Ailefroide Occidentale: Pilier central (voie Devies-Gervasutti)

  • Activities:
  • Min / max altitude:
    3192m / 3954m
  • Elevation gain / loss:
    +1000m / -1950m
  • Altitude where difficulties start:
    1950m
  • Difficulties height:
    1000m
  • Approach height:
    -1242m
  • Configuration:
    face
  • Main facing:
    NW
  • Route type:
    traverse
  • Duration:
    1 day
  • Global rating:
    ED-
  • Commitment grade:
    V
  • Quality of in-place protection:
    P3
  • Free and required grade:
    5c
Summits, passes, lakes and cliffs:
Ailefroide  3954m r
Huts, usual bivis and valley accomodation:
Access points:
La Bérarde  1600m to 1700m - r
Pré de Madame Carle  1500m to 1874m - r
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La face NW (et son éperon central) est l'une des plus imposantes faces du massif des Ecrins. La voie Gervasutti emprunte une ligne logique en son centre sur un pilier caractéristique. L'itinéraire offre une escalade relativement soutenue sur ses 2/3 supérieure, dans une ambiance exceptionnelle des faces N de l'Oisans. La face, haute de près de 1000m, impose aux cordées une marge technique certaine afin de pouvoir la gravir à la journée. Un grand nombre de cordées bivouaquent néanmoins dans la face, au sommet ou à la descente.

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Topo Ailefroide, Devies-Gervasutti

Approche

Si l'on a choisit l'option bivouac (Coste Rouge ou pied de la face), l'approche est triviale (30min environ).

Depuis le refuge Temple-ÉcrinsPrévoir 1 h 30 à 2 h 30

Du refuge, prendre le sentier du col de la Temple. Au niveau d'un petit lacet isolé (point coté 2618) quitter le sentier pour continuer tout droit à niveau ; il y a une vague sente sur les dix premiers mètres mais elle disparait rapidement. Passer un petit torrent, poursuivre tout droit à niveau, ne pas monter dans les barres mais rejoindre un couloir facile (cairn), assez bien visible sur la carte,  qui permet de franchir la ligne de barres (cairn) et d'arriver sur l'épaule bien marquée située au pied de l'arête W du Pic de la Temple.
Continuer en légère ascendance jusqu'au glacier de Coste Rouge.

Du Pré de Madame Carle (1874m)3h (fond du cirque + 1h (Col de Coste Rouge)

Prendre le sentier du glacier Blanc. Le quitter au 3ème lacet pour prendre à gauche un sentier qui permet de remonter la moraine en rive gauche du glacier Noir. A son sommet (2445m) laisser sur votre droite des gros blocs (bon bivouac des Balmes de François Blanc) et la quitter en descendant sur le glacier (cairn).
Traverser en direction du rognon rocheux à l’extrémité de l’arête E du pic Coolidge (2540m). Traverser en montant à gauche par une pente de neige et remonter directement le glacier (cairn) pour atteindre le plateau supérieur de la branche S du glacier Noir. Poursuivre tout droit vers l'W pour atteindre le fond du cirque. Ou prendre rive gauche (à droite), passer la base de l’éperon rocheux à l'E  du col de la Temple, remonter des gradins et des dalles faciles sur 100m, traverser à gauche vers le glacier pour trouver un très bon bivouac.
Le fond du cirque est fermé par l’aiguille de Coste Rouge (3252m) entouré de 2 brèches. Le col de Coste Rouge (3192m) est la brèche caractéristique au sud (à gauche) de l’aiguille de Coste Rouge. Traverser vers la gauche sous l’aiguille de Coste Rouge pour rejoindre et gravir rive gauche le couloir de neige donnant accès au col. Bivouac au col, versant glacier noir.

