements dans les monastère par des flocons virevoltants.
A Thyanbo, nous découvrons un lodge: dommage, cela aurait pu faire un jour de moins sous la tente ! Nous demandons à tout hasard le prix de la chambre en mode "hors sac" pour ne pas avoir à monter la tente: 1500 NPR ! A ce prix là c'est carrément du vol, nous décidons de ne même pas engager une négociation. Nous montons la tente dans la tempête de neige qui démarrait mais qui ne durera finalement pas longtemps et ne laissera au passage qu'un ou deux cm de neige.

J15 - Thyangbo - Campement d'urgence sur glacier (5300m)
Il fait vraiment froid ce matin mais la nuit n'a pas été mauvaise. Nous attendons gentiment que le soleil réchauffe la tente et nous permette de sécher quelques affaires. Nous apprécions le franc beau temps pour admirer les sommets environnants que nous n'avions pu voir la veille en arrivant: nous découvrons une sorte de mini-meije juste en face de notre tente, au rocher beaucoup plus lisse...
Départ presque tardif vers 8h, nous entamons à bon rythme la montée à travers les alpages à Yaks. Nous rencontrons deux jeunes français qui faisaient une partie du "Great Himalayan Trail" et qui avaient loué les services d'une agence pour le passage du Tashi Lapsha (900€/pers tout de même !).
Vers 4800m, au niveau d'un lodge abandonné, le chemin se raidit et devient pénible en raison du terrain morainique formé de sables et blocs instables. Quelques parties en roches moutonnées rendent la marche plus agréable mais elles sont bien loin de représenter la majorité du linéaire !
Vers 5300m d'altitude, le temps se gâte et nous sommes sur le glacier inférieur du col du Tashi Lapsha: à cet endroit, il ne faut pas rater le couloir menant à une vire pour accéder au plateau supérieur sans quoi il est facile de s'engager dans des parties dures et dangereuses. La visibilité devient médiocre et nous décidons d'arrêter là pour aujourd'hui. Nous terrassons à la va-vite une zone caillouteuse pour y planter la tente, une fois de plus sous une averse de neige.
Au repos dans le duvet et sous le crépitement de la neige, des voix attirent soudain notre attention: c'était le groupe des deux français accompagnés du guide et des deux porteurs qui cherchaient le passage dans la face. Le guide et un porteur étaient partis devant pour escalader des dalles expo juste à droite de la langue de glace raide: ce n'était pas le bon chemin (mais ça l'eu certainement été il y a quelques années, lorsque le glacier était moins raide comme certaines photos semblent le montrer). Ils finissent finalement par passer, nous n'avons pas vu où car sortir la tête de la tente était assez douloureux pour les yeux tant le vent et la neige fouettaient le visage.
L'après midi et la soirée furent longs à attendre sous la tente: nous qui pensions à de prochaines expé possibles, l'inconfort et la lassitude du mauvais temps auront eu raison de ces projets (pour l'instant...).
La nuit fût glaciale et nous avons régulièrement été réveillé par les craquements secs de la glace en dessous de nous... Ambiance !

J16 - Campement d'urgence sur glacier (5300m) - Col (5700) - Campement sur le glacier du Trakarding (4600)
Une fois de plus le beau temps est là, mais difficile d'en profiter pleinement tant le froid ne nous pousse pas à nous dépêcher... Quand le moment vient de plier la tente, hedera attrape une belle onglée qui la suivra une bonne partie de la matinée. Au moment de partir, nous apercevons un des porteurs de l'équipe de la veille qui avaient fini par atteindre le high camp: nous échangeons quelques informations puis continuons notre chemin dans le pierrier recouvrant le glacier.
Nous attaquons le couloir de neige qui mène à la vire horizontale: des cordes fixes ont été placées la veille par l'équipe mais nous ne les utiliserons pas (c'est encore une spécialité himalayenne, probablement pour éviter d'avoir des crampons...). Arrivés au high camp, nous constatons avec admiration son positionnement dans une ancienne anse d'érosion du glacier: le camp, au fond d'une "grotte" est donc bien protégé des chutes de pierres, avalanches et intempéries.
Quelques centaines de mètres après le camp, c'est le col où nous nous faisons cueillir par un vent polaire venu de l'autre vallée. C'est beau ! Au nord du col, un monolithe de granit se dresse, toujours invaincu parait-il ! Au sud, c'est le Parchemo avec sa grosse meringue de neige: bien que ce dernier aurait pu faire un bel objectif pour la journée, nous décidons de ne pas le gravir pour deux raisons: la première est que la forme n'est pas au rendez-vous et la deuxième est que nous craignons d'être dénoncés par les népalais du groupe qui nous précédait (car nous n'avions pas de permis).
La descente commence: nous sortons notre matériel de sécurité sur glacier c'est à dire un bout de corde fixe acheté à Namche Bazar quelques jours auparavant. Nous retraçons de manière plus directe la descente puis désescaladons la dernière partie plus raide du glacier.
Après une pause bien mérité à la jonction des deux glaciers, nous continuons notre route au pied de la moraine latérale: la neige est bien ramollie et cache quelques pièges comme des vasques d'eau dans lesquelles il est facile de tomber.
Nous louvoyons ensuite entre les nombreux cairns aléatoires pour trouver le passage clé du verrou glaciaire qui nous mène ensuite sur le glacier inférieur du Trakarding. Comme d'habitude le temps se gâte et une tempête de neige arrive. Nous nous abritons sous un rocher pour faire une pause thé le temps que l'averse passe, en vain... Nous continuons sous une neige battante, sous nous ponchos ridicules. Nous suivons à peu près la trace GPS à notre disposition puis tombons sur un campement déjà occupé par une agence: nous sentons immédiatement que nous ne sommes pas les bienvenus. En demandant où est-ce qu'on peut trouver un emplacement, un népalais nous indique une direction qui s'est avéré être... la sortie (et nous l'avons compris qu'un peu plus tard). Oui, on peut vraiment parler de gros cons dans cette affaire: en plus de nous virer proprement en pleine tempête, ils s’assoient bien gentiment sur le principe d'entraide en montagne.
Le glacier est infâme: entièrement recouvert de blocs et parsemé de nombreux lacs surglaciaires nous obligeant à de nombreux détours. Une à deux heures plus tard nous trouvons, au bord d'un affleurement de glace, une petite zone sableuse qu'il est possible de terrasser pour installer la tente: ouf ! Ouf, enfin presque car hedera s'aperçoit que son tapis de sol s'est barré pendant la marche: la nuit risque d'être inconfortable !

