Ben Nevis Winter Trip 2012

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Cet article présente un voyage de 10 jours à vocation  grimpesque réalisé au Ben Nevis en février 2012.

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Massif du Ben Nevis vue du chemin d'accès nord

Summary

ContexteSummary

Depuis le temps qu'on en entendait parlait, à toutes les très belles images qu'on voyait passer depuis des années, au battage du père Thivel qui ne tarit pas d'éloge sur le lieu et qui est sur le point d'emménager au CIC hut, à la passion communicative de Perroux, et pour remettre un peu les pendules à l'heure avec la mère Rozenn qui nous narguait depuis 2 ans, il fallait bien qu'on finisse par y poser les crampons dans ce fameux Ben Nevis !
Et puis n'avais-je point prophétiser que 2012 serait la saison du dry ???!!! Quand on voit la bobine de Gavarnie cette année, on peut raisonnablement penser qu'on aurait pu faire plus mauvais choix.

La TeamSummary

Le doyen Ice, qui pense encore que Gavarnie est la tanière de Lucifer et que le Ben Nevis est le nom d'un parc à Bisounours
Le Corse exilé, sorti de sa réserve, près à toutes les expériences dans l'illusion de gagner ses galons de pur Toy
Tonio la Miche, qu'on a réussi à sortir de son Bleau mais qui se demande encore qu'est-ce que c'est que ce pays de sauvage où l'on ne croise une collante digne de ce nom que 2-3 fois par siècle !
Le père FMJ, qui ne consent qu'à une seule sortie de sa vallée par saison. Et encore ...

AgendaSummary

Le séjour s'est articulé sur 12 jours (contre 11 initialement prévus) :

  • 10-11/02 : Voyage Toulouse-Glasgow en avion puis Glasgow-Fort William en train
  • 12-17/02 : Séjour au CIC Hut
  • 18-19/02 : Séjour à Fort William
  • 20-21/02 : Retour (prolongé) en France

TransportSummary

Vol vers l’Écosse

Pour le trajet Toulouse-Glasgow, nous sommes passés par EasyJet pour des raisons financières évidentes. Enfin évidentes au départ...
Ce vol se fait en deux étapes : Toulouse-London Gatwick puis London Gatwick-Glasgow avec une correspondance de 1h55.
Nous n'avons pas fait de Toulouse-Paris/Paris-Glasgow à cause d'un départ très matinal sur Toulouse et d'une correspondance interminable au retour.
Plusieurs contraintes avec Easyjet :

  • Easyjet ne sait pas ce qu'est une correspondance. Donc vous devez récupérer vos bagages pour le vol suivant.
  • Easyjet n'en a rien à secouer que son premier vol ait 1h30 de retard et que celui-ci vous fasse louper le second vol. Pour eux ce sont 2 vols complètement différents. D'un côté ils recommandent 2h minimum entre 2 vols mais de l'autre ils parlent d'un début de dédommagement à partir de 2h de retard. Ils ne parlent pas des 40min avant l'embarquement ni d'un remboursement du vol suivant.
    Avec 1h30 de retard, nous en avons fait l'amère expérience au retour (mais quitte à choisir, il valait mieux que cela se produise au retour qu'à l'aller). Nous avons dû débourser 50£ supplémentaire par tête de pipe, soit le plein tarif. Merci Easyjet !
    Donc avec ce type de compagnie, il est plus que recommandé de prévoir au moins 3h entre chaque vol. Voire d'éviter toute correspondance.
  • Easyjet est très regardant sur le poids des bagages en soute et le volume de ceux en cabine. Pour la soute, à partir de 20.6kg, ils vous alignent. Si vous réservez le poids supplémentaire à l'avance, c'est 18€ par vol, soit 72€ aller-retour avec 2 correspondances. Un peu dissuasif ... Ce d'autant plus que pour des destinations de grimpe de type mixte, on est obligé d'emmener pas mal de matos. Quand on prend des billets en commun, on peut mutualiser le poids des bagages (4 personnes = 80kg).
    Avec Air France, ils commencent à être regardant à partir de 23-24kg.
    Pour la cabine, Easyjet ne regarde que le volume, pas le poids. Pour autant nous n'avons pas été embêtés sur ce point (pourtant les avions étaient à chaque fois quasiment pleins).
    Une bonne alternative est l'envoi de colis. Compter sur 20€ avec Coliposte pour 8kg sans assurance. Il y a une poste à Fort William. Je ne connais pas les tarifs d'un colis vers la France mais ce sera à priori plus cher qu'à l'aller. Pas de pb de douane, le Royaume-Uni est dans la CEE.

