La Meije - Pic Oriental : Traversée Pavé >> Meije Orientale
{{ '2010-08-11' | amDateFormat:"dddd Do MMMM YYYY" }}

La Meije - Pic Oriental : Traversée Pavé >> Meije Orientale
{{ '2010-08-11' | amDateFormat:"dddd Do MMMM YYYY" }}

Application mobile

View and save your outputs directly on the field using the Camptocamp mobile application.

Licence

General

activities

frequentation: some

quality: medium

Rating

AD-     III 

heights

elevation_max: 3891 m

participants

Rozenn, Pascal

weather and conditions


Pas de regel
Grésil à quelques reprises, puis beau temps sur le parcours de l'arête qui était sèche (attention, il est tombé environ 20cm les 14-15 août)


Résumé : itinéraire splendide mais à faire de préférence en début de saison pour limiter les manifestations du "rocher-oisans"...

[i]Départ du refuge du Pavé[/i]. Nous avons re-cairné le sentier dans le pierrier qui permet de rejoindre le glacier de deux manières : soit (ce que nous avons fait), au niveau d'emplacements de bivouac, en descendant en contrebas dans des éboulis, soit (ce que la seconde cordée a fait), en continuant un peu plus haut (cairns) jusqu'à une vire sur une barre rocheuse (de nuit, nous n'avons pas réussi à voir où elle débouchait et sommes redescendus vers le premier passage). Le repérage [i]intégral [/i]de l'approche n'est pas superflu.

Le glacier supérieur des cavales passe encore bien (rimaye facile à franchir) mais la sortie est désormais en rocher (dalle et rochers faciles mais instables)

La rimaye après le col du pavé est bien ouverte mais il y a encore un bon passage.

Nous n'avons pas fait le Pavé mais avons tiré directement vers la brèche Casimir : cette montée est entièrement sèche, avec de nombreux blocs instables et peu protégeable [1 piton au niveau des pieds sur la vire après avoir quitté le glacier, ensuite ne pas compter mettre plus d'un point fiable tous les 25m...], ce qui résume globalement la qualité de la grimpe de l'itinéraire.

Descente de la Meije Orientale tracée et en bonne condition (si ce n'est l'absence de regel)

timing

Refuge-Meije : 8h15 + descente pas rapide vers l'Aigle

Départ [03h30]
Refuge du Pavé-Col du Pavé : 3h30 [07h00]
Pause 15mn [7h15]
Col du Pavé- Brèche Casimir : 1h15 [08h30]
Pause 15mn
Brèche Casimir-Meije Orientale: 4h [12h45]

hut_comment

[b]RESTAURATION [/b]

[b]Menu du restaurant **** de l'Aigle[/b]

Jurançon
Olives vertes
Lamelles de jambon sec
Dés de melon
Soupe de lentilles
Confit de Canard
Pommes de terres Sarladaises (graisse d'oie)et ses morilles à la crème ("au cas où ce ne serait pas assez gras")
Fromages des Courses
Tarte de l'Ours tiède (pâte feuilletée, pommes et raisins secs)

[b]Moralité[/b]

Les vertes Pyrénées n'offrent pas la même éducation culinaire que le [url=http://www.camptocamp.org/outings/229212/fr/soreiller-the-place-to-be-in-la-suite-aiguille-centrale-du-soreiller-arete-s-integrale] rude vallon du Soreiller[/url]

[b]HEBERGEMENT[/b]

Idée géniale pour augmenter la capacité d'accueil sans enfreindre le règlement : David a fixé en contrebas du refuge, dans les rochers, trois palettes sur lesquelles sont arrimées des tentes 2 places, dotées d'épais matelas et de duvet. Ce n'est, d'après le Nanard qui y a passé une nuit, pas le froid qu'il faut craindre mais celui du bruit du vent qui s'abat sur le refuge...