Itinéraire10 à 14h

Ligne générale

On remonte une rampe (dalles rocheuses) sur un contrefort situé rive droite du grand couloir, puis l'on gagne un éperon bien visible qui borde à gauche la première plaque de glace. Cet éperon se termine en une tour décollée bien visible. On attaque la partie supérieure par le fameux passage des dalles grises puis on contourne une zone raide par un crochet à droite. Le dernier mur se franchit par un dièdre-cheminé de 100m fermé par un toit bien visible du Plan du Carrelet.

Attaque

L'attaque de la voie se situe au niveau d'un renfoncement neigeux sur le coté gauche du grand cône de neige issu du couloir de Coste Rouge (c’est le même que celui au pied des plaques de glaces). Des vires vers la gauche permettent de gagner le pied d'une première cheminée.
Il est également possible de remonter le cône de neige à gauche de celui du couloir de Coste Rouge et de prendre des vires en montant vers la droite pour atteindre le pied de la cheminée.
Enfin, vu la baisse du niveau du glacier, on peut aussi prendre pied au point le plus bas de l'éperon, et remonter des gradins gris facile jusqu'au grand dièdre.

Grand couloir et pied de la tour rouge

  • De l'attaque, gravir la première cheminée, 3b, puis un très grand dièdre oblique à droite (rampe) par son fond puis les dalles de son flanc droit, 4b. Petit à petit, la zone de dalles se resserre ; au sommet des dalles on franchit un court mur par une fissure, 4c, relais sur deux pitons à la sortie.
  • Par une vire facile on gagne le fond du grand couloir.
  • Monter 15m dans le couloir pour pouvoir gagner facilement les rochers à droite (risque de chute de pierres). Monter sur un peu plus de 100m jusqu'au pied d'un ressaut raide, 4b max.

Du grand couloir au sommet de la tour rouge

  • Le ressaut raide s'attaque par une fissure-dièdre grise et noire très bien visible au centre, 2 pitons au pied. Gravir cette fissure-dièdre, 5c, et en sortir à droite par une dalle lisse 5c.
  • Poursuivre par une autre fissure noirâtre et mouillée au-dessus, 5b/c puis 4c. On peut contourner cette deuxième fissure par un "râteau de chèvre" dans du rocher orange clair, une dizaine de mètres à droite de la fissure noire (5c puis 4c, très franc, protégeable).
  • Gagner alors le fil du pilier. Gravir le fil sur plusieurs longueurs : petit mur raide, petite brèche, zone de blocs, dièdre gris avec fissure large, ... plusieurs passages en 4c. On arrive au pied d'un ressaut raide ; le passer légèrement sur la droite, 5b.
  • Enjamber une brèche étroite pour prendre pied sur le dernier ressaut. Le gravir par une fissure sur son fil (très bon rocher rouge), 5b/c ; puis poursuivre par des fissures moins raides en oblique à gauche jusqu'au sommet de la tour. À noter que le Labande décrit ce dernier ressaut par un dièdre gris situé à gauche du fil du pilier (5c). Il est en moins bon rocher que la longueur sur le fil du pilier proprement dit.

Franchissement des Dalles Grises

L’escalade est assez exposée et on n'est pas non plus à l'abri des chutes de pierres. On y trouve cependant pas mal de bons pitons, et des fissures pour placer petits coinceurs et mini-Friends.

  • Par une courte arête neigeuse, gagner le pied des dalles grises. Monter tout droit puis légèrement vers la droite (1 piton), relais sur deux pitons au pied du ressaut raide.
  • Grimper d'abord droit au dessus dans une vague ligne de fissures (5b), puis en légère oblique à droite (5c), dalle souvent mouillée ou verglacée, puis revenir vers la gauche pour faire un bon relais confortable au pied d'une bonne fissure souvent mouillé, 30m depuis le premier relais.
  • Suivre la fissure en montant vers la droite (4b) puis tout droit vers un mur raide. Contourner le mur raide par un petit crochet à droite pour revenir sur la gauche (5c), relais sur deux pitons.
  • Monter au dessus légèrement à droite pour contourner un premier toit puis revenir à gauche pour passer sous un second toit (5b).
  • Une longueur plus facile en oblique à gauche, mouillée mais pitonnée, permet de gagner la grande vire en arc de cercle.

