Cirque de Gavarnie - 3ème Étage : Aloïs
{{ '2014-03-13' | amDateFormat:"dddd Do MMMM YYYY" }}

Cirque de Gavarnie - 3ème Étage : Aloïs
{{ '2014-03-13' | amDateFormat:"dddd Do MMMM YYYY" }}

Application mobile

View and save your outputs directly on the field using the Camptocamp mobile application.

Licence

General

activities

condition_rating: good

quality: medium

Rating

ED   5+    IV 

heights

elevation_max: 2850 m

elevation_access: 2650 m

participants

FMJ, Jean Noyès

weather and conditions


Grand beau. Et plutôt frais à cette altitude !


Depuis le temps que Jeannot en rêvait et me tannait avec cet Aloïs, il a bien fallu que je cède. Pourtant, les grosses chutes de neige qu'il y a 15j et ma passion pour les bivouacs ne plaidaient pas en faveur de ce projet. Mais ce bel anti-cyclone de mars en a décidé autrement. Nous nous retrouvons donc jeudi au parking de Gavarnie, chargés comme des mulets avec plus de 20 kilos sur le dos. Il faut dire que le programme est un tantinet ambitieux : quitte à monter dormir là-haut, autant faire, non pas une voie, mais deux lignes tant qu'à faire. Aliento del Diablo est donc prévu pour le 3eme jour.

6-7 cordées dans le cirque ce jour. Nous passons par la première partie de Freezante, en évitant par la droite la seconde partie qui n'a pas l'air terrible. Très bonne neige-glace. En plus ça ne coule quasiment pas. 2h30 pour avaler ce 1er étage avec peu de corde tendue : on dirait qu'on est en forme. Un peu trop d'ailleurs ...
La première banquette est en neige dure. Montée ensuite par Mithologico dont seules L1 et L5 mouillottent. Le relais du second rappel a été partiellement arraché par une coulée : nous reposerons un point à la descente.
La seconde banquette enfonce : notre super foncier s'en ressent. Il faut dire que ça fait 2.5 mois que nous n'avons pas touché la glace avec cette superbe saison hivernale. Nous atteignons le porche de bivouac sur les 15h45, après 8h d'effort. Que c'est bon de virer ce p##### de sac !

Après un petit thé réparateur, nous prenons un peu d'avance pour le lendemain et Jeannot s'attaque à L1 et L2. La traversée mixte en bonne neige n'est pas difficile mais se protège très virtuellement. Jean met à contribution sa bonne maîtrise de l'artif pour régler L2 en près d'une heure, malgré le rocher super délité de l'attaque. Il faut dire que la longueur me semble encore plus équipée qu'avant. A la descente, il installe une corde fractionnée pour la remontée du lendemain.
De retour au bivouac, on se rend compte que ça gèle un peu dans le coin : des glaçons ont poussé dans nos gourdes. Le bivouac est vraiment génial : plat, bien protégé sous un énorme escalier déversé, il est relativement abrité et offre surtout une vue exceptionnelle sur un large panorama à l'ouest du cirque. Les levers de soleil y sont un pur régal. C'est d'ailleurs le Vignemale qui donne le top départ de l'allumage des feux.
Le lendemain, départ tranquille sur les 9h après une nuit moyenne. Avec 1h de remontée sur corde pour se réchauffer. Petit coucou de l'hélico de la sécurité civile. Je dois me retaper L3 qui m'avait tant plu voici 4 ans. Et ce coup-ci, point de stat pour tricher. On sort les gants et on attaque par la droite où le réta en neige et en aplats ne me plaît guère. Je me révise et essaye plutôt par la gauche, plus raide, plus délitée mais avec des prises plus franches. J'ai pu y poser un bon piton (qui est resté en place) et un Camalot n° 1 ou 2 au-dessus. Ce sont les seules protections possibles pour cette section. Du coup, on se retrouve bien à gauche et il est alors plus logique de continuer à gauche que de rejoindre à droite le spit sur la vire. Traversée sur un terrain couché mais pourri pour rejoindre l'extrémité gauche de la vire. On part ensuite tout droit sur un piton et un spit. Et là petit blocage : dans mon souvenir, la stat partait d'un second spit vers le relais. Mais point de second spit : à la place, une belle tâche orange. A priori le spit a été posé sur une plaque qui a pété. On se retrouve à devoir franchir les 6-7m qui nous séparent du relais sur crochets. On peut juste mettre un mauvais piton de progression (universel plat et court, tête en bas) et un autre universel bien meilleur mais juste avant le relais. Ce tricotage qui a demandé près d'1h risque désormais d'éconduire certains prétendants. Mais quel plaisir de retrouver la voie dans sa dimension d'origine. Un grand merci à la cordée Elias-Ganxets-Mendia pour cette excellente initiative. A noter que Patrick Gabarrou avait confirmé que la stat ne datait pas de l'ouverture (ce que l'on aurait pu le croire vu son état de délabrement).
Pose d'un goujon au relais pour le rendre un peu plus confortable et sûr (les vieux spits de 8 tirent un peu la tronche).

