Obiou : Pilier NW
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Licence

General

activities

frequentation: quiet

condition_rating: good

quality: medium

Rating

TD     III 

heights

elevation_max: 2789 m

elevation_access: 1560 m

height_diff_up: 1200 m

Access

access_condition: cleared

hut_status: open_non_guarded

participants

ludwig89, greg julien remi

route_description

refuge du col des faïsses, => pilier nw => rappel sur une vire face NE => traverser face NE sur la vire => rappel / descente alpine dans couloir paul artheau => retour col des faïsses

weather and conditions


beau temps


c'est le rocher du Dévoluy faut s'y faire

amateur de prise tiroir c'est pour vous

timing

samedi 8h17 col des faïsses
samedi 11h51 attaque
dimanche 0h30 bivouac en haut de L10
dimanche 6h55 sommet

access_comment

il faut mieux prendre le chemin qui vient du col de la samblue que celui qui descend sur l'autre versant (plus carrossable)

hut_comment

on a bien dormi a 4 sur la mezzanine (seul partie propre du refuge)

personal comments

Compte rendu

Nous sommes allés au bout de l'Obiou, l'Obiou nous a mis à bout.

En revenant de vacances par la route Napoléon, j'observais les massifs environnants, regardais les faces et falaises et rêvais de grandes envolées grimpistiques. Le Vercors et son mont aiguille...un autre massif attire mon regard : tiens de loin ça a l'air haut, comme tout bon grimpeur je me demande est-ce que ça ce grimpe? Après quelques brèves recherches le massif que j'observe c'est le Dévoluy, le sommet que je contemple c'est l'Obiou. Deux recherches plus loin je vois qu'il y a des voies d'escalade.

Je mets la sortie au calendrier, fin mai pour profiter des grandes journées ensoleillées. Voilà, c'est sur les rails. Je fais un peu de pub pour ma sortie Julien, Greg et Rémi sont intéressés ; ça tombe bien : c'est la même équipe que la sortie Terrain d'aventure de l'année précédente au Bargy.

Départ vendredi soir direction L'Obiou... après quelques virages et un chemin caillouteux, nous voilà là-haut il est 1h du matin, il pleut et il y a du tonnerre.

On loge au refuge du col des Faïsses (1600m), confort sommaire, pas d'eau, porte branlante, tag au charbon, mais on est au sec dans du dur.

La mezzanine est accueillante pour nos 4 duvets.

Samedi réveil 6h45: il ne pleut plus, la montagne est dans le brouillard, on se consulte : décision est prise d'aller au point où se sépare les itinéraires (cote 2059m)... soit randonnée vers le sommet, soit escalade face nord-est, soit escalade face nord-ouest... on décidera en fonction de l’évolution du climat.

On prépare nos sacs avec option grimpe terrain d'aventure, coinceurs, pitons, friends, marteau, y'a de la neige sur les vires m'a confirmé le PGHM Grenoble, donc crampons et piolets en plus,

la webcam d'un spot de parapente local me le confirme aussi.

8h17 départ, le brouillard se lève : on voit enfin l'Obiou, on est au-dessus de la mer de nuage, le soleil est avec nous.
On relit le topo voie "pilier nord ouest plus belle ligne de l'Obiou" on avait visé celle-là et c'est celle-là que l'on fera, temps de parcours 4h selon camptocamp.

On fait les cordées Julien en tête Ludo en second, et en parallèle Greg en tête Rémi en second. Après une fin de marche d'approche un peu chaotique, il est 11h51 nous sommes au pied de la voie.

Nous découvrons le rocher "inqualifiable», on teste tout, soit d'un coup de pied avant de charger, soit d'une secousse manuelle avant de tracter.
D’un coup Julien gueule "CAILLOU" on apprend vite comment se protéger : ne pas regarder d’où ça vient, rentrer les épaules et se coller à la paroi, écouter la fin des pierres qui dévalent (tiens c’est le qualitatif de montagne magazine au sujet du Dévoluy), pas de chance je suis le premier à m'en recevoir un sur la main, ça va, ce n’était pas grand-chose, à cette sortie on a vraiment dépucelé nos casques.

Plus tard on a étoffé notre vocabulaire, pavasse, pierre, cailloux, gravier. C'est dingue ce rocher, c’est comme des munitions à fragmentation : t'as un parpaing qui tombe qui se transforme en six boules de pétanque, le bruit que ça fait aussi quand ça tombe, ça va de pas de bruit (sournois) a un bruit de vrombissement suivi de l'odeur que produit le choc des pierres.

