Ben Nevis : Douglas Boulder
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Rozenn, Le Nanard de PdeC à Manivelle, Pascal, Le guide et le fantôme de Mr Courteroche

timing

Départ: 9h 30
Sommet: 14h

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L'éolienne censée alimenter le refuge en électricité était en panne. Cet incident réjouissait Mr Courteroche d'avoir finalement décidé de ne point s'encombrer de son respirateur électrique dans cette odyssée. Ce problème avait en effet été l'objet d'interminables tergiversations et l'occasion, pour Mr Courteroche, de nous le géométriser dans moult dimensions. La justesse de sa décision s'imposait aujourd’hui avec évidence. D'ailleurs n'avions-nous pas tous survécu? Lui, à ses apnées du sommeil. Nous, à ses ronflements. Abstraction faite que l'expérience de l'espace temps nocturne n'avait pas été la même pour tout le monde… La nature n'était cependant pas parvenue à surmonter la technologie moderne sur tous les fronts. Notre écologique dispatcher de remugle avait eu peine à rivaliser avec le chauffage au gaz. Nous nous étions tous réveillés imbibés de sueur. En l'absence de thermostat, on suggéra de se contenter de chaleur humaine la nuit suivante.

Sous ces latitudes la courbure du temps commençait à devenir perceptible. Au flux des tasses de thé et des toasts, nous nous faufilions avec volupté dans la distorsion de l'instant. Ce n'est que deux heures trente après avoir émergé de nos duvets que nous refermâmes la lourde porte métallique du refuge, cette fois précautionneusement emmitouflés. Le long d'un des murs de la bâtisse, cherchant une maigre protection contre le vent qui claquait ses quinteuses rafales, Ritchie, guide local accompagné de deux clients, accueilli son ami et collègue. Nous nous dirigions tous vers Douglas Boulder.

Nous cheminions dans une neige de plus en plus meuble et épaisse. Un tel terrain n'offrait pas à Mr Courteroche l'occasion de faire la preuve de davantage d'aisance que la veille. Je restai derrière lui, faisant office de (petit) chaperon (rose). Ce geste de solidarité présentait l'avantage égoïste de ralentir mon pas et de m'épargner ainsi une excessive transpiration. Car pour vaincre les âpres conditions climatiques, j'avais décidé de me garder de toute aération que les intempéries seraient susceptibles de trouver attractive.

Tandis que Ritchie s'équipait pour tirer une longueur droit dans la pente entrecoupée d'un bombé rocheux, nous contournâmes ce dernier. Nous poursuivîmes d'abord en traversée vers la droite. Puis, nous remontâmes la pente qui se raidissait. Ma bienveillance à l'égard de Mr Courteroche s'ébréchait pas à pas. Chacune de ses enjambées voyait la trace s'effondrer sous ses pieds, et Mr Courteroche se rétablir au niveau de son point de départ augmenté de l'épaisseur de la neige qui avait eu le temps de se glisser sous ses chaussures. Autant dire qu'on frisait la sclérose. Au moment où je m'interrogeai sérieusement sur la capacité du manteau neigeux à résister à ses assauts, une fulgurance cotonneuse leva le doute. Une plaque venait de céder au passage, non de Mr Courteroche mais de notre guide. La coulée de neige avait déstabilisé Nanard et achevé sa chute sur la tête des écossais. En retrait, fossilisés dans la traversée, Mr Courteroche et moi fûmes épargnés par la mésaventure.
Parvenu au pied du couloir, le guide me fit un signe que je m'empressai d'interpréter comme signifiant que je devais doubler Mr Courteroche, pour rejoindre rapidement mes deux compagnons de cordée qui se languissaient de moi. Je ne donnais là forme qu'à mes propres désirs. En réalité, il souhaitait seulement que je précède Mr Courteroche qui s'égarait trop souvent de la trace. Mais il était trop tard. J'avais bassement laissé aller à vau-l'eau dans la neige le pauvre Mr Courteroche.

Le vent devint plus tempétueux encore. Les spindrifts bavaient le long des parois puis, sans avoir le temps d'achever leur chute, remontaient en sens inverse, soulevés par les courants d'air ascendants. Nanard me regarda, l'arcade sourcilière dubitative, se demandant si nous allions véritablement nous engager dans la voie dans de telles conditions. Nous eûmes promptement une réponse de la part de notre guide. Et elle était positive. Nanard, Chéri-chéri et moi formerions une cordée de trois, lui s’occuperait seul de Mr Courteroche.

J'assurai Chéri-chéri dans une première longueur en neige dans le couloir. Je me retournai vers Nanard. Lui aussi était à pied d'œuvre et assurait Chéri-chéri. Je ne démêlai pas grand-chose de toutes ces cordes. Ma clairvoyance était passablement obscurcie par le brouillard. Avions-nous si peu confiance en notre leader qu'il faille l'assurer deux fois plutôt qu'une…? Nanard me fit comprendre d'un rictus persifleur qu'il assumait temporairement la tâche incombant normalement à Mr Courteroche – assurer le guide et non Chéri-chéri comme j’avais cru le voir … – afin de lui permettre de reprendre son souffle et de s'équiper avec toute l'attention requise par cette tâche. La précaution n'allait pas tarder à manifester ses effets.

[...]

Diaporama Douglas Boulder et Comb Guly Butress

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