Le coût de ce vol avoisine 195€ initialement, plus 60€ d'extra non prévu pour le vol annulé. Soit le tarif d'une compagnie non low cost.
La compagnie KLM propose également des vols au départ de Toulouse pour Glasgow, avec des horaires plus adaptés.

Trajet Glasgow-Fort William

Pour le trajet Glasgow-Fort Willian, nous avons pris le parti de prendre le train. Plus cher, plus lent, mais il permet de voir des paysages différents que par le bus. Surtout la dernière demie-heure ou l'on traverse un no man's land magnifique, avec une gare (Corrour station) totalement improbable ainsi que des cerfs et des tourbières à ne plus savoir quoi en faire. Être bien attentif juste avant de rentrer à Fort William : on peut apercevoir le massif du ben Nevis si la météo le permet.
Pour le trajet retour, nous avons pris le bus. La première demie-heure, le bus longe le loch Finnhes vers le sud-ouest avant de remonter un col qui borde le massif du Glen Coe, très beau et différent de celui du Ben Nevis. Le trajet est tout de même assez tournant et le chauffeur assez porté sur l'accélérateur. Donc prenez le train si vous êtes sensibles du jabot.
Il est tout de même recommandé d'alterner les deux moyens de transports afin de bénéficier des deux points de vue.
Pour le train, compter 26.30£ par personne pour 3h30.
Pour le bus, compter 21.20£ par personne pour 2h45.
Noter que financièrement il est plus avantageux de prendre un aller/retour avec le même moyen de transport (ex: 47.30£ par train).

Fort William

Plusieurs moyens de transport s'offrent à vous :

  • A pied
    Pour circuler au centre-ville, pas besoin de prendre le métro, c'est pas Londres. De même certains courageux partent de Fort-William pour le Ben Nevis sans passer par le North Car Park mais en prenant un sentier passant à côté de l'usine d'aluminium. 1h en plus pour la descente mais surement plus pour la montée.
  • En taxi
    C'est le moyen de transport le plus souple. Pas mal de taxis à Fort-William, de jour comme de nuit. Il y a deux têtes de taxi à Fort William : à côté de la gare en journée et au centre de la rue principale de nuit. Réserver tout de même à l'avance si vous partez au Ben à 6h30 du matin. De même préciser le nombre de personnes et si vous avez de (très) gros sacs. Ils ont des camionnettes.
    Compter 10-12£ du centre ville au North Car Park. 18£ pour aller de Fort William à la station de Gondola. Etrangement, les taxis écossais ne commencent à vous faire payer qu'au moment où ils vous prennent, quelque soit le trajet qu'ils ont dû faire avant ???!!!
  • En bus
    Il y a un arrêt de bus très proche du North Car Park. Ca coûte environ 1£ du centre ville. Je ne connais pas la fréquence. Le bus passe aussi à la station de Gondola (1.7£).
  • En voiture
    Il y a plusieurs possibilités de louer des véhicules à Fort William. Il y a une agence Sixt. Pour trouver moins cher, il y a également soit le garage Volkswagen, soit des particuliers qui louent leurs voitures. Se renseigner.
    Mais si l'on souhaite aller sur des sites plus éloignés que la station de Gondola, se renseigner sur les désertes de bus. Autrement il vaut mieux louer une voiture (on doit pourvoir s'en tirer pour 50£/jour).

LogementSummary

Glasgow

Sur recommandation, nous nous sommes arrêtés une nuit au Euro Hostels Glasgow. Très central, il propose un service minimal à un tarif imbattable pour le centre-ville (environ 20€/pers petit dej compris). Les chambres sont spartiates mais fonctionnelles. Un peu bruyantes aussi à cause de la proximité d'une rue passante. Éviter le RDC et 1er étage pour cause de présence d'un pub au RDC. Le petit déjeuner est assez minimal aussi.
Pour s'y rendre de l'aéroport, prendre le n°500 (facile à trouver, sur la gauche en sortant de l'aéroport). Descendre avant Queen Station (20-25min) puis marcher 5min. 3.5£ aller. Prendre un aller/retour si au retour vous ne passez par le centre de Glasgow.
Le soir, on a dîné à La Lenterna, resto italien de bon niveau, avec pas mal de passage et des tarifs très corrects.

Fort William

Il y a de nombreuses "accomodations" à Fort William. Ville de 4 000 habitants (10 000 en comptant les agglomérations environnantes), elle est un lieu très touristique (en été) et la base incontournable pour toute visite du massif du Ben Nevis. En s'y prenant un minimum à l'avance, il ne devrait pas être trop difficile de trouver des places.

