- Activities:hiking
- Maximum altitude:3297m
- Use of PT:yes
- Altitude of access point:1500m
Raid en randonnée avec quelques sommets en rocher peu difficile.
Beaucoup de caillasse dans l'ensemble, les chaussures de Marion et Dom ont pris du plomb dans l'aile! Prévoir plutôt des chaussures rigides car beaucoup de marche dans les blocs.
Other conditions on the same day in the same range or massif
Excellente météo sur l'ensemble du raid (à part la pluie le premier jour, J0)
Nuits claires étoilées et pleine lune
Allers
Départ de Grenoble (ou Paris) le samedi 06/08:
- Grenoble 12h13 >> Veyne Devoluy 14h06 (Train SNCF) ou Paris >> Veyne Devoluy 14h30
ou Paris Gare de Lyon 9h46 >> Valence 12h12 / Valence 12h24 >> Veyne Devoluy 14h28 - Veyne Devoluy 14h45 >> Digne 16h22 (bus SNCF)
- Digne 17h30 >> Plan du Var 20h18 (Train des Pignes: http://www.trainprovence.com/).
Nuit à l'Hotel des 2 Vallées (http://hoteldes2vallees.free.fr/): gentillet, propriétaires sympas, mais situé au croisement de deux routes à fort passage et d'une voie ferrée: ne pas oublier les boules quies!!!
Dimanche 07/08 : Plan du Var 9h05 >> St-Martin Vésubie 10h00, correspondance pour le Boreon à 10h00 ou 11h00. Pour les bus du Conseil Général 06, voir http://www.cg06.fr/fr/servir-les-habita … -horaires/
Retours
- Marion : Bus 923 des Mesches à St Dalmas de Tende (bus du CG06), visite des villages de la Roya (Breil - Sospel - Tende - La Brique - Breil en utilisant le train des Merveilles) puis train Breil 12h31 >> Cuneo 13h57, visite d'amis à Sambucco (Valle Stura), bus de Vinadio (Valle Stura) 13h10 >> Borso S. Dalmazo 13h50 / puis train de Borso S. Dalmazo 14h15 >> Menton 19h44 (via Limone et Ventimiglia) puis Menton 8h52 >> Paris gare de Lyon 15h24.
- Dominique : Bus 923 des Mesches (11h45 ou 16h25) à St Dalmas de Tende (12h10 ou 17h42, puis train TER (Train des Merveilles) jusqu'à Nice (19h17) avec un changement (10 min) à Breil sur Roya.
- Lionel et Sandrine (19-20/08):
- Roquebilière 18h40 >> Plan du Var 19h25 (Bus 730 du CG06): 1 euro/pers
- nuit à l'Hotel des 2 Vallées à Plan du var: 49 euros chambre double
- Plan du Var 7h06 >> Digne 9h55 (Train des Pignes) : 14,50 euros/pers
- Digne 10h15 >> Grenoble 13h20 (Bus Scal: http://www.scal-amv-voyages.com/ligne.htm) : 20 euros/pers.
Tout ca, bien sur, c'était la théorie!
En fait, le train de Marion a eu du retard entre Valence et Veyne, elle a eu droit à un taxi offert par la sncf, mais a quand même raté le train des Pignes. Elle a dormi à l'Auberge de Jeunesse de Digne, pris le premier train des Pignes le matin, et a fait du stop de Plan du Var au Boréon car le dimanche il y a un seul bus 730 entre Nice et St Martin Vésubie, passé trop tot à Plan du Var pour qu'elle ne l'attrape. Nous mêmes avons eu des retards de 1h à 1h30 sur les parties en bus (à l'aller comme au retour) en raison de bouchons sur les axes routiers des Hautes Alpes et Alpes de Haute Provence en ce week-end de grands chassés-croisés. Le train des Pignes a eu plus de 30 min de retard également, à l'aller comme au retour, sans doute en raison de travaux. Ca fait partie de l'aventure!
Globalement, un peu décus par les repas en refuge. De la daube à tous les menus!!! Mention spéciale négative au refuge de Fontanalba, accessible en voiture, qui nous a servi sa daube avec de la purée mousline à l'eau, et des fruits au sirop en conserve au dessert!
