création littéraire
Le ciel est blanc, le ciel est chaud.
Le ciel en chaudron de vapeur.
Nuages en haut, nuages en bas
enveloppent la ville humide,
ocre et verte, toute de murs lézardés
murs de moisissures traînantes,
sombres et dégoulinantes.
Quelque par la ville pauvre s'anime
Entre les flaques de boue,
l'enfant joue, le voyageur s'épuise
en vaines visites de chambre aveugle.
Pleine de matelots en transit.
Quelque part à la porte de l'Inde,
les bateaux traînent la tristesse de la mousson.
Ailleurs le ressac d'une mer
bas la plage de ses eaux de terre
De chambre en chambre,
l'on se décourage et l'on se lasse
et l'on sombre bientôt
dans des draps improbables
sous les yeux globuleux d'un gecko.
Demain sera lueur d'espoir
Demain sera lumière des découvertes
Demain sur l'île des éléphants,
le singe malicieux volera la bouteille.
Demain au café Léopold nous nous préparerons
à affronter le délire des sens.
Odeur d'encens, Odeurs putrides,
beauté et laideur,
santé et maladie,
antiques temples des mille vies
antiques ruelles des mille morts,
cour et arrière-cour,
toutes des miracles.
Rien n'indiffère, tout nous parle
attirance et rejet
d'une foule sans fadeur.
Empire des pauvres dans l'emprise des riches
des belles en sari insouciantes
et des lépreuses réprouvées, mendiantes.
Lorsque le temps est passé,
lorsque tous les instants s'achèvent
loin des flots vivants,
bruyants et bigarrées,
en ronde désespoir,
l'avion s'envole sous l'ondée passagère.
Et tout raisonne d'une dernière phrase,
promesse d'avenir,
récompense du devenir,
Verte et propre Bombay.
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