, Maladeta : Voie Normale

Users:
Routes:
Maladeta: Voie Normale
  3308m  +1550m   N   E1 AD-/S2 PD+/II
Summits, passes, lakes and cliffs:
Maladeta  3308m
Huts, usual bivis and valley accomodation:
Access points:
  • Activities:
  • Maximum altitude:
    3308m
  • Elevation gain / loss:
    1550m
  • Altitude of access point:
    1750m - cleared
  • Up / down snow altitude:
    1750m
  • Conditions:
    good
  • Glacier status:
    covered - travel is easy
  • Track:
    good
  • Crowding:
    quite crowded
  • Hut:
    open & staffed
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Other conditions on the same day in the same range or massif

Personal comments:

La « section », c’est un peu comme un mythe à mes yeux, une incongruité dans le petit monde de la montagne, un microcosme amené à disparaître, faute de membres pour le perpétuer.

C’est à l’instigation de N. que j’eus l’insigne honneur d’en faire partie il y a bien des années,  mais j’étais entre temps revenu à des pratiques solitaires, qui m’attiraient de mes semblables, et selon les cas, un respect teinté d’admiration, ou bien une docte réprobation. C’est encore par N. que me parvint la nouvelle d’une sortie pour un sommet bien connu, mais dont la superficielle minéralité n’avait point encore été effleurée du Vibram ™ de mes semelles : j’ai nommé, la Maladeta. Palsambleu, ça prend un « t » ou bien deux ? Et bien je vous le donne en mille, un.

Dès la réunion préparatoire, Marco me mit au parfum. Dans le milieu, on l’appelait « Le légionnaire », rapport à sa devise, « Marche ou crève ». J’avais timidement émis la tendre intention de me greffer au groupe en usant de mes accessoires de glisse préférés, souhaitant bénéficier d’un peu de covoiturage et d’une sympathique soirée refugiesque, et étant par ailleurs prêt à assumer une ascension sans autre soutien technique ou logistique, mais Marco ne l’entendit point de cette oreille. Je dus me résoudre à rester piétaille, et en plus à assurer une partie du coaching des plus novices, ce qui me remit en mémoires mes quelques velléités d’encadrant alpi.

Le trajet vers Benasque était long, et mon désœuvrement me conduisit tout droit à quelques siestes,  entrecoupées de l’évocation de quelques souvenirs montagnards.  Mais bientôt, il fallu grimper à moitié endormi vers la Rencluse, où les braillements des occupants achevèrent de me réveiller complètement. Les hostilités commencèrent vers 18h par quelques pastis, suivis de divers extraits de jus de raisin fermenté, pour finir par un breuvage vert aux plantes des Alpes, plein de vertus médicinales. Si loin de la mer, et voici que ma carrière de sous-marinier s’achevait, aussi vite commencée, par un torpillage dans les règles de l’art. Seul un sens inné de l’orientation, cultivé par une pratique montagnarde aussi zélée qu’assidue, me permit de retrouver ma couchette, et bien qu’il fût à peine 21h, il ne me fallut guère plus de 30 secondes pour sombrer dans un lourd sommeil.

La soif de la déshydratation me réveilla vers 2h, bien avant les levers les plus matinaux, dont les portables ou montres diverses commencèrent à carillonner  à 4h15. Le petit déjeuner était servi à 5h, et les tasses de café plus de série qu’en option.

Au bout de 2h de montée à peine, Marco fit sa première (et seule) victime.  Achevée sur l’autel d’une ascension rapide, sûre et efficace, un membre de la section fut invité à aller faire mumuse sur quelques rochers au soleil, ce qu’il accepta avec autant de réalisme que de fatalisme, tandis que nous poursuivîmes vers l’objectif.

Au pied du couloir, la rimaye restait invisible, la neige meuble ne présentait que peu de difficulté de cramponnage. Deux compagnons sollicitèrent tout de même un encordement que je leur accordai avec sollicitude. La montée raide était cependant courte, et nous pûmes bientôt apprécier dans une relative tranquillité la vue vers le voisin Aneto, beaucoup plus visité comme il se doit. La redescente dans le couloir fut des plus lentes à mon goût, mais ensuite c’est mon genou qui eut à souffrir des cailloux, car vers 2500m il n’était plus question de glisser, que ce soit sur semelles, fesses ou spatules.

Tout était déjà terminé, il ne me restait plus qu’à nourrir au passage les 4 ou 5 chatons affamés du refuge, qui dévorèrent à belles dents mes croutes de fromage. En voilà au moins qui ne ressemblaient pas aux félins abâtardis des pubs pour pâtée, servis à la cuillère en argent dans une assiette de porcelaine fine, où une maîtresse manucurée ajoute délicatement un brin de ciboulette...  

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Version #0, date 18 June 2012