Été 2008 : Les chantiers du Mercantour, attention nature en danger!

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Depuis quelques semaines, un grand projet baptisé "Les balcons du Mercantour" a démarré sur les hauteurs de Saint-Étienne de Tinée.

"Le projet des Balcons du Mercantour a pour objet la création d’un itinéraire de randonnée de haute altitude, reconnu internationalement, à l’image du tour du Mont Blanc, de Chamonix-Zermatt, des Dolomites, l’amélioration des équipements existants, la création de nouveaux équipements et l’inscription dans des nouvelles normes respectueuses du développement durable.
Le projet prévoit de créer un itinéraire de prestige, permettant de cheminer 12 jours durant, au départ de Saint-Dalmas-le-Selvage, au plus près de la crête franco-italienne, entre la Tinée, la Vésubie, la Roya et la Bévéra, sur un itinéraire total de 140 kilomètres divisé en 12 étapes de 10 à 12 kilomètres avec un dénivelé allant de 400 à 800 mètres par jour. 12 hébergements neufs ou réhabilités obéissant aux normes HQE seront installés au terme de chaque étape."
précise le Conseil Général des Alpes Maritimes.

Depuis début septembre, les travaux ont démarré au niveau du Lac de Rabuons avec la dépose d’un engin de type pelleteuse par hélicoptère et l'emploi par moments de dynamite à certains endroits du parcours. Les reportages, de TF1, de France 3 Côte d'Azur ainsi que celui réalisé par le Conseil Général permettent de se faire une idée des travaux:

La parution de ces informations ainsi qu’une photographie en Une de Nice-Matin le 1er Septembre ont déclenché des réactions d'inquiétude par rapport à ce projet parmi un certain nombre de pratiquants de la montagne.

Devant les nombreux points d'interrogation, et de crainte d'une dégradation du parc, une pétition a été ouverte demandant au projet d'être réalisé sur la base de travaux moins importants:
- http://www.ipetitions.com/petition/sauvons_le_mercantour/

Le projet apparait en fait comme démesuré, et si, globalement, les contestations ne se traduisent pas par une opposition ferme au projet des balcons du Mercantour, ils remettent en cause, la manière dont celui-ci semble avoir été mis en œuvre, mettant les pratiquants en quelque sorte devant le fait accompli.
L'absence de concertation ainsi qu'une réelle étude de l'impact environnemental semblent aussi faire défaut.

Une des volontés affichées du projet est d'ouvrir l'accès a la montagne au plus grand nombre, et en particulier aux familles (plus précisément, il s'agit d'en faire un "produit d'appel accessible à tout un chacun" selon les termes de M. Estrosi). Cet objectif peut paraître louable mais il semble que les moyens (un budget de 20M d euros) et les ambitions du projet, ainsi que les conditions de sa réalisation ne soient pas en réelle adéquation avec la réalité du terrain:

  1. La réalisation d'une piste dont la largeur avoisine 1m50 semble surdimensionnée pour y faire circuler des randonneurs et une trace de 40cm semble largement suffisante laissant de plus une empreinte beaucoup moins importante sur l'environnement.
  2. Un tracé alternatif existe déjà et passe par l'Italie. Son impact serait plus modeste sur le plan économique et écologique (pas de nouvelles constructions, car il y a des refuges tout près de l'autre côté de la frontière, pas de nouveaux sentiers) et les sentiers qui existent déjà pourraient être simplement aménagés aux endroits les plus délicats. Ce parcours transalpin est déjà décrit dans le guide Randoxygene du Conseil Général des Alpes maritimes et pourrait, par son aspect européen, largement remplir l'aspiration de renomée internationale du projet.
  3. D’autres sentiers qui existaient par le passé auraient pu être réhabilités. Le tracé décidé ne semble pas tenir compte de l'histoire des montagnes et de la topographie du terrain. Certains de ces sentiers plus en contrebas pourraient de plus utiliser les villages comme point de chute sur le trajet au lieu d'avoir recours à de nouvelles constructions au milieu de la montagne.
  4. L'utilisation de moyens plus doux pour réaliser le tracé, à la place d'explosifs et d'engins motorisés seraient souhaitables et sans doute plus adaptés, en particulier dans cette zone périphérique du Parc.
  5. Le terme "produit d'appel" donne une vision très consumériste et marketing assez inquiétante de ce projet, négligeant de fait les dangers inhérents a la pratique de la montagne en altitude. D'autre part Trek Magazine s'interroge, à juste titre, sur l'existence même d'un type de clientèle qui pourrait se reconnaitre dans ce format de randonnée.

Ce projet apparaît finalement démesuré par rapport aux objectifs annoncés dans sa mise en œuvre actuelle et suscite beaucoup d'interrogations et
d'inquiétudes sur l'avenir des zones périphériques du Parc mais peut être même aussi sur le Parc lui-même.

Aujourd'hui, où l'on essaye de sensibiliser les gens à l'écologie, où l'on parle de réduire notre empreinte écologique, ce projet paraît en
contradiction avec les ambitions affichées, notamment par Monsieur Estrosi qui soutient avec ferveur le projet tout en se proclamant être l'un des
plus fervents écologistes, comme il l'indique dans un article du point : Point.
On peut malheureusement constater le fossé qui persiste entre les paroles et les actes.

Ce projet, s'il donne lieu à un vrai débat, peut être une occasion exceptionnelle de montrer qu'on peut faire coexister enjeux touristiques et écologiques en ce début de XXIeme siècle. Maintenir le projet en l'état actuel ne ferait certainement qu'offrir une image rétrograde et dégradée de notre département.

On pourra trouver de nombreuses informations grace aux liens suivants:

Les forums où l'information a été débattue:

Le forum du mouvement : vigilance-mercantour

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