- Activities:alpine snow, ice, mixed climbing
- Maximum altitude:4107m
- Elevation gain / loss:+650m / -496m
- Altitude of access point:3616m
- Conditions:excellent
- Track:good
- Crowding:quite crowded
Excellentes conditions de neige, pas de glace, rocher sec
Other conditions on the same day in the same range or massif
Vent, éclaicies, nuages
Jungfraujoch 9h, sommet 12h, retour 13h
Nous prenons le train à Grindelwald à sept heures et quart.
Le ciel est encombré de nuages gris qui coiffent les plus hauts sommets.
Des éclaircies percent cependant et les prévisions météorologiques sont optimistes.
Nous arrivons au Jungfraujoch à neuf heures moins le quart.
Des bancs de cumulus sombres et denses courent dans le ciel d'un bleu profond ; mais les crêtes sont encore dégagées et les glaciers, couverts de neige fraiche, par endroits resplendissent.
Au pied du Mönch de nombreuses cordées s'équipent et se pressent pour prendre place dans la colonne qui s'élève sur l'arête sud-est.
Des guides tirent sur la corde et stressent leurs clients pour gagner quelques places dans la file.
Pourtant, au premier passage "délicat", ils bloquent la progression par leurs manœuvres d'assurage sur ce terrain plutôt facile.
Cette ambiance nous déplait mais heureusement nous arrivons à dépasser ces cordées pataudes.
Maintenant nous pouvons progresser plus rapidement.
Toutefois le vent "faible à modéré" annoncé nous envoie de fortes rafales qui incitent à la prudence.
Les gradins rocheux calcaires du socle font place au gneiss et l'arête devient plus étroite.
Passages neigeux aériens et rocheux faciles alternent.
On marche en équilibre sur ces rochers plus qu'on ne grimpe.
La pente file, vertigineuse, à gauche comme à droite.
Nous sommes tendus et prêts à nous agripper à la roche au moindre coup de vent.
Le nuage qui accroche le sommet nous avale maintenant et la visibilité se réduit à quelques dizaines de mètres.
L'arête s'élargit en une raide pente de neige.
Des barres d'acier permettent l'assurage mais nous ne les utilisons pas car la trace, avec de bonnes marches, autorise une progression en toute sécurité, d'autant que les rafales de vent ont cessé.
L'arête sommitale s'offre alors à nous et, comme sur un fil suspendu dans les airs, nous avançons vers le sommet.
On est comme dans un rêve et on se surprend à regretter d'atteindre déjà le point culminant.
Lorsque nous y arrivons une cordée s'apprête à descendre.
Le brave guide suisse nous serre la main.
Nous restons un instant seuls, juste le temps de nous étreindre.
Neige et nuage composent un paysage d'un autre monde : une courte portion d'arête qui se perd dans l'abime.
On perçoit une lointaine musique ou peut-être n'est ce que le vent...
Mentalement on se représente le panorama : l'Eiger tout proche, la Jungfrau à l'opposé, plus loin l'Aletschhorn, le Finsteraarhorn, le Schreckhorn et le Lauteraarhorn...
Mais nous devons quitter le sommet.
Nous rattrapons la cordée qui nous précédait et le guide nous propose de les dépasser.
Mais nous préférons rester derrière car nous ne sommes pas pressés.
Quelques cordées montent encore, mais beaucoup ont fait demi-tour.
La descente est moins impressionnante que la montée : on s'habitue au vide.
Quelques passages rocheux que nous avions trouvés délicats en montant sont rapidement désescaladés.
Nous prenons néanmoins le temps de jouir encore de l'altitude et du contact avec la neige et le roc.
Lorsque le nuage nous libère nous sommes déjà sur la partie inférieure de l'arête.
Nous pouvons à nouveau contempler le paysage que nous offre la montagne bien que les plus hauts sommets aient disparu derrière les nuages qui les accrochent.
Nous arrêtons quelques instants sur une vire pour nous désaltérer puis nous reprenons la descente.
Avant une heure nous sommes au bas de l'arête sud-est du Mönch très heureux d'avoir réussi une si belle course.
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