On grimpe les trois premières longueurs, (les deux cordées en parallèle) en corde tendue. A chaque relais on sort le topo pour vérifier l’itinéraire qui est plus que paumatoire, quand on trouve un piton on est heureux. A partir de L4 on passe en escalade encordée, toujours les deux cordées en parallèle. L6 nous a donné des suées avec ce petit surplomb, Julien sort les chaussons, les autres restent en grosses. L7 ça a beau être du 4, la chatière m’a fait flipper, je n’aime pas les traversées que ce soit à droite ou à gauche.
Après quand je relis le topo je ne suis pas sûr que l'on ait suivi le bon itinéraire, on s'est retrouvé dans une fissure cheminée, une grosse écaille détachée de la paroi principale, un énorme feuillet. Julien a grimpé sur le fil de ce feuillet et a posé un seul piton sur 30m : seule protection possible selon lui, arrivé en haut il a trouvé deux pitons et fait relais dessus, Greg notre deuxième grimpeur de tête, n'a pas été inspiré par le manque de possibilité de poser des protections et s'est auto-assuré sur la corde que Julien avait posé, avec un Tibloc. Rémi et moi avons grimpé cette longueur comme une lettre à la poste : technique ramoneur, bon le sac à dos râpe un peu par contre, plein gaz ambiance assurée.

Bon le temps passe vite: nous sommes parti tard, on est quatre de niveau hétérogène, nous avons hésité sur la ligne à chaque relais, tout ça fait que les aiguilles de l'horloge tournent extrêmement vite.
On essaie d’accélérer le pas pour L8 et L9, trop tard le soleil se couche. Julien attaque L10 en pensant que c'est L11, il est 0h30, pitonnage à la frontale dans cette super dalle, c'est là que l’on s’aperçoit que l’on est sur L10.

Du coup sur la vire accueillante de L10 nous décidons de bivouaquer, on fait un tapis de sol avec les cordes on se vache sur le relai béton que Julien nous a monté avec 3 coinceurs.

Frontale sur le front et couverture de survie, les uns collés aux autres, on essaie de trouver une position agréable, malgré la fatigue le sommeil ne vient pas facilement, pas du tout pour certains. Le clair de lune donne de belles couleurs à la montagne, dans la plaine les villes et les hameaux sont éclairés, les quelques voitures qui se déplacent lézardent dans la nuit, on se réconforte de la clémence du temps et de cette vue. On s'occupe comme on peut: on râle, on peste contre le froid le vent... petit à petit 5 h du matin arrive. Le soleil se pointe, il éclaire tout le plateau du Trieve d'un bel orange et au fond le Mont Aiguille et les falaises du Vercors sont illuminées. Je partage la fougasse qui traînait au fond de mon sac en quatre, maigre pitance pour le petit-déj .On s’équipe, on fait bouger les muscles pour se réchauffer.

C'est reparti, après une hésitation sur le dernier dièdre à franchir, on est au sommet il est 6h55 on est enfin tous les quatre au sommet, inondé de soleil, vu sur le parc des écrins. On profite du soleil pour se réchauffer après notre nuit plus que fraîche.

Juste en-dessous de nous on voit deux pitons dans un dièdre et une longe qui descend, on rêve de notre bbq, des bières dans la glacière, du pinard que Greg a amené, de saucisses et de poulet: on se dit OK on zappe le sommet, on fait rappel là-dessus: on sera plus vite dans l'herbe à faire la sieste. Très Très mauvais choix ! La longe nous a emmené sur une vire, après plus rien ! On a longé cette vire de droite à gauche jusqu'à atteindre le couloir Paul Arthaud...en fait nous avons traversé toute la face nord-est, félicitations a Greg pour avoir ouvert.

Il est à peu près 13h on est enfin au couloir Paul Arthaud, on choisi de le descendre en rappel, évidemment il est encore en neige, on ne trouve pas forcement les relais, donc du coup on abandonne du matériel petit à petit, les friends les plus vieux, et nos 6 pitons y passe. A quatre avec la fatigue on est moins efficaces on progresse lentement, doucement, surtout pour ne pas se faire tomber des pavasses sur la gueule quand on avale la corde, qui évidement à un moment donné se coince : Julien prend deux piolets et remonte la décoincer 20 m plus haut. A la fin la neige était plus molle et se prêtait bien à la descente alpine, piolet en main deux coup de pied dans la neige, tout ça sur les dernier 70m.

Enfin le pierrier, le sentier, la voiture 19h17, 36h non-stop dans la montagne !

Au refuge des aéromodélistes allemands se sont installés, ils nous voient arriver avec nos mines décomposées, on leur baragouine avec notre anglais boiteux "two days in the mountain, sleep in the nothface" leur bbq est en train de cuire des saucisses, ils nous en offrent une chacun, on la savoure, c'est notre récompense.
Pour couronner le tout sur la route du retour: crevaison, on a changé la roue "digne d’un arrêt au stand en formule 1", 4h du matin je suis dans mon lit fatigué, nous voulions faire du terrain d’aventure, nous avonsi vécu UNE AVENTURE

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