Cet article décrit l'échelle de cotation des passages d'escalade artificielle utilisée dans le topo-guide camptocamp. L'escalade artificielle consiste à progresser en s'aidant de points que l'on place dans différentes faiblesses (trou, fissure, goutte d'eau,...) du rocher. La cotation dépend directement de la solidité des points et de la hauteur de chute potentielle que le grimpeur peut effectuer si l'un des points cède sous son poids. L'article présente également la distinction entre l'artif. sur pitons (A) et l'artif. sur protection mobile (C).
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L'échelle de cotation utilisée sur camptocampSummary
Quelques principes élémentaires
L'artif consiste à progresser en s'aidant de points que l'on place dans différentes faiblesses (trou, fissure, goutte d'eau,...) du rocher. La cotation dépend directement de la solidité des points et de la hauteur de chute potentielle que le grimpeur peut effectuer si l'un des points cède sous son poids.
La cotation actuelle est une échelle fermée de cotation, allant de l'A0 à l'A6.
Par définition, l'A6 est une longueur où aucun point ne résiste plus qu'au poids du grimpeur, pas même les relais. La cordée n'a alors pas le droit de chuter, sous peine de dévisser !
L'A0 est par définition une longueur de "tire-clous" pour lesquels les points de progression sont déjà en place et où il ne reste plus qu'à tirer aux clous (pitons). Chacun des points résiste à la chute du premier de cordée. On notera que les anglophones appellent l'A0 le "French free". Quelle réputation !
Entre ces deux extrêmes, on trouve 5 cotations, plus les intermédiaires côtés à l'aide du signe +. Par rapport à cette ligne générale de cotation, on peut considérer que la technicité de l'escalade entre en ligne de compte, mais de manière secondaire. En effet, bien souvent, mais pas systématiquement, la difficulté de placer un point est lié à sa résistance : il est plus difficile de placer un copper-head ou un plomb que de planter un piton dans un trou. Aussi, regarde-t-on le temps passé dans une longueur. Ce dernier nous indique si la longueur est délicate à équiper ou plutôt évidente.
L'échelle de cotation
A0 : Tous les points sont en place et résistent chacun à la chute du premier de cordée. Le passage se gravit en "tirant au clou".
A0+ : Idem que A0 mais en utilisant une pédale (sangle ou étrier) pour les pieds afin d'atteindre le point suivant.
A1 : Le grimpeur équipe lui-même le passage. La quasi-totalité des points résiste à la chute du premier de cordée. Des passages, d'au plus 2 points successifs peuvent se faire sur des points plus délicats, mais non réalisés sur des points de progression (crochet, plomb, ...). Le matériel exigé est donc composé de pitons variés, de coins de bois, de coinceurs ou de friends.
A2 : Le grimpeur équipe entièrement sa longueur. Des points intermédiaires peuvent sécuriser la voie. La plupart des points résistent à la chute du premier de cordée. Certains passage sont plus technique : couplage, court passage sur crochet, ... Les sections délicates correspondent à 5 à 10 points successifs. Dans ce dernier cas la longueur est cotée A2+. La chute potentielle oscille entre 10 et 20 mètres.
A3 : Les passages techniques s'allongent et sont entrecoupés de points "bétons" (spit ou excellents pitons). Il n'est pas rares d'enchaîner les couplages et les pas sur crochet (bon crochet), voire de placer rurp, bird beak ou autres copper et plombs. La chute potentielle est alors plus importante autour de 20 à 25 mètres. C'est à ce niveau que le grimpeur commence à tester quasi systématiquement ses points avant de mettre son poids dessus.
A3+ : C'est la même chose que dans l'A3, mais avec des sections plus soutenues ou un pas plus aléatoire. La chute peut atteindre les 30 mètres.
A4 : De longues sections techniques attendent le grimpeurs. Les points de progression (à opposer aux points d'assurage) s'enchaîne pour atteindre 10 mètres (10 à 20 mouvements successifs). Des points solides entrecoupent ces sections délicates. Le matériel s'étoffe et laisse place aux plombs, copper, micro-pitons, coins de bois, cales de bois, crochets de toutes sortes, ... Une longueur peut alors demander de nombreuses heures : 4 à 6 heures. La chute potentielle peut atteindre les 50 mètres. Mieux vaut être en pleine forme physique et morale !
A4+ : Comme pour l'A4, avec des sections plus soutenues, plus longues, des pas aléatoires successifs, une lecture plus délicate encore ... On trouve au plus, dans la longueur un ou deux bons points.Une cotation réservée à l'élite.
A5 : On touche l’extrême. Les points sont tous des points de progression. La chute est interdite pour qui ne veut pas tenter le diable. Le grimpeur passera une journée entière à grimper sa longueur (notamment en calcaire; en granite, j'ai pu voir une grimpeur ne passer que 4 / 5h dans la 11ème longueur de Wyoming sheep ranch, au Yosemite, initialement cotée A5+, décotée à A5).
