Raid : Des Merveilles à la mer
{{ '2008-08-04' | amDateFormat:"dddd Do MMMM YYYY" }}

Raid : Des Merveilles à la mer
{{ '2008-08-04' | amDateFormat:"dddd Do MMMM YYYY" }}

Application mobile

View and save your outputs directly on the field using the Camptocamp mobile application.

Licence

General

activities

quality: medium

Rating

T4 

heights

height_diff: +3111 m / -3825 m

Access

hut_status: open_guarded

participants

jjaillard

weather and conditions


Il y a des randonnées qui marient la mer et la montagne.
Nous avons réalisé cette petite traversée avec Marine (ma fille) en l'improvisant au tout dernier moment, sachant que nous avions une bonne semaine devant nous, que point n'était besoin de se presser, et que l'idée de rejoindre la mer à partir du refuge où travaillait Nicolas (mon grand garçon, et donc le frère de Marine) nous paraissait associer plusieurs intérêts.
Partir du refuge des Merveilles, et suivre les crêtes jusqu'à la Méditerranée, nous a paru naturel.
Le sud du Mercantour est presque une petite enclave empiétant l'Italie, et l'accès depuis Grenoble n'est pas particulièrement aisé, les routes y sont particulièrement tortueuses.
L'idée de partir là-bas en voiture pour 7 ou 8h de trajet me pesait énormément, et de toutes façons, la voiture n'est pas du tout adaptée aux raids en traversée, créant un nouveau problème pour le retour aux voitures !
Un rapide coup d'oeil sur internet, nous a permis de constater qu'il y avait une ligne SNCF qui desservait la gare de Saint Dalmas de Tende (départ pour l'accès au refuge des Merveilles), et que de nombreux horaires étaient accessibles tous les jours. La seule condition était d'accepter quelques changements de train.
Un autre avantage insoupçonné de prendre les transports en commun, est que l'on ne peut pas céder à la tentation d'emporter avec soi une multitude d'affaires que l'on laissera soi-disant dans la voiture pour le retour. On apprend à voyager vraiment léger, source d'un nouveau confort.

Nous n'avons pas hésité longtemps.

Et nous voilà parties toutes les deux de la gare Grenoble en milieu de journée pour arriver tranquillement à Menton en soirée. Nous décidons de dormir au camping de Menton ( à 20-25 mns de la gare, face à la mer) et de ne reprendre un train pour Saint Dalmas que le lendemain matin, pour couper le voyage. Il ne restera qu'une petite heure trente en train le lendemain, pour arriver à Saint Dalmas vers 9h après avoir remonté en train la jolie vallée de la Roya. De là il y a des navettes qui montent les touristes au lac des Mesches, pour les rapprocher du refuge des Merveilles ; mais n'ayant pas pensé à consulter les horaires auparavant, nous décidons de faire le trajet à pied jusqu'à ce lac. Ensuite, il y a un sentier doublé d'une piste qui monte au refuge, deux itinéraires très fréquentés, les gravures attirant de nombreux touristes. Mais c'est bien la dernière fois que nous croiserons autant de marcheurs, le GR52 étant, tout GR qu'il est, quasiment déserté sur la suite du parcours !
Pique-nique en cours de montée et arrivée au refuge des Merveilles en début d'après-midi pour y retrouver Nicolas occupé à servir ses omelettes et coca-cola aux nombreux vacanciers. Nous camperons pas très loin du refuge, et Marine s'offrira même le luxe d'une baignade au lac Fourcat.
Etant dans un parc National, le camping est autorisé au voisinage du refuge, sous la seule condition de monter la tente le soir après 19h, et de la démonter avant 9h le lendemain.
Nous avons passé une sympathique soirée au refuge, partageant exceptionnellement le repas des gardiens, petite communauté où humour et blagues sont visiblement la règle de base.

