, La Tornette ou la Para : Depuis l'Étivaz

Users:
Paula Otero, Renaud, Paolo, Nicholas, Regula, Gudrun et moi-même
Routes:
La Tornette ou la Para: Par le vallon de la Torneresse
  2540m  +1380m   NE   2.2/E2 PD-/S3
Summits, passes, lakes and cliffs:
Access points:
  • Activities:
  • Maximum altitude:
    2540m
  • Elevation gain / loss:
    +1380m
  • Access:
    cleared
  • Snowline on the way up:
    1230m
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Conditions (incl. approach):

De façon général la neige était dure. Elle transformait avec la douceur de la journée.

Other conditions on the same day in the same range or massif

Weather:

Ciel...gd bleu! Doux...vallon très long et en ce jour sauvage. Notre groupe avait la chance d'être le seul. La montagne était immaculée, sans trace, habilée de sa robe blanche ds tte sa splendeur. Je sentais l'intimité de la montagne pénétrer en moi, mon coeur battait à un rythme doux. Je me plaisais à voir au loin mon compagnon faire la trace et je gardais un oeil sur ceux qui me suivaient et qui me précédaient. Ns gardions de très gds distances à vu, qui ns permettaient de se distinguer et se personaliser avec la montagne. Le BoNhEuR!

Departure time / duration:

4h00 de montée

Personal comments:

Arête finale : derniers 80m, juste avant la pente sommitale, je voyais le profil de la corniche qui descendait du sommet jusqu'à moi. J'étais à 5-6m du bord. J'analyse la corniche sans trop savoir si je me trouvais dans la ligne rouge ou pas. 2 de mes compagnons étaient déjà au sommet, 1 était sur le point de les rejoindre et 2 copines me suivaient à grandes distances.
« Je décide de me déplacer d’un mètre pour m’éloigner de la corniche…oups ! Trop tard ! »
Ma réaction fut trop lente par rapport à ma décision.
« Je vois la fissure du côté de mon ski gauche…je viens d’être séparée de la montagne. Accompagnée d’un petit vroum la corniche se détache d’un gros bloc…je lève les bras et je me lance contre la cassure, je m’accroche, je ne veux pas descendre »
Je savais de quoi la face N avait l’air. Impossible de remonter mon corps était dans le vide, le poids des skis m’empêchait tout mouvement. La corniche grondait…
« une aspiration d’air m’arrache du bord, suis projetée de la falaise et je rejoins la corniche qui me précède, tête aval, jambes amont (je ne peux même pas descendre dignement) J’entame ma descente express sur 300-400m…drôle de façon ! »
Mon compagnon Renaud me rejoint dans la face N avant les secours, sur mes 2 jambes je titubais au milieux de la coulée de neige.
« Il m’arrête, il arrête mon arva et me dit qu’il repart à la recherche de Regula »
Je venais de comprendre que je n’étais pas la seule à avoir été emportée par la corniche !
Et soudain Renaud pousse un cri et là je n’ai plus d’espoir.
« Ciel…il fait grand beau…et soudain sombre et froid…la douleur… »

Mme du haut de sa robe blanche tissée de dentelles et de froufrous, nous enivre par sa beauté. Elle nous crée des liens, elle nous unit, elle nous procure du bonheur…et elle nous sépare, elle nous arrache à ceux que nous aimons. Pour ceux qui s’en vont et pour ceux qui restent, nous continuons à l’AiMeR et à l’admirer.

« Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux : un temps pour naître et un temps pour mourir, un temps pour planter et un temps pour arracher ce qui a été planté… » Ecclésiaste 3
…encore il faut humblement accepter ce temps !

C’était la dernière course de Regula et ma pensée s’élèvera chaque fois que je retournerai en montagne.

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Version #0, date 7 November 2007