Un des facteurs limitants à la pratique de l'escalade artificielle réside dans la quantité importante de matériel qu'il est nécessaire d'avoir. De quoi se compose ce matériel ? En quelle quantité doit-on en disposer ?
Cette dernière partie présente le matériel individuel, les étriers, les vêtements.
Sommaire :
1- Les cordes
2- Le matériel de progression
3- Les pitons - Introduction
4- Les différents type de pitons
5- Quels pitons prendre en parois ?
6- Les Copperheads
7- Le matériel de déséquipement
8- Matériel d'assurage
9- Matériel de remontée sur corde fixe
10- Le matériel individuel
11- Les étriers
12- Les vêtements
10- Le matériel individuel
Le casque
Indispensable !
En tête, il protège le leader en cas de chutes de pierre naturelles ou provoquées par un animal (chamois, etc.) ou un oiseau (chocard, etc.), ou en cas de chute et de retournement du leader.
Il protège aussi les seconds des chutes de pierres naturelles ou provoquées par le leader (assez fréquent).
Le baudrier
En artif, le baudrier doit être le plus confortable possible. Les américains ont conçus des modèles spécifiques à l'escalade artificielle.
Ces derniers présentent :
- De larges sangles rembourrées pour les cuisses ;
- Un ceinture large, molletonnée, comportant de nombreux porte-matériel ;
- Un système de débouclage des cuisses, permettant de faire ses besoins.
-> cf : Le baudrier
La daisy chain
La daisy chain est une sangle cousue sur toute sa longueur (1.5m environ) en des points équidistants formant des boucles.
La daisy chain pourra être utilisée comme longe lors de la remontée aux jumars, comme vache pour le relais ou comme vache pour assurer un point de progression que l'on place, comme vache pour ses étriers, ou moins pratique, pour se vacher soit-même sur un point de progression.
De quoi se vacher sur un point
Daisy chain, fifi hook et/ou longe ropeman sont les systèmes permettant de se vacher facilement sur un point.
-> cf : Se vacher
Les étriers et l'équipement associé
Les étriers sont des échelles que l'on place le plus souvent sur un point de progression de manière à se hisser le plus haut possible sur ce dernier pour placer un nouveau point.
Chausson d'escalade
Il est souvent nécessaire de prendre ses chaussons d'escalade de manière à pouvoir réaliser les sections de libre comme telle et gagner ainsi un temps précieux.
Il existe des modèles de chaussons spécialement conçus pour l'artif. Ce compromis peut être utile dans des voies de terrain d'aventure d'un niveau moyen, mais semble inadapté aux voies techniques, qui demandent d'avantage de précision dans les pieds pour les passages en libre.
Le marteau
Chacun des grimpeurs aura son propre marteau.
Le marteau aura un tête lourde (sans accès) possédant un trou et un bec long, fin et dentelé.
Le trou permet d'y accrocher la chaîne à dépitonner
Le bec servira comme bras de levier ou à marteler les copperheads
Le marteau doit être ni trop court (perte d'inertie), ni trop long (perte de précision) : la taille idéale étant de 40cm environ.
Le manche est en bois ou en métal recouvert de plastique.
Une cordelette de 2m environ permet au grimpeur de le laisser pendre à son baudrier lorsqu'il ne s'en sert plus.
-> cf : Chaîne à dépitonner, chap.7
-> cf : Copperheads, chap.6
Les poignées d'ascension et les longes associées
Le matériel de remontée sur corde doit être considéré comme du matériel individuel. Chaque grimpeur doit posséder ses propres poignées d'ascension et ses propres longes ou daisy chain.
-> cf : Remontée sur corde, chap.9
Le porte matériel
Indispensable, le porte matériel garanti l'ordre et donc l'efficacité du leader, et du second de cordée lors du déséquipement.
Il possède de multiples porte matériel et est confortable. Pour les petits gabarits, il doit absolument être réglable. Il peut avoir des protèges épaules et être clipable au relais par des sangles prévues à cet effet.
Les vêtements
En artif, il est important de se protéger des agressions de l'environnement : le rocher, le vent, la pluie ou le froid.
11- Les étriers
Les étriers sont des échelles que l'on place le plus souvent sur un point de progression de manière à se hisser le plus haut possible sur ce dernier pour placer un nouveau point.
En sangle ou métallique
Les étriers peuvent être réalisés en sangle ou à l'aide de marches métalliques.
La forme des étriers métalliques est la plus pratique : les marches étant positionnées les unes au dessus des autres.
Dernièrement, cette forme a été reprise aux USA pour la conception d'étriers de sangle.
Les principaux inconvénients des étriers métalliques sont les suivants :
- un manque de confort : marche rigide ;
- une précision moindre : le pieds étant moins bien calé dans la marche et le métal pouvant glisser contre la paroi (instabilité) ;
- la possibilité que les marches se coincent dans les fissures.
Les étriers de sangle sont donc les plus courants et possèdent des marches en alternance à gauche et à droite de l'axe principal, ou, depuis peu, des marches positionnées les unes au dessus des autres.
La taille des étriers
Il existe plusieurs tailles d'étriers. Ces tailles correspondent au nombre de marches principales de l'étrier. Certains étriers en sangle possèdent en effet des marches intermédiaires permettant d'affiner la position du grimpeur.