Nous sommes descendus à Calluna, un ensemble d'appartements géré par Alan Kimber et son épouse. Kimber est l'un des guides écossais les plus connus et a notamment participé à l'élaboration d'un des guides de référence du Ben Nevis.
Vous louez une chambre de 2 à 4 lits et vous partagez un salon, une cuisine équipée, une salle d'eau et un vestibule. Attention les photos du site web sont un peu avantageuses. Les chambres à 4 sont assez petites avec peu de rangement, l'ensemble commence à être un peu vieillot, le ménage a priori hebdomadaire, la douche très ... écossaise et le séchoir grand mais à l'efficacité inégale. Mais le tout est bien fonctionnel et les prix raisonnables, à 10min du centre ville à pied (moyennant une petite côte) et 15min du Morison's. Compter environ 60£ par jour pour une chambre de 4, soit 18€/pers.

CIC Hut

Il s'agit du seul refuge du massif du Ben Nevis et l'un des quelques "gros" refuges du Royaume-Uni (par contre il y a pas mal d'abris plus petits voire un peu plus sommaires mais souvent équipés - cf. mountainbothies.org.uk). Y séjourner voire même y entrer (si si) doit être considéré comme un privilège.
En tant que non membre du Scottish Mountaineering Club, vous ne pourrez y séjourner que du dimanche au jeudi (du dimanche soir jusqu'au jeudi soir, soit 6 jours de grimpe pour 5 nuits). Les nuitées de vendredi et samedi sont réservées aux membres.

En gestion libre (donc non gardé), l'inscription se fait généralement dès le mois de mai de l'année précédente. C'est Mr Clothier qui s'en occupe. Il suffit de lui envoyer un mail avec les dates et le nombre d'inscrits. Compter 12£ par nuit et par personne. smc.org.uk/Huts/CIC.php

Le refuge se trouve au pied du massif du Ben Nevis, à 700m d'altitude. Donc à pied d’œuvre pour accéder aux nombreuses courses du massif : compter de 15min à 1h d'approche.
Le refuge est accessible via un sentier desservi par deux parkings.
En premier lieu par le North Car Park ouvert à tout le monde et situé à 50m d'altitude et à 4km du refuge. Compter 1h30/1h45 en marchant normalement "non lourdement chargé" (1h en étant "un peu" rapide mais flâner pas en route).
Un peu plus haut par le South Car Park, accessible aux personnes disposant de la clé de la barrière. Il est situé à 280m d'altitude et à 3km du refuge. Il faut environ 1h pour y monter.
Nous avons utilisé les services (="a lift") payant (20£ à 4) de Mr Kimber pour bénéficier d'un accès motorisé à ce second parking, ce qui réduit significativement l'approche au refuge lorsque l'on est très chargé (nous avons mis 1h15 en étant chargé de 32 à 40kg).
Le chemin d'accès, autrefois un bourbier mythique où l'on pouvait s'enfoncer jusqu'aux genoux, a été modernisé. Il est désormais très roulant et on peut y monter en tennis (en absence de neige).

Le refuge d'une capacité de 20 personnes comporte 7 pièces accessibles aux occupants et un mini-cagibis ouvert à tout le monde :

  • Un premier vestibule "nu" qui sera probablement la seule pièce du refuge que vous pourrez entrevoir. Il ne sert que de sas avec le reste du refuge.
  • Un second vestibule lambrissé comprend des bancs et des porte-manteaux. Il sert à se dévêtir et à se déchausser.
  • A droite de ce second vestibule, un séchoir. Assez petit, il comporte un mini-poêle à gaz et des étendoirs. Il est un peu trop exigu pour 20 personnes, donc vous serez amené à amener du matos dans le reste du refuge (notamment au-dessus du poêle de la pièce principale où se trouvent nombre de crochets).
  • Toujours attenant au second vestibule, deux mini-WC. La méthode de recyclage est inconnue mais le moins qu'on puisse dire, c'est que ça sent tout sauf bon !
  • La pièce suivante, c'est la pièce historique du refuge qui sert de cuisine et de réfectoire. A gauche, orienté nord, le coin cuisine avec 2 gazinières, un four-gazinière et un lavabo sans eau courant (la source se trouve à 5m à l'extérieur du refuge). A droite, la table commune où peuvent se tenir 10-12 personnes. La cuisine est bien équipée : assiettes, verres, tasses, couverts, poêles, bouilloires, théières, ustensiles, allume-gaz, éponges, brosses, produit vaisselle. Bref tout le nécessaire. Pas besoin de se charger à ce niveau. La pièce comprend un gros poêle à gaz qui tire fort.
  • Dernière pièce : le dortoir. Celui-ci comprend 20 couchages avec couchettes superposées et non séparées : 16 couchettes contre le mur est et 4 contre le mur ouest. Les lattes des couchettes ne sont pas continues : attention on y fait facilement tomber des affaires. A droite, une table de 8-10 personnes ainsi que 20 petits casiers pour stocker ses affaires. La pièce comprend un petit poêle à gaz qui tire moyen mais qu'il convient de couper la nuit sous peine de se croiser en Équateur.

