Analyse de contenu de la discussion sur le rééquipement de la Castapiagne Rouge

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L’analyse porte sur les 175 contributions de la discussion publiée dans la rubrique « discussions escalade » de Camptocamp, du 27-10-2005 au 19-02-2006. L'auteur n'est ni un pro de l'analyse de contenu, ni un pro de la grimpe. Les pros noteront donc probablement quelques hérésies.

Le sujet d’origine

Début octobre 2005, Bruno Clément, alias Graou, un des meilleurs grimpeurs français, résidant à la Palud-sur-Verdon,  rééquipe une voie de l’Escalès, La Castapiagne Rouge, afin de pouvoir la gravir en libre.
Graou est un équipeur actif, du 5+ (Zidane, une des voies les plus parcourues aujourd’hui du Verdon) à la Ramirole (8b), moins parcourue… 

La Castapiagne Rouge fut  ouverte en escalade artificielle en 1972.

En 1995, Jérome Rochelle, libère 6 longueurs sur 7 en solo auto-assuré :
-    L1 : 6a+
-    L2 : 7c
-    L3 : 7c (avec 2 prises renforcées au Sika)
-    L4 : 7b
-    L5 : 4+
-    L6, longueur du toit principal, est évitée par la droite (variante 6b)
-    L7 : 7b
De l’aveu même de Rochelle (contribution 96), l’assurage sur l’équipement d’artif d’origine a été très « flippant ».

Graou a posé 18 points sur les 4 premières longueurs, soit moins de 5 points par longueurs, ou un point environ  tous les 8-10m.
Puis sa ligne s’éloigne de la voie d’origine avec :
-    L5 : 8a
-    L6 : 7b, dont 2m commun avec la Castapiagne.
-    L7 : 7c
30 points ont été mis dans cette nouvelle voie
Soit au total 48 points mis à sa disposition par le club  « Lei Lagremusas » qui publie le topo du Verdon et fournit l’essentiel du matériel d’équipement et de rééquipement.
Notons que Lei Lagremusas fournit les points sans cahier des charges ou charte d’équipement  à ses ouvreurs.

Donc, seule la première moitié de la Castapiagne Rouge est concernée. La deuxième moitié, hors les 2m de L6, est située à environ 10m de la voie de Graou  (un contributeur  parlera cependant de slalom dans la Castapiagne).

Notons que ce type de rééquipement n’empêche nullement de regravir physiquement  la voie en artif ; par contre, et selon les « artificiers » et leurs sympathisants, l’ambiance et l’engagement en sont considérablement altérés.

Graou a rééquipé cette voie sans consulter ni les ouvreurs, ni le club « Lei Lagremusas ».

Il n’a commis aucun acte illégal ; la montagne (içi la falaise)  est , sauf exception, située sur le domaine public, et donc appartient à tout le monde. Seul un arrêté municipal ou préfectoral peut en limiter l’usage. En l’absence d’arrêté, conformément au droit latin, tout ce qui n’est pas interdit est autorisé.
Des règles de rééquipement existent : chartes de l’équipeur de la FFME et de l’UIAA (to bolt or not to bolt, beaucoup plus complète et argumentée), consultables sur les sites web respectifs. « Lei Lagremusas » n’a pas de charte spécifique.
Elles n’ont qu’une valeur morale, et non juridique. Elles sont l’émanation de la réflexion d’un groupe de grimpeurs souvent actifs et expérimentés, mais absolument pas représentatifs de la communauté actuelle des grimpeurs. Le monde des grimpeurs n’est donc pas démocratique, mais plutôt élitocratique. Il n’est donc pas étonnant que les rebellions soient nombreuses et qu’il y ait autant de normes que de normatifs, chacun adaptant sa partie préférée des normes à sa pratique.

La voie fut déséquipée par des anonymes en décembre 2005, y compris la 2ème partie pourtant distincte de la Castapiagne rouge (ce point sera relevé par un contributeur).
Elle fut recemment  rééquipée pour le libre par Nicolas Pottard, et un film du passage est disponible sur You Tube : il n’a pas déclenché de nouveau débat.


Analyse quantitative

Les 175 contributions (176 sur le forum, mais un doublon en 141) ont été postées par 64 contributeurs.
25% des contributeurs ont posté 60% des contributions ; 11 contributions pour le contributeur le plus présent (nota : ce contributeur est aussi un des ouvreurs les plus actifs du Verdon).
50% des contributeurs ne sont intervenus qu’une seule fois.
Malgré un nombre important de contributions, ce forum a été en fait plus ou moins l’affaire d’un petit groupe d’un vingtaine de contributeurs.