A leur décharge, c'est la haute saison et il y a un peu de monde, mais tous ne sont pas bondés non plus.
A noter cependant :
- très bon chocolat chaud au refuge Genova;
- une pêche fraiche au dessert à la Cougourde;
- un accueil des plus sympathiques au refuge de la Madonne de Fenestre qui nous a fournis en pain + 4 pommes et a placé l'affiche du portail Changer d'Approche en 2 points stratégiques!
- discussion sympa avec l'aide gardien du Refuge de Nice, qui nous a donné des infos sur l'itinéraire pour la traversée de la Malédie et des idées de courses pour l'hiver.
Nos envies:
- aller en montagne sur une durée un peu longue, et s'y rendre en mobilité douce: évasion, tout ce dont nous avons besoin pendant ces vacances est sur notre dos, liberté de faire évoluer l'itinéraire ou les projets en cours de cheminement;
- découvrir le Mercantour, région qu'aucun d'entre nous ne connaissait (et en particulier la Vallée des Merveilles, dont on entend tellement parler...)
- allier randonnée itinérante pour découvrir une variété des paysages, un max de nuits en bivouac pour profiter de la nature et de l'ambiance montagne, et un peu d'alpinisme rocher, tout en limitant le matériel par rapport au poids des sacs à porter.
L'itinéraire a été conçu en fonction de ces envies, avec toujours des possibilités de repli sur un refuge en cas de météo peu clémente (ou si l'envie de douche se faisait trop insistante), possibilité de ravitaillement à mi-parcours (Madonne de Fenestre desservie par des navettes permettant d'aller faire des courses à St Martin Vésubie, ceci ne s'avèrera finalement pas nécessaire). Je souhaitais aussi éviter de passer par Nice, ce qui, pour les grenoblois ajoute pas mal de distance et de prix au voyage, sans compter le peu d'envie de passer une nuit en grande métropole touristique par temps de canicule. Après les bivouacs sous les étoiles et la compagnie des bouquetins, le choc aurait été un peu rude... Le Conseil Général des Alpes Maritimes, en partie sous l'impulsion de Mountain Wilderness a fait des efforts pour desservir les vallées touristiques et départs de randonnées par des bus à 1 euros. Un petit effort pourrait encore être consenti dans le Vallon de la Gordolasque, magnifique et très fréquenté, où une navette reliant Roquebilière au Pont du Countet serait tout à fait bienvenue!
Jour 0: Du Boréon, nous devions monter jusqu'au Lac de Cerise pour y passer notre première nuit en bivouac. 700-800m de déniv pour ce premier jour nous avait paru suffisant vu le poids des sacs et le manque d'acclimatation... Mais les aléas des transports publics et Ste Rita associés en ont décidé autrement. Vu que nous devons attendre Marion au Boréon jusqu'en début d'après-midi (elle aura terminé son voyage en stop) et que la pluie se fait de plus en plus soutenue, nous décidons de passer la nuit en yourte au Boréon (le gîte du Boréon, sympa, étant complet): 13 euros la nuit, draps fournis, accès aux sanitaires et cuisine équipée, bien par temps de pluie.
Jour 1: Le beau temps est de retour! Mais nous avons deux étapes au lieu d'une à parcourir aujourd'hui! Alors tant pis le Lac de Cerise (même s'il paraît qu'il est très beau), on montera au plus court par le Vallon des Erps et le Col de Guilié pour atteindre le Refuge Remondino dans la journée. Cela nous fait quand même un premier jour à 1300m de dénivelée avec sa dose de caillasse dès le haut du Vallon des Erps, mais surtout après le Col Guilié. Une belle grosse étape, et comme Dom avait vu une météo qui prévoyait de la pluie lundi soir, nous étions bien contents qu'elle ait réservé la nuit en refuge. Mais attention! qui dit nuit en refuge ne dit pas forcément meilleur repos! Nous nous sommes retrouvés agglutinés dans une chambre (ou plutôt une cellule? communiquant avec d'autres cellules voisines?) avec un groupe de jeunes très bruyants déjà le soir, et encore plus le matin! Alors que le petit déj n'était pas servi avant 7h30, les premiers réveils on musiqué à partir de 5h30!!! Bref, même si la gardienne du refuge Remondino a l'air sympa, c'est l'usine! Ils viennent tous (en tout cas la plupart) pour gravir l'Argentera....
