Ausangate - J9 à J10 : Pequeño Yanajaja : Sommet W
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activities

quality: medium

Location

Rating

AD-     IV 

heights

elevation_max: 5435 m

elevation_access: 5000 m

height_diff: +435 m / -435 m

weather and conditions


L'attaque du glacier est en glace vive (langue de glace à 30° sur la fin), ainsi que celle de la branche de droite du glacier.
Glacier bien bouché.

timing

Départ 5h50
Approche 40mn
Attaque du glacier 7h
Sommet 10h45
Retour sur la moraine 13h
Camp 13h45

personal comments

L'étape précédente est

Mercredi 27 juillet - Resting day [camp de base du Campa 4925m]

Journée de persévérance dans l'inaction et d'installation des lacunes gastronomiques. Moins on en fait, moins on a envie d'en faire. C'est valable pour tout le monde.

Ce matin.
Dans des assiettes en plastique pour bébé, on nous (mais toujours à ces messieurs en premier) apporte une immonde bouillie glaireuse où des morceaux de pommes tentent de ne pas sombrer sous le poids du sucre et moi de ne pas vomir. C'est écœurant au goût et répugnant à la vue. Chéri-chéri mange avec appétit et sans moi ce met régressif; il ne lui manque plus que le bavoir. Nanard ferme les yeux et, preuve de présence anormale de glucose dans la potion, il ne rajoute pas de sucre.

Ce midi.
Soupe. Celle que nous trouvions délicieuse il y a une semaine et que l'on nous sert à tous les repas . Voire que l'on nous sert comme seul repas. Je sature. Nanard, davantage encore. Ce soir, puisqu'il y aura à nouveau soupe et sans doute riz et [patatas] crus, il se fera un lyoph. Nous commençons à focaliser sur la bouffe. Un ananas frais était dans les parages il y a 3 jours mais n'a pas redonné signe de vie. Pendant que Chéri-chéri et moi étions à la Mariposa, notre stock alimentaire a nourri toute la famille, ainsi que le muletier de Max et Nathalie. Nous réclamons des biscuits mais étrangement il n'y en a plus.

17h30. Ce soir, donc.
Soupe. Riz cru et purée en flocon liquide. Tisane. Flavio et Rubinal ne sont toujours pas rentrés (c'est accessoire). J'ai faim (c'est essentiel).

Jeudi 28 juillet - Pequeno Janajaja (5435m) : Belle journée d'alpinisme exploratoire, jovial et bricolard.

5h15. Flavio débarque comme une fleur, sac 15 litres sur le dos, la gourde tanguant en bandoulière. A la rue. Il a manifestement bien conscience de l'itinéraire et de ses capacités techniques. Je lui fais rajouter un second piolet, deux [estaca]. Le Nanard lui offre, temporairement, sa corde.

Nous remontons une vague de mer de glace pour atteindre le replat enneigé du glacier et le traverser au plus court, donc au plus crevassé. Rien de bien monstrueux. Nous louvoyons au mieux jusqu'à l'embranchement en Y. Le Nanard m'interpelle. Je reste non pas sourde mais muette à ses appels. L'effort m'oblige à respirer la bouche ouverte, tout comme le nez bouché durant la nuit, et l'extinction de voix se profile. J'ai trop peiné à apprendre 37 mots d'espagnol pour me lancer en plus dans la langue des signes. A-ttends-moi-mon-Na-Nard.

Comme nous l'avions deviné aux [binocular], le mur de glace qui barre la branche d'accès au Y de droite se contourne aisément. Une fois passé ce ressaut pénitentifiant et en glace, des pentes douces nous mènent au col (5310m) où la suite se dévoile enfin.