25% des contributions comportent une attaque personnelle, souvent contre Graou, mais aussi contre des  contributeurs. 15% de ces attaques ont un caractère injurieux marqué.
39% des contributions comportent une réponse  à une autre contribution, qui est d’ailleurs souvent une attaque.
Ces pourcentages, pourtant relativement modestes, ont suffi à donner une impression de polémique agressive à de nombreux contributeurs, et à faire parfois dériver le forum du sujet principal.

Un seul pseudo feminin est intervenu, et de manière bien mystérieuse. Certes, les 99.5% de contributions à pseudo mâle peuvent cacher une contributrice, mais l’écriture reste très masculine, tant sur le fond que sur la forme. C’est bien dommage, car nos amies  grimpeuses introduiraient probablement un peu de sens du compromis durable et d’empathie dans ce type de forum ; bref, un peu de douceur dans un  monde de brutes.

Les contributions représentent environ 1200 lignes, soit 7 lignes par contribution en moyenne, avec des extrêmes à 1 et 32 lignes. 45 contributions ont plus de 10 lignes, et ce essentiellement chez les contributeurs dominants. On retrouve là encore la tendance énoncée au 1er paragraphe.


Chaque contribution a été qualifiée en :
-    plutôt émotionnelle ou plutôt rationnelle suivant la tonalité de l’argumentation
-    plutôt normative, libérale, neutre ou hors-sujet :
o    normative si elle penche vers des valeurs de respect de normes et d’historicité.
o    libérale si elle penche vers des valeurs de liberté d’expression des grimpeurs dans leur pratique et d’acceptation d’une certaine évolution de l’escalade.
o    neutre ou hors-sujet : quand le lien avec le sujet d’origine commence à être trop lointain (notons que le débat sur le rééquipement ou l’équipement en général, hors Castapiagne et Verdon, n’est pas considéré comme hors-sujet) ou qu’il est impossible de classer la contribution.

Pour la classification normative – libérale, voir les réserves dans le chapitre analyse qualitative.

Les contributions sont majoritairement plus émotionnelles (59%) que rationnelles (38%).

19% des contributions sont neutres ou hors-sujet.

Les contributions (non neutres ou hors-sujet) sont plutôt normatives à 57% et plutôt libérales à 43%.
Les contributions normatives sont très largement plus émotionnelles (73%) que rationnelles (27%).
Les contributions libérales sont plus souvent rationnelles (61%) qu’émotionnelles (39%).
Ce n’est pas surprenant car le sujet d’origine est une atteinte d’un libéral sur un sanctuaire normatif ; il est donc normal que les normatifs soient plus nombreux à réagir, et avec émotion. Les libéraux, eux, peuvent se permettre une approche plus tempérée du problème.

Les contributions neutres ou hors-sujet sont aussi largement émotionnelles (61%).

Notons que certains contributeurs passent du registre émotionnel à rationnel et normatif à libéral dans des contributions différentes ; un bel exemple, qui n’a pas participé au forum, mais qui a traité le sujet dans son remarquable ouvrage, « Les fous du Verdon », en est Michel Vaucher, un des ouvreurs de la Castapiagne, qui en page 341 est dans l’émotionnel-normatif pour finir en page 344 dans le rationnel-libéral.

19% des contributions abordent, de manière directe ou indirecte, la notion de charte ou de règles.
2/3 d’entre elles  sont des contributions normatives et 1/3 sont des contributions libérales.
Seules 2 contributions rejettent tout recours à des règles.
Seulement  6% des contributions font référence à la place de l’ouvreur dans le débat.




Analyse qualitative

Ce forum est essentiellement un débat d’éthique entre  2 populations de grimpeurs :
-    les normatifs, attachés à des règles, explicites ou implicites, même s’ils les transgressent parfois en toute bonne foi et conscience, et à la conservation d’un certain passé (prédominance des ouvreurs et de leurs choix historiques).
-    Les libéraux,  attachés à la liberté d’expression dans les choix de la pratique, et privilégiant l’évolution  sur l’attachement au passé. La plupart ne sont pas totalement dépourvus de normes, mais plus réduites que chez les normatifs. Ils sont aussi beaucoup plus sensibles à la demande majoritaire des grimpeurs d’aujourd’hui  que les normatifs.
Notons que l’on aurait pu appeler ces catégories «conservateurs » et « progressistes ». Nos cousins anglo-saxons s’y seraient sentis tout aussi à l’aise ; mais dans notre culture française, le terme conservateur est  souvent perçu négativement (quoi que libéral ne soit pas trop bien vu en ce moment non plus).
« traditionnalistes » versus « libertaires » aurait aussi pu convenir, mais là encore, la conotation historico-sociale de ces termes les prive de toute utilisation objective.
Bref, il ne faut pas trop se focaliser sur le terme, mais plutôt sur la philosophie de la pratique qu’il recouvre.

