Mont Blanc : Éperon de la Brenva
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Licence

General

activities

frequentation: quiet

condition_rating: good

quality: medium

Rating

D     IV 

heights

elevation_max: 4810 m

elevation_access: 3665 m

height_diff_up: 1142 m

Access

lift_status: open

snow

glacier_rating: easy

participants

OCy, Hervé Viollet

weather and conditions


Grand beau, très froid au sommet avec vent assez soutenu.
Brume sur le Col du Midi l’après midi, visibilité réduite à rien parfois.


Neige croûtée sur poudreuse sur le Glacier sous la Brenva (raquettes utiles)
Ailleurs sur l'éperon, alternance, carton, poudreuse peu épaisse, sauf dans la variante Güssfeldt où on avait brassé pas mal.
Glace vive et cassante dans un beau sérac en haut, 70° en traversée.
Descente sur les trois Monts en Poudreuse, glace dans les parties raides descendues totalement en crampons jusqu'au Col du Midi où nos skis nous attendaient gentillement.

timing

Départ refuge Gighlione 2h30mn >> Sommet Mont blanc 10h45mn >> Chamonix 18h par les Trois Mont blanc et la Vallée Blanche.

hut_comment

Le refuge Gighlione n'existe plus. Il fut démonté par le C.A.I en 1999 (info Montagnes Mag n° 235), car il penchait dangereusement sur le vide.
Il n'était déjà plus à l'horrizontale lors de notre séjour.

personal comments

Chaque montée à l’Aiguille du Midi, par le téléphérique débute par un ulcère du portefeuille. Mais c’est bien pratique, pour les pressés que nous sommes.
Nous voulons rejoindre le refuge Ghiglione à 3690m d’où il faudra redescendre à 3200m et remonter ensuite. Balade tranquille et sans risque si vous ne vous faites pas écraser par un skieur de la Vallée Blanche, ou si vous respectez les règles élémentaires de marche sur glacier.
Bien sur, le ciel est bleu, la face Est du Tacul est grandiose et nous avançons gaiement avec nos raquettes, jusqu’au moment où je demande à Hervé, où se trouve le fameux refuge.
Il ne se souvient plus trop mais y réfléchit fortement ! Nous suivrons notre instinct, aidés de quelques vagues souvenirs topographiques, car la carte est restée à la maison pour alléger le sac. Comme par hasard, au niveau d’une rimaye du cirque Maudit, nous voyons figés dans la glace, quelques restes de boîtes de conserve rouillés. Nous ferons comme le petit Poucet et nous tomberons pile sur le refuge perché au sommet de la crête. Merci les pollueurs !
En arrivant nous avons la joie de découvrir ce versant Brenva du Mont Blanc qui vaut bien un déplacement. Le refuge est bancal, comme les séracs du col de la Brenva qui dévaleront la pente, formant une belle avalanche de poudreuse, traversant l’itinéraire du lendemain ! Le ton est donné.
A une heure du matin, réveil, thé tiède réchauffé à la bougie (plusieurs) par manque d’essence dans le réchaud. On avait dit qu’on partait léger.
Le bas de l’itinéraire classique de l’éperon ayant fini sa course prés de Courmayeur, nous passons par la variante Güssfeldt, accélérant le pas pour passer dessous le « frigo branlant ».
Jusqu’à l’arrivée du jours, toutes les courses de neige se ressemblent ou presque. Mais, cette année, Hall Bope, la comète, nous accompagne.
Plus nous montons et moins nous brassons, jusqu’à rencontrer de la glace vive. Le jour pointe lorsque nous atteignons les séracs de sortie vers 4300m. Le froid est intense. Lors de la pause je m’aperçois que ma gourde est partiellement gelée. Ce sera ma dernière gorgée de la journée. A peine le temps d’admirer le paysage et nous repartons pour le moment de choix : la traversée dans le « frigo branlant » ! Au menu du jour : assiettes géantes de glace sur les pieds… la porte du frigo étant mal fermée.
Résultat : sueurs froides en pensant : si ma mère me voyait ! Mais, ma mère n’en a jamais rien su et nous avons fini tranquillement, zigzaguant entre d’énormes murs blancs à la dérive, jusqu’au mur de la Côte, rejoignant l’autoroute des Trois Mont Blanc, où quelques skieurs portent péniblement leurs skis.
En ce 3 avril 1997 vers 10h45mn, nous arrivons sous un vent glacial au sommet de la Bosse Blanche. Bien sûr, l’émotion est grande ; mais la 1ére fois est toujours la meilleure, car on ignore tout de la très longue descente qui nous attend encore.
Après la descente des Trois Mont Blanc, nous jouerons à une véritable partie de chasse aux skis (que nous avions laissés la veille) dans le brouillard dense du col. Nous descendrons assez vite à ski la vallée Blanche, oubliant le côté contemplatif, mais pas assez, puisqu’en arrivant au Montenvers, la voie du haut-parleur nous annoncera que le dernier train pour Chamonix part. Nous ne serons pas les seuls à grogner pour rejoindre la vallée sur un chemin bien trop déneigé.
Il est 6 heures du soir : j’ai la langue jusqu’au sol. La civilisation nous accueille à la chamoniarde et avons bien mérité notre lit qui nous attend à Grenoble après 2h30mn de route.

« La Brenva : Un frigo Branlant »

Ce Texte fut écrit en 1997 et publié dans la revue ( Très prestigieuse ;<) ) du CAF de l’Angoumois, N°16 de Janvier/Décembre 1998.
Cette course fut consciemment ou inconsciemment sans doute un hommage à notre ami Didier Josset, tombé à nos côtés lors de la descente à ski du NE des Courtes, le 3 Avril 1995, il y a presque maintenant 17 ans. Tous les ans, cette date me fait rappeler cet incident dramatique qui m’a beaucoup marqué et a modifié totalement ma perception de la montagne.
A Didier.

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