Un des facteurs limitants à la pratique de l'escalade artificielle réside dans la quantité importante de matériel qu'il est nécessaire d'avoir. De quoi se compose ce matériel ? En quelle quantité doit-on en disposer ?
Dans cette partie nous présentons les Copperheads, le matériel de déséquipement, le matériel d'assurage et le matériel de remontée sur corde fixe.
Sommaire :
1- Les cordes
2- Le matériel de progression
3- Les pitons - Introduction
4- Les différents type de pitons
5- Quels pitons prendre en parois ?
6- Les Copperheads
7- Le matériel de déséquipement
8- Matériel d'assurage
9- Matériel de remontée sur corde fixe
10- Le matériel individuel
11- Les étriers
12- Les vêtements
6- Les Copperheads
Qu'est qu'un copperhead ?
Les copperheads (littéralement, tête de cuivre) sont constitués de bagues de cuivre (pour les petites tailles) ou d'aluminium (pour les tailles moyennes et grandes tailles), serties au bout d'un câble. A l'autre extrémité, le câble forme une boucle permettant au grimpeur de s'y attacher.
Créé au tout début des années 70 par Bill Forest et utilisé alors comme coinceur, les grimpeurs se sont rendus compte que ils pouvaient être martelés dans les micro-fissures. C'est Jimmy Dunn qui utilisa pour la première fois les copperheads dans leur fonction actuelle lors d'une remarquable première ascension de Cosmos (El Capitan - Yosemite), en solo, en 1972.
Différentes familles et tailles de copperheads
On distingue dans les copper, trois familles :
Les copper simples, constitués que d'une seule bague
Les copper doubles ou double-head, constitués de deux bagues en bout de câble
Les copper circulaires ou circle-head, sertis, en simple ou en double, sur un câble circulaire. Ces derniers sont particulièrement adaptés pour les fissures horizontales ou les toits.
Il existe 6 tailles de « copper » simple, numérotées de 0 à 5. Les plus petits ont un diamètre de 2 mm et une longueur de 0.5 cm. Les plus gros ont un diamètre d'1 cm pour 2 cm de longueur.
Vendu en magasin ou fabriqué par les grimpeurs eux-mêmes, on trouve de très nombreuses
variantes à la classification ci-dessous : « triple-head », taille des bagues variable
sur un « double-head », ...
Acheté auprès d'un grimpeur, il faut faire attention à la qualité du travail effectué. Les bagues sont-elles bien serties ? Le câble dépasse-t-il ? Dans ce cas, il risque de s'accrocher sur les sangles, les cravates et vos habits ...
Réalisé par soi-même, le prix de revient est de l'ordre de 0.5 à 1 Euro comparativement à un prix d'achat de 2.5 à 3.5 Euro pièce. Cela a aussi pour avantage de réaliser des variantes parfois très intéressantes : tailles de bague différentes pour un double-head, etc.
Un jeu moyen de copperheads
Un jeu de copper peut être constitué de 10 à plus de 100 copperheads. Les proportions mentionnées sont données à titre indicatif :
- Taille 0 : très peu utilisé, en avoir 1 ou 2 ou cas où ;
- Taille 1 : 10% du jeu ;
- Taille 2 : environ 20 % du jeu ;
- Taille 3 : environ 20% du jeu ;
- Taille 4 : environ 15% du jeu ;
- Taille 5 : environ 10% du jeu ;
- Double-head : 15% du jeu (parfois plus);
- Circle-head : 10% du jeu.
A noter qu'une fois utilisée, le copper ne pourra plus resservir ou rarement une deuxième fois.
Placement d'un copperhead
Dédiés au granit, les copperheads sont martelés dans de fines fissures bouchées ou au sein de creux où micro-stoppers et pitons ne peuvent tenir.
Placer un copper est une technique qui demande un certain apprentissage. Un bon copper (bien placé) peut enrayer de petites chutes, alors que mal placé, il n'adhérera pas au rocher.
Voici comment procéder :
- Repérer le bon emplacement : un trou, une fissure bouchée, …
- Nettoyer cet emplacement à l'aide d'un Kniefblade, ou de tout autre objet métallique. Le copper doit en effet tenir en grande partie par adhérence : il est donc nécessaire que l'emplacement soit propre et lisse.