Le lendemain deux petites heures nous suffisent pour atteindre le sommet de la Cime du Diable. Auparavant, une petite erreur de parcours nous détourne de l'itinéraire standard. Bien nous en a pris ! Un chamois nous attend tranquillement au col du Diable et ne semble pas vouloir craindre notre arrivée. S'en suit une petite observation mutuelle à quelques mètres de distance...., puis notre chamois nous quitte sans plus de politesses. Ces instants furtifs sont toujours magiques.
Du sommet, le gardien nous avait conseillé de ne pas reprendre immédiatement le GR, mais de poursuivre une crête descendant vers le sud à partir du sommet : cet itinéraire semble évident du sommet, et surtout très esthétique. Nous retrouverons le GR un peu plus loin.
Nous sommes sur une crête en plein mois d'août, et malgré les ruisseaux indiqués par la carte sur les flancs de montagne, pas une seule goutte d'eau ne s'écoule dans les ravins. Encore sur les conseils d' Alex (le gardien des Merveilles), nous bifurquons alors pour bivouaquer et nous ravitailler en eau vers la Baisse (entendez col) de Camp d' Argent. Deux minuscules téléskis doivent y fonctionner en hiver, tandis qu'en été un gîte et un hôtel y accueillent quelques randonneurs et cyclistes. Le patron du gîte nous donne un conseil avisé pour planter notre tente au calme, nous fait découvrir un chemin difficilement visible sur la carte pour rejoindre les crêtes le lendemain, et surtout remplit nos gourdes d'eau à volonté. Un randonneur sans doute ! N'hésitez pas à vous y arrêter, il fait aussi d'excellentes tartes au cassis !

«Il vous faut à peine 5h d'ici pour rejoindre Sospel ! » nous a-t-il également dit ! Sans avoir l'impression de traîner, nous avons mis une bonne heure de plus le lendemain ( Donc certainement un randonneur rapide !).
Curieusement, c'est cette étape qui nous a paru la plus longue alors qu'il n'y avait que très peu de dénivelée positive. Le chemin suit une crête sur plusieurs kilomètres à peu près à même altitude, avant de descendre vers Sospel. Mais ce fut aussi la journée la plus chaude.

Sospel est un village semble-t-il très animé l'été ; on peut bien entendu s'y ravitailler en fruits et légumes frais, produits toujours très appréciés au cours d'un raid. Mais nous n'avons pas résisté non plus à la dégustation d'une crème glacée pour oublier la transpiration de cette journée.
Après une nuit au camping municipal de Sospel, nous sommes parties très tôt le lendemain pour éviter la chaleur.
Sospel n'est séparé de la Méditerranée que par une petite chaîne de montagne que nous traversons en franchissant le col de Razet. Un peu comme la Terre Promise, la vue sur la mer sitôt le col franchi, nous ravit et nous motive pour finir cette petite traversée de 4 jours. Nous arrivons relativement tôt à Menton dans l'après-midi, et bien que notre horaire nous permettrait de prendre un train pour retrouver Grenoble le soir même, nous décidons de prendre le temps d'arriver doucement et d'aller nous baigner dans la Grande Bleue.

Après une nouvelle nuit au camping de Menton, nous prenons un train assez tôt le lendemain matin pour Nice. L'horaire de notre prochaine correspondance, nous laisse suffisamment de temps pour prendre le tramway, et aller petit-déjeuner sur la plage Niçoise. Deux heures après, nous remontons dans le TGV pour Valence, où une correspondance immédiate nous ramène à Grenoble.

Au bilan nous sommes parties six jours, dont quatre jours de randonnée itinérante, et deux grosses demi-journées de transport en commun. Il est vrai qu'avec un voyage un peu moins improvisé, nous aurions pu allonger un peu notre raid pour « rentabiliser » davantage le déplacement, c'est-à-dire le rapport randonnée/déplacement. Mais ce qui importe le plus est que ce type de déplacement permet justement d'improviser des traversées, il n'y a pas de voitures à récupérer, et il y a à peu près partout des transports en commun ; nous gagnons en liberté d'esprit à ne pas être lié à la voiture.
Il ne faut surtout pas négliger non plus le gain total de fatigue 'que nous économisons à ne pas conduire sur un trajet long et difficile, comme cela aurait été le cas pour nous pour atteindre Saint-Dalmas.

Une expérience évidemment à reproduire !

Comments

No thread yet?

Log in to post the first comment

No thread yet?

Log in to post the first comment

{{::post['created_at'] | amUtc | amLocal | amTimeAgo}}
  • es
  • eu
  • it
  • ca
  • de
  • en