Jour 2: Cime S de l'Argentera en AR, par le Col de Detriti. Du refuge, on voit le grand couloir qui mène à ce col, et il ne fait pas du tout envie! Il semble très très raide et tout en éboulis. Finalement, comme souvent, quand on est dedans il n'est pas si raide. Le Col est atteint facilement, et de là, l'itinéraire est évident, on distingue vite la grande vire qui raye la face S de l'Argentera de gauche à droite, celle que nous suivrons. L'itinéraire est équipé de cordes fixes à tous les endroits délicats. Nous nous encorderons tout de même. Malgré le monde, la course est très belle, le rocher est sain, et on se fait plaisir à "grimpouiller". Perso, je coterais ça plutôt F+ que PD-, mais tout le monde n'est pas d'accord.... C'est vrai qu'il y a des passages un peu expo.
Du sommet, vue grandiose, le Viso bien sûr, énorme et planté en plein milieu, mais aussi le Mont Rose, le Cervin, Le Mont Blanc, le Grand Paradis, les Ecrins. A la descente, je m'encorde avec PierLuigi, de Cômes, rencontré à la montée, tout seul et qui a envie d'être rassuré par une corde. Rencontre sympa, il est heureux d'avoir cheminé avec nous et nous offrira un bon parmesan et une bière.
Jour 3: Après notre premier bivouac (nous avons squatté un beau replat 50m au dessus du refuge qui devait être la chambre du bouquetin nous ayant visité le soir), on plie les tentes gelées (!!!) et on remonte dans la caillasse en direction du Col Brocan (quasi par où nous sommes arrivés sur Remondino). Lio et moi, distraits, faisons sans le faire exprès un petit détour par le Lac di Nasta, encore gelé. Quelques névés à passer de part et d'autre du Col Brocan, sans difficulté. Versant N, vue plongeante sur le Lac Brocan et le Refuge de Genova où nous avions réservé le repas du soir (comme dans plusieurs autres refuges pour limiter la quantité de liophs à porter). Nous plantons bivouac sur un replat environs 200m au dessus du refuge, dans un lieu paradisiaque (images à venir), avant de descendre pour un bon bain dans le lac (il y a dans le groupe des plus courageux(ses) que d'autres) suivi d'un chocolat chaud mémorable. Ah, les italiens, ils sont certes bruyants, mais ils savent faire le chocolat chaud (et le café espresso aussi!).
Jour 4: Ce matin, il fait frais mais il n'a pas gelé. Nous attendons que le soleil arrive dans la salle de bains pour démonter les tentes et entamer la marche sur le sentier en beaux zigzags qui mène au Col de la Ruine. On dirait un sentier de transhumance, pavé par endroits, et bordé de murets. En fait, sous le col il y a une ancienne bâtisse militaire, et vu qu'il n'y a pas de sentier pour descendre côté Français, nous comprenons que ce n'est pas de transhumance dont il s'agissait ici... En effet, pas de chemin versant Français: la descente est un peu pénible, raide au début, et dans les gros blocs sur au moins 600m. Possibilité d'emprunter quelques névés par endroit. Nous sommes heureux lorsque nous atteignons les premiers ilots de verdure, et photographions fleurettes et cascades à tire-larigot.... (je crois que nous avions comme un besoin de pauses...). Nous planquons les affaires près du Lac des Sagnes ou nous remonterons bivouaquer, avant d'aller manger une tarte aux myrtilles (plutôt un délicieux sablé) au refuge de la Cougourde, juste en dessous. Ce refuge est en bois, très joli, et situé dans un écrin de nature magnifique (pins, petit torrent, cascade) dominé par les impressionnantes 4 cimes de la Cougourde, si parfaitement alignées que vues de la terrasse elles ne font qu'une. Nous resterons dîner, et aurons la bonne surprise d'avoir une pèche fraîche au dessert!!! Ce n'est que notre 4eme jour, mais ce fruit frais est très apprécié. Ma petite voisine de table (7-8 ans) ne voulait pas la sienne, cela fera un fruit à partager en 4 le lendemain midi! Remontée au Lac des Sagnes pour monter la tente avant la nuit, paisible...
