- Document type:climbing site
- Longitude:6° 28' 2.27" E
- Latitude:46° 47' 22.34" N
- Elevation:1350 m
- Number of routes75
- Maximum grade7a
- Minimum gradeIII
- Average grade5b
- Maximum height120 m
- Minimum height5 m
- Fixed anchor:well bolted
- Climbing stylesslab, vertical, overhanging wall
- Rock typelimestone
- Site type:single-pitch
- Children:suitable
- Rain:exposed
- Facings:NW, W, SW
- Prime season:August, September, October, November, December
- Export: GPX KML JSON
Jolis jeux de falaises, et il y en a pour tous les goûts. De la couenne à plusieurs longueurs, tout y est. L'équipement est bon et le rocher encore bien adhérent.
Un jeu de coinçeurs ou friends n'est pas superflu pour certaines vieilles voies sous la croix.
Pas mal de nouvelles voies dans la paroi sommitale mais généralement assez dures. (Ouvertures/Equipement: D. Cochand, M. Cochand, M. Demont - 64 voies - , C. Forestier, C. Lévy, P. Roth, Ph. Verstraete, W. Heiss, F. Nicole, C. Pletscher) .
Topos:
- Historique: Escalade dans le Jura, Volume 1, Club alpin suisse, Maurice Brandt.
- Actuel: Jura Plaisir, Editions Filidor, J. Von Kaenel (www.filidor.ch)
- Un topo et plan des secteurs est disponible sur le site http://clubmontagne.epfl.ch/newversion/grimpe/topo_es/
Historique:
Les Aiguilles de Baulmes, dans le Jura Vaudois, ont vu passer plus d’un ouvreur. Entre 1931 et 1961, des grimpeurs réputés y avaient usé leur fond de culotte et tracé de beaux itinéraires (J. Margot, E. Bugnon, M. Brandt, P. Tüscher, Ch. et R. Martin, R. Pfister, A. Hösli, E. Reymond, R. Bornand, E. Domenighetti, G. Miedinger.)
Dès 1957, une nouvelle génération de grimpeurs s’attaque aux problèmes encore non résolus. Alors que la difficulté des voies existantes culmine dans le degré V en escalade libre (très grandes difficultés) et le A1 en escalade artificielle (difficile), M. et D. Cochand, M. Demont (auteur de plusieurs ouvrages traitant d'escalade et d'alpinisme), C. Forestier, C. Lévy, ouvrent des itinéraires allant jusqu’à VI (difficultés extraordinaires) et A3 (extrêmement difficile).
Le ‘Surplomb des Choucas’, ouvert le 17 septembre 1967 par D. Cochand, M. Demont et C. Forestier en est sans doute l’exemple le plus significatif. Cette voie directe, dans la grande paroi, sous la croix sommitale, présente une succession de parties surplombantes. Très sévère, très soutenue, très exposée, trente-six années après son ouverture elle pose encore des problèmes insurmontables à plus d’un grimpeur.
Sur le flanc W de la Grande Arête est achevée la difficile voie nouvelle ébauchée par Raymond Collet, un jeune grimpeur et alpiniste yverdonnois prometteur, noyé et étranglé par la corde de sécurité qui le reliait à son dinghy lors d’une tentative de descente des Gorges de l’Orbe à la fonte des neiges.
A cette époque, on grimpe en lourdes chaussures d’alpinisme. On est encore tributaires des faiblesses du rocher, de ses fissures, de ses trous dans lesquels on chasse les pitons et les coins de bois nécessaires à la protection et à la progression.
Sous l’impulsion de deux guides professionnels, D. Cochand et M. Demont, l’Ecole d’Alpinisme Les Choucas est créée.
L’entreprise s’installe à la Gittaz sur Ste-Croix, dans la ferme inoccupée ‘Bel Horizon’, à quelques minutes à pied des Aiguilles. La grange est transformée en salle d’escalade (peut-être bien une première mondiale). Quelques murs de béton compact sont franchis en escalade artificielle au moyen de tampons d’acier de 5 mm de diamètre originellement destinés à suspendre des tableaux à une paroi. D'autres le sont en libre grâce à des prises en bois fabriquées artisanalement et installées à demeure. Les murs de pierres jointes ‘passent’ en libre. Quant aux poutres de la charpente, elles forment autant de surplombs et de dévers que l’on souhaite, et se franchissent en ‘artificielle’, sur étriers.
