Mont McKinley (Denali) : West Buttress
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Licence

General

activities

frequentation: crowded

condition_rating: good

quality: medium

Location

Rating

AD+     VI 

heights

elevation_max: 6194 m

elevation_access: 2000 m

height_diff_up: 4194 m

snow

glacier_rating: easy

participants

Hugues Duplantier, Gégé

personal comments

J0 (lundi 12 mai) : arrivée à 17 h à Anchorage, on enchaine directement avec les achats de lyos/matos à REI (fermeture à 21h), puis de bouffe dans un supermarché (ouvert 24/24….)

J1 : transfert en bus vers Talkeetna, enregistrement chez les Rangers, puis déco avec Sheldon Air Service pour le CB 2200m (Sheldon est une petite compagnie, ils sont supers…). Le vol est exceptionnel. Rien que pour ça, ça vaut le voyage !

J2 : préparation des sleds, mise en route matinale, on va directement au camp 1,5 à 2700m. Rencontre avec Silvio Mondinelli, le 6eme homme à avoir fait les 14*8000 sans ox… http://en.wikipedia.org/wiki/Silvio_Mondinelli (celui ci fera demi tour au C4 prétextant le mauvais temps…)

J3 : montée ardue au C3 (3300m), puis portage au Squirel Point

J4 : cache au C3, montée au C4 (4350m). On récupère au passage notre cache à Squirel… et on capitule à 50m du C4… on finit en 2 voyages… on arrive un peu séchés au C4, mais on a préféré monter « vite » (certains mettent 10 jours pour faire ça) car on veut s’acclimater le + vite possible (disons qu'on ne veut pas rester trop longtemps à 2000/3000m et plutot être à 4000m).

J5 : repos, mise en place du camp, etc…

J6 : acclimatation, on monte en haut du head wall. Les cordes fixes sont en glace. La vue commence à être démente. On rencontre pas mal de monde, dont 2 suisses (1 guide Gérald et sa copine Aline) avec qui on échafaude nos plans pour la suite.

J7 : repos, baston au C4

J8 : montée au High Camp (5245m). On décide avec les suisses d’un plan d’attaque du tonnerre : on monte ensemble tout le matos pour 2 (tente, sac de couchage, bouffe, etc), on doit rester avec gégé au C5, puis faire le sommet le lendemain, et les suisses prendront la suite 1 jour après. Ainsi on évite de monter deux fois du matos. On est les premiers au High Camp depuis plusieurs jours. Quelques groupes suivent. Il y a un seul emplacement de prêt : on le prend !

J9 : le plan foire, il fait mauvais, et on est pas en forme… deuxième plan : les suisses montent quand même avec le reste du matos pour 4, et on va les retrouver en haut du head wall pour les aider à porter. On se retrouve tous les 4 au High Camp avec un minimum de matos, 1 mini tente, 1 réchaud, à peine de bouffe, etc… c’est la misère mais on est light :)

J10 : baston… les suisses tentent quand même leur chance. Ils iront jusqu’à 5700m. Au moment de partir dans leurs pas, je reçois une dernière météo de Virginie (super routeur météo ! merci à elle, et à Laurent P, et merci au tel sat Iridium…) qui me dit que demain ca sera mieux. On décide de garder nos forces. Il nous reste 1 jour de bouffe… dernière chance demain.

J11 (vendredi 23 mai) : summit day. Gégé n’est pas en forme, cela fait 2 jours qu’il dort mal et mange mal. Aline est fatiguée de sa tentative de la veille. Je pars avec Gérald. Devant nous il y a 2 Grisons qui depuis 14 ans font le tour du monde sans moyens mécanisés à la conquête des 7summits (http://www.toptotop.org/fr/), 2 Japs (dont 1 a fait le Kangchenjunga l’an dernier), 3 kazaks (dont 1 veut terminer ses 7summits après l’Everest l’an dernier). Derrière : 2 amerlocs, 4 US Marines, 3 Roumains (qui se casseront la gueule à la descente et seront secourus en hélico le lendemain), 2 US seniors (qui ont amenés… 30 jours de bouffe…) Tous les autres font demi tour. Les conditions depuis 15 jours sont mauvaises. Il y a bcp de vent. Les pentes sont gelées. Le taux de réussite ne dépasse pas les 20% (l’an dernier il était exceptionnellement élevé : 68% !!! normalement c’est 50%). On ne compte plus le nombre de groupes que l’on a croisé et qui ont passé 1 semaine au high camp en attendant désespérément une fenêtre météo. Une guide colombienne en solo a été secourue sur l’arête C4/C5 par des canadiens. Un couple d’allemand a dévissé dans le Denali Pass la semaine passée après avoir passé 5 jours dans la tempête au col. La femme est décédée et un hélico vient aujourd’hui récupérer le corps… (http://www.huffingtonpost.com/2014/05/10/mount-mckinley-climbing-death_n_5301513.html)

