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Définition du Terrain d'Aventure ?

#21 12-07-2002 10:23:01

ölivier
Invité

Re: Définition du Terrain d'Aventure ?

Les spits ne sont jamais posé aux endroits ou l'on peut placer les coinceurs.
A priori on peut toujours faire la voie en les ignorants.

Ce qui en fait des voies utilisables par le plus grand nombre, c’est bien ça.

Qu’est-ce qui gène ?

- De passer pour un « bizarre » en ignorant les spits.
- Qu’un plus grand nombre puisse utiliser la voie.
- C’est pas beau les spits.

#22 12-07-2002 10:58:42

serge
Invité
Courriel

Re: Définition du Terrain d'Aventure ?

Ca diminue grandement l'engagement, c'est ca le fond du problème

#23 12-07-2002 11:20:21

ölivier
Invité

Re: Définition du Terrain d'Aventure ?

C'est vrai, ça se limite donc à un problème d'éthique.

L'éthique est exigeante, je pense qu’elle contribue surtout à flatter l’ego de son adepte.

C’est juste une remarque d’ordre général, je ne suis pas pour l’équipement à outrance

Mais je voulais pointer du doigt que pour le respect de l’éthique on refuse beaucoup de concessions, c’est le propre de l’éthique d’ailleurs.

En d’autres termes l’éthique ce n’est pas très cool comme attitude.

#24 12-07-2002 19:45:26

Bubu
Invité
Courriel

Re: Définition du Terrain d'Aventure ?

Bon aller je vais dire qqch, y'avait longtemps que je n'avais pas tout casser ;-)

ölivier, tu dis que ça se limite à un problème d'éthique. Sous entendu, "quel argument ridicule pour s'interdire du confort et de la sécurité en montagne".
Remarque que cette approche ("tout est permis pour la sécurité") est une éthique en soi : l'ouvreur ou l'équipeur doit se demander à chaque pas "qu'est-ce qu'il peut être fait pour améliorer la sécurité du plus grand nombre qui sera invité à passer par là ?".
L'éthique à laquelle tu fais référence est plutôt "comment puis-je passer en laissant le minimum de matériel ?".
Je caricature, la majorité des grimpeurs ont une approche nuancée entre ces 2 extrèmes, mais c'est pour souligner les contradictions auxquelles on s'affronte dès lors que l'on pense sa pratique de la montagne.

L'argument "équiper pour permettre l'accès au plus grand nombre" me semble pervers. On est déjà allé à -6000m au fond de la Méditérannée, qu'attend-on pour tout mettre en oeuvre pour que je puisse aussi avoir accès à ces paysages abyssaux, quitte à enlever 3000m d'eau s'il le faut, j'en ai rien à foutre, je veux aller dans la fosse Machin, ça en jette.

Tu penses que l'éthique (laisser le moins de chose) contribue surtout à flatter l'’ego de son adepte :
"Moi je l'ai fais sans étrier"
"Moi je l'ai fais sans tirer aux points"
"Moi je l'ai fais en mousquetonnant un point sur deux"
"Moi je l'ai fais qu'avec les relais"
"Moi je l'ai fais en solo intégral, c'est Moi le plus fort, et on peut tout démonter vu que j'ai pu passer sans rien, seul ceux qui peuvent faire comme Moi méritent d'atteindre le sommet"

Mais l'approche désengagée (prendre le moins de risque possible) ne comporte-t-elle pas aussi une part d'autosatisfaction ?
Pourquoi vouloir passer dans cette voie, pour laquelle je n'ai pas le niveau étant donné que je me réjouis de la voir enfin "bien" équipée pour l'envisager, sinon pour me satisfaire de l'avoir "faite" ? Et je doute que l'on jouïsse beaucoup de la caresse du rocher et de la singularité de l'ambiance et du cadre si l'on est tétanisé par un spit à 3m au lieu de 2 pour les précédents...
Envisager une voie dans cet esprit ("pourvu que ça soit super protégé, car là je sens que je vais me prendre des plombs") est vraiment du masochisme. Alors qu'il suffit d'entreprendre une voie un peu plus facile, et ça passera sans problème tout en utilisant bien ses capacités (on glande mais on ne dort pas !).
Sans compter que pour la majorité des grandes voies, l'équipement est là "pour sauver la vie", mais pas pour se prendre des plombs à répétition comme en école ou en mur. Les quelques fois où je suis tombé dans ces voies, et comme ça n'était pas bien raide, je me suis bien ramassé, que la chute soit de 4 ou 8m. Ça ne m'a pas donner envie de recommencer, ça m'a permis de revoir ma pratique: soit je fais des trucs moins dur, soit je m'entraine plus, mais je ne pourrai pas continuer longtemps comme ça ! Même si on ne se tue jamais, il y a toujours moyen de se fouler ou casser qqch dans ces chutes, et au bout d'un moment on finira par ne plus pouvoir rien faire du tout (grimpe mais aussi rando, ski...). À vouloir gagner un demi degré sur son niveau "de glande" et gagner 6 mois ou 1 an de progression, on finit par tout perdre, et pour la vie ! Et pour éviter de se faire le moindre bobo, il faut une chute de 2m maxi, donc un point tous les mètres, ça va augmenter la difficulté par le poids des dégaines ;-) Et ouais, on est en montagne, faut pas tomber !

L'éthique immatérielle est rarement invoquée par ses adeptes dans un but élitiste ou égoïste. Ils défendent une pratique plus libre de la grimpe. L'aspect matériel (points, corde) devient une contrainte, une gêne au rapport avec le rocher et la montagne, qui est la motivation première. Sans totalement éliminé l'assurance (on se donne le droit à l'erreur, mais il ne faudra pas en abuser (de l'erreur)), le rocher est parcouru en tendant toujours vers la minimalisation de ces contraintes. Mais pour un risque accepté équivalent, le matériel nécessaire sera différent selon le grimpeur et les conditions du moment. Et l'équipement à demeure impose un peu sa "loi" : quand on veut poser le nombre minimum de points pour mieux savourer la voie et que l'on fait une voie en mettant un point sur trois, les spits non utilisés rendent la voie un peu artificielle.
Il ne faut pas, sous prétexte qu'un gars a fait ça en libre en solo, ne poser aucun point fixe. Mais il ne faut pas non plus, sous prétexte qu'un gars a besoin d'un spit par mètre pour être à l'aise, enguirlander les parois.
On a besoin d'un bon équipement quand on a un bas niveau, mais rapidement il apparait inutile quand on progresse, et on regrette de s'être enthousiasmé des "modernisations" passées lorsqu'on a du mal à trouver une belle voie plus aérée (où les points ne permettent pas de trouver l'itinéraire). Aujourd'hui, la situation n'est pas catastrophique. Mais dans 100 ans ?


Finalement, c'est un peu comme les refuges et leur confort ;-)

Alors ne t'énerve pas, ne cède pas à la corruption de Pierre-Olivier et d'Âlex.

Passons directement aux bananes flambées !-)

Et bonne fête !


Bubu