personal comments

De l'autre côté du bloc sommital de la Meije Orientale se dessinent d'abord ses yeux rieurs, puis le sourire qui étire sa joyeuse patte d'oie. Emmitouflé dans sa doudoune rouge, le Nanard m'accueille après une attente contemplative de 3h, durant lesquelles, le long de l'arête en arc de cercle, de gendarmes en cheminées, nous avons joué au chat et à la souris avec son regard. Un rendez-vous au sommet, les uns arrivés par le versant de l'ombre, l'autre monté seul par le versant du soleil. Rarement fin de course aura été aussi émouvante d'amitié

8 heures plus tôt, nous avons quitté le refuge du Pavé. Par une nuit sans lune et claquemurée de nuages sombres, l'approche du glacier supérieur des cavales, est une tranche de perplexité. Nous manquons les emplacements de bivouac repérés la veille et poursuivons la sente jusqu'à buter sur une barre rocheuse à la verticalité non négociable. Un cairn des plus affirmatifs git à son pied. Chéri-chéri s'engage dans la vire, à l'évidence aérienne, qui longe cette muraille mais sans parvenir à en trouver l'issue. Le son du torrent résonne (désagréablement trop) en contrebas. Faute d'image, la négation l'emporte. Nous faisons machine arrière pour rejoindre le passage envisagé la veille au niveau des bivouacs. Quelques roulis de pierres sableuses plus tard, nous prenons pied sur la neige. Molle.

La profondeur de champ n'excède pas une demi-douzaine de mètres. Je tente de me remémorer les circonvolutions du tracé, entre le torrent, le rocher, et les deux zones crevassées en glace. Chéri-chéri, dont le sens de l'itinéraire semble s'améliorer à mesure que la visibilité se réduit, m'intime de ne pas tirer trop à droite au moment où la seconde cordée nous dépasse. J'obtempère plus par fainéantise que par soumission: autant désormais nous mettre dans leur trace. Je comprendrai trois quart d'heure plus tard que j'avais tiré à droite trois quart d'heure trop tôt...

Le jour se lève avec le passage de la rimaye. Un rugueux grésil l'accompagne. Nous faisons glisser nos capuches sur nos casques. La fin du glacier se fait moins raide qu'imaginée, mais également moins neigeuse. Le col du Pavé nous révèle un cirque austère, minéral et froid. Splendide. De cet endroit, j'ai peine à discerner la montée à la brèche Casimir. L'itinéraire devient plus évident une fois la rimaye passée. La douce mélopée des pierres, celles qui roulent et celles qui volent, débute. Durant toute la traversée, ici sous nos pieds maladroits ou notre corde pernicieuse; là-bas, sur les pentes du Pavé ou du Pic Gaspard, sous les rayons du soleil qui réchauffe l'amalgame gelé, le fantôme de Newton répète inlassablement l'expérience de la pomme. Les projectiles s'engouffrent en bruits sourds dans les entrailles du glacier. Amateurs des Ecrins, ce n'est qu'aujourd'hui que nous comprenons ce qu'est véritablement le rocher de l'Oisans...

Soudain un sifflement diffus. Je me retourne. Personne derrière nous. Le sifflement reprend. Il est 10h. Chéri-chéri me désigne au loin, sur l'arête de la voie normale de la Meije Orientale, un minuscule bonhomme qui nous fait signe. C'est mon Nanard-de-poche-de-compèt-à-manivelle. Le partenaire de Chéri-chéri dans les représentations théâtrales du Port de la Mer de Glace (la pièce ne se joue qu'à guichet fermé). La seule personne capable de me supporter 32 jours d'affilés. Le seul homme que j'ai autorisé à prendre mon pied alors que je le connaissais à peine et qu'il me fait souvent mal au Bescherelle. Le propriétaire d'une prune dont on préfère ne pas vous dire de nouvelles. Bref, mon ami. Mon Nanard est là. Tout là bas, là-bas...

A mesure que nous avançons les perspectives se rectifient. Vu du haut, le glacier carré l'est bien moins (haut, pas carré) qu'il n'y paraît vu du bas. Notre route vers la Meije semble aussi désormais plus longue. Les différents gendarmes, initialement tassés les uns contre les autres, se détachent et étirent d'autant plus la voie en longueur. Nos souffles sont en revanche de plus en plus courts; les mouvements pour chercher le rocher solide sont plus athlétiques qu'il ne faudrait. Ce n'est plus la fragilité des points et le tirage qui limitent notre progression corde tendue, mais la perspective du repos le temps d'une longueur.

