Lacs Robert : Boucle Chamrousse-Le Recoin - Lac Achard - Lacs Robert - Refuge La Pra - Cascade de l'Oursière

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Information

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activities

frequentation: some

condition_rating: average

quality: medium

participants

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Thomas Ribière

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elevation_access: 1700 m

height_diff: +1500 m / -1500 m

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access_condition: cleared

hut_status: open_non_guarded

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weather and conditions


Très couvert les vendredi PM (avec passages de brouillard épais et visibilité < 30 m), samedi et dimanche. Quelques éclaircies le samedi matin. Rares averses parfois violentes.
Températures nocturnes de 9-10°c vers 2000m.


A partir de 1950 m (2100 m sur versant franchement S), beaucoup de névés qui ne regèlent pas la nuit. On s'enfonce de 5 à 10 cm. Les ponts de neige sur les ruisseaux s'écroulent les uns après les autres, faire très attention.
Les ruisseaux sont TRES gros : passage pieds-nus du ruisseau descendant du Lac Claret (avant qu'il ne rejoigne celui descendant du Lac Merlat), tous les gués sont submergés, même à 8h45 le matin.

timing

Vendredi 30 mai, 13h00>17h00 de Chamrousse aux Lacs Robert.
Samedi 31 mai, 9h30>13h00 des Lacs Robert au Refuge de La Pra.
Dimanche 1er juin, 8h15>13h15 du refuge à Chamrousse.

hut_comment

Cabane Robert : matelas OK mais humides, intérieur propre, gond inférieur de la porte cassé, 12°c dedans. Abords côté E pleins de PQ détrempés par la fonte des neiges…
Refuge d'hiver CAF de La Pra : très propre, froid (9°c à l'intérieur). La cuisine tout-inox n'est VRAIMENT PAS CHALEUREUSE, quel dommage! NB : refuge ouvert fermé, les réservations ayant été annulées, les gardiens sont redescendus vers 15h00.

personal comments

J’ai entendu les merles à plastron apeurés s’interpeler comme le fil qui chante sur les sapins du Plateau d’Arselle, j’ai entendu les marmottes surprises siffler parmi les éboulis de l’Infernet et du Lac Léama. J’ai été réveillé par des bruits de souris le samedi matin entre le plafond lambrissé et le toit de la Cabane Robert. Mais les ronflements à peine perceptibles d’un jeune impétrant ne m’ont pas troublé au Refuge de La Pra – sept dormeurs et pas de gros ronfleurs, c’est assez rare pour être signalé ! Seul à Robert, j’entendais mon pouls battre, plus rapide qu’à l’accoutumée (l’altitude ?), phénomène rare alors que mon existence urbaine est rythmée par les scooters et les trains, par le son de la télévision, par les clics de la souris informatique et du clavier autrefois blanc. Là haut dans le ciel de Belledonne, caché par les nuages, des avions se laissaient deviner par le bruit faible de leurs moteurs.

J’ai vu d’innombrables fleurs étaler leur gamme de couleur, du blanc veiné de violet au jaune, en passant par le rose, par milliers et parfois exhubérantes sur les alpages exposés au sud ou dans les sous-bois, beaucoup plus rares et si petites dans les pierriers de la Combe de Jasse, ou sur les terrains trempés juste abandonnés par la neige. J’ai pu les observer ces marmottes qui, la surprise passée, restent figées sur un gneiss ou un micaschiste, promptes à disparaître plus vite qu’il ne faut pour le croire. Amusé, j’ai observé et photographié les crapauds copuler, immobiles ou dansant des arabesques nautiques dans les lacs Robert, laissant derrière eux des grappes d’œufs flottant sous la surface des eaux froides. Intrigué, j’ai observé et photographié les limaces noires ou orange goûter des fientes et des crottes (me rappelant par la même occasion des noms latins de parasites du chien), et s’accoupler à même le sol détrempé des sentiers forestiers. J’ai regardé, songeur, les sommets alentour, me disant que si le temps avait été plus clément j’aurais tenté d’en atteindre la cime – mais je suis raisonnable, voire peu courageux…

Sans plaisir mais avec appétit j’ai mangé d’infâmes fusilli en boîte le soir aux Lacs Robert, me disant qu’une autre boîte aurait somme toute été appréciée à sa juste valeur énergétique ! De même, d’indigestes sardines à l’huile m’ont rempli un bout d’estomac. Avec plaisir et appétit, j’ai fait un sort à ce saucisson sec d’Ardèche et à ce morceau de Morbier que j’avais bien pris soin de fourguer dans mon sac à dos, accompagnés d’une boule de pain complet. Il ne manquait qu’une bouteille de vin, trop lourde à monter, pour les faire descendre… Le sachet de thé m’a fait quatre services, au moins un de trop ; l’eau chaude était à peine teintée de brun.

J’ai maudit cette désagréable odeur de gaz parfumé qui s’est échappée de ma recharge quand, maladroit, je n’ai pas réussi à la fixer sur le brûleur ! Une recharge totalement gâchée, heureusement le dernier soir, et de l’eau froide le lendemain matin pour toute boisson (le thé n’était de toute façon plus utilisable). Le jet de gaz a imprégné mon pantalon et mon sur-pantalon, les autres jeunes occupants du refuge d’hiver de La Pra se demandant d’où venait cette terrible odeur. Je me suis vite habitué à l’odeur de moisissures des matelas auréolés d’humidité (seulement d’humidité ?) de la Cabane Robert. Mais j’ai avec bonheur humé l’odeur des sous-bois de Rioupéroux, fronçant le nez quand parfois s’immiscait une forte odeur musquée ! Et avec émotion l’odeur de vieux papier jauni me titillait alors que mes yeux dévoraient pour la énième fois cette édition en américain du Old Mand and the Sea d’Hemingway ayant appartenu à mon père, petit livre m’accompagnant là où la légèreté s’impose. Je me suis dit qu’après 3 jours je devais vraiment sentir fort pour qu’à peine débraguetté pour assouvir un petit besoin, les mouches ont accouru goulument vers mon entre-jambes.

J’ai senti le froid glacial du torrent descendant le lac Claret me saisir les pieds, heureusement de manière fugace, les cinq mètres étant vite franchis. J’ai presque crié lorsque la décompression rapide du gaz a gelé la bouteille bleue et qu’elle est restée collée sur ma main droite ! Je n’ai même pas dit merde quand j’ai glissé sur une large pierre trempée et que mon épaule gauche a encaissé l’impact, évitant au menton de s’y fracasser ; mais j’ai eu peur quand ma cheville gauche s’est brutalement pliée dans un mouvement tout sauf physiologique en descendant le pierrier interminable sous le Grand Pertuis. J’ai recraché ces fils de soie tendus entre les arbres, que le randonneur avale sur les sentiers forestiers.

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