Jusqu'au sommet

  • Suivre facilement la vire vers la droite, neige/glace ou mauvais rocher, jusqu’au pied d’une cheminée de rochers brisés souvent verglacés. Gravir la cheminée (4c, 10m) et remonter un raide couloir (glace ou neige) pour atteindre une bonne épaule. La présence de glace rend délicat ce passage. - Une variante, souvent en meilleures conditions, permet de contourner ce passage par la droite, sur le pilier (4c). Revenir à gauche pour atteindre l’épaule. –
    De cette épaule, gravir un second couloir plus court par son fond, ou par les rochers à gauche (5a) mais rocher bien meilleur.
  • On arrive alors au pied d'une rampe ascendante de droite à gauche que l'on remonte (mais PAS jusqu'à son extrémité), en passant sous un "nez" caractéristique, et même un peu plus pour gagner le pied d’un grand dièdre-cheminé fermé à son sommet par un immense surplomb (4b).
  • Gravir ce dièdre-cheminé par son fond et son flanc gauche sur deux longueurs (5b, cascade d’eau ou de glace). Sous les toits, par des vagues rampes traverser à gauche (5c, nombreux pitons, eau ou glace) pour rejoindre un bon relais (3 pitons).
  • Poursuivre tout droit (4c) pour rejoindre l'arête sommitale à droite (W) de l'antécime 3946m de l'Ailefroide occidentale, ou monter vers la gauche par une vire ascendante facile pour sortir à gauche (W) de l'antécime 3946m.

Variante des laminoirs

Une belle variante de sortie évite la cheminée glacée et le toit avec douche, en continuant la traversée vers la gauche jusqu'au bout du système de vire. On le quitte par un pas en traversée descendante à gauche (5c), puis on monte vers une dalle très lisse à gauche, surmontée d'un laminoir (6a), et, après un court mur, on entre dans un dièdre étroit, nouveau laminoir (6a). De la vire qui suit (bon relai) partir à droite sur une dalle rouge, un dièdre et un éperon en superbe granite. Terminer par une traversée facile à gauche, puis un dièdre facile à droite.

Descente

Voir la photo
Suivre facilement l’arête, vers l’E, sur quelques centaines de mètres, jusqu’au point où l’arête plonge sur la brèche de Coste Rouge juste avant une large pointe caractéristique situé avant la pointe de l’Ailefroide Centrale.
De la brèche de Coste Rouge, un 1er couloir raide, encaissé et souvent englacé, descend versant sud. Ne pas prendre ce couloir mais revenir légèrement en arrière (W) pour prendre le couloir précédent (2ème couloir depuis la brèche). (Le 3ème couloir depuis la brèche débute par un rappel, 50m sous la crête sommitale.)
Au départ, le 2ème couloir depuis la brèche est large, souvent enneigé, et débute par un désescalade facile dans des gradins. Ensuite, il se resserre et plonge plus sérieusement mais le rocher s’améliore nettement. Quelques relais en rive droite
Ci-dessous, vous trouverez 2 descriptions du reste de la descente de ce couloir. Globalement, cela descend à peu près partout.

Option 1

Descendre le couloir rive gauche (250m) puis rive droite (les 50 derniers mètres), par une désescalade raide et délicate mais en bon rocher rouge. En traversant vers la gauche sur des vires, on rejoint un relais de rappel, qui amène (40 à 50m, selon l'enneigement) à une terrasse donnant accès à la neige.

Option 1.1

On peut aussi poser un rappel dans le couloir, 150m sous la crête, quand il devient un peu surplombant et noirâtre. Ce rappel vous dépose, 50m plus bas, sur des vires grises faciles. En traversant ces vires vers le bas et la droite, on trouve au niveau de trois petits gendarmes visibles d'en haut, un bon rappel surplombant équipé (sangles, maillon métallique). Il faut bien 50m pour atterrir sur la glace (mais il y a deux pitons jumelés sur la terrasse inclinée 30m en dessous) → Le deuxième rappel semble maintenant obligatoire.