- Prendre la bonne taille de copper ;
- Le placer soigneusement contre le rocher au niveau de l'emplacement repéré ;
- Dans un premier temps, taper le copper légèrement pour le coincer dans son emplacement. Puis, le marteler fortement et précisément, en son milieu, puis, une fois qu'il a chauffé, sur ses bords (en haut et en bas) . A ce moment, le copper, s'il est bien positionné, ne doit pas bouger. Sinon, il ressort et il est alors nécessaire de recommencer la procédure.
- Un copper bien martelé doit sentir le métal chaud.
Le marteau utilisé doit posséder un bec suffisamment fin et long pour permettre de marteler un copper au fond d'un évasement ou d'une fissure. Il est parfois utile d'utiliser un burin ou un clou de charpentier (moins pratique) de manière à marteler précisément le copper. Le burin sera alors soigneusement cravaté ou percé pour pouvoir l'attacher correctement au porte matériel.
Ethique
L'éthique actuelle prône le placement d'un piton sur un copper. En effet, un copper use assez sensiblement le rocher comparativement à un piton. Le grimpeur devra donc, avant de penser à placer tout copper, opter pour toutes les options utilisant un piton : piton cravaté, couplage, RURP ou Birdbeak, etc.
Généralement, les copper bien placés sont laissés en place dans les voies. Les sections à copper des voies deviennent alors équipés, d'où la possibilité d'en réaliser l'ascension en clean (sans utilisé de marteau - hammerless).
Néanmoins il peut arriver qu'une cordée nettoye la voie en y enlevant tous les points autres que les rivets ou spits. Il est donc impératif de se renseigner sur l'équipement en place avant de se lancer dans une voie.
7- Le matériel de déséquipement
Le matériel de déséquipement est celui nécessaire au second pour remonter le long de la corde du premier de cordée (matériel de remontée aux jumars) et celui lui permettant d'ôter au fur et à mesure les points de la longueur, à savoir :
-> cf : Remontée sur corde, chap9
Le marteau
Le marteau possédera un trou au niveau de son bec permettant d'y fixer la chaîne à dépitonner.
Le bec pourra être dentelé, permettant ainsi de l'utiliser comme bras de levier pour extraire un coinceur ou un autre point de progression.
La chaîne à dépitonner
La chaîne à dépitonner est constituée d'un câble serti en ses extrémités ou d'une chaîne, sur lesquels 2 mousquetons seront « sacrifiés » pour l'usage exclusif du déséquipement. En effet, le déséquipement sollicitera très fortement ces mousquetons qui perdront très rapidement leur résistance.
La chaîne à dépitonner pourra servir à enlever tous les points de progression mis à l'aide d'un marteau : pitons, mais aussi, copper, RURPs, coinceur martelé, etc.
Le décroche coinceur
Le décroche coinceur est un outil indispensable pour déséquiper. Il permet de repousser ou tirer un coinceur. L'usage associé du marteau permettra de déloger le coinceur qui, après avoir subit le poids du grimpeur, est très difficile à enlever.
Le décroche coinceur peut aussi être utilisé pour déloger un coinceur mécanique du type friends, en allant chercher les câbles reliés aux cames de ces derniers, et en actionnant une force contraire sur l'axe du coinceur. C'est quasiment la seule manière de déloger un coinceur mécanique rentré trop profondément ou dans une fissure trop étroite pour la taille de ses cames.
Aussi, certains décroche coinceur sont munis d'une double griffe permettant de tirer la barrette médiane sur laquelle sont liés les câbles des cames du coinceur mécanique. Cela peut s'avérer très pratique hormis pour les coinceurs mécaniques de petite taille.
Une cordelette de 40 à 60m
Cette cordelette sera utilisée par le second pour réaliser les pendules, les traversées importantes ou, passer un surplomb ou un toit. Elle sera laissée dans le sac de hissage si ces cas ne se présentent pas.
-> cf : Les cordes, chap.1
8- Matériel d'assurage
Système de frein
Le système de frein doit être adapté à la corde utilisée et à la pratique de l'escalade artificielle. Dans ce contexte, il est préconisé :
Le grigri, dans le cas de l'utilisation d'une corde à simple. L'avantage du grigri étant de pouvoir relâcher un peu son attention par moment et permettre ainsi au second de boire, manger ou faire ses besoins sans être asservi des heures durant à sa tâche d'assureur ;
Le huit, le tube ou le reverso dans le cas de l'utilisation d'une corde à double (très rare).