Un mini-cagibis censé être un local de secours est accessible depuis l'extérieur (coin SW du refuge). En le vidant, deux personnes peuvent s'y tenir debout. Difficilement. Ca ne motive pas d'y passer une nuit ....

Toutes les pièces sont dotées d'un éclairage électrique alimenté par une éolienne située à l'extérieur. En cas de pénurie d'électricité, le refuge possède des lampes à gaz d'appoint. Nous n'avons jamais eu de problème de pénurie (et vu le vent qui souffle dans le coin, le risque paraît faible).
Le refuge fut le théâtre de travaux de rafistolage en urgence courant janvier 2012 pour cause d'arrachement du toit lors de la grande tempête de décembre 2011.
Le chauffage est d'autant plus suffisant que les températures extérieures ne sont pas polaires : un simple sac de couchage (5°C) est suffisant.

Vos chers futurs colocataires britanniques se feront un plaisir de vous apprendre les règles en vigueur au CIC. Et comme nous n'avons pas vu l'ombre d'un règlement écrit, on pourra très bien vous expliquer que le port d'une plume dans le "utttt.." est obligatoire. Alors a priori, il y aurait deux règles de base :

  • Les nouveaux occupants ne sont pas censés rentrer dans le refuge avant 18h.
  • Les non locataires du refuge ne sont pas autorisés à y rentrer.
  • Pour le reste, c'est très confus.
    Nous y avons eu droit et bien entendu, une fois le dos tourné les donneurs de leçon se sont empresser de faire exactement l'inverse de ce qu'ils avaient préconisé !
    Bref, jouer-là britannique : opiner très poliment du chez et faites-en à votre guise sous peine de se faire enfler bien gentiment ! Notamment, si les couchettes ne sont pas prises lorsque vous arrivez le dimanche en cours de journée, réserver celles de votre choix en mettant vos affaires dessous. Idem pour les casiers. Et si l'on vous a "oublié", faites quand même prévaloir vos droits. Passé un ou deux jours, ne vous en faites pas, les relation s'améliorent d'elles-même.

Le mobile passe au refuge et au sommet du Ben Nevis. Pas dans les combes.

Bivouac

Le meilleur emplacement de bivouac (en terme de terrain plat) se trouve juste au sud du refuge. Il se trouve cependant sous l'éolienne qui n'est pas discrète.
Il est également possible de se poser à l'est du refuge, à 5min. Mais le sol ne paraît pas rigoureusement plat et le site situé au fond d'un mini-cirque pourrait être exposé à des coulées.
Dans tous les cas, il convient de prendre une tente méga-étanche et un tapis de sol bien épais pour une parfaite isolation vis à vis de l'humidité omniprésente.

LogistiqueSummary

Refuge

Les affaires recommandées pour le refuge sont les suivantes :

  • Sac de portage entre 70 et 80l.
  • Sac de couchage. Pas la peine d'un sac extrême, sauf panne de gaz. Un "vrai" 0-5°C paraît largement suffisant. Notre dortoir n'a pas dû descendre sous les 12-14°C chauffage coupé.
  • Pas la peine de prendre 10 000 affaires de rechange. Les habits sèchent bien au refuge. Au pire prendre un peu de lessive poudre si les odeurs vous gênent.
  • Claquettes ou petits chaussons (pas de sabot fourni dans le refuge)
  • Se munir de PQ

Vêtements

  • Ne pas lésiner sur la surveste et le surpentalon. Leur imperméabilité et surtout leur déperlance seront a coup sûr mises à rude épreuve.
  • Il est plus que déconseillé d'emmener sa veste duvet. D'une part les températures ne sont pas polaires là-haut mais surtout l'humidité ambiante risque de ne pas lui plaire. Privilégier une petite polaire supplémentaire ou un pull en synthétique pour emmener dans les voies.
  • Pour les conditions humides, prévoir au moins 2 paires de gants par course. Sauf à aller chatouiller du grade 7 écossais, pas besoin de gant fins. Provisionner 1 ou 2 gants en plus en cas de mauvais séchage ou de casse.
  • Guêtres
  • Masque. On l'a utilisé réellement qu'une seule fois, mais pas au Ben Nevis. Il n'empêche, lorsque ça souffle fort et que la neige est légère, le masque devient absolument impératif pour progresser sans être aveuglé.

