Petit Puigmal de Sègre : Depuis la station du Puigmal
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Petit Puigmal de Sègre : Depuis la station du Puigmal
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Aimery

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Explosions incessantes, autochenilles à l'assaut des pentes, rangers catalans en patrouille : aujourd'hui, c'est la guerre. Essayez donc de vous planquer au milieu d'un large vallon par beau temps. Même en imitant son roucoullement, je ne suis pas un lagopède variable, donc c'est mission impossible.

Pour que vous puissiez un peu mieux comprendre cette sortie, il est nécessaire de revenir 48h en arrière. Désireux de varier un peu des neiges ariégeoises que je pratique souvent à la journée, je décide de mettre à profit un week-end prolongé pour aller caresser les flocons des pyrénées orientales. Et oui, l'attrait du soleil, des pins à crochets, des petites combes qui n'attendent qu'une chose : être foulées par les skis du montagnard ariegeo-toulousain de passage.

Pourtant, l'arrivée la veille fut sportive, et une fois de plus je me fis la même réflexion : une aventure qui ne commence pas, ou ne contient pas une galère, n'en est pas vraiment une. Alors le passage après Ax dans la tempête de neige commençait à ressembler à quelque chose d'intéressant, je déplorai seulement qu'il condamne notre journée de jeudi à une inactivité forcée. Non que je déteste les conditions extrêmes, bien au contraire, mais j'ai toujours quelque répugnance à y entrainer mes compagnons d'infortune, craignant ensuite qu'ils ne m'en fassent le reproche pour les siècles et les siècles.

Donc sous la neige, en plein vent, par une température de -10°C, je ne fus vraiment inquiet que lorsque mon bolide fit un petit tête à queue au premier rond point de l'Hospitalet, alors que je tenais jusqu'à présent le volant d'une main de fer dans un gant de velours. Ma passagère ne semblant pas affectée par l'incident, je faignis de maîtriser la manoeuvre, mais mon contre-braquage n'avait pas du tout eu l'effet escompté. Voulant ménager mes chaussettes à pneu déjà à moitié déchirées, je commis une nouvelle erreur : les retirer avant le tunnel. Le redémarrage fut des plus périlleux, et le rechaussage à la sortie du tunnel, glacial. Mais côté PO, je commençais déjà à sentir les effluves méditérranéennes, et la vie me sembla tout à coup plus facile (la conduite, surtout).

Mais tout ceci me détourne du but initial de cette chronique : l'ascension détournée du Puigmal (quel nom bizarre et étrange à prononcer non ? Mais il est vrai que je ne suis pas du pays...). Alors voilà, il me fallait sélectionner un petit sommet inédit pour cette sortie en pays catalan. Aidé de mon petit guide et de la carte du coin, je repérai un itinéraire où les courbes de niveau semblaient relativement douces pour que la montée n'en devienne pas une abominable corvée et que les risques d'avalanches soient aussi modérés que possible. Le petit Pic de Sègre, juste à côté, était une cible idéale.

A la sortie de la station, j'en croyais à peine mes yeux : un paysage (presque) aussi beau que l'Ariège, un ciel de cobalt, une poudreuse à tomber par terre (ce que je fis plusieurs fois d'ailleurs à la descente), et un vallon sauvage, bien qu'à proximité d'une station. Une fois de plus, l'audace toute relative de ma démarche était payante. Je n'avais pas cédé à la tentation rassurante de revenir sur un itinéraire connu du genre vallée d'Eyne ou Bouillouses. La récompense était à proximité de spatule.

L'enfer n'étant jamais très éloigné du paradis, le vent forcit avec l'altitude, et les abords du col finirent par ressembler à l'expédition de Shakleton au Pôle Sud. Bon, OK, j'exagère, mais à peine. D'ailleurs, le vent décida de tomber au moment même où je pointais mon petit nez gelé au dessus de la dernière crête. Je vous dois un minimum d'honnêteté, et donc par prudence plus que par flemme, je décidai de ne pas pousser jusqu'au sommet. Clic clac, je grimpai prestement sur mes low tech, et slalomai sans trainer sur les 200 premiers mètres. C'est alors que je pus profiter pour la première fois de ma vie de skieur d'un petit bruit inquiétant produit par le manteau neigeux (du genre "Wouf", c'est le plus approprié, je confirme). Il valait sans doute mieux que nous evacuions le secteur, et c'est ce que nous fîmes fissa.

Voyant monter vers nous 3 randonneurs à skis, je décidai de les prévenir de la nature éminément instable du secteur. Malheur à eux, ils ne parlaient que catalan ! Alors que mon vocabulaire dans le dit idiome se limitait à "Ola", je réussis l'exploit de leur faire comprendre les risques qu'ils prennaient à venir se frotter aux pentes françaises. Mais ils me rassurèrent en disant qu'ils allaient plus à gauche. Je compris ensuite en les voyant descendre que je n'avais pas affaire à la crème catalane du free ride, donc que je n'aurai pas à rougir des nombreux trous que je creusais dans cette neige de plus en plus difficile à skier. La performance résidait surtout à ne pas laisser le devant des spatules entrer sous l'épaisse croute de surface, sous peine de s'arrêter instantanément en basculant la tête la première.

Ce n'est qu'en tentant une petite remontée de 300m depuis la fin de la piste que je compris le traquenard dans lequel je m'étais aventuré : la dameuse labourait ce versant fermé de la station, sans doute pour préparer l'afflux massif de touristes qui inonderait le pays dès le samedi, et les pisteurs faisaient exploser leurs charges (heureusement plutôt loin de moi, il faut croire qu'ils visent mal). Sentant le soleil et mes forces décliner, j'optai alors pour une redescente à la voiture. Je ne croisai personne, mais vis au loin un autre randonneur grimpant avec un chien. Peut-être Corto, croisé sur un forum C2C ? Je n'eus pas l'énergie d'aller le lui demander, et puis lui c'était de la triche, c'est son chien qui faisait tout l'effort. Non, je blague.

En tout cas, pour une première de la saison sous le soleil de l'orient, le week-end ne s'annonçait pas trop mauvais. Mais la sortie du lendemain viendrait-elle confirmer ces prémisses ? J'avais toute la nuit devant moi pour y rêver.

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