A5+ : Aucun point, sauf les relais ne résiste à la chute du premier de cordée. Le vol du siècle, pouvant atteindre, potentiellement, les 100 mètres !
A6 : Aucun point ne résiste plus qu'au poids du grimpeur, pas même les relais. La cordée n'a alors pas le droit de chuter, sous peine de dévisser !
Remarque : dans certains topos, on peut lire une cotation du type C1, C2, C3, .... C'est cotation correspondent à la difficulté des passages réalisés en clean.
L'artif. et la cotation obligatoire
Les voies d'escalade sont habituellement décrite par leur difficulté maximale en libre et leur difficulté obligatoire, quand on a épuisé toutes les techniques et astuces possibles pour passer en s'aidant de l'équipement en place (A0) ou de l'équipement usuel emporté par le grimpeur (jusqu'au A1 dans le cas de longueurs à équiper au moins en partie soi-même).
Le clean-aid - une nouvelle cotation aux USASummary
Naissance d'une éthique pour une escalade plus "propre"
Depuis le début des années 90, les grimpeurs américains de la vallée du Yosemite ont voulu faire face à l'impact grandissant des ascensionnistes de plus en plus nombreux sur leur environnement. Avec la croissance rapide de la fréquentation, les problèmes survenus sont les suivants :
- La naissance de trous de pitonnage après la frappe successive d'un piton dans une fissure. L'exemple type sont les longueurs du headwall du shield ou il n'est quasiment plus nécessaire d'utiliser des pitons, ces derniers étant remplacés par des friends que l'on met dans les trous.
- Une quantité importante de déchets se retrouvent au pied des faces rocheuses : bouteilles en plastique, vêtements, cannettes, conserves, etc. De même, les déchets humains qui transforment le pied des parois en immense toilette public.
- Enfin les kilomètres de cordes fixes bloqués dans des écailles ou laissées sur place à la suite d'une retraite.
Outre les efforts d'éducation que les rangers du parc ont effectué auprès des grimpeurs, les grimpeurs eux-mêmes ont voulu agir en limitant leur impact sur le rocher. C'est ainsi qu'est né le "clean climbing" ou l'escalade "propre", c'est à dire, ne nécessitant pas l'usage d'un marteau. Les points de progression sont donc en place (copperhead par exemple) ou mis à la main, sans être frappés, au mieux, "bourrinés" à l'aide des étriers.
L'échelle de cotation américaine
L'escalade artificielle bénéficie aujourd'hui d'une double cotation : Aid (A) et Clean (C), complétée par une indication de la nécessité d'avoir de l'équipement à demeure pour passer sans marteau (F). Ainsi, un passage peut être côté A2 (si l'on utilise le marteau) ou C4F, si on n'utilise pas le marteau mais que l'on place les points de progressions à la main et que l'on s'aide de l'équipement en place (F).
Qu'il s'agisse de A ou de C, la première lettre indique la manière de faire alors que le chiffre indique toujours l'échelle de difficulté proprement dite.
La lettre F indique si l'escalade est possible quelque soit l'équipement en place (pas de lettre « F ») ou s'il est nécessaire d'avoir de l'équipement en place pour passer la longueur en « Clean » (lettre F). En effet, une longueur nécessitant de nombreux placements de copperheads peut être réalisée en "clean" uniquement si les copperheads sont en place.
Une autre lettre peut être apposée, il s'agit de la lettre R, qui indique si la longueur est exposée ou non. Une chute peut être courte mais "expo". Ainsi, on peut très bien rencontrer une cotation du type : "C2R", pour une escalade sans marteau avec un risque potentiel de 20 mètres de chute, mais s'il s'avérait que le grimpeur chute, il pourrait être gravement blessé, voir même mourir.
Quelques exemples de cotations
Dans les exemples de cotations ci-dessous, il est intéressant de noter qu'une troisième échelle de cotation co-existe avec les deux premières. Chose impensable jusqu'au début des années 90, certaines voies d'artif se sont réalisées depuis entièrement en libre (libération du Nose par Lynn Hill en 1993, puis dans la journée en 1994). Cette évolution des cotations coïncide avec l'affirmation de l'éthique américaine qui prône l'escalade libre ou l'escalade « propre ».
La liste ci-dessous donne pour chaque voie les cotations avec marteau (A), en clean (C) et en libre. Le chiffre romain est une cotation de durée américaine.
Salathé Wall
VI - 5.9 - A1
VI - 5.9 - C2
VI - 5.13b (8a+)
The Nose
VI - 5.9 - A1
VI - 5.9 - C1
VI - 5.13b (8a+)
Zodiac
VI - 5.7 - A2
VI - 5.7 - C3F
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Tangerine Trip
VI - 5.8 - A2
VI - 5.8 - C3F
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The Shield
VI - 5.7 - A3
VI - 5.7 - C4F
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Mescalito
VI - 5.8 - A3
VI - 5.8 - C3F
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Pacific Ocean Wall
VI - 5.9 - A3+
VI - 5.9 - C4F
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Sea of Dreams
VI - 5.9 - A4
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