Grimpe

Le rack à emporter dépend bien entendu des objectifs que vous projetez. Mais la liste suivante donne une idée d'un rack complet :

  • Cordes 50m suffisantes bien qu'une 60m soit recommandée (en général les longueurs sont courts mais dans les couloirs une corde plus longue est plus confortable)
  • Matériel individuel "classique"
  • 8-10 dégaines
  • Hexentrics n°3-11 (on les a tous utilisé)
    A titre perso, je préfère les hexentrics câblés aux hexentrics avec sangle. Je pense notamment à la pose d'une protection où j'ai dû lancer le coinceur bien au-dessus de ma tête tout en contrôlant son axe de pénétration dans la fissure. Avec un hexentrics à sangle, cela n'aurait pas été possible. A noter que les câbles des hexentrics BD sont vraiment prodigieux. Je ne connais aucun autre produit du marché qui s'en rapproche.
  • Coinceurs n°1-10, voire même des micros
  • Friends Camalots n°0.1-3 : on les a tous utilisé (sauf le n°3 je crois) car on a rencontré des conditions peu glacées. Autrement les friends sont inefficaces lorsque les rochers sont plaqués.
  • Broches 8-10, 10cm x1-2, 13cm x2-3, 16cm x4, 22cm x2 (nous n'en avions pris que 6 par cordée, ce qui était un poil trop juste pour les voies avec de "longues" sections de glace)
    Ne prenez pas non plus vos dernières ultra neuves. La glace est souvent fine. Alors vissez précautionneusement ...
  • Ancres à neige x1-2 (nous en avions 3 pour deux cordées). Indispensables pour les couloirs de sortie souvent improtégeables autrement.
  • Pitons x2-3 (universel et surtout lames fines). Mais à part les très fines fissures, il est généralement possible de poser un coinceur. On ne s'en est pas servi.
  • Sangles 120cm en pagaille (nous en avons pris 5-6 par cordée)
  • Lame de rechange pour le piolet
  • Pioches classiques.
    Jusqu'à du grade 6-7 écossais, l'utilisation de pioches plus spécialisées comme des Nomic ne s'impose vraiment pas. Ce d'autant plus que les sections en glace ne sont pas vraiment raides et longues. Pour ma part j'avais pris mes bon vieux Quark qui ont parfaitement fait l'affaire.
  • Leash pour piolet. Faut aimer grimper avec mais c'est aussi une sécurité dans les voies qui généralement ne sortent que par le haut (à moins d'y laisser une bonne partie de son rack) voire une sécurité pour le reste du séjour car avec la neige une pioche tombée, c'est généralement une pioche perdue. Pour ma part, j'ai essayé un coup et ça m'a gonflé. Il n'y a pas un engagement himalayen non plus au Ben !  
  • Les locaux utilisent pas mal des pitons à glace (Spectre de BD ou Bulldog de DMM) ou de grandes points striées (cf. photo). Ceux-ci sont particulièrement utiles pour pouvoir s'assurer (souvent virtuellement) sur des touffes d'herbe ou des mottes de terre gelées.
  • Des chaussures bien étanches et du papier journal pour faciliter le séchage la nuit
  • Bâtons de marche (plus qu'utiles lors de l'approche "chargée" et pour remonter les couloirs en cas de neige profonde)
    J'ai pris les bâtons tous les jours, ne serait-ce que pour mes pauvres petits genoux et je n'ai pas eu à me plaindre de cette stratégie !
  • Thermos. La température est généralement négative dans les faces. A moins que vous ne préfériez boire glacé.
  • Ficellou. Peut être utile. De notre côté on s'en est pas servi.

NE PAS OUBLIER DE PRENDRE UNE BOUSSOLE ET UN PLAN DU SOMMET AVEC LES AZIMUTS ! En cas de brouillard très dense et de vent fort (conditions fréquentes là-bas), cela peut vous sauver la vie. Il est conseillé de faire le plastifier le plan suivant.