Comme l’origine est une atteinte, plus irréfléchie et involontaire que préméditée, d’un libéral sur un sanctuaire normatif, les premières contributions sont essentiellement normatives. La fin du débat sera plus équilibrée entre normatifs et libéraux.

Nous débuterons donc cette analyse par les arguments, fond et forme des normatifs.


Les normatifs.

Les contributions sont d’emblée très virulentes, assorties d’attaques personnelles, voire injurieuses contre Graou.
On lui reproche :
-    d’autres forfaits (ou sagouinages)  du même style en d’autres lieux.
-    d’équiper seulement pour une élite
-    de mépriser la communauté des grimpeurs en général , et celle des artificiers en particulier.
-    d’être un ignorant en matière d’artif et de TA.
-    de mal équiper d’une manière générale.
-    de le faire avec de l’argent semi-public, le matériel du club « Lei Lagremusas ».
-    et même de ne pas voyager ! … par un contributeur par ailleurs défenseur de l’environnement.
Seul un contributeur normatif le connait personnellement.

Le respect de l’équipement et de l’esprit  d’origine, et de l’ambiance qui y est attachée  est l’argument rationnel  le plus souvent invoqué.  Un contributeur normatif fait d’ailleurs remarquer aux libéraux qu’il n’apprécieraient probablement pas qu’une voie ouverte en libre soit largement complétée en points pour passer en tire-clous (ce qui ne serait cependant pas de l’artif « clean »).

On retrouve cet argument d’esprit d’origine  sous forme de règles dans les deux chartes FFME et UIAA : peu de contributions se réfèrent à ces chartes, y compris dans les 19% qui se réfèrent à cette notion de charte-règles,  préférant des termes plus vagues comme « la communauté des grimpeurs ».
D’autres contributions réclament d’ailleurs des règles alors qu’elles existent déjà ; elles sont probablement mal connues.
Notons que certains contributeurs normatifs reconnaissent qu’ils transgressent parfois ces règles (équipement d’une nouvelle voie empiétant sur une ancienne voie), mais s’absolvent implicitement de ce pêché véniel.
C’est un comportement assez courant, y compris  chez les grands puristes anglo-saxons du Terrain d’Aventures (constaté durant mes longues années de TA au Moyen Orient).  Cette incohérence et cette auto-complaisance sont  des caractéristiques de la nature humaine. Et puis on est toujours l’hérétique de quelqu’un, sauf peut-être Paul Preuss pour qui le solo à vue était la seule forme respectable d’escalade ; et il en est mort.

Paradoxalement, le respect de la volonté des ouvreurs est un argument qui a été amené en premier par un libéral. Le paradoxe n’est qu’apparent car :
-    un des ouvreurs, Michel Vaucher, aurait donné autrefois son accord pour un rééquipement en libre à un autre équipeur.
-    la charte UIAA accorde aux ouvreurs un droit moral sur le rééquipement, mais pas la charte FFME.
-    La référence à l’ouvreur n’a fait qu’un score de 6%. Probablement que le même forum en Espagne ou en pays anglo-saxon aurait donné un score très différent.
-    dans l’esprit FFME où l’ouvreur n’a pas de place prépondérante, le rééquipement d’une voie proche de la Castapiagne par Graou avec accord de l’ouvreur, Michel Piola, se fait aussi attaquer avec virulence ; ouvreur et rééquipeur  sont accusés de mépris pour les artificiers.

D’ailleurs, pour renforcer cette attitude « l’ouvreur n’a pas forcément raison », exception française dans le monde UIAA, une des contributions va même jusqu’à considérer qu’il a tort dans 98% des cas. Ce point a quand même été largement débattu, y compris chez les normatifs.

Notons que le même contributeur prophétise (ou annonce ? ) le déséquipement  d’Ula qui se produira 5 ans plus tard en juin 2011 (Ula avait été rééquipée après débats et réflexions par le club Lei Lagremusas, détenteur souhaité de l’autorité  en matière de rééquipement du Verdon  par beaucoup de normatifs).

Par contre, aucun des mêmes normatifs ne se pose la question de la légitimité de l’ouverture en artif, à grand renfort de plombs et de clous laissés sur place ; les règles UIAA et FFME non plus.
Le respect de l’environnement est d’ailleurs souvent évoqué par les artificiers. Le goujon  est donc considéré comme plus polluant que le « thread », le clou ou le plomb, ce qui est vrai si l’on retire après passage le « thread », le clou ou le plomb ; sinon, c’est fort discutable.
Certains artificiers évoquent une norme : « le clean », où le forage de trou est prohibé, sauf absolue nécessité ; par contre, l’atteinte au rocher par des pitonnages et dépitonnages  successifs ne sera évoqué que par un libéral.
D’une manière générale, les 2 normes s’intéressent moins à la manière de gravir (libre versus artif ou point d’aide) qu’à l’état de la voie (points fixes versus protections amovibles, atteinte au rocher, engagement et ambiance), ce qui n’est pas illogique car la manière de gravir est un choix personnel et l’état de la voie est un élément collectif. Ce découplage marche dans beaucoup de cas, mais malheureusement pas dans notre exemple précis où, sauf à avoir le moral de Jérome Rochelle, le libre semblait bien difficile à réaliser sans travailler sur l’équipement fixe de la voie. Il y aurait donc matière à compléter la norme sur ce sujet.


