- Activities:alpine snow, ice, mixed climbing - alpine rock climbing
- Maximum altitude:3983m
- Elevation gain / loss:+890m
- Altitude of access point:3092m
- Conditions:excellent
- Crowding:quite crowded
- Hut:open & staffed
Bonnes conditions. Glace dure dans la traversée en face nord
Other conditions on the same day in the same range or massif
Excellente, quelques brumes l'après midi
5h 30 arrivée a l'Aigle vers 21h
La traversée de la Meije marque pour moi un autre passage, celui de l’activité professionnelle à la retraite qui débute officiellement le premier septembre.
Comme on le voit, cela ne concerne pas la montagne, j’espère bien pouvoir attendre encore de nombreuses années et j’ai l’intention de suivre ici le conseil souvent prodigué d’en haut : « Il faut marcher plus pour gagner davantage … d’horizons nouveaux ! »
Nous sommes montés samedi par les Enfetchores pour passer la brèche de la Meije puis le refuge du Promontoire bien rempli à l’occasion de ce dernier week-end d’août. Dix cordées prévoient de faire la traversée ou le Grand Pic en aller-retour. Le gardien nous conseille de renoncer si nous ne sommes pas arrivés avant 10h 30 au glacier carré. Ce sera juste. Peu rapides au début, nous traînons en queue de peloton et nous sommes donc souvent arrêtés par les cordées précédentes. Cela ne m’inquiète pas car la journée s’annonce superbe et je laisse donc mon compagnon, Marc, avancer à son rythme. N’ayant pas encore eu l’occasion d’aller en haute montagne cette année, il est aujourd’hui un peu essoufflé par l’altitude.
Une belle frayeur m’attend dans la dernière pente du glacier carré, quelques pierres déboulent du Grand Pic, je n’arrive pas à éviter un bloc qui vient frapper l’avant-bras, mon piolet gicle dans les pieds de Marc qui, heureusement, l’arrête et il me faut plusieurs minutes pour maîtriser la douleur et constater qu’il n’y a pas de casse. Les muscles sont chauds, le bel hématome qui se forme ne m’empêchera pas de poursuivre, mais il me fait encore souffrir aujourd’hui et me gratifie d’un avant-bras digne de celui de Popeye lorsqu’il a avalé quelques boîtes d’épinards.
L’après-midi des brumes commencent à jouer avec les dents de la crête et à leur donner un aspect fantasmagorique. Les cordées plus rapides s’y découpent et sont déjà proches du Doigt de Dieu. Nous poursuivons en compagnie de trois cordées, avançant de concert, mais forcément ralentis, notamment aux rappels. De plus personne ne trouve la bonne ligne au Doigt de Dieu, où il aurait fallu aller plus à l’est. Nos compagnons sacrifient une broche pour passer l’impressionnante rimaye très haute et surplombante. Merci ! Nous l’utiliserons aussi après qu’un rappel coincé cause un dernier retard. La nuit tombe lorsque nous arrivons enfin au refuge de l’Aigle.
L’ambiance y est superbe, malgré l’heure tardive, la soupe n’est pas encore servie. L’apéritif s’est prolongé pour les premiers arrivés qui ont sérieusement entamé la réserve de génépi. Il reste encore du vin rosé pour accompagner le repas mitonné par la gardienne. Elle avait attendu pour le servir que toutes les cordées soient rentrées.
Le lendemain la descente du refuge par la vire Amieux est longue, longue. Que de pierres avant de voir les premières taches d’herbes, quelques fleurs, et enfin l’ombre délicieuse des premiers arbres à l’approche du pont des Brebis. Deux randonneurs étaient montés au refuge la veille et redescendent avec nous. Mais peut-on parler de randonneurs ? Il faut avoir le pied bien montagnard pour réaliser cette course ! Ils ont la gentillesse de nous ramener à la voiture au départ du téléphérique de la Grave.
Si vous êtes très entraînés et rapides, vous pouvez faire cette course samedi et dimanche avant de reprendre le travail le lundi matin, encore faut-il ne pas avoir trop de route à faire. Je conseille cependant d’essayer de se libérer également le lundi (je sais, pour moi c’est devenu facile). Il serait déjà dommage de rentrer épuisé pour ne dormir que quelques instants avant un réveil pénible. Mais surtout, qu’on arrive à temps pour savourer l’embrasement des cimes dans la lumière du couchant ou que la nuit n’ayant pas suffisamment attendu, on doive attendre le spectacle du matin, l’arrêt au refuge de l’Aigle est une superbe et presque indispensable étape de cette traversée que l’attention de la gardienne à votre égard rend encore plus sympathique.
Une dernière question me tracasse : Quel est donc ce Doigt de Dieu ? J’exclus le petit doigt, c’est évident ; le pouce se trouve ailleurs, c’est connu ; le majeur serait plutôt le Grand Pic.
Il reste l’annulaire et l’index. L’index qui met en garde et qui montre le chemin. L’annulaire prêt à recevoir l’anneau qui nous lie. Je laisse ceux qui le souhaiteraient affiner le choix. Pour ma part, les interprétations symboliques citées me conviennent toutes, index ou annulaire donc, selon le jour ou le temps qui va …
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