GrimpeSummary

Sorties publiées
J1 : Two Step Corner
J2 : Glover's Chimney
J2 : Point Five Gully
J3 : Comb Gully
J3 : Indicator Wall & Winter Chimney
J4 : Observatory Buttress
J5 : Dry Tooling Session à Douglas Boulder
J6 : Gargoyle Wall
J6 : Green Gully
J8 : Collective à Tower Ridge

Sorties à paraître
[[outings/|J1 : Number Two Gully ]]
[[outings/|J4 : Hadrian's Wall]]
[[outings/|J7 : But à Gandola Ski Station]]


ToposSummary

Il existe 3-4 topos-guides traitant du Ben Nevis. Voici ceux que l'on a consulté ainsi que nos impressions :

  • Ben Nevis - Rock and Ice
    La référence. Pointu. S'il ne fallait en avoir qu'un, ce serait celui-là. Par contre il ne traite que du Ben Nevis et de ses proches environs. Préférer le suivant si vous voyagez un peu plus large et si vous visez que les classiques du Ben. Les illustration sont bien mais il manque des plans d'ensemble afin de bien repérer les secteurs.
  • Scottish Winter Climbs
    Un très bon bouquin, très bien illustré, qui ratisse très large. Obligatoire pour qui souhaite sortir du massif du Ben Nevis.
  • Ben Nevis - Neige, glace et mixte - Les plus belles voies
    Le testament du regretté Perroux ? L'ouvrage en tout cas témoigne de la passion qu'il eu pour cette montagne. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une sélection illustrée des lignes que l'auteur prisait tout particulièrement. Quand on sait qu'il a passé là-bas plus de 200 jours, il sait de quoi il parle! Les Britanniques apprécient tout spécialement cet ouvrage. Les photos d'ensemble, même si elles sont pour la plupart en N&B, sont fort utiles. Elles manquent en tout cas à "Ben Nevis - Rock and Ice". Quelques coquilles d'itinéraire sur certains tracés.
  • Winter climbs - Ben Nevis & Glencoe
    Malgré le bataillon de topo-guides en circulation au refuge, on n'a pas vu cet ouvrage.

En conclusion, je dirais que les 3 premiers ouvrages sont bien complémentaires. Si ça ne vous gêne pas de trimballer plus de 1kg de papier avec vous, n'hésitez pas : prenez les 3 !

Notes pratiquesSummary

  • Plutôt que de monter chargés comme des baudets, il peut être intéressant de prendre de la bouffe pour 2 jours et redescendre le second jour en cours d'après-midi à Fort William pou refaire des provisions. 1h15 de descente, 1h30 pour aller faire les courses, 1h30 pour remonter. Bref, on peut refaire le plein à 2 en 4h environ.
  • Il y a 3-4 supermarchés à Fort William, mais le Morisson's est vraiment beaucoup plus grand et mieux fourni que les autres (on y trouve même pas mal de produits français). Facile à trouver il se trouve juste à côté de la gare. Il reste ouvert tard (20h) et le dimanche (jusqu'à 18h).
  • Il y a de 8 à 10 pubs à Fort William. Pas de souci pour les repérer.
  • Il y a aussi 4-5 restaurants. Nous n'avons testé que le resto indien (très bien) au NE de la rue principale du centre-ville après nous être fait gentiment remballés du fish restaurant en bord de loch (dress code non compatible visiblement !).
  • En cas de perte ou d'oubli de matos, il y a un magasin montagne à côté de la gare. Assez bien fourni, il affiche cependant des tarifs britanniques, donc 20-30% plus cher qu'en France.
  • Lors de la première course, il est conseillé de passer par le sommet du Ben Nevis et de bien repérer la descente par Number Four Gully, censée être la plus sûre. Encore que le guide de Perroux recommande la suivante. 35-45min du sommet.
  • Mais du sommet, la descente la plus rapide passe par Abseil Posts (au sud de Little Brenva face) qui ne nécessitait aucun rappel en février 2012 (pente de 40° au max). 25-30min du sommet.
  • Attention à la descente, à la limite neige/herbe. Comme à l'Ossau, le rocher (andésite) est couvert d'un petit lichen vert qui une fois mouillé est une vraie savonnette. Durant le séjour, nous avons vu plusieurs personnes se faire une cheville à 2 pas du refuge.
  • Ne pas trop désespérer si les conditions de gel ne sont pas bonnes. En une seule journée de tempête, cela peut considérablement s'améliorer, mais si cela ne permettra pas de rendre plus sûr les grosses cascades qui seraient en glace/neige foireuse.
  • Même avec de mauvaises conditions de gel, il y a toujours quelque chose à faire. L'important, c'est qu'il n'y ait pas 100km/h de vent et accessoirement qu'il ne pleuve pas en altitude.
  • Il est assez opportun d'emmener un appareil photo étanche, ainsi qu'un petit chiffon micro-fibre en course. Car l'électronique ramasse ferme au Ben et encore plus les objectifs. L'idéal étant d'en avoir deux : un petit étanche pour les conditions habituelles (i.e. humides) et un APN de meilleure facture lorsque la météo est bien dégagée pour faire de meilleures photos. ET tant qu'à faire, oubliez pas le reflex, les 10 objectifs ainsi que le trépied ;o)