A Jean le privilège de faire la transition rocher-glace, toujours aussi spectaculaire. Longueur de 30m jusqu'au niveau de la vire de Memento Mori. La glace s'avère bonne. Dure, virile mais franche : tout le contraire de celle rencontrée voici 4 ans. Une hallucinnante méduse (qui confine plutôt à la cloche : 6-7m de large, 2m d'avancée) chapeaute le haut de la voie. En 4 autres petites longueurs pour faire durer le plaisir, on se retrouve enfin en haut de cette ligne magique, avec le dernier mur plus plâtré que le Ben Nevis à ses plus beaux jours. Redescente en 4 rappels qui me font penser que la voie fait plus 210m que 170m. Nous aurons mis dans les 7h. Rétrospectivement, je mesure un peu mieux ce que représente la réalisation de cette course à la journée. Il faut dire que la dernière fois avec Thierry, ça n'avait pas été totalement une partie de plaisir. Outre l'enchaînement des 3 étages, les conditions de neige, de glace et météo avaient été beaucoup moins favorables, sans parler de la mauvais gestion de l'hydratation et du repos avant la course. On avait pourtant mis dans les 18h AR du pied du 1er étage. Alors que ce coup-ci, tout n'aura été que plaisir, avec la sensation d'avoir maîtrisé la voie et non de l'avoir subi.

Petit coup d'oeil à Aliento. On sait déjà que çà ne sera pas pour cette fois : la ligne n'est pas en bonnes conditions ... et nous non plus. C'est pas grave, quitte à être là, on se réinstalle pour un second bivouac qui s'avèrera encore plus agréable que le premier. A titre perso, j'ai autant apprécié ces bivouacs que d'avoir reparcouru la voie. Pour dire ....
Le lendemain, nous redenscendrons en seulement 2h ce dénivelée durement gagné. Nous croiserons une forte équipe catalane montée à la journée pour réaliser un film sur la voie. Intrigué par leur projet, je percuterais à la descente qu'il s'agit jour pour jour de l'anniversaire de l'ouverture d'Aloïs (13-15/03/94). Sacrée coïncidence !
Arrivés au pied du 1er étage, nous sommes surpris du peu de monde : seulement 3 cordées. En partant, petit clin d'oeil du Bug qui tire sa dernière révérence. L'arrivée à l'hôtellerie est un quasi traumatisme : soleil, chaleur et foule. Trois notions que nous avions totalement oubliées depuis 3 jours.

Un énorme coup de chapeau à MM Gabarrou et Latorre pour avoir eu l'audace de perpétrer ce coup de génie.

Comments

No thread yet?

Log in to post the first comment

No thread yet?

Log in to post the first comment

{{::post['created_at'] | amUtc | amLocal | amTimeAgo}}
  • en
  • it
  • es
  • eu
  • ca
  • de