Jour 5: Programme du jour: grimper dans les Cayres de la Cougourde! Le hic, c'est que nous n'avons que des topos assez peu détaillés sur lesquels il est difficile de savoir par où monter avec le matériel dont nous disposons, mais surtout par où redescendre.... Il y a de nombreuses voies, mais aussi beaucoup de descentes en rappel. Nous pensions, d'après nos lire, que nous pourrions traverser les arêtes, au moins en partie et redescendre en désescaladant du 3-4 entre les Cimes II et III. L'aide-gardien du refuge, bien que très sympa, a été incapable de nous aider dans le choix de notre itinéraire, ce qui est quand même un peu dommage. Heureusement, dans l'approche (d'on ne savait pas trop quoi... :+>) nous rencontrons un guide de St Martin, Hervé, avec son client. Ils vont grimper dans la voie Demenge dans la Cime IV. Nous lui faisons part de nos projets approximatifs, et il nous suggère de faire l'inverse de ce que nous avions prévu, soit monter entre les cimes II et III (brèche, escalade en 3 en moyenne) puis traverser les arêtes en direction de la Cime I, de laquelle on peut descendre en marchant par la VN. Super idée! nous continuons une partie de l'approche ensemble, puis nous nous séparons d'eux au pied de la cime IV, et nous nous engageons dans le vallon de la Cougourde. De là, on chemine (toujours dans la caillasse bien sur) au pied des cimes, que les reliefs sont bien écrasés vus d'en bas, et qu'on ne distingue pas les différents sommets pourtant alignés à la queue-leu-leu. Très vite, nous ne savons pas si nous sommes au pied de la Cime III, de la II ou si nous atteignons déjà la I. Nous avons beau chercher le couloir qui s'élève par une cheminée au dessus d'une petite terrasse herbeuse, Lio a beau grimper un peu dans une cheminée pour voir si ça ressemble (mais ça ne ressemble pas au descriptif du topo, écrit a l'envers, dans le sens de la descente), nous ne trouvons pas le départ.... Zut!! Nous sommes vexés, le guide nous avait donné une si bonne idée! Mais bon, après avoir cherché un moment, nous nous résignons à monter quasiment au Col de la Cougourde, où nous nous équipons, et de rage, j'ouvre une nouvelle voie (au moins en 3-3+!) dans la face S de la Cime I! Celle-ci rejoint assez vite l'arête. Nous parcourons les arêtes jusqu'à la Cime II, du grand bonheur! le rocher est excellent, c'est aérien et c'est magnifique. Nous regrettons toujours d'avoir raté le départ par la brèche, mais faire les arêtes en aller-retour ne nous déplait pas, d'autant plus qu'au retour nous découvrons de nouveaux pas, ratés à l'aller selon que Lio ou moi grimpions en premier. Notamment un rasoir sympa juste avant la Cime I, que nous avions ratés à l'aller... Redescendus dans le vallon (après un timing dans les arêtes que nous tairons :+<), cela nous turlupine toujours, pourquoi n'avons-nous pas trouvé le départ indiqué par Hervé: on cherche encore, ce que nous avons pu rater, toujours un peu frustrés même si nous avons eu beaucoup de plaisir ce jour. Ce que nous avons pu rater? La!! bien visible et au soleil, sur une petite terrasse herbeuse au dessus du chemin, un énorme Cairn, indiquant la trace jusqu'à une cheminée, surmontée d'une vire herbeuse partant à gauche, puis une brèche au dessus, tout bien comme il faut, bien à sa place!!! C'était environs 15m en amont du couloir où nous avions stagné pendant 30 min le matin, et où Lio avait essayé de grimper voir.... Nous étions allés un poil trop loin, et la lumière rasante du matin, avait du effacer ce satané cairn de notre vue... Bon, nous y reviendrons, il le faut!
