8 May 2010, Dôme de Neige des Écrins : Couloir Mayer-Dibona - depuis la Bérarde

Users:
Olivier Salésiani, Thierry Clavel, Maxime Fiorani et Yvain Servant
Routes:
Dôme de Neige des Écrins: Couloir Mayer-Dibona
  3750m  +2035m (700m)   NW   5.4/E4 ED-/S6
Summits, passes, lakes and cliffs:
Huts, usual bivis and valley accomodation:
Access points:
La Bérarde  1600m to 1700m - bus
  • Activities:
    ski/snowboard touring, snowshoing
  • Maximum altitude:
    3620m
  • Elevation gain / loss:
    1900m
  • Altitude of access point:
    1715m
  • Up / down snow altitude:
    1900m
  • Conditions:
    good
  • Track:
    good
  • Crowding:
    some people
french
italiangermanenglishspanishcatalanbasque
Conditions (incl. approach):
Location / altitude / orientation / timeSoft snow (cm)Total snow (cm)Comments
Chaussage après la passerelleBon regel
Montée vers le glacierUn peu de poudre sur neige dure; bien mou à la descente
Cône du couloir30 à 40Excellente poudreuse
Goulotte inférieurePoudre dense et poudre légère sur les rives
Haut de la goulotte (ressaut)Glace et bandes de neige sur 30 à 40m: déchaussage obligé
Pente suspendue20 à 35Bonne poudre dense et poudreuse légère sur les croupes

Bonnes conditions pour l'approche (bon regel) et bonnes conditions pour le couloir: bonne neige, avec laquelle il fallait toutefois faire attention, la poudreuse superficielle partait facilement, obligeant à ne pas trop enchainer les virages et à rester vigilant.
Un passage en glace à la sortie de la goulotte (piolets traction bienvenus) et l'extrême haut du couloir en glace (les 50 derniers mètres avant la niche).

Other conditions on the same day in the same range or massif

Weather:

Grand beau le matin, puis voiles nuageux arrivant vers 11h00, avec le vent du sud, qui déclenchait de même de petites coulées en provenance des crêtes.
Et puis les cumulus recouvrent rapidement les sommets alentour, brouillard vers 14h00 et neige vers 15h00.

Departure time / duration:

Thierry

C'est le problème auquel j'ai été confronté: panne de réveil!!! Lever à 6h20 (3h00 après l'heure prévue)
Départ de la Bérarde: 7h45
Attaque du couloir: 10h45
Sommet: 14h45
Voiture: 17h30

Olivier
Départ 6h00 (1 h à attendre Thierry !)
Sommet 12 h 30

Personal comments:

Thierry

J'aurais dû le savoir: déjà l'an passé à la même époque, pour une tentative dans le même couloir, j'avais eu un problème de réveil!...
J'étais décomposé ce matin en voyant l'heure! Cela faisait une semaine que je sentais le créneau pour ce couloir et voilà que tout s'écroule! Non, je décide de tenter le coup quand même: je sais que les nuages arrivant l'après-midi me laissent une plus grande marge en abaissant les risques liés à l'ensoleillement.
Par contre, je râte le RV avec Olivier!...
A la montée, sous le glacier de Bonnepierre, rencontre insolite: un skieur descend à la poursuite de sa tente, que le vent a emportée depuis le plat du glacier.
Je rencontre comme cela Max et Yvain qui envisagent comme nous le Mayer Dibona.
Je croiserai Olivier dans le haut du couloir et m'étendrai en de plates excuses avant de le retrouver bien plus tard sur le parking...
Bien content tout de même que d'avoir pu réaliser ce couloir tant convoité, par bonnes conditions de neige. Je paierai tout de même mon retard du matin par une descente dans le brouillard (dommage) et la neige pour finir (qui occasionnera des petites coulées continuelles dans la goulotte finale.
Merci à Max et Yvain pour m'avoir attendu longtemps au pied du couloir, non sans inquiétude.
Pour finir, je dirai que ce couloir reste impressionnant, avec une pente soutenue, sans être extrême, mais longue et exposée. Belle ambiance en haut lorsque l'on est entouré de murailles, au centre d'un cirque monumental (ceci ferait presque paraître ce couloir bien peu raide et facile, mais tout est relatif!).
Les photos arriveront grâce à Olivier, qui pourra de même donner sa version!

Olivier
Le Mayer c’est un peu le rêve de tout skieur de pente raide qui a parcouru le vallon de Bonnepierre. On ne voit que lui, dominé par les monumentales parois sombres du Dôme. Il n’y a pas à dire, il impressionne. On se dit alors que ce n’est pas pour nous, que l’on n’aimerait pas se retrouver tout là-haut avec des skis aux pieds. Et puis les années passent jusqu’à ce qu’on ose entrevoir la possibilité d’une tentative.

Il y a un an, avec Thierry et Stéphane, on franchit le pas, on va essayer. On ne réussira pas et on comprendra alors que ce couloir est résolument tourné vers l’ouest, qu’il ne se skie que le lendemain d’une chute de neige et qu’une seule journée de beau temps suffit à l’abîmer.

Cette année, les conditions semblent être là : une semaine perturbée et froide, les dernières chutes de neige le jeudi, un vendredi froid avec encore des chutes le soir et une fenêtre météo le samedi matin. On pense avec Thierry que c’est le jour où le tenter. Alors quelle déception samedi matin de voir l’heure tourner et Thierry qui n’arrive pas !

Je décide de partir seul en me disant que je verrai bien. Arrivé sur le glacier de Bonnepierre, le couloir est en ligne de mire. Il n’a pas l’air très beau de loin. Des bandes de glace sont visibles sur le haut et des rochers affleurent vers le milieu. Par contre le petit couloir d’accès semble bien rempli et lisse, ce qui s’avèrera exact.

Au pied, voyant la bonne qualité de la neige, je décide de m’équiper et de remonter le couloir d’accès. J’ai un moment de doute en voyant le ressaut en ancienne neige glacée. C’est raide (56° mesurés) et je n’ai pas de quoi installer de rappel. Petite appréhension et je prends finalement pied sur la pente suspendue que je remonterai en traçant péniblement jusqu’à 3620 m (alti). 20 ou 30 m délicats sont encore skiables sur une étroite bande de neige insérée entre glace et rocher. L’accès à la pente surplombant la Vigie Jaune n’est malheureusement pas possible.

Le premier virage est difficile à déclencher. Ensuite, la tension baisse, la neige est bonne. Quelques mots sont échangés avec mes « poursuivants » croisés plus bas dans le couloir et avec Thierry qui aura pris plus de risques au volant de sa voiture sur la route de la Bérarde, voulant rattraper le temps perdu, qu’en skiant le Mayer.

Je ne réalise le bonheur d’avoir skié cette très belle pente qu’une fois le ressaut désescaladé et la rimaye franchie, en me retournant sur l’accueillant et plat glacier de Bonnepierre et en apercevant encore là-haut, trois petits points noirs.


Pentes mesurées :
Petit couloir d’accès : 48°, fin à 50°
    Ressaut : 56° sur une dizaine de m
    Pente suspendue :
45° puis 48° sur 150m,
51° sur presque 200m,
50° sur 200m jusqu’à l’entrée de l’étroit couloir terminal qui remonte à 51°.
               

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