Un partie de la clientèle vient de Belgique. D. Cochand, extraordinairement énergique, créatif et convaincant, a obtenu que le certificat de ’Moniteur d’escalade’ délivré par l’Ecole à ses clients du Plat Pays soit reconnu à l’échelon ministériel.
A ‘Bel Horizon’, l’Ecole d’Alpinisme Les Choucas offre les guides, le gîte, le couvert et tout le matériel nécessaire. On n’hésite pas à jeter les clients en bas du lit en pleine nuit pour un exercice de sauvetage. Les candidats moniteurs doivent se débrouiller pour aller récupérer un blessé suspendu à mi-hauteur du pilier des Aiguilles, dans une voie très difficile. A eux de le trouver, de l’arracher à sa position, de le panser et de le transporter. L’objectif est de rendre les clients autonomes. Dès le début du cours ils doivent grimper en tête de cordée. Les itinéraires propices à la doctrine de l’école, dans les degrés de difficulté allant jusqu’au IV+ (importantes difficultés) sont nombreux, mais ne comportent aucun point de protection. D. Cochand et M. Demont se lancent dans l’équipement systématique de la Petite Arête, de la Grande Arête et de leurs satellites, au moyen de broches scellées avec du ciment prompt. Creuser dans la roche, au burin et à la massette, un trou suffisamment profond, demande plus d’une heure de travail harassant en suspension au bout d’une corde. Dès que c’est fait, il faut descendre, préparer le mélange de ciment et d’eau, remonter sans tout renverser… et se grouiller de finir le travail avant que la truelle ne reste inexorablement collée à la boîte de conserve contenant le produit à prise rapide. Ces broches servent aujourd’hui encore à la sécurité des grimpeurs.
Dans le même temps, D. Cochand invente le harnais d’escalade et met au point une nouvelle technique d’assurage basée sur un nœud auto-bloquant, le ‘nœud Cochand’. Ce nœud génial fera beaucoup parler de lui : c’est en essayant de convaincre le directeur de l’Ecole de Haute Montagne d’Andermatt, Peter Baumgartner, de l’exceptionnelle efficacité de l’invention… que D. Cochand et M. Demont arracheront un radiateur, provoquant ainsi une inondation catastrophique et plusieurs rhumes de cerveau.
Tout ce remue-ménage ne passe pas inaperçu. A quelques-uns cela déplaît. Un membre éminent du club montagnard local juge bon d’accrocher, bien en vue au pied de la Grande Arête, un panonceau portant des inscriptions injurieuses. Mal lui en prend, une plainte est déposée et le coupable identifié dans les heures qui suivent. Condamné par la justice, il doit verser une forte somme. Un autre essaye, sans y parvenir, d’arracher le matériel mis en place. Les traces de ses vains efforts sont encore visibles au sommet de la Petite Arête où une ferraille martelée et tordue redit la petitesse du bonhomme.
Au cours de cette période, le Pilier est plusieurs fois entièrement déséquipé. Il s’agit cette fois de l’œuvre d’un petit groupe de très forts grimpeurs (dont je tairai les noms) pour qui la fauche est un art de vivre. Une des règles de base à observer par les membres de cette association est : ‘il est interdit de visiter un magasin de sport sans y voler quelque chose’. Les mêmes cultivent une forme d’humour bien particulière. Il y a dans une grande voie très difficile du Creux du Van un piton si haut placé que, à moins de mesurer trois mètres au bas mot, les grimpeurs n’arrivent pas à l’atteindre. Un jour quelqu’un y fixe à demeure une longue cordelette à laquelle désormais on se hisse. La fine équipe trouve très spirituel de relier la cordelette au piton par une chambre à air de vélo… et invente ainsi le grimpeur yo-yo.