Bonnes et mauvaises nouvelles. Le sommet ouest est bien distinct du sommet est. Chéri-chéri qui escomptait faire la traversée des sommets puis de l'arête pour redescendre sur l'autre branche du glacier en est pour ses frais : l'enchaînement entre les deux sommets est en mixte, le terrain rocheux tendance pourri. Nous invoquerons non la pauvreté de notre technique mais celle de notre matériel pour nous contenter de rejoindre le sommet ouest, ou plutôt tenter de le faire, car depuis le col l'intégralité de l'itinéraire n'est pas visible. L'arête neigeuse que nous pensions remonter est cornichée. Je poursuis donc directement dans la pente qui se raidit. J'ai quelque difficulté à apprécier et sa longueur et son inclinaison. Chéri-chéri me demande si je veux continuer devant. Chéri-chéri n'est pas l'ami du petit Robert, il ignore la nuance entre vouloir et pouvoir. Comme dit le proverbe, mieux vaut avoir des remords que des regrets. A toi l'honneur.

Nanard et Flavio nous ont rejoint. Nous plantons un [estaca], histoire de dire qu'on a fait un relais. Chéri-chéri franchit une première petite rimaye, puis une seconde et s'élève vers une crevasse caverneuse, 30 mètres plus haut, où il plante une broche. Et la corde file, file, file,. Certes de moins en moins vite. J'abandonne mon Nanard aux bons soins de Flavio (ou l'inverse?) : Chéri-chéri est en bout de corde.

Chéri-chéri progresse désormais [lento] et par saccades. Il s’essouffle. Tant pis pour la corde tendue, de toute façon sur 50m c'est ridicule : je monte rapidement me reposer confortablement dans l’œil de glace, laissant derrière moi une jolie arabesque de mou. Chéri-chéri est à l'arrêt, quelques mètres sous la sortie. Oui? Non? Oui..? Non. La sortie directe n'est pas possible. Ca se raidit, semble corniché et le bon grip disparait dans du sucre glace. Il plante un de ses piolets en guise de pieux et redescend en traversée pour rejoindre une seconde crevasse à l'intérieur de laquelle, dans une glace pas des plus limpides mais assez dure, il plante sa seconde (et dernière) broche. Quand je veux paraît-il. Euh... Chéri-chéri, la montée ça me pose guère de problème mais la descente...? Lunule! Bonne glace? Lunule! Oui mais... Lunuleuhhh!!!

Je quitte ma crevasse en laissant la broche pour Flavio, je remonte la pente, récupère le piochon de Chéri-chéri et redescends dans sa grotte. Ca tient là dessous? Relativement. Relativement à quoi? Je pose les pieds sur un bouchon de neige pulvérulente. Sur les côtés, quelques protubérances de glace et un vide sombre. Pour un studio pour 4 personnes, c'est étriqué - c'est toujours l'arnaque ces locations de vacances. Nous confectionnons une lunule avec les deux broches salvatrices suspendues à mon baudard.

Flavio est parti juste derrière moi mais il progresse avec lenteur. Il ne semble pas particulièrement à son aise et se retourne sans cesse pour constater que la longueur de corde ne cesse de s’allonger. T'inquiète Flavio, ça s'allonge c'est parce que c'est une corde dynamique [lors du passage en revue de notre matériel, Flavio nous avait demandé, en pointant du doigt les cordes, [static]? Mais bien sûr, nous sommes venus venu faire du canyon dans la cordillère Vilcanota]. Flavio est à notre hauteur et doit désormais traverser. Prudent, il plante sa [tornillero]... dans la neige. Avec un peu de chance, de temps et le soleil qui va bientôt arriver, elle va peut être geler.