Notes personnellesSummary

Impressions personnelles, donc forcément subjectives.

  • Il faut bien avouer que venant des Pyrénées, les paysages écossais sont très exotiques. Pluie et brouillard aidant, nous ne les avons pas vu sous leur meilleur jour mais les brides entrevues valaient déjà largement le coup d’œil. Grandes landes désertiques, zones humides omniprésentes, vert, roux, ocre, noir, qui alternent avec des vallons et de petites montagnes, glace, neige et .... boue. La variété est étonnante au milieu de cette monotonie apparente. L'eau est partout et les ruisseaux plus nombreux que les moutons. Ce qui est sûr en Écosse, c'est qu'il faut aimer l'humidité pour s'y plaire.
  • Et la bibine aussi. Dès le voyage en train, nous avons eu un petit aperçu des coutumes locales. Confortablement installés en milieu de notre rame, une joyeuse bande de copains écossais de 30 à 70 ans nous a prouvé durant près de 4h que le jeu de Julien Lepers avait encore de l'avenir, moyennant un petit changement de règle : une question, celui qui répond a droit à deux verres et les autres à un seul (les pauvres !). Le tout en alternant bière, whisky et liqueurs en tout genre. Démonstration assez impressionnante.
  • Un gros point noir, c'est la saleté généralisée. Particulièrement choquante autour de Glasgow. Les sacs plastiques sont plus nombreux que les arbres où ils sont accrochés tels des guirlandes de Noël. Et tous les styles de détritus fleurissent dans les moindres interstices. D'après les locaux, ce serait un problème de taxes sur les déchets ... et surtout d'éducation. Cela m'a refait penser au Pérou, c'est pour dire !
  • L'accueil écossais fut contrasté, comme la météo. Mais généralement il fut bon et chaleureux.
  • Le Mythe était-il trop grand ? Sans être du tout déçus de notre voyage, il faut avouer que nous nous attendions à un massif plus grand et à des faces plus hautes. Pour une grande partie des classiques, la course se résume à une approche de 400m en couloir, suivie d'une section technique de 100-150m, puis 150-200m en couloir neigeux avant d'atteindre la corniche et le plateau. Seule la face Orion offre des lignes de 300-400m continues jusqu'en haut.
  • La difficulté nous est également apparue relativement modérée. Arrivés modestes en terrain inconnu, on s'est limité aux classiques à peu près en conditions, du grade 4 au grade 6 écossais. Et on peut pas dire qu'on ait beaucoup fait chauffer les bras et les mollets. Grosso modo, un grade 5 écossais en glace correspond à un grade 4 glace pas très dur. Pour le mixte, comme les copains, je serais infoutu de donner des correspondances avec les M machin. Ce qu'on peut dire, c'est que ça a l'air de vraiment grimper sérieusement à partir du 7 écossais.
  • Mais l'essentiel de l'intérêt du jeu n'est probablement pas là. Il réside plutôt dans l'esthétisme des lieux, dans la recherche des protections et dans l'ambiance induite par ces deux composantes.
  • A ce titre, le rôle joué par les conditions météo est primordiale. Pour les conditions de gel, qui conditionnent les possibilités de grimpe. Sans gel, sans glace/neige bien dure, sans motte de terre gelée, la grimpe n'a plus le même intérêt, ni la même difficulté d'ailleurs. Pour les conditions de placage, qui donnent toute sa magie aux lieux. Pour les conditions de vent et d'humidité, qui peuvent très vite rendre très désagréable votre présence en ces hauteurs.
  • D'un côté, nous avons été très chanceux. Sur 7 jours de présence, nous avons eu droit à 2 jours de beau, voire très beau temps écossais (attention, ne vous attendez pas à une belle journée avec ciel bleu immaculé comme nous en avons l'habitude - mais on finit très vite pas considérer ces jours comme "beaux" ! - Il semble que 2 jours de beau temps en une semaine soit exceptionnel favorable !), 3 jours brumeux avec un peu de vent et d'humidité, 1 jour avec pluie et vent fort et 1 jour avec vent fort. Au final, on sera resté inactif 0 jour mais avec 2 jours sans réelle grimpe.  A priori, on nous a indiqué qu'il