Un gendarme se déclinant en plusieurs dièdres et cheminées embarrasse notre choix et nous soustrait à la vue de Nanard. Chéri-chéri hésite, s'engage le long d'un dièdre dans une dalle parsemée de pierres. La sortie est douteuse. Il renonce et revient vers moi en désescalade, alors que nous progressions corde tenue. La main droite dans une vague fissure, les pieds posés sur une toute petite margelle, je jette un coup d'œil à l'unique point au dessus de moi : en attendant de rejoindre mon ami en rouge, le petit friend rouge est aussi mon ami... Chéri-chéri s'engage ensuite dans une cheminée plus verticale mais aux prises un peu plus franches. Il découvre avec satisfaction un relais qui doit probablement servir à la traversée en sens inverse. Il ne nous semble pas possible de reprendre le fil de l'arête dans un niveau IV+, aussi traversons-nous sous le dernier gendarme. Les retrouvailles se rapprochent alors subitement.

La fatigue me gagne. La (ma) redescente est pitoyable et gémissante, en dépit des blagues de mon Nanard. Une vraie Josiane. La neige est trop molle. La neige est trop dure. Il paraît que le rocher est bon mais j'en ai perdu l'habitude. Le piton... Ah, tiens, y'a un piton. Avec un maillon rapide. Ô joie et fin de la désescalade : un rappel ! Sur demi-cabestan. Rien de plus délicat pour ne pas solliciter l'unique point. Je parviens même à coincer la corde sur le côté lorsque je la lance, de sorte que le Nanard, déjà en contrebas, ré-escalade ce qu'il vient de désescalader pour me venir en aide. Troublante coïncidence, j'ai oublié de regarder l'heure à laquelle nous sommes parvenus au refuge de l'Aigle.

Et là, au refuge de l'Aigle, la barre est haute. Très haute, alors même qu'au printemps, on avait battu des records de papilles gustatives (pour le détail, voir la case dédiée). Nous jouissons à nouveau d'un refuge aux trois quarts vides. La soirée s'achève dans un concours de génépi.

Au petit matin, le Nanard est joyeusement pessimiste, en dépit de la délicate odeur de pain grillé qui incite à se lever. Il ne m'a pas entendu ronfler. Il n'a pas entendu la pluie. Il n'a pas entendu ma montre malencontreusement sonner à 02h45. Mais il n'a pas dormi affirme-t-il. Et ce pour la seconde nuit consécutive. Il décrète par conséquent qu'il renonce au Doigt de Dieu. Nous flemmardons avant de néanmoins nous vêtir, plier les couvertures, et déjeuner à la lueur des bougies. L'aube approche et dévoile un temps conforme aux prévisions : variable. En dessous, une mer de nuages. Au dessus une mer de nuages. Pris en sandwich, nous laissons les rayons du soleil rasant réchauffer le dortoir. Nos seuls colocataires, un guide et ses deux clients, s'équipent pour la Meije Orientale dont on n'entraperçoit que furtivement la rimaye. Nous attendons leur départ pour nous - le Nanard y compris - équiper. La Tête des Corridors demeure cependant obstinément nébuleuse. Je retire mon baudrier, ma veste et redéplie mes couvertures pour un petit somme. Le Nanard suit le mouvement, pendant que Chéri-chéri va se geler les doigts sur son appareil photo. Vers 9h la messe est dite : nous plions bagage. Faute de Doigt de Dieu, je m'enfonce une écharde sous l'ongle du majeur...

PS : Un grand merci à Tifred de s'être abstenu de me décrire préventivement la descente de l'Aigle dans les ressauts rocheux...

Associated routes

Associated articles

Associated xreports

Comments

No thread yet?

Log in to post the first comment

No thread yet?

Log in to post the first comment

{{::post['created_at'] | amUtc | amLocal | amTimeAgo}}
  • en
  • it
  • es
  • eu
  • ca
  • de