Marion, ne fait pas d'alpi. C'était entendu ensemble au départ, les jours où nous faisons de l'alpi, elle se repose ou fait des balades. Ce jour, elle aurait pu aller voir les Lacs Bessons, apparemment très beaux, dans un vallon voisin au dessus du Refuge de la Cougourde. Mais elle a préféré faire grasse mat, bains de soleil, et lecture: pas mal non plus.... sauf que comme nous avons été un peu longuets au final (retour au refuge vers 17h), elle a même eu le temps de s'inquiéter un peu. Il était prévu que nous redormions au même endroit ce soir, mais du coup, histoire de proposer à Marion un autre paysage et parce que les panneaux n'indiquent que 30 min pour le Lac de Trécolpas depuis le refuge, nous décidons d'aller poser notre bivouac sur ses berges. Il s'agit d'une traversée essentiellement à flanc, mais avec les lumières de la fin de journée, le paysage est vraiment magnifique! Quant au lac... un autre paradis du bivouac. Dîner de lyophs au soleil, puis dodo après une journée de toute beauté.
Jour 6: Aujourd'hui, nous devons rejoindre la Madonne de Fenestre, où nous avons commandé du pain pour la deuxième partie de notre séjour. Pour cela, il suffit d'appeler le gardien du refuge CAF, très sympa, et de lui dire combien on en veut, et pour quand. Lui descend régulièrement faire les courses en voiture à St Martin Vésubie. L'itinéraire prévoit de gravir le Pas des Ladres, sans difficulté, jolie vue, et au lieu de redescendre directement vers la Madonne, nous choisissons de remonter un peu vers le N jusqu'au Col de Fenestre. Le sentier est très beau, là encore pavé par endroits, il ressemble à un sentier Népalais. Tout du long, on surplombe le lac de Fenestre, très fréquenté. Au Col de Fenestre, il y a des bouquetins qui aiment a être photographiés. La montée versant Italien nous semble moins intéressante. Du col, nous descendons au Lac de Fenestre ou nous planquons les sacs sous de gros rochers, puis au Refuge de la Madonne de Fenestre. Il s'agit d'un hameau avec chapelle, hotel de pèlerins et boutique de souvenirs. Nous y mangeons une bonne salade fraiche accompagnée d'une omelette (la première d'une longue série pour certaines :+>!). Les gardiens sont super sympa, même si c'est le feu car nous sommes au début du we du 15 aout, LE gros we pour eux (pèlerinages). Ravito aussi en fromage de vache, à la vacherie toute proche, berger authentique! Fromage un peu trop récent (pas assez affiné) à notre goût, il a un mois et demi. Mais nous sommes contents de l'avoir trouvé là! Le gardien nous vend aussi 4 pommes.
L'après midi, Lio et moi allons repérer un chemin de raccourci pour l'étape du lendemain, et rencontrons des grimpeurs qui vont faire les Aretes Saint-André et essayer de déboucher au Mont Ponset. Ils nous conseillent, compte-tenu de notre équipement, d'aller dans l'Arête de la Fenètre (AD), au Cayre de la Madonne de Fenestre, juste au dessus de nous. Ils nous donnent des indications assez précises sur l'itinéraire, ça donne vraiment envie! Mais nous n'avons pas de topo sur ce Cayre, et je crains un peu de nous engager dans une voie "à vue" et d'avoir des soucis pour trouver le couloir de descente... D'autant plus que vu d'en bas, c'est quand même bien raide et aérien. Nous hésitons un peu, mais sommes quand même décidés à y aller. Le soir, alors que nous relisons les topos que nous avons, nous décidons finalement d'opter plutôt l'Arête S du Cayre Colomb (PD+). Elle est plus proche de notre itinéraire et plus courte que l'Arête de la Fenêtre, et de la pluie est annoncée pour le lendemain après-midi.