J17 - Campement sur le glacier du Trakarding (4600) - Na Gaon (4200)
Après une nuit pas terrible (et un bon mal de dos pour munch, qui n'avait que le bassin sur le matelas gonflable), c'est le départ et, pour rajouter un peu de piment, le temps se gâte à nouveau et avec un peu d'avance ! Il est neuf heures du matin, la neige commence à tomber: c'est à cet instant que la chanson "tristitude" revient dans la tête.

De plus, on pensait que le chemin descendrait tranquillement jusque Na en longeant le lac du Tsho Rolpa: que nenni ! Il faut d'abord remonter 300m pour redescendre dans des éboulis immonde cairnés de partout. Tout est physiquement et mentalement épuisant aujourd'hui, nous en avons ras la casquette. Hedera commence à craquer suite à des chutes répétitives sur les blocs enneigés mais fort heureusement le chemin rejoint les zones herbeuses et devient plus facile !
Au niveau de Snmakharka, nous humons une odeur de feu de bois, signe qu'il y a de la vie dans les environs, mais ce sera tout, car dans la tempête nous ne trouverons rien. Nous continuons la descente sur Na, que nous atteignons enfin. Et là, le ciel se dégage brusquement: e temps aura vraiment décidé de nous faire c****r jusqu'au bout !
Le village de Na fêtait une tradition bouddhiste ce jour et ce fut l'occasion d'ajouter une petite touche culturelle à ce voyage. Nous sommes cordialement invités à entrer au monastère pour assister aux prières et autres rituelles. Quelques moines chantent et le public, essentiellement constitué de femmes, jette du riz en l'air en criant. Nous sommes invités à faire de même et hedera priera même en se couchant complètement sur le sol. Nous sortons ensuite du monastère pour aller célébrer quelque chose autour d'un chorten un peu plus haut: difficile de savoir quoique ce soit car personne ne parle anglais...
La nuit fut assez épique avec des souris éprises de grimpe (visite du lit et du visage de Munch).

J18 - Na Gaon (4200) - Simi Gaon (2000 m)
Dernier jour de marche ! Pour cette fois le beau temps sera de mise et nous profitons sereinement du très bon sentier qui descend jusqu'à Beding, Dokhan puis Simigaon. Les étages de végétation s’enchaînent progressivement: on passe ainsi de l'alpage gelé aux forêt de rhodos, puis les conifères, feuillus et enfin les bananiers !
Cette étape est longue, surtout après Dokhan, village à partir duquel le chemin fait des siennes et enchaîne les montées/descentes brise pattes !
A simigaon, nous tombons par hasard sur Sonam, le fils du guide avec qui nous avions initialement échoué à convenir d'un plan pour notre voyage. Il ne manquera pas de nous féliciter pour notre tour et nous payera une tournée de bière.
Nous ferons halte au Namaste lodge, vide ce jour, et où le personnel habituel n'était pas là... Hedera commandera des "hash brown potatoes" qui ne ressembleront pas du tout au plat attendu: visiblement les cuisiniers du jour ne comprenaient pas les termes du menu... Nous avons aussi eu droit à une pomme coupée en morceau à la place du "snickers pie": il fallait le faire !

J19 - Simi Gaon (2000 m) - Chechet (1300) - Kathmandu
Nous descendons au pas de course prendre le premier bus pour Kathmandu: évidemment, le petit déjeuner n'était pas prêt à l'heure et nous devons nous presser pour gagner l'arrêt de bus de Chechet à temps. C'était sans compter hedera qui coincera son bâton de marche entre deux dalles sur le chemin: en avec la vitesse de descente, l'ustensile s'est bandé en une fraction de seconde telle une perche de saut pour se catapulter ensuite dans le ravin ! Belle performance !
Nous arrivons finalement avec un peu d'avance à l'arrêt de bus et en profitons pour acheter nos fameux "coconut biscuits"... au prix local, alleluja !! 25 roupies alors que nous les avions payés 200 à Dzongla...
Nous n'avons aucun problème pour avoir des places dans le bus, celui-ci démarrant peu avant notre arrêt. Cependant, l'engin se charge très rapidement vu que c'est le premier bus. Les gens montent, montent, certains voyagent accrochés à l’échelle extérieure mais fort heureusement la quasi totalité des passagers descendra à Charikot.
Le reste du trajet n'est pas non plus de tout repos avec la musique à fond: nous sortirons même les boules quies pour nous protéger nos tympans et notre santé mentale.

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