Les artificiers sont un sous-ensemble des normatifs. Ils semblent souffrir d’un manque de reconnaissance de la part de la communauté (7% des contributions évoquent cette notion de respect-mépris, toutes normatives)  ; réalité ou paranoïa fréquente, et explicable, chez les minorités ?
De fait, ils constituent une minorité dont l’activité est très clairement moins reconnue qu’il y a un demi-siècle. Mais dans une bonne démocratie, la majorité, même large (selon Kurt Von Kanel, dans le document « to bolt or not to bolt de l’UIAA, 90% des grimpeurs pratiquent quasi-uniquement dans des voies équipées – il resterait  10% pour le TA et l’artif) , se doit de faire une juste place à ses minorités ; c’est l’objectif  du bi-camérisme dans les démocraties avancées.
Comme toute minorité, elle a son radicalisme : une contribution déplore l’atteinte à l’environnement générée par la démocratisation de l’escalade.

La notion d’artif, comme souligné plus haut, est d’ailleurs absente des normes UIAA et FFME. Certains contributeurs évoquent des normes internes à la communauté (le « clean »), et d’autres reconnaissent qu’elles ont été souvent bafouées.
Cette lacune des textes UIAA et FFME aboutit donc a un résultat prévisible : il y a autant de normes que de normatifs.

Les artificiers se plaignent aussi de voir leurs lignes existantes et potentielles réduites avec le temps et les progrès du libre. Un contributeur libéral leur rétorquera qu’il y a plus de place dans la nature pour l’artif que pour le libre (ce qui est vrai géologiquement et mathématiquement, mais pas forcément vrai pratiquement et physiquement, surtout dans la philosophie du « clean »).


Les libéraux .

Ils se divisent principalement en 2 catégories, à peu près égales :

-    Ceux qui relativisent la portée de l’évènement :  seule la 1ère moitié de la Castapiagne est concernée, et encore avec un nombre très réduit de points, et il reste des classiques et d’autres lignes d’artif dans le Verdon et ailleurs.

-    Ceux qui contestent la place de l’artif dans l’activité : l’évolution normale de l’escalade est vers le libre et l’artif n’est qu’une étape temporaire, les voies d’artif sont souvent des poubelles de ferraille, avec atteinte à l’environnement et au rocher, il y a plus de place sur le rocher pour l’artif que pour le libre libre (ce qui est vrai géologiquement et mathématiquement, mais pas forcément vrai pratiquement et physiquement, surtout dans la philosophie du « clean ») .

La plupart des contributeurs libéraux le connaissent personnellement.Tous défendent Graou, en déplorant l’agressivité et l’injustice de certaines attaques. Ils rappellent ses nombreuses contributions à notre pratique.
Certains reconnaissent cependant l’impétuosité du personnage.

L’appel  aux règles existe aussi chez les libéraux, le plus souvent  pour organiser une cohabitation harmonieuse entre les différentes pratiques (ce qui semble être le cas de l’Espagne).

Comme souligné dans l’analyse quantitative, les libéraux restent plus rationnels qu’émotionnels, tant sur le fond que sur la forme.
Qu’en eut-il été si un artificier avait mis  un point d’aide tous les mètres dans les rideaux de Gwendal afin de faire profiter de cette superbe ligne à ceux qui n’ont pas le niveau en libre ?




Epilogue

L’évènement générateur, puis le forum, démontrent bien que l’autogestion d’un groupe en l’absence de règles et d’instances d’autorité reste bien un exercice difficile.
Il serait donc utile que la FFME et le club « Lei Lagremusas » se penchent un peu sur le problème afin de tendre vers une situation plus apaisée comme on l’air de l’avoir trouvée nos voisins ibériques.
En particulier, « Lei Lagremusas », qui semble au plus près du terrain pour gérer au mieux ce problème, et sans brider la créativité des ouvreurs qui donnent quand même beaucoup de leur temps à la collectivité, devrait peut-être avoir un cahier des charges en contrepartie de son aide.

Sur la forme du forum, les modérateurs constateront qu’une petite proportion d’agressivité tend vite à donner la tonalité dominante : faut-il pour autant renforcer une certaine censure ?

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Version #4, date 31 July 2011