Flavio, le visage crispé et les poings serrés sur ses piolets, traverse doucement vers nous. Nous lui demandons de désescalader un peu pour venir se mettre sous la crevasse et non dedans, puisque nous n'avons aucune certitude sur la solidité du bouchon. Il nous regarde l'air contrarié et continue par deux pas horizontaux. Flavio, ce n'est pas un souhait mais une injonction: tu descends. Les pieds à l'arrêt, il mouline du cerveau. Nous posons une grande sangle pour l'assurer. Je me penche au mieux. Passe moi ta corde Flavio. Mais Flavio ne bouge pas. Car Flavio se demande comment attraper sa corde sans lâcher un des piolets auxquels il est fermement agrippé. Évidemment, vu sous cet angle, ça va être compliqué. Passe moi ta corde. [Wait!!!] crache-t-il en se départant de son sourire mielleux, avant de parvenir néanmoins à s'exécuter. C'est bien Flavio, tu as fait 50 mètres, dont quelques uns en traversée, dans une pente à 45 degrés en excellente condition - à sa décharge, en dessous de la crevasse, la pente dont émergent des lames de rocher est expo. Dis donc Chéri-chéri, le proba, il vient tout juste de le passer? C'est comme le bouchon de neige : c'est relatif; nous n'avons pas la même notion du temps. Et concrètement? Dans 3 mois, Flavio sera [guia de montana]. Lunule. [Lu-nul..?]. Abalavov. [A-ba-la-kof?] Lacunes. [Laguna?]. Pendant que le Nanard arrive en randonnant et le sourire aux lèvres, Chéri-chéri complète la formation UIAGM de Flavio. Sans penser à préciser l'évidence : l'abalakov se fait uniquement dans de la glace. Comme les broches, quoi...

Nanard bascule la tête vers l'arrière pour prendre du recul, puis nous regarde en souriant. Il enfourche ses piolets avec enthousiasme, contourne la crevasse par la gauche, fait quelques mètres et jubile : ça sort sans peine et sans peur sur un replat au soleil! Sur la gauche, se dresse ensuite la pente terminale qui mène au sommet ouest. Honneur au rose. Mais, grâce à ma lenteur, Flavio me grille la politesse. Pas de vent au sommet, juste la bise du Nanard qui, me serrant dans ses bras, manque de m'étouffer.

Nous redescendons sur le replat. Par un court rappel, nous rejoignons la première crevasse. Chéri-chéri enchaîne le suivant. La broche de Flavio est toujours dans la pente et... Oui! Elle a gelée. Pascal la clippe pour faire un renvoi. Flavio part en second, après s'être emmêlé les pinceaux avec son huit. Il ajoute un prussik, sait-on jamais. Il traverse [lento, lento] jusqu'à la broche. Le regard de Nanard et son sourire en coin croise le mien. Eh oui, c'est pas facile de se faufiler à travers le mousqueton de la dégaine. Rentre le ventre mon garçon, ça va peut être le faire.

Le ciels se bâche. Entre les fissures, une lumière froide éclaire les reliefs du glacier. Nous suivons scrupuleusement notre trace de montée. Flavio tente bien la chute dans une pente mais il est entre de bonnes mains : celles de son client.

La moraine est fort heureusement courte mais pas moins éreintante. Flavio a la vigueur d'une glaire de mouche coincée entre le nul et le zéro. Il est rentré la veille à 22h30, après avoir fait l'Ausangate, dans la foulée du Mariposa Sur. On a beau être acclimaté, professionnel et bronzé, ça tanne. Nanard et Chéri-chéri ont le postérieur sur les roches, attendant chacun que l'autre se lève. Si je m'arrête, je ne repartirai pas. Dont acte. Je continue derrière un Flavio tellement apathique que [lento, lento], je finis par le doubler.

Un pantagruélique repas accueille notre retour victorieux : pop corn et [agua caliente]. Si encore nous avions une bière...! Le dîner apporte un agréable mais trop modeste réconfort - quoique j'en aie repris 3 fois : un morceau de truite saumonée que Flavio prétend avoir pêché la veille. Jardinage, alpinisme et pêche, la polyvalence du guide. Quant aux [patatas], nous les avons demandées à l'eau. Mais c'est comme l'abalakov. Nous aurions peut-être dû préciser l'évidence: [caliente], l'eau...

L'étape suivante est

Les photos dans un format pas trop pourri, ici

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