Ski de rando dans le Caucase centrale

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categories: stories

article_type: personal

author: José Picheral

quality: medium

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Nous avons passé 6 nuits au Refuge d’Ullutau (1350m - vallée d’Adyrsu), 3 nuits au Camp Elbrous (1950m - vallée d’Adylsu) et 5 nuits au Camp Benzenghi (2170m – vallée de Benzenghi). On peut relier les deux premiers refuges à ski lorsque les conditions le permettent, ils sont dans des vallées affluentes de la Vallée de Baksan qui nait au pied de l’Elbrous. Le refuge de Bezenghi se trouve lui, dans une vallée plus à l’ouest nécessitant une journée de transfert en bus et camion.

Un peu de géographie...

Jetons un coup d’œil à une carte générale du Caucase de l’université du Texas.
La chaine de montagne s’étend sur plus de 1000km entre la mer Noire et la mer Caspienne selon un axe SW-NE. Elle marque la frontière entre l’Europe et l’Asie, au Nord la Russie avec la trop célèbre république de Tchétchénie à l’E, au S la Géorgie et l’Azerbaijan. Le tout se situe autour du 43e parallèle, bref à la latitude de Marseille.
La chaîne ressemble aux Alpes à un détail près : le volcanisme. Détail non négligeable puisqu’il a donnée naissance à un drôle de cône incongru au en plein milieu de cette chaîne à caractère alpin : l’Elbrous qui du haut de ses 5642m ravi au Mt Blanc le titre de toit de l’Europe ! Mais on trouve aussi de vrais 5000m alpins, le plus haut d’entre eux le Dikh Tau culmine à 5203m dans la région de Bezenghi.
Nous nous sommes rendus dans la zone dite du Caucase centrale, proche de l’Elbrous (légèrement à l’Est). Il s'agit de la zone la plus haute de la chaine.

Quant à l’histoire des populations et aux diverses ethnies, c’est un « peu » compliqué, on peut trouver pas mal d’info sur l’article Caucase de wikipedia.

Logistique

Le séjour a été minutieusement organisé par George Tsao séduit l’an dernier par le Caucase lors d’un séjour avec un groupe du caf idf.

Agence

Il semble quasi impossible de tenter l’aventure sans une agence locale, d’une part en raison des nombreuses formalités à réaliser auprès des militaires et d’autre part pour obtenir l’ouverture des hébergements. Nous sommes partie avec l’agence New Route dirigée par Alexei qui est francophone. Nous étions accompagnés de Victor qui connait très bien la région et d’Andrei, tous deux extrêmement sympathiques et ouvert aux propositions : ils ont apparemment l’habitude de travailler avec des groupes français peut enclin à se laisser guider ;). Nous ne pouvons que chaudement recommander cette agence qui assure avec sérieux la logistique nécessaire, à des prix plutôt compétitifs.

Hébergement

Il s’agit de grands camps d’alpinisme qui date du soviétisme et qui sont à nouveau utilisés l’été. En hivers, ils ne sont pas ouverts sauf ponctuellement pour des groupes. Ils sont relativement confortables et bien équipés, ils assurent la pension complète et fournissent des vivres de courses, seul petit soucis, il semble diff[/url]icile d’obtenir un petit déjeuner avant 6h30.
- Le Refuge d’Ullutau (une vingtaine de places), est en fait un petit refuge à quelques centaines de mètres du grand camp. Il est fort agréable, on y mange très bien, l’électricité est là quelques heures pendant la soirée, les douches un peu capricieuses. Refuge gardé plus ou moins tout l’hiver car la vallée est fréquentée par d’autres agences qui viennent faire quelques jour d’acclimatation avant l’ascension de l’Elbrous. Mais vu la capacité restreinte du refuge et le nombre de possibilité dans la vallée, on ne croise jamais personne !
- Le Camp Elbrous est lui en bord de route, il est un peu tristounet et ressemble plus à un hotel, ne pas s’attendre à de la haute gastronomie et les repas servis sont un peu légers.
- Le Camp Benzenghi est composé d’un ensemble de chalets, très moderne, par contre il n’y a pas d’eau courante, mais il y a tout de même une douche artisanale et l’électricité est amenée par une ligne. Le réfectoire est un véritable frigo !