Jour 7: Après un bivouac au Lac de Fenestre (+ diner léger pour cause de lyoph renversé), nous rechargeons pour nous diriger vers le Pas du Mont Colomb, en empruntant le raccourci repéré la veille (via le Gias Cabret). Marion monte tranquille, tandis que Lionel Dom et moi-même avançons d'un bon pas pour atteindre le Pas du Mont Colomb, que nous devions de toute façon traverser pour aller au refuge de Nice. Nous cachons les sacs un peu au dessus du pas, versant E du Cayre Colomb, pour gravir son Arête S en AR. Ce n'est pas dur, mais par rapport aux Cayres de la Cougourde, il y a une belle différence dans la qualité du rocher! Ici, il s'agit plus de rochers brisés, et les prises paraissent beaucoup moins sûres. J'ai un coup de moins bien, et Lio restera en premier pendant toute l'arête aller (on fera un peu de réversible au retour). L'arête est donnée pour 1h, à 3 nous mettrons encore une fois plus de temps que prévu. Nous essayons de ne pas trop traîner cependant, car les nuages noirs arrivent. Mais nous pourrons arriver au refuge de Nice sans avoir de pluie finalement. Ce refuge a été entièrement rénové récemment, il est très bien conçu. Sanitaires particulièrement agréables, lessive et douche bienvenues!
Jour 8: Cime de la Malédie: pour nous, totalement inconnue, jamais entendu ce nom, nous n'avons pris aucun topo. Cependant, déjà à Remondino nous avions rencontré un couple qui nous en avait parlé (course d'arête aérienne en 2 qu'ils avaient dit)... Alors nous avions aussi questionné le guide Hervé, quelques jours après, qui lui nous avait dit qu'il y avait un pas de 4, mais avec des sangles, qu'on pouvait tirer au clou si pb. Nous avons rediscuté avec Charly, l'aide-gardien du refuge de Nice, qui lui aussi nous en a dit beaucoup de bien et nous a fait lire le topo. Nous allons la faire cette traversée des Arêtes de la Malédie! Course cotée AD-, plus longue que les précédentes, nous décidons d'y aller à deux seulement. Dès 7h30 le matin, Lio et moi gambadons comme des chamois vers le Pas de Pagari, via les Lacs du Mont Clapier (sentier cairné tout du long), puis les serres de Pagari (traversée en terrain à chamois, aérienne par moments, mais nous n'avons pas éprouvé le besoin de nous encorder). Juste en dessous (face N vertigineuse), on voit bien le refuge de Pagari, dont on nous a dit qu'il était "à ne pas manquer" car on y mange des repas originaux et savoureux, préparés à partir de produits bio. Malheureusement, nous n'aurons pas le temps de faire ce détour, il faudra revenir! Après les serres de Pagari, à l'attaque du sommet de LA CIME, l'itinéraire est tout à fait évident: une cheminée inclinée, menant aux cordelettes protégeant le passage de 4c, puis on suit le fil de l'arête. Aucun souci, nous passons avec allégresse et enchainons. Le sommet est atteint en 3h depuis le refuge. Là-haut, 2 croix, et un panorama à 360°: c'est magnifique, même si des résidus nuageux nous masquent les sommets lointains (Mont Rose et autre) que nous avions vus depuis l'Argentera. Nous prenons plus d'une heure pour déjeuner et savourer ce moment. Puis nous entamons la descente versant E. Charly nous avait dit qu'il fallait prendre le couloir le + à droite possible, même si on a l'impression d'être au dessus du vide du versant Italien. Nous l'avons écouté, et tout s'est bien passé. Le couloir (pierreux/terreux) débouche sur un névé que nous avons contourné facilement (on avait peur qu'il soit encore bien dur), puis pas de la Malédie, et descente en suivant les cairns sur le Lanc Long, puis Lac de la Fous et retour au refuge de Nice à 13h30, ravis, comblés.
Pendant ce temps, Dominique et Marion randonnent au Mont Clapier: elles y verront encore des cailloux, et de nombreux chamois et bouquetins. Apparemment, il faut suivre "les bons cairns", car il y en a de partout! les filles ont pris trop à droite à la montée (parce qu'elles avaient vu des gens descendre par là), et elles se sont retrouvées dans des vires, des rochers à parfois escalader (du 2?!), des pierriers instables et fatigants. A la descente, elles ont suivi les cairns qui partaient du sommet et le chemin était correct, bien plus facile. Le Clapier est un beau belvédère sur le Gelas, la Malédie, l'Italie , et la Corse par temps clair.
