Meindl Himalaya testées sur 5000 Km

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Parlons d'abord du contexte de ce test. La paire de Meindl Himalaya présente sur ces images a été chaussée dans le cadre d'un tour du monde à pied, le projet "Tout En Marchant" dont voici son siteweb toutenmarchant.com. Elle a commencé à fouler le terrain aride et brulant de la Grèce au mois d'Aout 2008 pour finir sa folle course en Octobre 2010 à Qyzylorda, à mi-chemin de notre traversée du Kazakhstan. Elle avait donc au compteur plus de 5000km. Ne portant rien de superflu sur mon dos je n'ai évidement pas de paire de chaussures secondaire, donc durant ces 2 ans je les ai porté absolument tout les jours, pour passer les cols comme pour passer au supermarché.

Voici leur tracé effectif:

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Prendre une grosse paire chaussures de cet acabit, semi-rigide et 870gr par chaussure, peu faire peur quand on n'a marché qu'en chaussure de randonnée légère en toile. J'avais cet adage de la paire de Rangers avec laquelle il faut passer par une phase de rodage et son cortège d'ampoules et d'échauffements. Rassurer vous il n'en est rien. On peut vraiment dire que se sont des chaussures confortable qui, grâce à leurs couches de plastique thermoformable, épouse parfaitement le forme du pied et ce après juste trois ou quatre jours de marche. Attention cependant, ce plastique thermoformable peut apporter de mauvaises surprises si vous avez pour idée de faire sécher vos chaussures trop près d'un feu. Cela m'est arrivé sur ma seconde paire et ça a été une vrai galère pour leur redonner une forme confortable.

Le point après 8 mois de marche, estimation 2200 Km:

  -la semelle à la pointe de la chaussure du pied d'appel a commencé à mincir sérieusement.

  -toujours sur le pied d'appel les rides au niveau du plis d’usure sur le dessus du pieds deviennent plus profondes petit à petit.

  -la zone d'usure à l'intérieur des chaussures au niveau de talon commence à transpercer la doublure en tissu ainsi que la mousse en dessous. Le talon venant ainsi frotter contre le cuir brut.

Étonnamment cela reste confortable, peut être due au fait qu'après plus d'un an de marche mon pied est aguerri aux frottements. Il n'en reste pas moins que cela mène la vie dure aux paires de chaussettes. Le coté ressemelable de la Meindl Himalya est un argument de vente mais, à mon sens, qui ne tient pas debout. En effet quand le ressemelage devient réellement justifiée la doublure intérieur est en si piteux état qu'il faudrait clairement mieux investir dans une nouvelle paire. Je ne parle pas ici des craquelures sur le cuir, car un cuir ca s'entretient et se nourrit, et je n'ai absolument rien fait en ce sens durant toute leur durée de vie.

14 mois après le départ, estimation 3900Km. Série de photo faite à Tbilissi (Géorgie).On voit que les choses ce sont corsées.

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  -Pour la pointe, toujours celle du pied d'appel, les sols turcs et géorgiens ont avalé successivement le reste de la semelle Vibram, la semelle rigidifiante (un plastique résistant et bien épais, l'ultime rempart à l'usure inlassable des kilomètres), le corps en cuir de la chaussure et le pare-pierre. Alors que sur mon autre pied, la semelle Vibram vient à peine de percer

  -Les rides au niveau des plis d’usures du pied d'appel sont devenu des crevasses. On peut oublier l'étanchéité pour le pied d'appel. Pour l'autre pied cela reste correct et la chaussure est donc toujours étanche. C'est quand même bien pratique d'avoir toujours un pied waterproof pendant les traversées de torrents. Je souligne bien que j'ai quasiment jamais pris soin du cuir de cette paire.

  -Pour la zone d'usure à l'intérieur de la chaussure d'appel, mon talon à transpercé la première couche de cuir, la couche de plastique thermoformable et s'est s'attaqué à une seconde couche de plastique qui elle semble increvable, pas comme mes chaussettes qui dans cette région du monde sont toutes faites en Chine, ce qui n'arrange pas les choses quant à leur durée de vie.

Cette série de photo était sensé être leurs épitaphes. Cependant notre logistique limitée alliée à l'erreur stratégique d'espérer trouver des chaussures de qualité moins chères en Azerbaïdjan, ont fait que j'ai marché près 1800 kilomètres de plus avec cette paire moribonde, poussant ce test à une extrémité quasi burlesque.







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Voici donc pour le fun la série qui les immortalisera avant leur enterrement dans une benne d'Asie centrale. 25 mois après le départ, estimation: 5200Km.
Petite explication sur les dates. En Géorgie nous avons eu quelques « contre-temps », réparation épique de notre vidéo camera, renouvellement d'un passeport, difficulté à obtenir nos visa d'un an pour le Kazakhstan tout ceci allié au faite que la Géorgie est un merveilleux pays et où quasiment tout le monde peut resté un an sans aucun visa d'aucune sorte ont fait que nous sommes y avons séjourné au final plus de 8 mois. 8 mois d'usage quotidien des chaussures, de petite randonnée non comptabilisé dans l'estimation des kilomètres total.

Ce qui m'a permit de leurs faire tirer tant d'extra kilomètres c'est la réparation de fortune réalisé à Atyrau, au Kazakhstan, 3 mois (un peu plus de 1200 km) avant leur déclaration officiel de décès.

La chaussure d'appel était arrivée à une extrémité telle que mon gros orteil était sur le point de toucher le sol à chaque foulée et s’était déjà fait embrocher par plusieurs épines. Au moment du décès de la première paire de "Kayland" de mon coéquipier, j'ai découpé l'avant de sa chaussure gauche que j'ai collé avec de la Super Glue sur la mienne. J'ai été étonné que cette réparation passe la barre des 1000 kilomètres. Je ne vous cache pas que le premier mois à été un peu dure pour ce pied car cette grossière réparation ayant modifié l'assise du pied, la symbiose entre l'usure interne de la chaussure et mon pied s'en était trouvé chamboulée.

  Le principal problème, outre cette modification de l'assise du pied, était le fait que le sable, qui abonde aux abords du désert de kyzylkum, s'engouffrait dans les ouvertures béantes de la chaussure d'appel et venait s'immiscer entre la doublure et le corps de chaussures. Il fallait donc régulièrement le retirer sous peine de nouvelles ampoules à l'endroit où s'accumulait le sable.









































  Voilà ce qu'il y est de mon feedback quand à cette paire de chaussures qu'on peut qualifier d'increvable et qui est restée relativement confortable jusque dans ces derniers retranchements.

  Pour ceux que ca intéressent les photos et les feedbacks sur les chaussures de mon coéquipier les "Kayland contact 1000" mais également sur tous les éléments stratégiques de notre équipements, tente, sac à dos, etc... sont disponible sur notre siteweb à cette adresse: toutenmarchant.com/equipement.php

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Version #7, date 11 July 2011