Cartographie

  • Les cartes militaires russes : dans ces régions d'alpinisme (ou de frontière ?) elles existent aussi au 1/50.000. Le relief y est relativement précis, par contre elles sont très pauvre en toponymes. Elles sont téléchargeables sur mapstor.com
    Les références des cartes utiles sont :
  • 050k--k38-026-1 (Adylsu N),
  • 050k--k38-026-2 (Adyrsu, Adylsu),
  • 050k--k38-026-3 (Adylsu S),
  • 050k--k38-027-3 (Bezenghi)

  • Vallée de Baksan : On trouve dans le commerce une carte en alphabet latin, intéressante car les noms de nombreux sommets y est reportés mais elle est quasiment inutilisable sur le terrain pour l’orientation et comporte un certain nombre d'erreur. Référence : CENTAL CAUCASUS – ELBRUS - THE UPPER BAKSAN VALLEY MAP AND GUIDE 1/50 000.

  • Vallée de Bezenghi : Il existe un carte réalisée par Alpindustria avec les noms de sommets en Cyrillique et les difficultés des principaux itinéraires, mais elle est difficile à trouver si ce n’est sur ce site.

  • Topoguide russe : Le site russe fournit une cartothèque en ligne assez complète ainsi que le texte et les schémas des topo d’alpinisme dans le Caucase Centrale.

Transport

  • En avion : Paris-> Moscou(3h)->Mineralnye Vody(3h), environ 500-600€ en avril 2007.
  • Transfert en minbus : Mineralnye Vody-> refuge Ullutau, 200km en minibus(4h) puis camion(10km,1h)
  • Transfert en minbus : Camps Elbrous -> Camps Bezenghi-> 300km en minibus jusqu'à Nalhik puis minibus 4x4 jusqu’à Bezenghi (route puis piste chaotique dans la vallée de Bezenghi) et enfin camion militaire jusqu’au camp (20km, 2h !)

Climat et enneigement

Nous avons eu une année avec peu de neige (limite vers 2000m-2600 selon les versant). Le temps est souvent instable au printemps, nous avons eu ce type de temps avec un cumul de précipitation important (plus d’1m de neige) mais sans vent et avec des températures douce permettant une stabilisation rapide de la neige. Nous avons observé presque tout au long du séjour un phénomène d'accumulation des nuages au Sud de la crête principale, avec en conséquence un fort vent de Sud.

Au jour le jour

Un autre point de vue du séjour est disponible sur le blog de Guillaume. Attention c'est bien écrit mais c'est long... très long !

Une sélection de photos est disponible sur mon site perso ainsi que sur les pages photos du site de Guillaume.

Jour 1 : Un long voyage

Roissy 00h20, c’est partit ! Moscou 6h heure locale, il neige, transfert de terminal un peu speed pour embarquer dans un bon vieil avion Aeroflot comme il se doit… Mineralny Voldy, dans les grandes plaines au nord du Caucase, ambiance plus printanière, Victor et Andrei de l’agence New Route nous attendent, c’est parti pour 200km de minibus. Premières impressions sur ce pays de contraste que je ne connais pas, infrastructure impressionnante : je n’imaginais pas que de belles autoroutes les immensités des champs de la plaine du Caucase au fin fond de la république de Kabardino-Balkarie, embouteillage d’en un immense centre commerciale aux allures de marché aux puces, check point militaire par ci par là.
Plus loin on se rapproche des montagnes par la vallée de Baksan, grande vallée minière avec toujours d’impressionnantes infrastructures pour ces mines de métaux précieux abandonnées depuis la pérestroïka. Mélange des genres : la grande route traverse des villages aux petites habitations pauvres aux allures de préfabriqués sur un modèle identique, rues en terre fréquentées par des habitants souriants tirés à 4 épingles, les vaches, elles, traversent la route avec nonchalance. Ces Préalpes n’ont rien à voir avec ce que je connais des Alpes : plus arides, vallées immenses et quasi rectiligne qui semble s’enfoncer sans fin dans le massif. Cette Vallée de Baksan s’avance en fait jusqu’au pied de l’Elbrous. Formalités à Tyrnyauz, dernière ville de la vallée, ville fantôme depuis la fermeture des mines, pourtant les habitants sont toujours là, souriants, de quoi vivent-ils ? Cette vallée traversée trop rapidement reste un mystère…
Un peu plus tard, on abandonne notre bus et nos principes pour un camion 4x4 de l’armée, un ingénieux ascenseur à camion permet de franchir un verrou, 1h pour le contrôle militaire d’accès à la zone frontalière et on repart pour les 10 dernier km éprouvant jusqu’au refuge .

A suivre...

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