Bref, avec Gérald, on est au top, départ 9h30, on monte le Denali Pass (5540m) comme si c’était le Tacul. Il y a des points (sur pieux) dans la partie raide. On enfume grave les Marines (ils rentreront à 3h du mat…), et on rattrape le 2ème jap à grands pas. Dans la trav on ne s’assure même pas, c’est rando. Après le col, c’est plus facile, et à force de monter à petits pas (un pas, deux respirations...) des pentes débonnaires, et de faire une putain de distance, on progresse. Il y a des petits fanions de temps en temps. Cela nous mène aux Arch Deacon’s Towers (5989m). On traverse le Football Field (on se croirait sur la lune… le brouillard arrive…). On commence à caler (enfin surtout moi…). On croise les premières cordées qui redescendent du sommet. Les Grisons. Puis le 1er Jap. On entame la dernière montée vers l’arête sommitale. C’est dur physiquement et moyennement raide, mais on arrive difficilement à faire plus de trois pas consécutifs. Les 6194m du Mac Kinley valent bien 7000 ou plus à cause de la proximité avec le pôle. Ouf arrivée sur l’arête. Point de connexion avec la Cassin (on reviendra…). On croise les Kazaks qui nous disent « thirty minutes, be carefull on the ridge ». Ouais bon, c’est pas parce qu’on est 7summits qu’on sait faire de l’alpi. Faut pas déconner non plus. (le fameux Kazak se cassera la gueule en bas du Denali Pass au retour, sans conséquences, juste après avoir perdu 1 mousqueton dans une manœuvre). L’arête est expo mais sans plus sur 20m, puis on longe sur la gauche en traversée. Tranquille. Dans le brouillard on ne sait pas où est le sommet. Mais on se dit que, putain, on va bien y arriver un jour. Et de toute façon on ne laissera pas tomber. Gérald a pris le relais en tête pour finir les derniers mètres. C’est long comme un mont blanc à quatre pattes en reculant. 16h, on aperçoit un piquet avec un bidule dessus. On regarde autour. Ca ne monte plus. On y est !!! clic clac 2 ou 3 photos. On se pèle un peu ici quand même (-30° réel, -40° ressentis). Un coup d’œil vers la face sud (ouaaaaa), et on se casse. Faudra revenir pour la view.
19h retour au high camp. Aline et Gégé nous accueillent avec un bouillon (merci !). On se remet de nos émotions, et on plie tout pour redescendre au C4.
23h : on fête ça avec du foie gras (de france) et du saumon d’alaska au C4…

J12 : descente dare dare (une tempête arrive et on a pas envie d’être bloqués) vers le CB. Arrivée 19h. Vol pour Talkeetna. Sheldon nous trouve un hotel (c’est Memorial Day…) et un resto. Le top !

J13 : visite aux rangers, rendre la boite à caca, gouter tous les plats frais de Talkeetna…

J14, J15 : retour en France

Quelques conseils en vracs :
- Radio : inutile. Tous les groupes US en ont. Il suffit de se renseigner auprès d’eux pour la météo tous les soirs à 20h
- Bouffe : on a surestimés nos besoins. Ceci est dû au fait que sur les 17 ou 20 jours, plus de 50% des jours sont des « repos ». donc on consomme moins.
- Tout fait au jetboil + gaz. Ca marche au top. Prévoir de dormir avec la cartouche du jour. On a prévu 1 cartouche de 230g par jour pour 2. C’est trop.
- Les sleds sont une vraie merde à la descente. La solution pratiquée par tous les « pro » sont de les solidariser avec le baudard via un tube en plastoc (ou alors deux battons emboités). C’est-à-dire que la corde qui relie la sled au baudrier passe dans un tube. Donc en pression… c’est solidaire.
- Il faut monter rapidement. Les camps inférieurs sont bas, et bcp de groupes y perdent du temps.
- Préparer des sachets journaliers dans des sacs ziplock. Pensez à varier et mettre des trucs sympas (friandise…)
- Au C5 il faisait -25° dans la tente. J’avais deux tapis de sol (gonflable + mousse), deux duvets (un duvet en plume -10° dans un autre synthétique), 1 carline, 1 collant, chaussons en duvet, polaire. Jamais eu froid. Les autres avaient le Odin. C’était grand luxe.

Le gros enjeu d’une telle expédition est la préparation. Il ne faut surtout pas sous-estimer cet aspect. Il faut être ultra précis sur le matos. Chaque détail est important. Chaque gramme compte. Sur place après c’est trop tard. Un bon moyen d’info via les sites d’expé vers les territoires nordiques ou arctiques. L’aspect physique est important. Les charges sont lourdes. Et surtout l’aspect psychologique.

En définitive, il n’y a rien d’extrêmement difficile, mais c’est la combinaison des facteurs portage + froid + vent + éloignement + durée + altitude qui en font une expédition extrêmement engagée. C’est incomparable par rapport au Népal par exemple car on se retrouve immédiatement isolés et sur un glacier.

On a eu de la chance de ne pas prendre de chute de neige. Mais juste après nous, il a dû neiger 1m en quelques jours… par contre on a pris des bonnes bastons de vent. Avec un bon mur de blocs de neige et une tente bien arrimée… on s’y fait. C’est surtout sensible au dessus de C4.
L’aspect US est réconfortant car c’est bien organisé, sécurisé, etc… le fait qu’il y ait des gens autour aide psychologiquement.

Le retour en revanche est ultra rapide. 30h entre le sommet et la bière ! c’est le côté positif.

En conclusion, une expé extraordinaire avec des paysages fantastiques. A faire absolument. C’est vraiment dur, mais ca en vaut le coup. Merci à tous ceux qui m’ont supporté au jour le jour : Virginie, mes parents, zaz pour ses conseils, etc…
Rendez vous pour la prochaine aventure… en attendant on va aller faire du rocher…

Remarque : à la lecture de ce récit, on peut se dire "que c'est pas trop dur finalement", mais il faut se méfier. organiser une telle expé demande bcp d'expérience. sur place il faut savoir prendre les bonnes décisions. on a fait le sommet car on était au bon moment au bon endroit. autrement ca peut rapidement tourner au plan galère, avec bcp de vent, des chutes de neige monstrueuses, et un froid polaire... avis aux amateurs :) donc pensez à bien vous entourer et à prendre de nombreux conseils de personnes expérimentées avant de partir.

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