Les Choucas élargissent leur champ d’action. Ils ouvrent à la Râpe (une des voies, la ‘Rüttimann’, porte le nom d’un client qui deviendra un fort alpiniste ; membre de la ‘Commission cantonale des guides de montagne’, trente-cinq ans plus tard, il trouvera la mort lors d’un entraînement pour la ‘Patrouille des Glaciers’ alors qu’il tentait de secourir des compagnons en difficulté.) Le Suchet aussi les voit passer, juste le temps d’ouvrir une seule voie dans ce qui est devenu depuis la ‘Dalle des Guides’. Enfin, leurs pas les conduisent vers les Gorges de Covatanne où M. et D. Cochand réalisent des parcours impressionnants.
Daniel Cochand optera finalement pour l’enseignement et le pastorat, Maurice Cochand pour l’enseignement universitaire, Claude Forestier pour l’informatique, Albert pour la menuiserie. Guy Genoud et Marcel Demont sont aujourd’hui encore ‘guides à plein temps’.
L’Ecole d’Alpinisme Les Choucas a fait son temps.
D’autres grimpeurs, plus jeunes, interviennent à leur tour et laissent une trace sur les rochers : Y. Rémy, G. de Simonetta, M. Ziegenhagen. Puis d’autres encore : Ch. Pletscher, J.-D. Carrard, A. Dufresne.
Plusieurs drames endeuillent le lieu. A des époques différentes, trois grimpeurs solitaires y perdent la vie après dégringolade. ‘Petit Peg’ Perrinjaquet, chef OJ de la section Yverdon du CAS, paie lui aussi le prix fort suite à une chute. Une jeune fille se suicide en se jetant en bas des rochers, la voie ‘Why ?’ lui est dédiée. Enfin, un meurtre y est commis, du sommet de la haute paroi sud un homme pousse son épouse dans le vide.
D’autres gamelles se terminent singulièrement bien. Lorsque, en hiver, en solo et les doigts engourdis par le froid, je lâche les prises encombrées de neige et de glace d’une voie cotée V+ dans la partie haute de la Facette de la Petite Arête ‘Secteur Népalais’, je tombe dans les bras tendus de M. et D. Cochand. Leur parade évite à mon ossature d’avoir à subir des dégradations considérables, nous roulons de concert vers le pied du raide pierrier sans avoir à souffrir d’atteintes irréparables.
Le matériel vieillit, rouille, disparaît. Au début des années quatre-vingt-dix le ronronnement de la perceuse autonome remplace le battement rythmé des coups de marteau. L’escalade a évolué, on grimpe en chaussons, on s’entraîne à longueur d’année, le niveau moyen est plus élevé. Les goujons à double expansion remplacent les clous de forgeron. N’étant plus tributaires des fissures pour poser les points d’assurage on ouvre des voies dans le rocher compact, en pleine dalle que l’on perce pour poser les ‘spits’. Toujours en activité, je consacre bénévolement plusieurs mois à plein temps, à ré-équiper toutes les anciennes voies devenues impraticables et à en créer plusieurs dizaines de nouvelles correspondant aux critères les plus modernes. Peu de temps après la fin du travail, les plaquettes et les relais sont volés, les spits cassés, le nom des voies effacé. La plainte déposée pour vol et mise en danger n’a, à ce jour, pas encore abouti.
Bis repetita placent.
Actuellement, une nouvelle équipe est à l’œuvre aux Aiguilles. François Nicole, Walter Heiss…, des grosses pointures.
Il est temps que je me retire, avant de me faire traiter de vieille barbe et interdire de perceuse.
Environnement :
Superbe. Attention aux chutes de pierres. C'est le point culminant des Auguilles de Baulmes. Il est indiqué par une croix. Le rocher n'est pas toujours solide. Belle escalade dans un site bien dégagé. Voies souvent agrémentées de pins.
Rocher :
Voies de plusieurs longueurs. Moulinettes parfois possibles sur la 1ère longueur.
Equipement :
Chaîne aux relais.
Attention certaines deuxième longueurs sont équipées 'espacé'.
Prévoir quelques friends et sangles.
Pour la voie d'artif: prendre sangle, quelques pitons, 2 crochets + coinceurs et friends.
Depuis la Suisse: Yverdon-Baulmes-Col de l'Aiguillon. Deux parcs possibles: au pied de la grande arête ou au col à côté des "Toblerones".
Depuis la France: Pontarlier-Les Fourgs-L'auberson-Col de l'Aiguillon.
En rappel ou par un couloir à l'Est en désescalade
No outing is linked to the route
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