Pic d'Estibat : Arête N
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General

activities

frequentation: some

condition_rating: excellent

quality: medium

Rating

1.3
F

heights

elevation_max: 1663 m

elevation_access: 1250 m

height_diff: +1500 m / -1500 m

Access

access_condition: snowy

snow

elevation_up_snow: 1250 m

elevation_down_snow: 1250 m

participants

Aimery

timing

8h-14h

personal comments

Je remonte à l'aube à peine naissante la route qui mène au Col de Port. Passé le dernier hameau, j'ai comme une hésitation quant à l'équipement à adopter : chaînes, chaussettes, ou rien du tout. Plus inspiré par la flemme que par la tenue de route, je ne m'arrête pas au panneau "route fermée". Ensuite, il est trop tard... Le chasse-neige semble être passé, mais la route est couverte de neige, avec des congères de plus d'un mètre par endroit. Ne pas s'arrêter. Il faut grimper jusqu'au col en gardant assez de vitesse. Tout se passe bien jusque là. Ne pas s'arrêter. Là-haut, un gyrophare orange illumine la montagne. 300m plus loin, je suis face à l'engin. Tracteur Renault de forte puissance avec 2 jolies lames hydrauliques, pas prêt du tout à me laisser passer. Il manoeuvre un peu pour se pousser sur le côté quand même, mais ma vitesse entre temps est passée à zéro... Sans pneus neige, le redémarrage est cahotique, je recule pour prendre un peu d'élan, et puis ça y est, c'est le col !

Le cantonnier est remonté lui aussi au col, il ouvre la fenêtre et du haut de son engin, me demande ce que je fais ici. J'imagine plusieurs réponses possibles, d'abord l'approche solidaire "Je suis venu donner un coup de main à la DDE" tout en exhibant ma pelle. Non, non, je n'ai pas de pelle. Un petit coup d'agressivité ? "Bosse pour dégager la route, plutôt que de poser des questions cons !". Non, inadéquat si je ne veux pas retrouver ma caisse sous 3m de neige. Peut-être la vérité crue, alors : "Je suis venu pour skier !". Il me rappelle que la route est fermée. J'avoue ne pas avoir vraiment prêté attention aux panneaux, sans doute réservés aux ariégeois. Mais les toulousains ont tous les droits. Il me prévient qu'on n'est pas assuré en pareil cas. Ai-je l'air penaud ? En tout cas, il me dit qu'il va dégager quelques places de parking, et que je pourrai me garer bien proprement pour laisser de la place aux nombreuses autres voitures qui ne manqueront pas d'arriver. En fait, il n'y en aura que 2 ou 3.

Pour l'instant, tout est calme, et je chausse tranquillement. L'Estibat est dans le brouillard, visibilité oscillant entre 50m et 500m, tout à fait correct. Sauf que Météo France s'est encore planté. Pas grave, la neige semble bonne. Que dis-je, elle est splendide, sublime, la descente promet d'être énormissime. Plus haut, elle est quand même un peu croutée, mais en lisière de forêt, elle est restée bien profonde. La trace n'est pas trop pénible. Enfin au sommet, je bloque vite fait les fixations car le vent n'est pas chaud. Effectivement, c'est du grand ski : ça porte comme il faut, on peut faire de grandes courbes ou des virages serrés entre les sapins et les arbustes. Quelques cris de joie plus tard, je suis revenu au col. Mince, c'était court.

La trace étant faite, autant l'utiliser : je remonte sous le sommet. Nouvelle descente aussi jouissive que la première, même si le soleil n'est toujours pas au rendez-vous. A nouveau en bas. Un randonneur ariégeois pas très matinal s'affaire à préparer son matériel. Il part vers l'Estibat. On discute 2 minutes. Magnanime, je l'autorise à emprunter ma trace. Pour moi, ce sera le versant d'en face, exposé sud, donc nettement moins enneigé d'habitude. Ce matin, il est aussi gavé que l'Estibat. 300m plus haut, c'est déjà le sommet. Un panneau m'apprendra qu'il s'appelle le Roc Blanc, homonyme d'un autre sommet bien plus haut du Donezan.

J'ai les cuisses qui commencent sérieusement à tétaniser, on dirait que mon entrainement n'est pas au top. Du coup, je trouve la technique pour convertir au bon moment : c'est quand la crampe arrive sur la cuisse du ski amont. Bon, nouvelle descente dans une neige terrible. Vraiment des conditions de rêve, à une altitude ridicule.

En bas, il est 13h et je suis un peu desoeuvré. Une nouvelle voiture est garée avec un couple de randonneurs en raquettes et leur fiston qui a sorti les skis. On discute un peu des conditions de neige : "Excellente surtout près des sapins, un peu croutée sinon dans les buissons" que je dis. "Un peu croutée ? Ah non, je ne crois pas" qu'il dit l'adolescent. Et avec mon pied au cul, tu le croiras. Non mais. Tout en s'éclatant un bouton d'acné pour lubrifier un peu ses fixations, il se reprend rapidement "Oui, c'est possible". Je veux que c'est possible. Je laisse toutes mes affaires à la voiture pour entamer ma dernière montée avec le plaisir de ne rien avoir sur le dos. Inutile de dire qu'avec ma trace de compétition, c'est bouclé en une demi-heure. La descente est toujours aussi bonne, même si je crie à chaque virage, torturé par mes cuisses gorgées d'acide lactique.

Comment faire une sortie à 1500m de dénivelée sur l'Estibat ? Très simple, il suffit d'y monter 4 fois.

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