, Ramougn : Arête NW (voie normale)

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Ramougn: Arête NW (voie normale)
  3011m  +864m   NW     PD+/II/P3 3a
Summits, passes, lakes and cliffs:
Ramougn  3011m
Access points:
Lac d'Aubert  1142m to 2150m
  • Activities:
  • Maximum altitude:
    3011m
  • Elevation gain / loss:
    864m
  • Altitude of access point:
    2150m - cleared
  • Up / down snow altitude:
    2400m
  • Conditions:
    intermediate
  • Crowding:
    nobody
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Personal comments:

Me voici de retour dans le Néouvielle, après le fiasco du Campbiel il y a quelques mois. J’ai hésité à le tenter en skis via le vallon d’Estaragne, mais un autre projet à saveur d’inassouvi à retenu mon attention : le Ramougn. Par ailleurs, je suis accompagné de F. et E ., que les 1600m du Campbiel auraient pu rebuter, rapport à leur entraînement façon volailles de basse-cour. Malheureusement pour moi, et afin de compléter ce petit tableau fermier, je ne vaux guère plus au niveau cardio qu’un rosâtre locataire de porcherie (la queue tire-bouchonnée en moins, est-il nécessaire de le préciser ?).

Le Ramougn est un 3000 que certains, les ladres, hésitent à classer comme un réel sommet tellement il est proche du Néouvielle. Contrairement à son voisin, il n’a pas de voie normale accessible au randonneur, il faudra donc mettre les mains. De plus, il est moins haut, et par conséquent nettement moins visité : nous serons les seuls à le faire en ce jour. L’honnêteté m’oblige à reconnaitre qu’il n’y avait pas non plus foule au Néouvielle…

Vers 7h, après que je me sois rempli le groin de viennoiseries, notre convoi s’ébranle : le cochon ouvre la marche, puis la dinde, et enfin le chapon. Par soucis de confort, et surtout dans la perspective de l’escalade rocheuse qui se profile, j’ai choisi de porter mes pompes de ski et de cheminer dans celles d’alpi. Confort pour les pieds et non pas pour le dos. Dès les premières neiges, notre allure déjà neurasthénique ralentit encore. Par solidarité pour mes compagnons raquetteux, je ne chausse qu’après la crête du Ramougn, vers 2400m. Moyennant quelques détours, j’aurais pu taquiner quelques langues de neige dès 2200m.

En passant la crête, nous rattrapons 2 randonneurs à skis qui vont, je vous le donne en mille, au Néouvielle. Il fait un temps magnifique, je me ris des prévisionnistes maladroits qui annoncent une dégradation orageuse en soirée. Mon rire est de courte durée, car il fait une telle chaleur que je m’imagine bientôt en train de cuire au dessus d’un brasier, embroché sur mes bâtons. Mmmm, ça sent bon le porcelet grillé ! La montée est ponctuée des raleries de E., qui perd ses raquettes toutes les 5 minutes. Attention aux Trango Evo, qui n’ont pas de débord de semelle à l’avant de la chaussure. Mes magnifiques raquettes, généreusement prêtées à E., ne m’attirent que son ingratitude infinie : à cause de leurs fixations automatiques, elles déchaussent sans effort, toujours au moment où on le souhaite le moins. Entre 2 pertes de raquettes, E. égare ses rondelles de bâton. Plus tard, c’est son pantalon qui cherchera à le quitter… F. pour l’instant est plutôt devant (ça, c’est en attendant la descente, où elle va vouloir à tout prix se distinguer en s’enterrant sous la neige).

Enfin, nous arrivons sous la face nord du sommet. Un couloir de neige faiblement tracé permettrait de raccourcir le cheminement sur la crête, mais nous décidons de l’ignorer superbement pour mieux savourer le parcours rocheux. Quelques nuages ont déjà entre temps bourgeonné sur les sommets à l’horizon, le Vignemale est dans les nuages, Maladeta et Luchonnais aussi. Mais par chez nous, il fait toujours chaud, et on grimpe en T-shirt. L’arête offre une escalade granitique facile et agréable, d’abord horizontale, elle se redresse à l’approche du sommet dans des difficultés ne dépassant pas le III. Non content d’avoir pris pour rien piolet et crampons, il faut aussi convenir que friends et dégaines étaient superflus. Rien de bien grave, nous arrivons heureux au sommet pour un pique-nique bien mérité. Ce coup-ci, les nuages ont accentué leur présence, et je commence à comprendre que Météo France, tout comme moi, a sous-estimé la rapidité de l’évolution orageuse. Sur l’arête du retour, un coup de tonnerre m’incite à stimuler l’allure de mes compagnons, qui progressent avec la célérité d’un convoi de limaces sous Tranxène.

Après un petit échange de chaussures, je grimpe sur les planches pour constater que la neige un peu pourrie permet quand même un ski correct. La descente de mes compagnons en raquettes est un peu plus lente, naturellement : entre les déchaussages de l’un et les trous dans la neige de l’autre, les nuages ont envahi le Néouvielle, et les coups de tonnerre se font plus présents. Vers 2400m, à la traversée de la crête du Ramougn, les premières gouttes nous tombent dessus, bientôt suivies de plus grosses, et puis mêlées de grésil, et enfin de grêlons. Il nous reste environ 1h de marche pour regagner la voiture, ce qui est plus que suffisant pour être trempés. Mes encouragements à l’accélération ne portent toujours pas leurs fruits, et quelques minutes après les nuages se vidangent sur nos têtes. De toute façon, il est trop tard, on a droit au déluge, au vent, à la grêle ; des torrents de boue remplis de grêlons ravagent le versant. La foudre s’abat sur tous les sommets environnants, m’incitant à descendre au plus vite. Finalement, nous arrivons trempés, mais sains et saufs au barrage. Pour une dernière de la saison de glisse, c’est aussi une première pour ce qui est de se ramasser un orage sur les skis.

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Version #0, date 30 May 2012