En fin d'après-midi, nous entamons la montée vers la Baisse du Basto, et bivouaquons au dessus du Lac Niré (beau, mais entouré de pierres et peu propice au bivouac), sur un replat. Nous n'aurons pas le courage de monter jusqu'au Lac chaud (point 2483 sur IGN, un peu plus haut, hors itinéraire) qui nous a pourtant été recommandé pour le bain.
Jour 9: Au réveil, SURPRISE!!! Pendant la nuit, chacun prenait soin de bien ranger ses affaires dans le sac à dos, et ce dernier, lorsqu'il n'était pas dans l'abside de la tente, était recouvert d'un sursac (contre l'humidité). Ce matin là, alors qu'elle allait assouvir un besoin naturel avant qu'il ne fasse clair, Marion a eu la surprise de trébucher sur un plastique, celui de son fromage, et sur son couteau, à au moins 20m de la tente.... En revenant, elle découvre que le sursac de Dom est entièrement déchiqueté, ainsi que les lanières de son sac a dos, rongées au niveau d'une bretelle de façon parfaitement rectiligne, très nette! Nous n'arriverons pas à déterminer l'espèce (loup, renard, marmotte, bouquetin, autre ?) du voleur de fromage.... Bref, rien de grave, mais des réserves un peu entamées, et surtout le sac à dos de Dominique, quand même bien amoché, et surtout importable tel quel.
Après toutes ces émotions matinales, et un atelier "couture" improvisé, nous nous mettons en route vers une série de lacs, la baisse du Basto, puis la baisse de Valmasque, de laquelle on surplombe la fameuse Vallée des Merveilles. D'ici on voit déjà l'originalité des couleurs de la roche (alternance de verts et de mauve) et le caractère "dramatique" du Pic des Merveilles, du Grand Capelet, et du Mont Bégo. Descente tranquille, déjeuner les pieds dans le torrent et découverte des premières gravures rupestres, les plus visibles, en accès libre au bord du GR. Au refuge, beaucoup de monde, nous bivouaquons un peu à l'écart, de belles aires sont aménagées dans l'herbe. Le diner au refuge est horrible, encore de la daube (comme pour tous les autres repas en refuge!), tous agglutinés autour des tables (au moins 80 personnes), et une équipe de jeunes employés qui ne connaissent rien à la montagne autour, même pas les bergeries situées 50 m en dessous du refuge!
Jour 10: Nous nous levons tôt car le programme de la journée est chargé. Rdv avec un accompagnateur à 8h, pour découvrir les "Merveilles" hors sentiers. Pendant que nous petit-déjeunons au lever du soleil, notre bivouac est traversé (piétiné!) par tout un troupeau de moutons avec ses 4 patous, son berger et sa bergère (ils montent pâturer vers l'Arpette). Magnifique spectacle, sous le soleil rasant du matin! La visite des gravure se fait à 6 seulement, et Eric, l'accompagnateur, nous fait bien crapahuter pendant + de 3h hors sentier. Il nous raconte plein de choses intéressantes (la visite guidée, 10 euros, vaut le coup), et nous crève!
Mais c'est que la journée n'est pas terminée lorsque nous revenons au refuge à la mi-journée.... Marion et Dom doivent rejoindre le parking des Mesches où se termine leur périple, Lio et moi avons décidé de rejoindre le refuge de Fontabalba en traversant le Mont Bégo. La montée dans l'après-midi est raide, heureusement que nous sommes dans les nuages et que nous avons laissé les gros sacs aux Merveilles (nous ne bivouaquerons pas à Fontanalba, mais avons réservé la nuitée + DP dans une tente, dépendance du refuge trop petit). L'ambiance au Bégo est particulière, mystérieuse et fantastique, des cailloux et des nuages. Même si nous ne verrons pas la Corse du sommet aujourd'hui, nous adorons cette atmosphère dans les vires de la traversée Bégo >> Cime Pollini. Ensuite, la descente à Fontanalba est longue, bien longue, sous les parois verticales impressionnantes de la face N du Bégo. Refuge Fontanalba: très décevant. L'accueil est sympathique, mais le repas (devinez quoi au menu?) vraiment pas terrible! La daube est accompagnée de purée Mousline à l'eau, et au dessert on nous sert des fruits au sirop en conserve, alors que le refuge est accessible en voiture....