Attention, le trou réalisé dans le Grigri modifie celui-ci, dégageant la responsabilité du fabricant
A noter que le Grigri devra être attaché directement à l'assureur et non au relais ou au sol. En effet, le grigri a tendance à « sécher » le grimpeur en cas de vol. Fixé au sol ou au relais, il ne laisse pas échapper de mou, alors que fixé au grimpeur, il permet d'amortir légèrement le vol par l'assureur lui-même.
Le grigri pourra être percé pour permettre à l'un des compagnons de cordée de grimper en solo en cas de problème (accident grave) et s'il n'y a pas d'autres solutions (secours).
Il est important de prévoir un système de frein de secours ainsi que de penser aux systèmes de frein qui seront utilisés à la descente. Le grigri sera particulièrement pratique lors de la descente sur des cordes fixes.
-> cf : Les freins
Escarpolette
L'escarpolette est un élément de confort indispensable pour les seconds de cordée. En effet, ces derniers peuvent se retrouver des heures durant pendus dans leurs baudriers, les pieds dans les étriers.
Les escarpolettes peuvent être constituées d'une planchette de bois ou d'un rectangle de toile sur lesquelles des sangles permettent de la relier au relais. Les escarpolettes de toile ont l'avantage d'être très légères et peu encombrantes comparativement aux escarpolettes en bois. Elles sont néanmoins, un peu moins confortables. Les escarpolettes en bois peuvent aussi servir de planchette à coincer dans une fissure large ou peuvent servir à rigidifier le dos du sac de hissage lors des portages et de la redescente.
Escarpolette en tissu
Au relais, l'assureur sera donc assis dans son escarpolette, les pieds placés dans ses étriers.
A noter que certains grimpeurs se confectionnent de véritables fauteuils de paroi réalisés par exemple, à partir de sièges de jardin en plastique.
9- Matériel de remontée sur corde fixe
En fonction de la technique choisie pour remonter sur une corde le grimpeur prendra :
- 2 poignées d'ascension (du type jumar)
- Les mousquetons associés : 2 mousquetons à vis pour les fixer au baudrier ou à la longe ; et 2 mousquetons simples pour verrouiller la corde dans chacune des 2 poignées ;
- 1 ou 2 étriers (suivant la technique choisie).
La poignée d'ascension (ou Jumar)
La poignée d'ascension provient de la spéléologie et est conçue pour la remontée sur corde. Autrement appelée poignée Jumar, elle emprunte son nom à la marque les ayant mises sur le marché. Elles est composée d'une gâchette sur laquelle se trouvent des picots permettant de glisser ou de s'agripper à la corde selon le sens dans lequel le système coulisse sur cette dernière.
La poignée d'ascension possède un premier œil permettant de la lier au baudrier et un double œil permettant de verrouiller la corde dans le système.
Les longes
La ou les longes utilisées pour la remontée sur corde devront être dédiées et réservées à cet usage (excepté si le grimpeur utilise une daisy chain qui lui servira aussi pour se vacher au relais, pour vacher un point de progression, etc.). Les longes seront réglées précisément pour chacune des poignées.
L'étrier
Les étriers sont des échelles que l'on place le plus souvent sur un point de progression de manière à se hisser le plus haut possible sur ce dernier pour placer un nouveau point.
-> cf : Les étriers, chap.11
Les protèges cordes
Achetés ou fabriqués à l'aide d'un tuyau d'arrosage coupé, ils sont utilisés pour protéger la corde des frottements sur le rocher lorsque cette dernière est fixée. Il est aussi très fréquent de voir le rocher martelé (pour émousser les arêtes) puis « tapé » (scotché) pour éviter les frottements.
Le protège corde doit pouvoir être fixé sur une partie précise de la corde et éviter ainsi qu'il ne se déplace : à l'aide d'un système de pince ou à l'aide d'une cordelette reliée au point supérieur.
David JONGLEZ
(article du 05 mai 2002 importé de la V4 par gN)
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