Il est vraiment pratique d'avoir des étriers de 5 à 6 marches de long : les autres modèles ne permettant pas de réaliser « l'agressive testing » lors du placement d'un point de progression
Les américains, utilisent ainsi un étrier de 6 marches sur lequel est clippé un autre étrier de 5 marches.
-> cf : Matériel de progression, chap.2
L'équipement associé
Les étriers sont équipés :
- D'un fifi hook sur lequel est placée une cordelette de 2mm de diamètre et de 2m de long environ.
- D'un mousqueton simple.
L'étrier est en général fixé au point de progression à l'aide du mousqueton simple. Néanmoins, avant un passage en libre, le grimpeur pourra fixer son étrier à l'aide du fifi hook, de manière à pouvoir le récupérer par la suite en tirant sur la cordelette qu'il aura fixé sur son baudrier.
La cordelette permettra, d'une part, de faire sauter le fifi hook (dans le contexte précédent), et d'autre part, de retenir un point de progression qui viendrait à céder sous le poids du grimpeur, point qui n'aura pas encore été relié à la corde d'assurage, mais qui est relié à l'étrier par son mousqueton simple.
La cordelette peut être remplacée par une daisy chain, comme le pratique les américains. Cette dernière est attachée sur le pontet central du harnais et est clippée sur l'étrier en place.
Lors d'une progression sur crochet, le mousqueton simple peut être clippé directement dans le crochet, de manière à ne pas le perdre et de pouvoir évoluer de crochets en crochets.
Le nombre d'étriers par personne
Il est conseillé de prendre au minimum 3 étriers : 2 pour l'évolution et 1 étrier supplémentaire si l'un ou les deux autres sont laissés en place à la suite d'un passage en libre à partir d'une section d'artif.
A noter que les américains prennent des jeux de 2 étriers, pour chacune des deux jambes. Ils prennent donc au total 4 étriers par grimpeur. Les 2 étriers peuvent être liés à un seul mousqueton équipé du fifi hook et de la cordelette ou équipés comme précédemment expliqué et mousquetonnés l'un sur l'autre.
L'utilisation simultanée de 2 étriers offre une meilleure stabilité et un plus grand confort.
D'autres utilisations de l'étrier
Remonter sur une corde
Les étriers sont utilisés lors de la remontée sur corde à l'aide de poignées jumars. Ils sont placés sur l'une des deux poignées (technique française) ou sur chacune des poignées (technique américaine).
Se soulager de l'inconfort du harnais
Les étriers pourront être d'un grand secours au second de cordée lors d'un relais suspendu. Ils lui permettent de soulager son bassin de la ceinture de son harnais dans lequel il passe un long moment. Il les utilise alors comme marches et reste debout sur ses étriers.
Ordonner le relais
Les étriers peuvent servir à ranger les cordes au relais. Ces dernières seront alors lovées dans les marches des étriers.
Les étriers peuvent aussi servir à ordonner le matériel au relais en clippant sur chacune des marches les différentes sangles de matériel.
12- Les vêtements
En artif, il est important de se protéger des agressions de l'environnement : le rocher, le vent, la pluie ou le froid.
Se protéger du rocher
Un pantalon ...
...élastique, avec renfort sur les genoux et le postérieur, et ne craignant ni l'abrasion causée par le rocher, ni la saleté ;
Un haut manche longue
Une polaire avec renfort au niveau des coudes et des épaules. Et s'il fait trop chaud, un tee-shirt en coton manche longue.
Des genouillères
Les genouillères sont appréciées parce qu'elles protègent les genoux qui se retrouvent très souvent en contact avec le rocher. C'est un élément de confort important et à ne pas oublier lors d'ascensions de grandes envergures.
Des mitaines ou gants
Les mitaines ou les gants permettent au grimpeur de se protéger les doigts lors de la pose d'un point de progression. Ils sont indispensables, sous peine de blessure pouvant rendre l'ascension difficile avec le froid ouvrant la plaie ou les saletés infectant la plaie.
Les mitaines ont l'avantage de laisser au grimpeur une grande maniabilité, alors que les gants ont l'avantage de protéger le dessus des bouts des doigts qui sont peut-être les plus sensibles et les plus exposés aux égratignures.
Gants et mitaines pourront être en cuir ou en toile (type « gants de jardinage »).
Des baskets
Les baskets permettent un confort appréciable lors d'une grande ascension. Le grimpeur ne les enlèvera que lors des passages en libre.
Les modèles adaptés au tout terrain seront appréciés pour leur confort et leur robustesse. Il est courant de voir ces baskets revêtues d'un enduit adhésif ou « tapé » à l'aide de « Duck Tape ».
Se protéger du vent et de la pluie
Un vêtement de pluie
Le vêtement de pluie pourra aussi faire office de coup vent. Il pourra être léger (type K-way) ou plus robuste (type gore tex et cordura) suivant les risques d'intempéries.
Un parapluie
Utilisé contre la pluie, mais aussi pour se protéger des rayons du soleil, le parapluie n'est pas forcement un artifice.
Se protéger du froid
En fonction des conditions que le grimpeur rencontrera, il adaptera ses vêtements :
- Les baskets se troqueront contre des chaussures d'alpinisme ;
- Le pantalon gore tex remplacera le pantalon en toile ;
- Les mitaines ou gants en toiles seront remplacés par des gants en laine ou en polaire.
Bref, il s'agira de prendre les vêtements d'alpinisme classique, voir même hivernal, pour se protéger du froid.
David JONGLEZ
(article du 05 mai 2002 importé de la V4 par gN)
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