    fallait s'estimer chanceux de cette répartition. Il arrive fréquemment que le vent se lève durant plusieurs jours et bloque tout le monde au refuge ou en plaine.
  • D'un autre côté, les conditions de glace n'étaient pas vraiment top. Il y avait peu de glace et celle-ci a un peu fondu en cours de semaine. Cela ne nous a pas vraiment dérangé (bien que j'aurais bien été faire un tour dans des lignes tel que Minus 1 ou 2, Match Point, etc.) mais cela ne nous a pas permis de pleinement se rendre compte du potentiel du massif. En conditions, il a presque une ligne tous les 10m !
  • Le rocher est vraiment super à protéger. On trouve toujours des fissures, des béquets, des blocs, propres à poser la protection qui va bien. Dans une longueur, il m'est arrivé de mettre de tout : coinceur, hexentric, friend, broche et lunule (sauf piton donc). Pas si fréquent ! Ca protège donc bien mais pas forcément au niveau des crux. Donc comme d'hab, il vaut mieux avoir une petite marge pour s'amuser un peu plus sereinement.
  • La concentration en grimpeurs et randonneurs est d'autant plus impressionnante que le massif n'est pas très grand. Surtout le week-end et en période de vacances. Il n'est pas rare de trouver 4-5 cordées dans la même ligne, 20 personnes au sommet et 5 fois plus sur le plateau sommital.
  • Mauvaise langue, je pensais que nos chers voisins ibériques avaient l'exclusivité des comportement aberrants voire kamikazes en montagne. Il n'en est rien. Ils n'ont rien à envier aux grimpeurs britanniques. Par exemple, le Britannique cultive en montagne l'art de démultiplier le temps. Si une ligne se fait habituellement en 3h, il se fait un devoir de mettre 2 à 3 fois plus de temps. Et finir de nuit, voire le lendemain matin est particulièrement prisé (et n'inquiète personne !). Cette tendance à la lenteur porte un nom ici : le "Pfaffing", du verbe "to pfaff" que je traduirai pas glander en prenant son temps. Il paraît que c'est traditionnel et que les Brits sont internationalement connus pour cela. Ensuite, ils montent quelque soit la météo ou les conditions glaciaires. On est là, on y va. S'agglutiner les uns sous les autres fait aussi partie du programme. Une fois, ce n'est pas une mais deux cordées qui se sont plantées 50m en dessous de nous, alors que nous grimpions une cascade particulièrement cassante. Je les ai prévenu mais cela n'a pas eu l'air de les inquiéter outre mesure. Surement le fameux flegme anglais ! Leur capacité à faire des longueur de 15m est aussi impressionnante. J'adore aussi le fait de voir une cordée s'assurer dans une pente à 35°, le leader assis dans la neige et avalant le second à la main, tandis que juste à côté un autre groupe s'amuse à faire de la luge avec leur séant. Il paraît qu'ici on appelle cela le "death roping", où l'art de se dire qu'une fois encordé, rien ne peut vous arriver. D'après des secouristes locaux avec lesquels nous avons eu des discussions très intéressantes, ces comportements seraient dû à un manque de formation "fédérale". Au Royaume-Uni, la grande majorité des grimpeurs se forment sur le tas, la plupart du temps au contact d'amis ou de copains. Avec pour conséquence des montagnes de lacunes et des mauvaises pratiques qui se transmettent en toute confiance.
  • Merci à mes vieilles coques qui me sauvent la mise pour la seconde année de suite. Sans elles, il n'y aurait point eu de Ben Nevis cette année. Des piétons reconnaissants !
  • J'en ai plein le dos de mes collègues de grimpe ! A part Ice et le Jeannot. Pas à cause de la grimpe ni de leur mauvais caractère. Non, à cause de la couleur de leur veste et de leur casque. Du gris, du marron, du bleu foncé sur des photos d'hiver, c'est super pouaaaaAAAA !!! Alors désormais c'est dit, je vais être plus exigeant, avec une sélection drastique sur le dressing. Qu'on se le dise !
  • Et éviter de faire comme nous : montrer 50kg de bouffe et se faire un devoir de tout finir. On a fini le séjour au CIC hut dans un état vaseux proche de la crise de foie !
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Version #30, date 18 October 2012