Descendre une première pente jusqu'au replat glaciaire (rimaye, passage plus facile sous l'Ailefroide centrale).

Option 2

Descendre le couloir légèrement à gauche (toute les indications droite/gauche sont donnés en face à la pente) puis revenir vers la droite pour rejoindre une brèche donnant accès à droite à une cheminée (150m). Descendre au mieux la cheminée, directement ou par les rochers à gauche. Poursuivre la descente vers la droite, passer une vague arête pour rejoindre des gradins faciles. Descendre ces gradins et revenir en descendant vers la gauche pour rejoindre un relais (nombreux pitons avec maillons). Rejoindre le glacier par un rappel rappel raide (40 – 50m,).

Retour par la voie normale de l'Ailefroide Orientale

Traverser sur le glacier vers l'E, remonter 50m au raz des rochers de droite (parfois rimaye) puis traverser à niveau pour rejoindre la voie normale de l'Ailefroide Orientale dont la descente louvoie longuement dans les barres rocheuses, avant de rejoindre le sentier du refuge du Sélé. Ce sentier traverse à niveau pour venir buter contre les contrefort des aiguilles de Sialouze

Remarks:
  • Orientée NW, la face prend le soleil en milieu d'après-midi l'été. Il faut alors être sorti des Dalles Grises pour éviter le risque de chutes de pierres, ou alors il faut que celle-ci soit sèche.
  • L'escalade n'est pas extrême, mais relativement soutenue à partir du pied de la Tour Rouge. On peut (doit) marcher corde tendue une bonne partie de la course : tout le bas jusqu'au pied de la Tour Rouge, puis la zone entre la vire en arc de cercle et la grande cheminée.
  • L'ambiance est extraordinaire et l'engagement important.
  • Très bel éperon au centre de l'une des plus belles faces Nord de l'Oisans. L'itinéraire est relativement peu exposé aux chutes de pierres excepté à la traversée du grand couloir et dans les dalles grises.
  • Bivouac au col de Coste Rouge (plate-forme 10m au-dessus du col coté glacier Noir), sympa mais il faut monter son eau. Il est sans doute préférable de redescendre un peu versant Coste Rouge où se trouvent plusieurs emplacements en rive droite du glacier.
  • Une autre solution consiste à partir côté Bérarde et d'opter pour le Refuge Temple Ecrins ou des bivouacs situés à proximité de la face. L'approche est relativement courte depuis le refuge. Le problème consiste à rejoindre la Bérarde ensuite (passer le col du Sélé).
Gear:

Il y a des clous dans les longueurs dures, certains relais équipés, le reste est à protéger
- Un jeu de friends assez complet (jusqu'au n°3 Camalot)
- Quelques micros friends et/ou ballnuts pour les dalles grises

External resources:
Grandes courses - François Labande - 1980
Guide du Haut-Dauphiné, tome 2 - GHM, François Labande - 2007
  • La description du Labande est correcte, celle des 100 plus belles (Rébuffat) est plus précise, malgré une erreur dans le haut : la dépression avant la traversée sous le nez est ascendante de Gauche à Droite, et non de droite à gauche comme indiqué.
  • Page Ailefroide Gervasutti: Récits de la première, schémas-topos de différents auteurs, liens vers blogs, récits et photos de la course.
Route history:
  • Voie ouverte les 23 et 24 Juillet 1936 par Giusto Gervasutti devant Lucien Devies, l'une des célèbres cordées du moment.
  • C'est l'une des grandes ouvertures d'avant-guerre (Seconde guerre mondiale) avec notamment l'éperon Walker aux Grandes Jorasses avec laquelle cette course peut être comparée. (Voir également les notes historiques du Labande)
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Version #24, date 3 September 2012