- Document type:outing
- Observation date:7 October 2007
- Activities:
- Maximum elevation:3775m
Neige et glace :
Très variable:
-quelques petits névés pour le col de la Temple (crampons optionnels) mais ça reste bien sec
-le glacier-névé est platré d'une neige humide en fine couche (glace pas loin en dessous)et un peu soufflé
-la selle neigeuse de l'antécime est très cornichée, prudence
-les parties sommitales (antécime) sont bien platrées, neige soit transformée, soit croutée si exposée aux vents d'Est
-accès au sommet platré, crouté et corniché (très exposé)
Rocher :
-un peu de verglas le matin dans les caillasses du col de la Temple
-le système de vires, taillé dans des gneiss et migmatites, est platré selon les secteurs, notamment le haut, mais le parcours logique dedans est "miraculeusement" presque sans neige. Il y a par contre des zones mouillés, notamment pour le retour, délicates, elles renforcent l'exposition.Ca peut devenir du verglas selon l'alternance jour/nuit
-rochers sommitaux très platrés, exposés pour le sommet
-Grand beau
-Visibilité excellente
-Nébulosité nulle, puis de légers bourgeonnements en journée
-T° très contrastée : nuit très fraîche puis montée brusque des températures jusque 13h et déclin aussi bref (rayonnement plus bas)
-vent de secteur E très frai et très modéré
Albank, Flo73, Claudine, Patrick, Joce et moi
C'est un sommet élevé au panorama assez spectaculaire sur les parois de l'Ailefroide et la Barre, qui contrastent avec les profondes vallées. La notion de "coeur de massif" y est fortement ressentie, avec ce caractère "oisans" monumental, austère, éloigné et presque intimidant par sa nudité et sa profondeur.
La course en elle-même n'est pas très homogène et difficile à résumer. Je dirai pour ma part que c'est une marche assez copieuse, alternée des passages aériens et délicats des vires et des zones sommitales. L'accès, rien que les 3h du col de la Temple est déjà une entrée assez bourrative. Le système de vires apporte un changement notoire mais le terrain, bien que ça progresse très bien quand c'est sec, reste parpineux, assez expo et la progression de côté n'est pas des plus élégantes. On retrouve ensuite de la marche jusqu'au ressaut de l'antécime où le caractère aérien revient plus progressivement. Le sommet semble d'accès plus expo mais aujourd'hui il était tellement platré en neige croutée et cornichée qu'on allait pas perdre de temps pour 10 pauvres mètres et se faire du stress à assurer pour si peu.
La voie n'est donc pas homogène de style, les vires faisant un peu "à part". Du coup, je n'arrive pas à classer cette course, mais à quoi bon être assez lourdingue pour classer tout le temps la montagne...et si la montagne était plus belle une fois enlevée les classifications qu'on lui plaque artificiellement?
En tout cas, à mon humble et très personnel avis, la voie, à engagement presque comparable au Rateau E (VN), est nettement moins élégante que cette dernière. Mais la vue et l'ambiance y est tout aussi satisfaisante quoiqu'il en soit.
Perso vu le contexte ça m'allait bien comme course, parfois on a pas envie d' aller engager et se rajouter du stress le WE, bref de se compliquer la vie quand elle l'est déjà en semaine.Il y a des moments où la montagne répond aussi bien au désir de légèreté et de savoir-vivre. Vivre des moments sympas avec des amis et se donner peu de rupture contemplative ben ça fait pas de mal.J'espère que les autres l'ont vécu aussi ainsi.
Bon on a explosé l'horaire dans les vires car notre ami Patrick, encore débutant, n'était pas du tout à l'aise. Dans ces cas-là faut être compréhensif et (très) patient, tout le monde n'a pas la même pratique, c'est normal. Et force est de constater qu'hormis le Gioberney, les courses classiques "pour débutant" made in Oisans sont généralement plus copieuses et engagées que pour bon nombre d'autres massifs où l'on peut apprendre plus doucement .Le caractère "oisans" est incontournable en coeur de massif, c'est un fait.C'est le royaume des cailloux et des murailles là-bas, c'est pas l'aimable diversité faune/flore d'une zone humide des Préalpes, ou les pelouses bien grasses des Aravis.
Une bonne acclimatation semble nécessaire pour apprécier cette course déjà elevée. Savoir lui donner un rythme de marche pour faire corps avec le cadre, c'est le bon plan pour se faire plaisir.
Il n'y avait personne dans le secteur hormis nous, c'est toujours agréable à vivre, et du coup bien plus de chamois que d'êtres humains. Faut bien que les rééquilibrages se fassent à un moment ou un autre!
Le refuge Temple-Ecrins est un monument de laideur mais le refuge d'hiver, à défaut d'être très équipé, est spacieux et soigné. On y a passé de bon moments de groupe, c'était assez convivial.Sans compter l'inévitable passage à la Cordée en retour ;-)
Et finalement je me pose la question : qu'est-ce qui était le plus étonnant, les sommets à la lumière d'automne, ou bien la vallée du Vénéon embrasée par une multitude des bouleaux dorées? Il y a des saisons où le spectacle n'est pas forcément que sur les sommets, loin de là. Je n'en dis pas plus, les intimes du coin me comprendront.
Récits et photos disponible sur le blog des Chamoisards
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