- Activities:alpine rock climbing
- Maximum altitude:2796m
Neige et glace :
Faces Nord platrées.
Quelques accumulations de neige presque fraiche autour du refuge de Félix Faure.
Rocher :
Face Sud :excellent et super adhérent.
Face Nord-Ouest : enneigé.
Other conditions on the same day in the same range or massif
Grand beau.
Froid à l'ombre.
Global : Refuge-refuge : 5h30 environ
Difficultes : 4h30
Accomplir la traversée presque intégrale de cette célèbre Aiguille de la Vanoise n’a rien d’extraordinaire en soi. Pourtant...
C’est un peu le hasard qui nous a conduit à cette petite aiguille ; partagée entre l’envie folle de haute montagne automnale et le désir de m’assurer une nuit honorable et pas trop froide, je me suis encore une fois perdue dans des dizaines de projets, tous plus alléchants que les autres. Isolée au milieu de X topos accumulés dans un gros classeur, la photocopie d’un ancien projet résultant d’un we B4m de c2cistes durant l’été 2005 a resurgi... Et pourquoi pas l’aiguille de la Vanoise au dessus du refuge Félix Faure ? Ce très joli coin ne m’a encore jamais vu réussir quoi que ce soit : pluie, brouillard et neige à la Grande Glière, manque crucial de neige dans les couloirs de la Pointe du Dard... Ne serait-il pas temps d’y remédier ?
De plus, il concentre tous les avantages que nous recherchons : courte approche, refuge confortable, course rapide avec échappatoires, panorama splendide... Bref, une course pour montagnards flemmards ! Idéal... et commun accord de deux partenaires de cordée un peu « fatigués » : nous irons vers Pralognan profiter du soleil.
Après un samedi des plus tranquilles, nous voilà donc au pied de notre objectif.
Le réveil est un peu difficile, les jambes flageolantes et les doigts gelés. Je suis confiante, émerveillée devant le paysage grandiose des Dômes et de la Grande Casse mais encore bien endormie. Pourtant, voulant pimenter cette course facile, Pierre me propose la tête de la cordée. Surprise mais ravie, je m’empresse d’accepter, jugeant qu’il est grand temps d’aller de l’avant !
Au risque de décevoir et de faire perdre toute confiance à l’éternelle débutante que je suis.
Au risque de décevoir aussi l’une de mes amies momentanément plus adepte de l’art du parfait second.
Mais... porter un coup fort à ce sentiment de nullité trop souvent fréquent, lui prouver que tout est possible, cette ambition cachée me pousse à accepter.
Et c’est curieux car, pensant à cette amie sur la partie la plus effilée de l’arête, je ne savais pas à quelle jeu elle jouait sur une autre arête tout aussi aérienne ;-)
De cheminée en traversée, d’arête effilée en gros bloc, je me prends au jeu de la recherche de l’itinéraire... et nous avançons sur le fil, au dessus d’une face Nord enneigée et impressionnante (vue d’en haut). Nous avançons tout doux, mais plus vite que les paragraphes du topo Génat, un peu trop précis. Après un petit passage d’escalade mixte, nous atteignons le sommet Est !
Toujours en tête (et peu motivée à vrai dire pour laisser ma place), j’aborde avec un peu moins de sérénité la deuxième partie : tellement plus belle... mais tellement plus aérienne... ;((
Pourtant, pas après pas, les bras en tension sur les écailles sommitales, je prends plaisir sur cette dalle de rêve. Incroyable ! De photos en relais, le sommet Ouest est déjà là...
La désescalade me paraît moins drôle et je reprends sagement une position de second, tout en continuant à chercher le meilleur itinéraire.
Un bouquetin peureux et peu acrobate nous indique la fin de la traversée.
Et c’est cet énorme animal qui finalement me fait le plus peur de la journée. Il semble tellement mal à l’aise sur le rocher : il est en plein milieu de notre itinéraire, ne veut pas se déplacer et fait mine de nous menacer de ses cornes dès qu’on s’approche un peu trop ! Heureusement, il finit par se décaler de quelques mètres, nous laissant alors poursuivre notre chemin.
Quelques mètres encore de cheminée descendante, une sente bien marquée et une méga-sieste à l’abri du vent. Ca y est, la marmotte a retrouvé ses alpages.
Le soleil décline, les glaciers de la Vanoise s’embrasent, le we est fini.
Mais quelque chose a changé...
Il faudra du temps pour que cela se concrétise. Il faudra d’autres sorties aussi pour en être sûre...
Mais oui, c’est la fin d’une histoire.
Ou peut-être... le début d’une autre ?
Celle d’une marmotte qui voudrait vraiment devenir chamois...
Click on thumbnail's top-right corner to see the picture's page, or its top-left corner to display the picture in its original size.
Pictures are under the license specified in the original document of each picture.