Jour 11: Même si nous avons dormi sur des lits de camp aux matelas pouilleux, la journée commence bien par un petit déjeuner au soleil sur la terrase du refuge. Avant de monter vers la Baisse de Vallaurette, nous décidons d'aller faire un petit tour découverte des gravures de cette vallée (dont nous avions appris qu'elles étaient très différentes, souvent plus récentes, que celles de la vallée d'à côté) autour du Lac vert. Ici aussi, il y a de jeunes employés du Parc, perchés sur un rocher, qui veillent à ce que les visiteurs ne dégradent pas le site. Cette vallée contraste avec les paysages précédants par sa "verdeur". Il y a beaucoup de mélèzes et de vaches, c'est très joli. La montée à Vallaurette est aussi très agréable. De l'autre coté de la Baisse, paysage rappelant un peu le vercors (vert et falaises). Au niveau du Gias de Vallaurette, nous prenons un sentier cairné à droite, qui nous permet de revenir vers le refuge des merveilles en gagnant 200m de déniv par rapport à une descente en suivant le chemin principal qui descend jusqu'à la piste des Mesches. Nous arrivons au refuge des Merveilles vers 11h, récupérons nos gros sacs, et enquillons la montée vers les lacs de la Muta et du Diable, direction le Pas du Trem, pour rejoindre le vallon de Gordolasque où nous décidons de terminer notre périple ce soir. Il fait chaud dans la montée, chargés, et avant un bon déjeuner/longue pause sieste au bord du lac, je ne résisterai pas au plaisir de la baignade! Du lac, le pas du trem est atteint en 15 min, puis descente sans encombre jusqu'au Gite des Merveilles (voir http://www.relaisdesmerveilles.com/index.php), 1600m, entre le Pont du Countet et le hameau de St Grat. Accueil parfait! bière et Tiramisu aux fraises d'anthologie en terrasse, bonne douche, repas excellent (préparé à partir de fruits/légumes frais) et dortoir très confort.
Jour 12: Descente dans la Vallée de la Gordolasque jusque Belvédère, puis Roquebilière, d'où nous prendrons le bus du CG 06 pour nous rendre à Plan du Var. Le début de la descente est agréable (chemin balisé jusqu'à la vacherie de Gordolasque), puis le sentier n'est plus entretenu et est fermé à partir de la Cascade du Ray. De là, nous devons marcher sur la route, ce qui n'est pas drôle du tout.... Nous finissons en stop jusque Belvédère, joli village perché visité, puis encore de la route essentiellement jusque Roquebilière (pas d'un grand intérêt touristique à notre avis).
Au niveau faune, nous avons rencontré foultitudes de bouquetins (tous ages) et chamois, peu sauvages, mais aussi un Gypaète barbu nous est passés juste au dessus dans l'approche du Cayre de la Cougourde (reconnaissable sans moindre doute à la forme de sa queue), un aigle (moins sur, plus haut en vol) à la Baisse de Valmasque, mais pas vu de mouflons, ni de loups. On nous a dit qu'Alpha, le Parc aux Loups situé au Boréon, était sympa à visiter, nous ne l'avons pas fait en notre Jour 0, malgré la pluie qui aurait été propice à une telle visite. Au lieu de ça, nous avons pris le temps de nous retrouver enfin tous les 4 dans un bar, en dégustant une panna cotta et en papottant tranquilement.... Au niveau flore, beaucoup de diversité quand on n'est pas dans les cailloux (oeillets, centaurées, raiponces, linaires, stellaires, aconit bleu et jaune, etc...) mais peu de photos...
Pour un petit montage vidéo-souvenirs voir :
Click on thumbnail's top-right corner to see the picture's page, or its top-left corner to display the picture in its original size.














